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Comment prendre soin de votre cerveau ?

Comment prendre soin de votre cerveau pendant ou après le confinement ? Alors que la traditionnelle période des examens approche, je vous propose quelques conseils pour prendre soin de votre cerveau. Et surtout, pour le maintenir en grande forme pendant très longtemps.

Le cerveau ne représente pas 10% du poids du corps humain. Et pourtant, qui niera son importance dans notre vie ? Voire, dans notre survie ?

Comment prendre soin de votre cerveau en toute circonstance

Cet organe, comme tout autre, a besoin d’être soigné, entretenu. Et le confinement de ces derniers mois a mis à rude épreuve le cerveau de nombreuses personnes. Que ce soit le stress, le manque d’exercice, la solitude… Autant de facteurs qui ont pu jouer en défaveur de notre santé mentale. Et aussi, de la santé physique de nos neurones.

Cette carte mentale résume quelques conseils utiles

Comment prendre soin de votre cerveau ? Quelques conseils

Vous pouvez la télécharger au format XMind depuis notre page Mémoires. Ou la télécharger au format PDF ci-dessous. Les pictogrammes utilisés pour créer cette carte proviennent du site Icons8.

Comment prendre soin de votre cerveau à long terme ?

Exercez votre cerveau

Certains éditeurs proposent des applications pour stimuler votre cerveau. Et garantissent une protection contre le vieillissement. Hélas, les recherches montrent qu’une seule application ne peut pas lutter contre le vieillissement et la détérioration des neurones. L’une d’elles, Lumosity, a d’ailleurs été condamnée à deux millions de dollars d’amende pour publicité trompeuse.

Sommes-nous dès lors condamnés à une déchéance irrémédiable ? Non. Mais, notre cerveau a besoin de tâches complexes, de réelles difficultés pour rester en forme… Voici quelques tâches qui peuvent vous aider :

  • Apprendre une nouvelle langue : eh oui, apprendre une nouvelle langue est une tâche ardue et complexe. Elle exige de mémoriser du vocabulaire, de comprendre des structures grammaticales et syntaxiques parfois très éloignées des nôtres. De créer des liens entre des concepts inconnus, etc.
  • S’engager dans une nouvelle discipline : vous avez passé votre vie à faire des mathématiques ? Essayez-vous à la musique ou à l’histoire de l’art. Vous étiez uniquement cérébral ? Tentez le bricolage. Ces diversions mettent le cerveau à rude épreuve. Et il adore ça !
  • Apprendre un poème par jour : Stéphane Hessel, ancien diplomate et militant convaincu, s’y est astreint jusqu’à son dernier souffle, à l’âge de 95 ans.
Exercez votre cerveau

Reposez-vous

Cela peut paraître contradictoire, mais le cerveau a besoin de repos. Même si les sciences n’expliquent pas encore bien ce qui se passe dans notre cerveau lorsque nous dormons, il n’y a aucun doute : le sommeil est réparateur. Au sens propre comme figuré. Et donc, suivez ces quelques conseils :

Dormez suffisamment

Notre époque productiviste nous pousse à travailler plus. À toujours être plus efficace. Parfois même à mépriser le repos. À l’assimiler de la paresse. En réalité, le repos nous est aussi nécessaire que l’air que nous respirons.

Les adolescents ont des difficultés à s’endormir le soir et à s’éveiller le matin. C’est normal, comme je l’explique dans cet article déjà ancien. Leur cycle de sérotonine est différent de celui des adultes. Et la lumière bleue des écrans n’arrange rien. Essayez de négocier une utilisation des écrans pas trop irrationnelle dans l’intérêt de vos ados.

Accordez-vous des pauses entre les session d’étude ou de travail

L’expérience montre que des sessions ininterrompues d’étude ou de travail sont improductives. Il vaut mieux les entrecouper de périodes de repos.

Vous pouvez également utiliser la méthode Pomodoro : celle-ci consiste à alterner des périodes de haute productivité de 25 minutes et des périodes de repos ou de distraction de 5 à 25 minutes.

Un moment de pause, ça fait un bien fou !

