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Norme LTI : quand les outils d’apprentissage travaillent ensemble

La norme LTI (Learning Tools Interoperability) du consortium IMS tend à s’imposer chez les éditeurs d’outils d’apprentissage. Et c’est une bonne nouvelle ! Dans cet article, je passe en revue les caractéristiques de cette norme et quelques outils qui sont compatibles.

Qu’est-ce que la norme LTI ?

La norme LTI est une norme d’échange entre les outils d’apprentissage. LTI est l’acronyme de Learning Tools Interoperability, soit « interopérabilité entre les outils d’apprentissage« .

Cela signifie que deux voire davantage d’outils d’apprentissage peuvent être associés pour travailler ensemble. L’utilisateur final n’a pas besoin de créer plusieurs comptes : les outils sont disponibles immédiatement avec le compte principal.

LTI : une nouvelle norme pour lier vos outils d’apprentissage

Comment fonctionnent les outils liés par LTI ?

Imaginons que j’utilise la plateforme d’apprentissage social à distance Course Networking. Et que je veuille non seulement utiliser l’application de cartes mentales Mindomo, mais que je veuille en faire profiter mes apprenants ? Qu’ils puissent créer des cartes mentales, en bénéficiant de toutes les options payantes, sans créer de compte Mindomo ni payer l’abonnement ?

Je peux lier mon compte School de Mindomo à ma plateforme d’apprentissage via la norme LTI.

Dès lors, je serai capable de créer des cartes mentales Mindomo depuis ma plateforme d’apprentissage. Je pourrai envoyer des « devoirs » à mes apprenants sous forme de cartes mentales Mindomo à créer ou à compléter. Et mes apprenants pourront créer des cartes mentales depuis ma plateforme Course Networking sans passer par la case « abonnement ».

De même, je pourrai lier H5P à ma plateforme pour offrir à mes apprenants une panoplie complète d’outils de création de supports pédagogiques. Ils pourront utiliser H5P comme si c’était un outil d’origine de ma plateforme.

Comment fonctionne la norme LTI ?

La norme LTI est une émanation du consortium IMS Global, un rassemblement de 571 acteurs de l’apprentissage dans 25 pays.

Le consortium a émis une norme d’échange entre outils d’apprentissage.

Pour lier deux outils d’apprentissage, vous avez besoin :

  • que ces outils soient conformes à la norme LTI
  • d’une URL d’application conforme à la norme LTI (pour ouvrir l’application)
  • d’une clé LTI de consommateur (un numéro d’identification de l’utilisateur de l’application)
  • un (code) secret partagé (entre l’utilisateur et l’application)

Pour lier une application comme Zoom à mon LMS, par exemple, je dois me rendre dans la partie Administration du LMS. Je me rends dans la section Intégration.

Et là, j’insère les deux clés (utilisateur et secret), l’url de l’application, ainsi que le nom de domaine à partir duquel l’application peut être lancée :

Ajout des différentes clés LTI

Lorsque ces éléments sont ajoutés, je les enregistre.

Un lien « Zoomer » a été créé dans le menu de chacun de mes cours dans le Course Networking :

Nouvelle commande Zoomer dans le menu de Course Networking

A présent, je peux lancer une classe virtuelle Zoom en cliquant simplement sur le lien Zoomer dans mon menu Course Networking.

De la même manière, je peux ajouter d’autres outils comme Mindomo, Wooclap, H5P ou encore ajouter le réseau social de Course Networking à une plateforme Moodle ou encore à BlackBoard.

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Mooc, spoc, elearning, foad, social learning : les tendances sur Google

Les MOOC sont sollicités en France, je crois que ça n’a échappé à personne.  Et ailleurs : est-on aussi intéressé par ce thème ?  Et qu’en est-il d’autres mots attachés à la formation à distance ?  Je me suis servi de Google Trends pour voir quelles étaient les recherches sur les mots : MOOC, SPOC, elearning, foad et social learning.  Attention : surprises !

Google Trends n’est pas un outil scientifique de sondage, mais le nombre de recherches sur un mot en particulier, donne une image assez fidèle de l’intérêt des Internautes et donc, des grandes tendances sur le Net.

Qu’est-ce qui intéresse les Internautes dans la formation à distance ?

J’ai voulu savoir quelles sont les domaines de la formation à distance qui intéressent vraiment les Internautes.  Non seulement en France mais aussi dans le monde entier, aux Etats-Unis, au Royaume Uni et en Inde.

Quels termes de recherche pour l’elearning ?

J’ai donc choisi 5 mots-clés qui illustrent la formation à distance :

  • elearning
  • MOOC
  • SPOC
  • FOAD
  • social learning

J’ai aussi tenté des recherches avec « e-learning » et « blended learning ».  Les différences entre e-learning et  elearning ne sont pas significatives.  On arrive au même résultat à 2 % près.  « Blended learning » ne montre que des résultats dérisoires (de 1 à 7 quel que soit le pays.)  « Formation hybride » récolte 0 % même en France !

La formation à distance dans tous les pays

Qu’en est-il de la formation à distance dans le monde ?  Quels mots-clés liés à l’e-learning et à ses modalités les internautes de la planète recherchent-ils ?

