Vous avez brillamment passé votre entretien d’embauche. Vous êtes LE candidat dont l’entreprise a besoin. Et soudain, on vous demande, dans ce langage technocratique dont les recruteurs ont le secret : quelles sont vos prétentions salariales ?
Mon expérience en accompagnement de recherche d’emploi me dit qu’environ un candidat sur quatre a une vague idée du salaire qu’il souhaite. Et cette même expérience me murmure à l’oreille que la plupart d’entre eux n’ont pas une idée très réaliste sur la matière.
En effet, ou bien le candidat se sous-évalue dangereusement : et donc, il ne sera pas pris au sérieux. Ou bien – et c’est le cas le plus fréquent chez les jeunes qui n’ont jamais travaillé – il surévalue de manière disproportionnée la rémunération à laquelle il peut prétendre. Et là, danger : si vous demandez trop, l’entretien risque de déboucher sur le classique "on vous écrira", suivi dans le meilleur des cas d’une lettre qui commence par "nous regrettons de vous informer que…"
Dommage, non ?
Le juste prix
Loin de moi l’idée de ressusciter cette émission débile qui m’a cassé les pieds pendant des années. Mais il est clair que l’emploi est un marché et que donc, tout produit y a un prix. Vos compétences ont un prix sur une portion du marché qui varie selon plusieurs facteurs :
Tout d’abord, les facteurs qui dépendent de vous : vos compétences, vos qualifications (diplomes, attestations, titres, etc.), votre expérience, votre âge, etc. Il est clair qu’un comptable qui peut afficher 20 ans d’expérience de consolidation de comptes pour une multinationale se paie plus cher qu’un comptable tout frais sorti d’une école aussi prestigieuse soit-elle…
Et puis, les facteurs qui dépendent de l’entreprise et de son secteur : avez-vous affaire à une entreprise familiale ou à une multinationale ? Visez-vous le secteur des nouvelles technologies ou de la pétro-chimie, qui offrent des salaires astronomiques ? Ou au contraire, le secteur social où la concurrence est moins rude, mais les salaires dérisoires ?
Et enfin, l’état du marché : en pleine récession, il y a plus de gens au chômage, dont plus de personnes prêtes à travailler pour un salaire inférieur à la norme en vigueur quant tout va bien. Et donc les salaires plongent. Pour un poste équivalent, vous on vous proposera peut-être moins qu’il y a deux ans.
Comment s’y retrouver ?
Pas de panique. Tout cela est un peu compliqué, c’est vrai… Heureusement, certains sites ont digéré la matière pour vous et la restituent sous une forme accessible au commun des mortels.
Pour la Belgique, le site Références offre un "Compas des salaires". Rendez-vous sur cette page et répondez aux différentes questions – sans tricher, compris ! – et le site vous donne en réponse une fourchette des salaires qui correspond à la fonction demandée, à votre expérience, vos diplomes, l’état du marché, etc.
Les Français ne sont pas oubliés non plus : ils peuvent se rendre sur le site Cadre Emploi où un "Baromètre des salaires" leur donne les mêmes indications selon le même principe. La fourchette de salaire donnée est une moyenne des salaires proposés par les employeurs pour les mêmes fonctions au cours de l’année écoulée. Vous êtes certain, dès lors, d’obtenir une information à jour.
Bonne chance dans vos recherches, et n’hésitez pas non plus à me faire part des résultats de votre recherche d’emploi.
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