Faites de l’exercice physique

La vie sédentaire est dangereuse. L’absence d’exercice physique entraîne toute une série de conséquences désastreuses tant pour votre santé mentale que physique. L’exercice entraîne une meilleure oxygénation du cerveau, un entretien des articulation, prévient le durcissement des artères, etc.

Une vie trop sédentaire peut provoquer :

  • le surpoids
  • la dépression nerveuse
  • le diabète
  • le cholestérol
  • le vieillissement prématuré des articulations
  • etc.

Faites donc de l’exercice physique : c’est aussi important pour votre cerveau que l’exercice intellectuel. Vous ne devez pas forcément devenir un champion. Ni céder aux sirènes de l’agitation à tout prix. Ces exercices sont amplement suffisants :

  • Marchez 2 à 3 fois par semaine
  • Gymnastique : inscrivez-vous à un club, c’est plus gai à plusieurs
  • Quittez votre chaise régulièrement : si comme moi, vous travaillez de longues heures face à un écran, forcez-vous à vous lever, à faire quelques pas, modifiez la hauteur de votre siège plusieurs fois par jour.

Mangez sain

On ne le répétera jamais assez : une alimentation saine est la meilleure des préventions !

Ne mangez pas trop :

  • de graisse
  • de sucre

Mangez varié :

  • viande
  • légumes
  • fruits
  • pâtes

Buvez de l’eau en suffisance : non seulement c’est bon pour votre corps, mais votre cerveau est un organe électrique et l’eau est un excellent conducteur… Quand vous avez la « gueule de bois », vous n’avez pas mal au cerveau, mais aux méninges. Parce que l’alcool les a déshydratées. Boire de l’eau régulièrement assure un meilleur équilibre de votre cerveau.

Évitez les stupéfiants : boire un verre de vin à table n’a jamais tué personne. Mais évitez d’exagérer. Les substances comme le cannabis, la cocaïne ou les autres drogues peuvent vous procurer un moment d’euphorie bienvenue, mais à long terme, elles sont dommageables pour vos neurones.

Manger sain et bon, c’est possible

Comment prendre soin de votre cerveau pour investir en vous-même

Tous ces conseils vous paraîtront peut-être rébarbatifs. Mais votre cerveau est unique. Il n’y en a pas deux identiques sur cette planète qui en compte pourtant plus de 7 milliards…

Le cerveau est le siège de votre identité – voyez la mémoire épisodique – et donc de votre indépendance.

Si nous vivons de plus en plus vieux, nous vivons également de plus en plus longtemps en état de dépendance. En entretenant votre cerveau, vous repoussez, voire annuler cette période de dépendance de votre âge avancé.

C’est tout le mal que je vous souhaite 😉

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Mon Cerveau à l’école : neurosciences pour parents et enseignants

Mon cerveau à l’école – Quelques éléments de sciences cognitives pour les enseignants et les parents.  C’est le nom d’un blog animé sous la direction de Stanislas Dehaene.  Un must absolu pour les parents et les enseignants qui veulent mieux comprendre le fonctionnement du cerveau.

Pour assurer une bonne rentrée, rien de tel que de comprendre les mécanismes du cerveau de nos enfants ou étudiants.

C’est aussi le pari qu’a pris l’équipe rassemblée autour de Stanislas Dehaene, spécialiste des sciences cognitives et qui anime le blog « Mon cerveau à l’école« .

Accueil de Mon cerveau à l’école

De la vulgarisation des neurosciences cognitives

 Ce blog est divisé en rubriques accessibles via des « tuiles » comme illustré ci-dessus.  Chaque tuile est un hyperlien qui conduit à une rubrique ou série d’articles sur un thème donné :

  • cerveau et mémoire
  • cerveau et calcul
  • cerveau et troubles DYS
  • Etc.

Entre rigueur scientifique et communication grand public

Ce blog, pourtant animé par des spécialistes, se veut un outil de vulgarisation à destinations des parents et des enseignants.

J’utilise le mot vulgarisation dans son acception la plus noble : rendre accessible des notions scientifiques complexes au commun des mortels à l’aide d’une langue accessible à tous.

Et l’équipe de Mon cerveau à l’école réussit son pari, conservant un équilibre subtil entre la rigueur scientifique et les exigences d’une communication « grand public » à l’usage des enseignants et des parents.