Les recherches au niveau mondial

Ici, pas vraiment de surprise : l’elearning connaît un succès croissant.  Et depuis quelques années, les MOOC lui ont emboîté le pas.  Ce qui m’étonne le plus dans ce graphique, c’est le taux à peu près constant de « Social learning« , alors que j’avais l’impression que ce terme n’était apparu que très récemment dans le vocabulaire de la formation.  Il faudrait pouvoir vérifier que le même terme ne recouvre pas des réalités différentes.

Vérification avec Google Books Ngram Viewer

J’ai voulu en avoir le cœur net (c’est le cas de le dire) et d’utiliser un autre outil  de Google pour vérifier si le terme social learning pouvait recouvrir autre chose.  J’ai donc utilisé un autre outil Google moins connu mais tout aussi bluffant : Ngram Viewer.  Ce dernier est une collection de bases de donnée de contenus de livres.  Plus de 15 millions d’entre eux ont ainsi été scannés et traduits en bases de données à ce jour.

La recherche « social learning » de 1500 à 2008 réserve quelques surprises :

Le social learning à travers les âges

« MOOC » fait son apparition au début des années 2.000 ce qui est déjà surprenant.  Mais Social Learning connaît une progression extraordinaire depuis le milieu des années 1930.

Un clic sur le lien qui renvoie à la période 1500 à 1963 (eh oui !) nous éclaire immédiatement :

Résutats de recherche sur social learning

Le « social learning » dont il est question ici est bien l’apprentissage social, l’apprentissage de la socialisation ou par les pairs.

Le terme ne nous sera donc pas très utile dans notre recherche.

La formation à distance en France

Et en France ?  Suit-on pas à pas l’évolution mondiale des recherches sur ces termes ?

Pas vraiment…

La formation à distance en France

Pas besoin d’épaisses lunettes pour se rendre compte qu’en France, ce sont les recherches sur les MOOC qui l’emportent largement !

MOOC a été recherché 100 fois en février 2016 contre 9 fois pour l’elearning et 17 pour la FOAD.  Le malheureux SPOC a été recherché une fois…

Les Français s’intéressent donc plus aux Mooc que le reste de la planète.

Qu’en est-il aux USA, patrie de naissance des MOOC ?

Les recherches américaines sur l’elearning

Ici, c’est un peu la surprise : les Américains s’intéressent de moins en moins aux MOOC! 

L’après-MOOC aux Etats-Unis ?

Contrairement à ce qui se passe pour la France, les recherches sur le mot-clé  MOOC n’a jamais dépassé les recherches sur elearning aux Etats-Unis.   Je ne compte pas Social learning pour les raisons évoquées plus haut.  Mais les recherches sur le mot-clé MOOC ont commencé à décliner à la mi-année 2014.

Il est vrai qu’on peut trouver dans la presse américaine de nombreux articles traitant de la déception face aux espoirs placés dans les MOOC ou, au contraire, les nouvelles formes d’apprentissage issues de ceux-ci.  Ainsi que les inégalités qui se creusent entre les universités qui peuvent s’offrir ce type de dispositif et celles qui n’en ont pas les moyens, toutes situations que décrit cet article intitulé State of the Mooc 2016.

La recherche de mots-clés sur l’e-learning au Royaume-Uni

J’ai aussi exploré les recherches Google sur les mêmes mots-clés au Royaume Uni.  Que recherchent les Britanniques en matière de formation à distance ?

Recherches en formation à distance au Royaume Uni

Autre surprise : le elearning se porte plutôt bien dans les recherches des Internautes britanniques.  Mieux que les MOOC qui bénéficient d’à peine un tiers des recherches sur l’elearning.  Alors que la plateforme anglais Future Learn attire toujours plus d’étudiants… de l’étranger !

Je ne compte pas le social learning ici non plus, toujours pour les mêmes raisons.

Récapitulons : une comparaison internationale

J’ai tout rassemblé dans un graphique unique et interactif créé avec infogr.am pour vous faciliter la tâche : cliquez sur l’image et vous pouvez visualiser tous les résultats dans le même graphique interactif.

Toutes les tendances en un graphique

Quels sont les pays où l’e-learning connaît la plus forte croissance ?

Quels sont les pays dans le monde où l’industrie de l’elearning connaît la plus forte croissance ?

J’ai repris un article du magazine en ligne elearning industry et j’ai tiré le graphique suivant de leurs statistiques de croissance pour 2015.

Croissance annuelle de l’elearning

Une nouvelle surprise : aucun des pays analysés précédemment ne s’y retrouve.  C’est en Asie et dans les pays émergents d’Europe de l’Est que l’elearning connaît la croissance la plus forte.

On peut peut-être y voir plusieurs raisons.  Sans doute le manque d’infrastructures académiques par rapport à des populations en forte croissance (Inde, Malaisie…) et une large préférence pour les études techniques et scientifiques, champ totalement délaissé par notre jeunesse qui se rue massivement vers les sciences humaines.

Conclusion : le mot-clé est « diversité »

La conclusion qu’on peut tirer de cette recherche – qui n’a rien de scientifique, mais qui montre certaines tendances – est sans doute l’extrême diversité de l’intérêt pour l’elearning et ses modalités.

Alors que la France connaît un engouement sans précédent pour les MOOC, il semble que l’intérêt des Américains commence à s’essouffler ou à se focaliser déjà sur l’après-MOOC.  Au Royaume Uni, les deux mots-clés ont toujours la cote.