Je le recommande toujours quand j’anime une session de formation de formateurs ou que j’accompagne des étudiants qui connaissent des difficultés à l’école.  Les articles rassemblés ici les aident à comprendre le fonctionnement du cerveau des enfants et adolescents.

Et donc à comprendre certains comportements qui peuvent paraître étranges : aux enseignants, pourquoi certains adolescents ne trouvent pas leur place à l’école  ; aux parents, pourquoi leur enfant ne trouve pas le sommeil le soir et se réveille fatigué.

Le lien vers Mon cerveau à l’école.

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Apprendre à apprendre Cerveau Etudier efficacement Mémoire Neurosciences

Comment tout mémoriser rapidement avec les répétitions espacées ?

Comment mémoriser mes cours ?  Comment retenir du vocabulaire anglais ?  Des formules de mathématiques ?  Des théorèmes de physique ?  Essayez les répétitions espacées !

Comment mémoriser tous mes cours ?  Comment mieux retenir ce que j’étudie ?  Comment ne pas oublier lors de l’examen ?  Et comment m’assurer de mémoriser à long terme ?

 Voilà le genre de question qui hante le cerveau des étudiants de tout âge et de toute condition !

Répétitions espacées : grâce à la courbe d’oubli d’Ebbinghaus 

En 1885,  Hermann Ebbinghaus publiait son livre « La mémoire. Recherches de psychologie expérimentale ».  Il y présentait une théorie de la mémoire et de la rétention, qu’il exprimait sous forme d’une formule mathématique et d’une célèbre courbe qui allait porter son nom.

Courbe d’Ebbinghaus

Cette courbe montre sans pitié que nous apprenons très vite.  Mais aussi que nous oublions très vite.

Si on étudie un sujet à fond, une seule fois, sans révision, il est impossible de retenir à long terme.  Après quelques jours, notre taux de rétention dégringole.

Cela explique aussi pourquoi les étudiants qui s’y prennent à la dernière minute peuvent réussir un examen le lendemain ou le surlendemain.  Et pourquoi ils ont du mal à construire leur savoir d’une année académique à l’autre : ils oublient la majeure partie de la matière vue très rapidement…

L’impact des répétitions espacées sur la mémoire à long terme

 Alors, est-ce sans espoir ?  Sommes-nous condamnés à oublier tout ce que nous étudions ?

Non.  Et c’est ici qu’intervient la théorie des répétitions espacées.

Cette théorie suppose que, lorsque nous étudions quelque chose de neuf, nous en retenons la majeure partie pendant un temps très court.  Ensuite, nous oublions, comme le montre la courbe d’Ebbinghaus, ci-dessus.

Mais, la bonne nouvelle, c’est que si nous revoyons la matière juste au moment où nous allons l’oublier, nous prolongeons le temps de rétention et nous transférons ces nouvelles connaissances dans la mémoire à long terme.

Impact des répétitions espacées

En fait, à chaque fois que nous allons oublier, nous révisons la matière : cela renforce la mémorisation à long terme.  Nous n’oublions plus après quelques jours, mais nous nous maîtrisons la nouvelle matière à très long terme.

Transfert de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme via l’hippocampe

Que se passe-t-il lors de ces répétitions ? Notre mémoire à court terme est gérée par le lobe préfrontal (partie antérieure du cortex, juste derrière notre front).  Le passage vers la mémoire à long terme s’effectue par l’hippocampe, une structure en forme de queue d’hippocampe, située dans le repli interne du lobe temporal.

Hippocampe

Mais attention !  L’hippocampe n’est pas le siège de la mémoire à long terme : il en est le catalyseur.  Il permet aux souvenirs de passer de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme pour nous permettre de nous souvenir longtemps des choses que nous avons apprises.

Où sont donc nos souvenirs à long termes ?

Dispersés dans différentes aires du cerveau, selon leur spécialisation et le type de souvenir.  Nous mémorisons donc différemment ce que nous voyons, ce que nous écrivons ou lisons, ce que nous imitons, etc.

D’où l’importance cruciale de diversifier les méthodes et les outils d’apprentissage !  Une chose que je répète inlassablement dans mes formations pour étudiants !

Mémorisez plus de choses avec des intervalles corrects

C’est donc la répétition – le troisième principe des systèmes de mémorisation – qui assure le transfert de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme avec l’aide de l’hippocampe.