Mais la grande leçon, c’est que la croissance de l’industrie se passe ailleurs…  Il est peut-être temps d’investir davantage dans la formation de nos jeunes, en particulier, dans les formations liées aux TICE…

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13 erreurs mortelles en e-learning et comment les éviter

Chaque activité humaine recèle ses pièges et ses illusions.  L’e-learning n’échappe pas à la règle.  Voici donc 13 erreurs mortelles en e-learning et surtout, comment faire pour les éviter.

Cours gratuit pour les enseignants

Pour les enseignants confinés pour cause de pandémie, je propose un cours en ligne gratuit. Toutes les informations dans cet article : cliquez ici.

La vague des MOOC a remis la formation à distance et l’e-learning en particulier au goût du jour.   Parallèlement, la concurrence dans le secteur de la formation devient de plus en plus dure.   Les entreprises comparent, analysent les prix et ne se jettent pas dans les bras du premier consultant en formation venu.   En outre, il semble de plus en plus difficile de remplir les salles pour les formations en présentiel classique.

L’e-learning comme porte de sortie pour les formateurs

C’est sans doute pourquoi de nombreux formateurs, coachs et consultants souhaitent se lancer dans l’e-learning.  Ils y voient une alternative rentable aux formations en salle.  Voire comme un prolongement de celles-ci, par le biais de la formation hybride (blended learning), soit mettant en ligne une version plus ou moins adaptée de leur formation en présentiel.

Pour autant, tous les formateurs qui se lancent dans l’e-learning – et mon petit doigt me dit qu’ils sont de plus en plus nombreux – ne réussissent pas.  J’entends régulièrement les échos de confrères qui se sont lancés avec beaucoup d’enthousiasme dans des  projets de formation en ligne et qui ont rapidement déchanté.

C’est pour éviter ce genre de déconvenue que j’ai créé la formation Créez votre cours en ligne sur Spoc en Stock : à la demande de formateurs, de coachs et de consultants, j’ai conçu une formation pratique, un cursus qui réponde aux besoins des candidats-formateurs en e-learning.

Voici un résumé de quelques erreurs communes qui peuvent détruire votre projet d’e-learning.

13 erreurs mortelles pour votre projet d’e-learning

Ces erreurs relatives à l’e-learning se répartissent en 4 domaines distincts:

  1. Conception : vous imaginez, construisez et structurez votre formation (ou pas…)
  2. Réalisation : vous créez vos supports, vous les mettez en ligne
  3. Organisation : vous organisez votre travail, celui de vos collaborateurs
  4. Distribution : vous mettez en place les canaux de distribution et vous vendez (ou pas…)

(Vous pouvez télécharger gratuitement cette carte depuis ma page sur Biggerplate : 13 erreurs mortelles en e-learning).

13 erreurs mortelles en e-learning

Ces 4 domaines ne se suivent pas forcément de manière linéaire : l’organisation et la distribution se recouvrent en partie par exemple…

a) Les erreurs de conception de votre projet e-learning

1) L’e-learning, c’est facile : un Powerpoint et hop !

C’est l’erreur la plus courante.  Peut-être aussi la plus mortelle.

La liste à puces sans image : piège mortel

Croire que nous sommes toujours au début des années 2000 et qu’une simple présentation Powerpoint mise en ligne va faire des miracles.  Même si vous y ajoutez du son, ça ne changera pas grand-chose.  Et si vous vous contentez de publier des PDF en ligne, vous courez à la catastrophe.

Le public est éduqué : il a vu d’autres choses ailleurs.  Il commence à bien faire la différence entre la qualité et le reste.  Entre une simple information – l’exposition de quelques principes, éventuellement accompagnés d’illustrations – et une véritable formation – processus par lequel un apprenant modifie ses actions, ses connaissances, ses habitudes voire sa façon de voir le monde.  Vous saisissez la nuance ?

L’e-learning, c’est une formation à part entière, la distance en plus, le contact direct en moins.   Vous devez donc concevoir votre formation avec encore plus de soin et d’anticipation qu’une formation en présentiel.  Vous allez donc devoir réfléchir davantage aux besoins de votre public-cible et aux moyens d’y répondre efficacement.  Sans pouvoir le regarder dans les yeux pour savoir ce qu’il pense,  ni lui taper sur l’épaule quand il réussit…

2) Je suis mon instinct, le public me suivra

« J’ai de l’expérience, je sais de quoi mon public a besoin.  Et donc, je n’ai pas besoin d’analyser ses besoins.  »

Pourquoi le public vous suivrait-il ?

Si votre objectif est d’aller droit dans le mur, c’est un bon début !

Sinon, revoyez vite votre copie et attelez-vous à une série de tâches difficiles :

  • comprendre les besoins réels de votre public
  • identifier ses problèmes et les solutions adéquates
  • transformer ces solutions en formation efficace

Il existe des outils et des méthodes pour identifier votre public et pour comprendre ses besoins.  Formez-vous à ces méthodes. Consacrez du temps à une compréhension profonde de votre public et de ses besoins.

Ce n’est pas du temps perdu, c’est un investissement qui vous permettra d’être plus pertinent.

3) Je mets en ligne ma formation en présentiel

Autre erreur commune : croire qu’on peut transposer en ligne une formation qui a bien réussi en présentiel.

Ce n’est pas si simple.  Chaque médium à ses codes, son langage, sa grammaire.  Passer de l’un à l’autre suppose ce qu’on appelle la « translittératie » : la faculté d’écrire pour différents médias en tenant compte de leurs spécificités.