Il faut dont répéter inlassablement ce que l’on veut étudier pour l’ancrer dans les différentes parties de votre cerveau qui constituent le réseau de mémoire à long terme.

C’est notamment le principe des flashcards dont je vous expliquais le fonctionnement dans cet article.  Mais encore faut-il mettre ces principes en oeuvre de la bonne façon.  Suivez donc les deux conseils ci-dessous :

1. Réétudiez juste avant d’oublier

L’idéal, c’est de réétudier la matière juste avant le moment où vous allez commencer à l’oublier.  Et plus vous la révisez, plus l’intervalle entre les séances de répétitions sera espacé.

Comment connaître l’intervalle idéal entre deux sessions ?

Vous pouvez vous tester vous-même et voir quel est l’intervalle de temps idéal pour tout retenir.  Vous pouvez aussi faire appel à des logiciels ou des applications de flashcards, comme Studyblue – disponible sur iPhone et sur PC – comme Anki ou comme Cerego dont je vous parle dans cet article.  Cerego utilise un système aussi efficace qu’élégant pour gérer votre mémorisation à long terme : la Memory Bank.  Et vous pouvez créer vos propres flashcards en ligne avec Cerego.

2. Ne réétudiez pas ce que vous connaissez déjà

L’autre inconvénient à éviter lorsque vous étudiez, c’est de réapprendre ce que vous savez déjà.  Pour cela, faites le tri entre les choses que vous maîtrisez vraiment, celles que vous pouvez vous remémorer, mais avec difficulté ou celles que vous n’avez pas encore mémorisé du tout.

De nouveau, les applications de flashcards mentionnées ci-dessus sont équipées de filtres qui vous permettent de réviser uniquement les éléments non-maîtrisés à des intervalles idéaux.

Comment ?

Ces applications comprennent des algorithmes (intelligence artificielle) qui élaborent des statistiques de vos sessions et adaptent le rythme des répétitions espacées à vos besoins.

C’est le cas, par exemple, de Wooflash, application jumelle de Wooclap, qui vous aide à réviser selon ce modèle des révisions espacées.

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Cerveau Neurosciences Sciences cognitives

Le QI est insuffisant pour mesurer l’intelligence globale

See on Scoop.itRevolution in Education

Des chercheurs britanniques ont montré expérimentalement que mesurer le quotient intellectuel (QI) ne…

Marco Bertolini‘s insight:

Les scientifiques redécouvrent régulièrement l’eau chaude : le QI ne mesure pas l’intelligence !

Mais au moins, cet article contient quelques indications sur des expériences menées à partir de 3 tests différents et de scans cérébraux : même pour passer le test du QI, les candidats utilisent des intelligences différentes, des connexions cérébrales différentes…

Mieux, l’entraînement ne semble pas modifier les performances !  Et les gamers sont avantagés sur le plan de la mémoire à court terme et en raisonnement.  Tandis que les fumeurs et les anxieux obtiennent des résultats inférieurs à la moyenne.

Il semble que les théories des intelligences multiples et autres aient de beaux jours devant elles.

See on www.maxisciences.com

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Le cerveau ado et l’apprentissage – trouver l’équilibre

Quelles sont les conséquences du développement du cerveau pubère sur l’apprentissage ? Le cortex frontal n’est pas encore entièrement développé.  Il y a donc parfois décalage entre le cerveau ado et l’apprentissage.  Et sur leurs résultats scolaires !  Un résumé de la situation.

Article mis à jour le 18 mai 2021.

Dans un article précédent, Ecole, cerveau et puberté, le triangle des Bermudes, j’évoquais le fait que le cerveau des ados continue à se construire.   Et que toutes les parties du cerveau ne se développent pas toutes en même temps.  Que la communication entre toutes ces aires, n’est pas encore très bien établie.

Quelles sont les conséquences de ces phénomènes sur l’apprentissage ?

Le cortex frontal : le centre de coordination

Dans l’article précédent, j’ai appelé le cortex frontal « le centre de commande de nos facultés cognitives ».   C’est que le cortex a une fonction de régulateur.  Il coordonne l’activité d’autres aires cérébrales et donc des fonctions qu’elles contrôlent.  Sur la mindmap ci-dessous, vous pouvez voir les différentes facultés cognitives coordonnées par le cortex frontal. (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Le cortex frontal – centre de commande

Prenons l’exemple de la planification du travail scolaire.   Cela paraît facile ou naturel à beaucoup d’adultes.   En réalité, cela suppose un enchaînement et une coordination de tâches intellectuelles complexes.

Planifier : un ensemble de tâches complexes

Notre ado, appelons-le Antoine, doit d’abord se souvenir d’indiquer au journal de classe la matière à étudier ou le devoir à rendre.  Cela suppose de pouvoir comprendre l’information, d’en extraîre l’essentiel et de le formuler sous forme d’objectif (filtrage d’information) : une description précise de ce qu’il faut faire, de la forme que cela doit prendre, et du délai dans lequel il faut le rendre.

 Cela suppose de ne pas se laisser distraire par ce qui passe à ce moment-là dans la classe (attention soutenue).   Pendant qu’il étudie ou rédige son devoir, Antoine doit pouvoir rester concentré sur ce qu’il fait et ne pas se laisser distraire par l’environnement (sms, bruits de la maison, etc.).

Mais un devoir – comme une catastrophe – n’arrive jamais seul : souvent, il y en a plusieurs dans une même journée, qui correspondent à des cours différents et qu’il faut remettre à des dates diverses (flexibilité).  Cela suppose également de pouvoir établir des priorités : quel devoir rendre demain, le jour suivant, etc.  Lequel me demandera le plus de temps.  Par lequel commencer ?  Il faut donc être multitâches et pouvoir jongler avec l’ensemble des devoirs et leçons à remettre.

Il faut pouvoir se souvenir d’un ensemble important de choses (mémoire) et être capable de demander des précisions ou des informations complémentaires pour pouvoir s’adapter à se qui est demandé  (emploi du feedback).

Et tout cela doit être géré dans le temps en tenant compte des ressources disponibles.

Le cerveau ado et l’apprentissage : des aires qui évoluent séparément et à des moments différents

Une coordination efficace des aires cérébrales qui accomplissent toutes ces fonctions suppose une maturation complète du cerveau et en particulier du cortex frontal.

Or, chez les adolescents, certaines de ces aires sont encore en construction.  Si la plupart des fonctions de résolution de problème se mettent en place entre 5 et 12 ans, les fonctions les plus complexes, nécessaires à la planification, se construisent entre 15 et 25 ans.

Dans ce cas, demander à un adolescent de 14 ans de gérer son argent de poche n’a pas beaucoup de sens : s’il sait déjà compter depuis plusieurs années, son cortex frontal n’est pas assez développé pour assurer les tâches de gestion, planification, respect des règles, etc. que cela suppose… Une fois de plus, le cerveau ado et l’apprentissage sont en décalage.

La mémoire de travail

Une des découvertes les plus récentes des neurosciences est l’importance de la  mémoire de travail.  Celle-ci est beaucoup plus efficace chez les adultes que chez les enfants : les adultes peuvent se souvenir d’un nombre plus important d’objets pendant un temps plus long.  Mais ce qui fait surtout la différence, c’est le nombre et la complexité des manipulations qu’un adulte peut accomplir en utilisant sa mémoire de travail, comparativement à un enfant ou à un adolescent.   Or, dans la planification, nous sommes amenés à effectuer des opérations complexes en utilisant notre mémoire de travail.  Et chez les adolescents, les différentes aires qui travaillent ensemble à ces opérations complexes ne communiquent pas bien ensemble.

Un exemple tout simple : on demande à des enfants, des ados et des adultes de retenir une séquence de lettres pendant quinze secondes : A – D – C – E.  Tout le monde y parvient sans peine.  Si on leur demande de réciter la suite à l’envers, les ados et les enfants ont beaucoup plus de mal.  Et si on leur demande de les reciter dans l’ordre alphabétique, seuls les adultes s’en sortent bien.  Parce que la communication entre les aires du cerveau concernées est meilleure chez les adultes.  Elle n’existe pas encore chez les enfants et elle se construit chez les ados.