Le succès de votre formation en présentiel tient peut-être à :

  • votre personnalité
  • vos qualités d’animateur
  • aux échanges réels entre participants que vous initiez
  • à des activités concrètes que vous demandez à vos participants
  • etc.

Comment allez-vous transposer tout cela en ligne ?

  • Votre humour passe-t-il aussi bien en ligne qu’en face à face ?
  • comment allez-vous faire passer vos qualités d’animateur à travers l’écran ?
  • comment allez-vous susciter des échanges entre vos participants ?
  • vos activités sont-elles transposables en ligne ?
  • si la réponse à une de ces question est non, quelle alternative envisagez-vous ?

Je suis convaincu qu’il est possible de transposer bon nombre de formations en présentiel en excellents modules d’e-learning.   Mais cela vous prendra autant de travail – sinon plus – que de créer une nouvelle formation à partir de zéro…

Autant le savoir…

4) La technologie remplace la pédagogie

C’est rarement formulé de cette façon…  Mais dans les faits, il faut bien constater que pour certains, puisqu’on a la technologie, plus besoin de s’embarrasser d’autre chose.

Sur certaines plateformes de formation en ligne, on voit aussi les évaluations techniques prendre le pas sur l’évaluation pédagogique : l’image est-elle bien visible, le son parfaitement clair ?   Oui, par contre, le contenu pédagogique est parfois d’une indigence pitoyable…

C’est vrai que c’est pénible de visionner une vidéo où l’image tremble et dont le son est approximatif.  Mais croyez-vous vraiment que c’est passionnant de s’accrocher à une formation en ligne dont le contenu est décevant ?  Où dont les activités ne correspondent pas à vos besoins ?  Où la progression pédagogique est inexistante ?

La technologie doit être au service de la pédagogie

Répétez après moi : la technologie doit être au service de la pédagogie.  Et non l’inverse.  Votre formation n’est pas là pour justifier l’achat de l’ordinateur dernier cri ou du micro hyper-sensible à trois cellules…

Il est temps de poser la question, non ?

5) La vidéo c’est bon pour tout : et donc pas besoin d’exercice !

Si on explore la plupart des MOOC, on dirait bien que la vidéo est en train de remplacer le Powerpoint comme tarte à la crème de l’e-learning.

Si c’est de la vidéo, c’est bon !

En réalité, les différences de qualité sautent aux yeux entre différents cours et le contenu de leurs clips vidéo.

Mais en plus, la vidéo n’est pas forcément le meilleur vecteur de l’apprentissage.  La variété des support est une bien meilleure garante de réels apprentissages.

En outre, pour expliquer certains processus, les relations entre concepts, par exemple une carte conceptuelle ou un diagramme de flux seront bien plus efficace.  Si vous devez expliquer les consignes de sécurité d’un appareil, une illustration schématique sera plus pertinente qu’une photo et a fortiori d’une vidéo.

En outre, le fait de recourir à la vidéo ne devrait pas dispenser de faire un effort d’imagination en matière d’exercices : le tandem vidéo-quiz est devient le niveau zéro de la pensée pédagogique pour  la formation en ligne…  Paresse intellectuelle ?

b) Les erreurs de réalisation de votre projet d’e-learning

La conception n’est malheureusement pas la seule étape où vous pouvez faillir.  La réalisation est aussi l’occasion de se tromper massivement.

6) Pas besoin de tester : tout est bon !

Vous avez réalisé vos supports et vous les avez mis en ligne.  C’est bon : vous pouvez commencer à vendre.

Vraiment ?

Avez-vous testé votre formation auprès d’un panel d’apprenants caractéristiques de votre public ?  De préférence des gens qui ne maîtrisent pas forcément le sujet et qui ne connaissent pas vos « tics » de concepteur ?

Une formation est rarement bonne dès la première édition.  Et sans passer par le test ultime de l’apprenant, vous risquez bien de ne pas être compris, d’avoir une structure déroutante pour vos apprenants ou  une navigation erratique et qui ne fait pas sens pour vos participants…

Faites donc un test : vous n’avez pas besoin de 50 testeurs.  Une poignée de gens de votre entourage suffira largement et vous serez sans doute étonné de voir où ça coince…  Cela vous paraissait pourtant évident !

7) Tous les LMS se valent : ce ne sont jamais que des sites Web !

Pour en avoir essayé plusieurs, je peux confirmer que tous ne se valent pas, loin s’en faut !

Certains sont tout simplement trop compliqués  : des usines à gaz, voire des montagnes qui accouchent d’une souris.  D’autres se veulent tellement conviviaux qu’ils ne présentent plus que des fonctions très basiques.

D’autres encore sont très prometteurs, mais sont les champions du bug ou de l’installation compliquée (le genre Ikéa, mais sur votre serveur, vous voyez le genre ?).

D’autres enfin sont extrêmement coûteux et on se demande bien pourquoi à l’usage…

Faites votre petit marché, demandez conseil, rencontrez les éditeurs, comparez.   Vous n’avez peut-être pas besoin d’un mammouth pour réaliser vos cours en ligne, mais peut-être cette plateforme simple et conviviale ne propose-t-elle pas un élément qui est crucial pour vous…

8) Mon cours est gravé dans le marbre

Certains concepteurs de formations en ligne se prennent-ils pour Victor Hugo ?  Croient-ils que leur oeuvre est faite pour parcourir les 20 prochains siècles ?

Nous vivons dans un environnement mouvant, qui se modifie à une rapidité jamais vue auparavant dans l’histoire de l’humanité.

Si votre formation ne peut pas évoluer, elle sera rapidement dépassée.  On ne vous demande pas de faire la « revolucion » tous les 15 jours, mais au moins de vous tenir à jour…

9) Ergonomie et esthétique, c’est pareil

Voilà une erreur commune : confondre esthétique et ergonomie.  Cela vient-il du mot « design » qui désigne à la fois les objets luxueux qui figurent dans des magazines « glossy » et les techniques de conception et de production d’objets ou de service ?

Je suis le premier à dire qu’un cours en ligne doit être esthétique, qu’il est plus enthousiasmant de travailler dans un environnement agréable à l’œil que dans un musée des horreurs.

Mais esthétique ne veut pas dire « ergonomie ».  L’ergonomie désigne tout ce qui dans votre système va faciliter la vie des apprenants.  Une esthétique bien pensée y contribue.  Mais c’est surtout la navigabilité de votre système, sa lisibilité pour l’apprenant, l’accessibilité des ressources et des fichiers d’aide qui seront déterminants.

L’aide et les ressources doivent toujours être au plus près de la tâche et doivent être identifiables au premier coup d’oeil.   Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens…

c) Les erreurs d’organisation de votre projet d’e-learning

10) Je fais tout tout seul

Besoin de personne ? Vraiment ?

Il se peut que vous maîtrisiez la matière, que vous soyez un expert des LMS, que la vidéo n’ait plus de secrets pour vous, que vous soyez un grand maître de la pédagogie ainsi qu’un gourou de la vente en ligne (ouf !).

Mais même si c’est vrai, vous risquez bien l’épuisement avant longtemps.  Et pour des résultats décevants.  Il vaut mieux vous concentrer sur votre métier de base  : produire des formations de qualité.  Et déléguer ou sous-traiter pour tout le reste.

La vidéo vous prend trop de temps ?  Ou la vente n’est pas votre point fort ?  Passez des accords avec des collègues, contractez des alliances avec des vendeurs, des marketeurs, des hébergeurs compétents.   Tout ne se paie pas forcément en argent…

11) Je délègue tout, je supervise

A l’inverse, ne plus rien faire du tout que déléguer et contrôler va vous faire perdre la main sur votre projet.  A terme, vous risquez de ne plus reconnaître votre bébé…

Gardez les mains dans le cambouis, ne fut-ce que de temps en temps pour ne pas perdre votre regard d’expert, pour ne pas oublier les réalités quotidiennes du métier.

Rien de pire que ces inspecteurs ou ces superviseurs qui dispensent leurs bons conseils alors qu’ils n’ont plus pratiqué depuis 20 ans et sont totalement déconnectés du réel.

D) Erreurs de distribution de votre projet d’e-learning

12) Mon cours est en ligne, tout va bien !

Vous avez mis votre cours en ligne et vous attendez les participants : vous risquez d’attendre un bon moment…

Il y a environ un milliard de sites web en ligne à l’heure où j’écris ces lignes…  Pour que vos apprenants potentiels trouvent le votre, il va falloir un peu de moyens.

De la publicité, sans doute.  Mais surtout, vous devez construire une présence sur Internet.  Il faut que l’internaute moyen puisse avoir confiance en vous.  Vous devez pour cela construire une image positive de vous, de votre entreprise, de votre expertise.

Un bon site web – pas une simple carte de visite – un blog efficace, une présence active sur les réseaux sociaux, etc.   Tout cela prend du temps : mais c’est le seul moyen d’obtenir des résultats.

13) Le mobile, c’est pour les jeux !

La formation, c’est quelque chose de sérieux.  Le mobile c’est pour les jeux.

Vous risquez bien de passer à côté de la montre en or !  Les internautes apprennent de plus en plus via leur tablette ou leurs smartphones.  Votre LMS doit donc pouvoir être  lisible sur tous supports.  Vos apprenants profitent parfois d’un trajet vers leur lieu de travail pour jeter un coup d’oeil sur leur cours : le vôtre est-il prêt pour ce genre d’exercice ?

Tout est-il lisible ?  Clair même sur un écran de 5 pouces ?

Faites le test.

Vous savez à présent quelles sont les erreurs à éviter, les pièges dans lesquels ne pas tomber.  Il me reste à vous souhaiter bonne chance pour votre projet 🙂

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E-learning Logiciels Mindomo

Mindomo School : mindmapping, e-learning et classe virtuelle

Cela vous étonne de trouver les mots mindmapping, e-learning et classe virtuelle associés à Mindomo ?  Alors, il est temps pour vous de découvrir Mindomo School : l’interface d’école virtuelle du célèbre logiciel de mindmapping !

Ca y est : Mindomo a lancé officiellement son Interface School !  Plus qu’un logiciel de mindmapping collaboratif en ligne, Mindomo se transforme en outil intégré d’e-learning avec cette interface.  Car Mindomo School, ce ne sont pas que des cartes mentales qu’on s’échange en ligne.  C’est une véritable école en ligne, avec ses classes, ses étudiants, ses enseignants, ses ressources, ses travaux à remettre, etc.

Mindomo School : une interface complète d’e-learning

L’interface School est bien plus qu’une simple extension du logiciel de mindmapping.

Elle permet un véritable travail d’enseignement et d’apprentissage à distance en utilisant les outils visuels.