C’est également le cas du cortex frontal latéral, responsable de l’emploi du feedback.  Or, ce feedback ne sert pas uniquement à demander des précisions par rapport à un devoir.  C’est l’étalon personnel qui nous permet de mesurer où nous en sommes et donc d’évoluer.  Cette aire du cerveau est l’une des dernières à se construire.  Cela explique aussi pourquoi les adolescents ont du mal à changer leur façon d’agir, à tenir compte des changements dans leur environnement et de réagir à temps.  Notamment à une baisse des notes sur le bulletin.  Ou à un avertissement du professeur.  C’est aussi une des raisons pour lesquelles les ados changent difficilement leur façon d’étudier, même si celle-ci ne leur réussit pas…

Les leçons du Jacques a dit

Vous vous souvenez du jeu « Jacques a dit » de votre enfance ?  Vous devez respecter la consigne uniquement si elle s’accompagne de l’expression « Jacques a dit ».  Sinon, vous devez rester immobile.  Les adultes s’en tirent mieux que les enfants.  Les enfants de moins d’un an en sont pratiquement incapables.  Entre un an et 8 an, cela reste difficile.  Les chercheurs ont découvert qu’entre 8 et 12 ans, les enfants utilisent l’aire dorsale du cortex frontal pour mener cette opération à bien.  Entre 12 et 18 ans, le cerveau se réorganise et les adolescents utilisent désormais l’aire ventrale latérale du cortex frontal.  Mais pendant cette réorganisation, la communication entre les différentes aires est plus laborieuse que chez les adultes.  Il faut donc attendre 25 ans pour que le jeune arrête au feu orange.  Ou qu’il puisse se concentrer dans un environnement bruyant.  Ou qu’il ne sur-réagisse pas à certaines remarques désobligeantes de ses copains.

Interférences versus multitâches

John Ridley-Stroop a mis au point un test que bon nombre d’entre vous ont certainement déjà essayé : celui de dire à voix haute le nom d’une couleur alors que celui-ci est écrit dans une autre couleur.  Par exemple, lire le mot jaune écrit en vert.  Comme sur l’image ci-dessous. (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Test de Stroop

Les adolescents, une fois de plus, ont de la peine à dire le bon mot.  Ils sont victimes de ce que les neurosciences appellent des interférences.  Le côté gauche du cortex frontal, qui permet de gérer cette dissonance entre deux informations, n’est pas mûr avant 18 ans au moins.   C’est malheureusement aussi le siège qui nous permet d’être multitâches.  Alors que les ados adorent étudier tout en écoutant leur MP3 et en regardant l’évolution d’un jeu sur Internet, leur cerveau est moins préparé que celui de leurs aînés à la gestion de plusieurs tâches à la fois.   Mais allez les convaincre d’éteindre la radio ou la télé pendant qu’ils révisent les maths ou l’anglais !

Le jeune cerveau pour l’anglais et le vieux pour les maths ?

Le cerveau de l’enfant est plus adapté à l’apprentissage des langues.  C’est pourquoi les enfants multilingues peuvent passer d’une langue à l’autre, parfois au milieu d’une même phrase, en variant les accents comme par jeu.  Il y a une « fenêtre » d’apprentissage des langues.  Entre un et deux ans, les enfants connaissent ce que les spécialistes appellent « vocabulary burst », une explosion du vocabulaire.  A trois ans, un enfant est généralement capable de construire des phrases grammaticalement correctes.  Et jusqu’à 8 ou 10 ans, il est capable d’apprendre n’importe quelle langue étrangère avec l’accent juste.

Les spécialistes pensent que le développement intense de la matière grise jusqu’à cet âge est également responsable de cette acquisition facile du langage.   Mais après les choses se compliquent.  Et si l’apprentissage des langues est possible tout au long de la vie, il nécessite plus de temps et d’énergie.  C’est le moment d’utiliser des méthodes dynamiques et efficaces…

Par contre, les neurosciences démontrent que les enfants utilisent surtout leur cortex frontal et leur mémoire de travail pour effectuer des opérations mathématiques simples : autrement dit, ils utilisent énormément de ressources mentales.  Alors que les adultes qui ont pratiqué les mathématiques régulièrement depuis des années effectuent ces mêmes opérations avec leur cortext pariétal.  Ces opérations sont devenues en quelque sorte automatiques.

Ils vaut donc mieux commencer l’apprentissage des langues et des maths le plus tôt possible.  Mais pour des raisons différentes.

En attendant, conseillez à vos ados d’étudier dans un environnement calme, qui leur permet de se concentrer.  Et ne leur demandez pas de planifier leurs études à trop long terme.

Conclusion : le cerveau ado et l’apprentissage – un équilibre sans cesse remis en question

Si nos ados grandissent de plus en plus vite. S’ils ressemblent à des adultes de manière de plus en plus précoce… Ils restent des adolescents.

Avec un cerveau en construction. Avec un équilibre toujours mouvant entre le cerveau ado et l’apprentissage, qu’il soit scolaire ou celui que les parents essaient d’inculquer. Comme la gestion de l’argent de poche, la capacité à se projeter dans l’avenir.

Parce que nos adolescents nous ressemblent tellement, nous croyons qu’ils ont les mêmes capacités que nous. C’est une erreur courante. Mais c’est une erreur.

Essayez de vous en souvenir la prochaine fois que votre ado dépensera son argent de poche du mois en une semaine…

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Cerveau, école et puberté : le triangle des Bermudes ?

Mon fils ne sait pas se lever le matin.  Ma fille est incapable de planifier sa semaine.  Mon enfant fait toujours ses devoirs à la dernière minute.  Mon fils a des problèmes de concentration.  Ma fille déprime, elle s’irrite pour un rien.  Mon fils passe des heures au téléphone avec ses copains.  Mais, il ne m’appelle jamais quand il sait qu’il arrivera en retard.

Je ne compte plus les parents qui m’arrivent avec ce genre de réflexions.  Généralement proférées sur un ton exaspéré, voire carrément désespéré.

Ils m’arrivent aux ateliers Apprendre À Apprendre ou pour un premier contact en vue d’un accompagnement étudiant, les épaules chargées d’un immense sentiment de culpabilité, les yeux plein d’incompréhension.  Ils s’excusent presque de me présenter leur rejeton, en qui ils avaient placé tant d’espoir…

Vous vous reconnaissez un peu dans ce portrait de parents déboussolés ?  Pas de panique !

Votre enfant, votre ado, est normal.  C’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

Un cerveau en construction

Vous connaissez ce fameux message, si agaçant sur Internet ?  Vous voulez consulter cette page qui a l’air si intéressante sur un sujet qui vous tient tellement à coeur.  Et tout ce que votre écran affiche, c’est ce message frustrant entre tous : « Page en construction« .

On pourrait afficher le même message sur certaines parties du cerveau de votre adolescent : car toutes les parties du cerveau ne se développent pas en même temps.

Lors de la puberté, entre 10 et 14 ans, l’adolescent vit sous un bombardement hormonal quasi-constant : ce sont ces hormones qui déclenchent le développement des différentes aires du cerveau.  Certaines participeront au développement de la mémoire, d’autre à celui de la gestion des émotions, d’autres à celui de la faculté de mesurer les risques ou encore le goût de l’exploration, du test de ses propres limites.   C’est ce flux hormonal, conjugué aux expériences quotidiennes de l’ado confronté à son environnement, qui va sculpter le cerveau de votre enfant.

Le problème, c’est que ces différentes zones du cerveau vont se développer à des moments différents.  Et que la communication entre ces différentes parties n’est pas encore bien établie.  D’où parfois des comportements dangereux – on veut tester ses limites sans pouvoir vraiment mesurer les risques – ou agaçants pour l’entourage – il souriait à sa petite amie, il y a cinq minutes et à présent, il agresse sa mère pour une pécadille.   Cela vous paraît familier ?

Des ados, pas des adultes

La génération jeune actuelle souffre d’un mal inédit : ils sont généralement grands, plus grands que nous, et la multiplicité des sources d’information qui les entourent, qui les submergent font qu’ils sont généralement mieux informés que nous ne l’étions à leur âge.   Ce qui fait que nous les considérons trops souvent comme les adultes qu’ils ne sont pas.   Pas encore.  Et que nous exigeons d’eux des attitudes et des prises de responsabilité qu’ils sont incapables d’assumer.