Une interface très complète

L’interface peut gérer en ligne une école entière.  La version la plus étendue permet de créer une école alignant 40 enseignants, pouvant dispenser 5 cours chacun à un total de 850 étudiants…

Comment cela fonctionne-t-il ?  Très simplement, comme toujours avec Mindomo !

1. Créez votre école

Votre école est créée automatiquement lorsque vous ouvrez votre compte Mindomo School.

Un code d’accès vous est alloué.

2. Invitez des enseignants et des étudiants

Avec le menu « School Admin » invitez des enseignants et des étudiants dans votre école.

Invitez des étudiants et des enseignants

Attribuez les rôles aux personnes invitées en cliquant sur l’onglet « Rôle ».

3. Créez votre premier cours

Rendez-vous sur l’interface « Cours » et cliquez sur l’onglet « Start New Course » pour créer un nouveau cours :

Créez votre premier cours

4. Donnez un nom à votre premier cours

Donnez à votre nouveau cours en ligne son nom public.

Nommez votre nouveau cours

Votre nouveau cours s’affiche à présent.

J’ai décidé de créer un cours « J’étudie plus efficacement » du nom de la formation que j’anime pour les étudiants du secondaire.  Au lieu d’utiliser la plateforme d’e-learning Moodle comme je le faisais jusqu’à présent, je vais désormais recourir à l’interface School de Mindomo pour la partie en ligne de cette formation hybride.

Affichage de votre cours

5. Donnez accès au cours à vos participants

Vous pouvez inviter des participants à votre cours en leur donnant le code d’accès.  De cette manière, ils peuvent participer pleinement et ont accès à toutes les fonctionnalités de votre version Premium.

Donnez accès à votre premier cours

6. Rédigez une note de bienvenue à vos étudiants

J’ai rédigé une note de bienvenue aux participants de ma nouvelle classe.  Ce sont les participants à ma formation J’étudie plus efficacement de samedi dernier.

Note de bienvenue à vos participants

7. Assignez le premier devoir à vos étudiants

L’interface School de Mindomo vous permet bien entendu de créer des devoirs en ligne et de les assigner à vos étudiants.

Ici, je leur demande de résumer un texte sous forme de mindmap, comme nous avons appris à le faire lors de la formation en présentiel.

Assignez un devoir

A droite, en haut, vous pouvez déterminer la date ultime pour la remise du travail (1).

Dans le bas de votre devoir, vous pouvez choisir différentes options qui correspondent à ce que vos étudiants devront faire :

  • créer une mindmap individuelle à partir de zéro
  • créer une mindmap individuelle à partir de celle que vous attachez à la fiche du devoir
  • travailler de manière collaborative à une mindmap jointe

Dans ce cas-ci – résumer le texte sur les trois cerveaux – les étudiants doivent créer eux-mêmes leur propre mindmap.

8. Mettez à jour la consigne et fournissez une ressource complémentaire

Vous pouvez mettre à jour la consigne donnée pour le devoir et la compléter par une ressource complémentaire.

Mise à jour d’un devoir

Dans mon cas, j’ai ajouté une carte déjà créée sur la méthode d’interrogation de texte CQQCOQP.

Pour ce faire, j’ai cliqué sur le logo Mindomo en bas à droite de la fiche.

Et voici le résultat :

Mise à jour de la consigne

9. Ajoutez une ressource pour vos étudiants

Vous pouvez également ajouter des ressources pour vos cours.

Celles-ci peuvent être des mindmaps, des documents écrits sous n’importe quel format (Word, Libre Office, PDF, etc.) des fichiers  audio ou vidéo, des liens vers des sites web, etc.

De cette manière, tous vos étudiants disposeront des ressources nécessaires pour accomplir leur travail et progresser dans leurs études.

Ajoutez une ressource !

Conclusion

 Avec son interface School, Mindomo quitte les limites d’un logiciel de mindmapping, aussi bon soit-il pour entrer dans le cercle des plateformes d’e-learning.

Les différentes fonctionnalités de l’interface – création d’école virtuelle, constitution de classe, envoi de devoirs, de notes, ajout de ressources, etc. en font un réel outil d’enseignement ou d’apprentissage à distance.

L’intégration des mindmaps se fait à tous les niveaux : non seulement à titre individuel, mais aussi par le biais du mindmapping collaboratif et lors des devoirs.  Ceux-ci peuvent constituer en mindmaps créées à partir de zéro par les étudiants ou en exercice de complétion de cartes mentales créées par l’enseignant.

Cette interface peut facilement être utilisée tant pour l’apprentissage 100 % à distance que pour les formations hybrides : une ou plusieurs journées en présentiel plus un suivi en ligne.  Une bonne nouvelle tant pour les écoles que pour les entreprises.

Les prix proposés sont plus qu’abordable, puisqu’une licence « teacher » qui permet à un enseignant de donner 5 cours différents à 35 étudiants coûte 69 $ par an.  Soit, environ 60 € par an ou 5 € par mois…

Avec cette interface et d’autres innovations à venir très bientôt, Mindomo entend clairement se positionner comme un acteur incontournable du mindmapping éducatif.

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E-learning

Petite histoire de la formation à distance – infographie

Quand on parle de formation à distance, on pense immédiatement à l’e-learning et à Internet.  Mais en réalité, la formation à distance a déjà une très longue histoire derrière elle, vieille de près de 3 siècles.  Voici une infographie et un article pour revoir un peu cette petite histoire de la formation à distance.