Un exemple : nous voudrions tous que nos enfants planifient leurs études longtemps à l’avance, n’est-ce pas ?  Et cela depuis la première secondaire !  Mauvaise nouvelle : la partie du néocortex en charge de la planification n’a pas terminé sa pleine maturation chez les garçon avant 21 ans… 

Cela veut-il dire que nous devons attendre tranquillement sans rien faire ?  Jusqu’à ce que leur cerveau soit complètement construit ?

Non, bien entendu.  Mais nous pouvons reconnaître les signes de cette immaturité – au sens étymologique du terme – et aider nos ados à se construire en leur proposant des modèles, en leur donnant des limites claires, en leur proposant des exercices qui les aideront à progresser.   Mais : en respectant le rythme de chacun.   Ce qui veut dire qu’en tant que parent, vous avez des chances de vivre encore de nombreuses frustrations.   Mais aussi des joies et de la reconnaissance lorsque vous constatez qu’une étape est franchie, qu’un objectif est atteint.

Les ados sont aussi des êtres extrêmement sociaux : ils se construisent aussi – et peut-être même davantage – par leurs contacts avec leurs pairs : les jeunes du même âge, qui ont les mêmes goûts, les mêmes besoins, les mêmes envies.   N’essayez donc pas de tout contrôler : c’est le meilleur moyen de vous rendre malheureux(se).

Manque de sommeil et jetlag permanent

Vous connaissez le jetlag ?  Cette fatigue due au décalage horaire et au manque de sommeil qu’il engendre ?  La plupart des ados le connaissent en permanence.  Dans son livre « Het puberende brein« , Eveline Crone, professeur en neurosciences à l’université d’Utrecht, décrit ce cycle infernal qui épuise les jeunes durant la puberté.

C’est la mélatonine qui contrôle le sommeil et la sensation de fatigue.  C’est elle qui fait que la plupart des enfants s’endorment brutalement entre 20 et 21 heures.  Mais à la puberté, son apparition est retardée : elle se manifeste souvent entre 22 heures et minuit.  Ce qui fait que les ados n’ont jamais envie de se coucher.   Mais leur croissance rapide exige un sommeil réparateur de 9 heures à 9 h 30, chaque jour.   Ce que les horaires scolaires ne leur permettent absolument pas.

L’Etat du Minnesota a testé des horaires scolaires qui démarrent plus tard : et a constaté une nette amélioration des résultats ! La fatigue permanente de certains ados les rend irritables, nerveux, mais surtout leur interdit toute concentration soutenue.  Leur niveau d’attention est proche de zéro.  Leur capacité à mémoriser est donc plus que limitée.

Un conseil : nous ne pouvons guère influer sur les horaires scolaires européens.  Par contre, c’est une bonne idée de laisser les ados faire la grasse matinée le week-end ou pendant les congés scolaires.  De cette manière, ils récupèrent au moins une partie de ce sommeil dont leur croissance a tant besoin.

Le cortex frontal : le centre de commande des facultés cognitives

Contrairement à certaines aires du cerveau qui sont spécialisées dans une seule fonction – comme l’hypothalamus qui règle nos biorythmes – le cortex préfrontral assure un rôle plus complexe de régulation. On peut comparer le cortex préfrontal à un centre de commande des facultés cognitives.

C’est lui, en effet, qui gère l’ensemble des fonctions réparties dans d’autres aires du cerveau et qui sont nécessaires à la planification, à la vue d’ensemble et de détails, etc.   Toutes ces facultés cognitives qui nous permettent de nous projeter dans l’avenir, de faire la part des choses entre l’essentiel et l’accessoire, entre l’urgent et ce qui peut attendre, entre le but à atteindre et les moyens pour y parvenir.

Dans de prochains articles, nous verrons ensemble comment fonctionne ce « centre de commandes », quelles facultés il implique et comment entraîner nos ados à exercer ces facultés.

En n’oubliant pas, que certaines de ces facultés, et surtout leur coordination, ne sont accessibles aux ados que lorsque leur cortex préfrontal est mûr.  Le maître-mot ici est sans doute : patience !  Le meilleur moyen pour que le triangle Ecole, Cerveau et Puberté ne soit pas comme celui des Bermudes, un triangle maudit où tout est perdu d’avance !

Bon courage 😉

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