 

Mise à jour 7-02-2014 : MOOC ITyPA.

La formation à distance : une histoire vieille de près de trois siècles !

L’engouement récent pour les MOOCs (cours en ligne massif et ouverts) et pour l’e-learning en général nous font oublier à quel point l’histoire de la formation à distance est déjà riche et ancienne.

En effet, peu de personnes savent que les premiers cours à distance ont été proposés dès 1728, par un certain Caleb Phillips.  Ce monsieur proposait des cours de correspondance privée à travers des petites annonces publiées dans la Boston Gazette.

(Cliquez sur l’infographie pour l’agrandir).

Petite histoire de la formation à distance

La formation par correspondance allait rester la norme pour l‘enseignement à distance pendant plusieurs siècles, au point que les deux notions seront longtemps pratiquement équivalentes.

En 1.840, Sir Isaac Pitman invente une méthode de sténographie.  Pour la populariser, il propose des cours par correspondance.  Il est bientôt suivi sur le continent par deux associés de Berlin, Charles Toussaint et Gustav Langenscheidt qui lancent leur propre école de correspondance et popularisent également la sténographie.  Leur entreprise survivra jusqu’à la seconde guerre mondiale.

En 1858, l’Université de Londres sera la première à dispenser des diplômes reconnaissant les formations obtenus par correspondance.

En 1873, Anna Ticknor fonde la Société d’Encouragement pour l’Etude à domicile : une école également par correspondance et qui vise plus spécifiquement un public féminin.

L’enseignement à distance en France

En France, comme dans de nombreux autres pays, la formation à distance à commencé par un établissement privé : l’institut Eyrolles.  Le développement industriel exige du personnel  mieux formé et l’enseignement à distance fournit un outil de perfectionnement apprécié.

Mais il faudra attendre la seconde guerre mondiale pour la création d’un institut national de formation à distance.  Et encore, celui-ci sera provisoire, puisque le pays est en guerre.  C’est en 1939 que naît le Service d’Enseignement par correspondance.  En 1944, à la fin du conflit, il devient le Centre national d’enseignement par correspondance (CNEPC), dont le statut de « lycée » lui vaut d’assurer la scolarité des enfants malades, des invalides de guerre, etc.

Il faudra encore plusieurs mutations et quelques décennies pour que ce service devienne le CNED ou Centre national d’enseignement à distance tel que nous le connaissons aujourd’hui.

L’enseignement à distance en Belgique

En Belgique aussi, le premier établissement de formation à distance est d’origine privée : l’Institut l’Avenir (c’est son nom) est fondé en 1904.  Il connaissait un succès réel, avec plus de 10.000 inscrits en 1923.

Les autorités publiques se sont intéressées à ce type d’enseignement à partir du « Pacte scolaire » de 1958.   Elles lancent un programme expérimental, dédié à ceux qui « malgré des conditions déplorables de santé, de situation économique ou sociale, ont la volonté de s’instruire et d’acquérir une promotion intellectuelle, sociale ou professionnelle, un enseignement qui soit adapté à leur situation. »  Ce programme comptera 310 inscrits.

Une initiative qui ne plaira pas à l’institut l’Avenir qui introduira un recours auprès du ministre de l’éducation…

En 1961, un Arrêté Royal crée un service permanent d’enseignement à distance, qui prendra lui aussi diverses formes, jusqu’à ce les compétences en matière d’éducation ne soient confiée à la Communauté Française en 1976.  Mais ce ne sera que 8 ans plus tard, en 1984, qu’un décret en fixera la forme actuelle.

Deuxième ère de la formation à distance : la radio et la télévision

La radio et la télévision vont déconnecter la formation à distance de la correspondance.

En 1948, l’Américain John Wilkinson s’allie à la célèbre station NBC pour proposer des cours radiophoniques du niveau du collège.

Cinq ans plus tard, en 1953, l’université de Houston propose les premières classes basées sur un enseignement retransmis par la télévision.

Les autorités britanniques comprennent l’intérêt de ces médias et fondent Open University (Université ouverte – dont j’ai été un étudiant heureux 😉 ) dès 1969.  Une vraie université à distance qui propose des cours et des diplômes aussi bien en musicologie qu’en techniques informatiques ou en chimie organique.

Troisième ère de la formation à distance : la révolution Internet

Mais ce qui allait révolutionner l’enseignement à distance pour toujours, c’était Internet !

Dès 1999, la toile proposait des cours à distance avec des outils tels que BlackBoard, e-College ou encore SmartThinking.

Dès 2001, la plateforme constructiviste MOODLE faisait son apparition et proposait des interactions entre les apprenants en ligne.

Selon le Sloan Consortium, en 2009, 4,9 millions de personnes s’étaient inscrites à au moins un cours en ligne.

Et puis, un nouveau venu a fait son apparition il y a quelques années : le MOOC.  Le Massive Online Open Course – cours en ligne, massif et ouvert.   C’est Dave Cormier qui, le premier, a utilisé le mot MOOC pour parler du cours Connectivism and Connective Knowledge (également connu sous l’appellation CCK08).  Ce cours était développé par George Siemens et Steven Downes pour l’Université du Manitoba.

S’agissait-il vraiment du premier MOOC ?  Sa première place est contestée par divers opérateurs, mais l’important est le principe de ces MOOCs : des cours ouverts, gratuits, en ligne et auxquels chacun peut s’inscrire pour obtenir un certificat, par pure curiosité, pour s’améliorer en vue d’une promotion, etc.

Les MOOCs connaissent un engouement sans précédent et contribueront sans doute, dans les années toutes proches, à la naissance d’autres formes de formation en ligne encore plus participatives et interactives.

En France, Remi Bachelet a créé un MOOC de Gestion de projet  pour l’Ecole centrale de Lilles en 2013.  Il est le premier à offrir une certification. Mais  le premier MOOC français serait celui d’ITyPA, acronyme de « Internet, Tout y est Pour apprendre« .

En 2014, Coursera entame une série de spécialisations :  des cours certifiés  qui se succèdent pour former une véritable filière de formation.

Le web 2.0, avec sa philosophie d’échanges et de participation générera sans doute de nouvelles formes d’apprentissage et de formation en ligne.

Restez à l’écoute, je vous donnerai d’autres informations sur la formation à distance et l’e-learning très bientôt…

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Comment concevoir un cours en ligne ? Voici une méthode efficace !

Comment concevoir une formation à distance via Internet ?  Voici une méthode efficace en 4 étapes : analyse, développement, implémentation et évaluation.

Cours gratuit pour les enseignants

Beaucoup d’entreprises hésitent encore à créer un cours en ligne ou une formation mixe (blended learning : qui allie cours en présentiel et formation à distance).  Comment s’y prendre ?  Quelles sont les étapes à respecter ?  Et surtout, comment retenir l’attention des apprenants, sachant que les abandons sont très nombreux dans ce type d’apprentissage ?

Je suis moi-même confronté au problème en tant que formateur, concepteur de formation mais aussi en tant que participant à de nombreux MOOCs (Massive Online Open Courses – cours massifs en ligne et gratuits).  Je suis donc toujours à la recherche d’outils et de méthodes qui me permettent d’améliorer la qualité de mes cours, de les rendre plus attractifs pour les étudiants et donc d’abaisser le taux d’abandon.

Et, tout au long de mes recherches, j’ai glané quelques trouvailles intéressantes que j’ai envie de partager avec vous.  Que ce soit en matière de conception des cours  eux-mêmes ou de méthodes pour rendre les formations à distance plus conviviales et attrayantes, plus « user friendly » comme le dit joliment l’expression anglaise.

Aujourd’hui, je vous propose une méthode de conception de formation à distance en quatre étapes.  Je n’ai rien inventé, c’est une méthode proposée par Debbie Morrison sur son blog Online Learning Insights.  Mais je la trouve suffisamment intéressante et bien structurée.  C’est en fait la formalisation de beaucoup de nos efforts empiriques de concepteurs de formation.

Le « Course design » inspiré du « design éducatif« 

Debbie Morrison s’est inspirée d’un ouvrage de Klaus Krippendorf, sur le design, ses origines philosophiques et ses relations avec le langage.  J’aime beaucoup cette conception que Debbie Morrison appelle « course design » : « Design ou conception de cours« .   Le « course design » s’inspire de « l’instructional design » qu’on peut traduire par « design éducatif« .  Le design éducatif a déjà une longue vie derrière lui puisque, si l’on en croit cet article de Wikipedia, les premières tentatives remontent à la seconde guerre mondiale et à la formation des officiers.

Le « course design » est une conception de la formation centrée non sur les méthodes d’enseignement, mais sur les méthodes d’apprentissage.  Sur la façon dont les étudiants apprennent et non pas sur la manière dont les professeurs ou formateurs enseignent.

Il ne s’agit pas de jouer sur les mots, mais de changer de point de vue.  Et ce changement de perspective entraîne aussi des modifications de pratiques pédagogiques.

Les cours sont centrés sur l’apprenant et non sur l’enseignant.  Et sur les meilleurs outils et méthodes pour susciter l’envie d’apprendre en ligne…

Debbie Morrison propose un  « processus de développement de cours » basé sur les éléments suivants :

  1. un plan éducatif : qui détaille la façon dont les contenus seront proposés aux apprenants
  2. du matériel d’apprentissage : pour les étudiants; du contenu original ou acheté ailleurs
  3. des activités variées: qui incitent les étudiants à réutiliser et à appliquer les nouvelles connaissances
  4. des méthodes d’évaluation : utilisées selon le contexte et les objectifs de la formation

Le processus de conception de cours se déroule selon quatre étapes que je détaille ci-après :

  1. l’analyse du problème et des besoins
  2. le développement
  3. l’implémentation
  4. l’évaluation et la révision

Première étape : l’analyse des besoins et des objectifs

J’ai illustré ces quatre étapes en détail dans la mindmap ci-dessous, dessinée avec iMindMap 7 (que vous pouvez télécharger gratuitement de ma page Biggerplate comme d’habitude).

Les quatres étapes de la conception

La première étape consiste à analyser les besoins et les problèmes du public visé.  Cela vous aide à fixer les objectifs du cours.  Et surtout, à vous assurer qu’ils répondent bien au besoin identifié.

Ensuite, analysez le public-cible :

  • quel est son background – Est-il encore étudiant ou bien est-ce un professionnel qui désire se perfectionner ?  C’est tout-à-fait différent !
  • quelles sont ses motivations ?  S’améliorer ?  Obtenir une certification ?
  • quel est son niveau de compétences ?  Est-il débutant ou expert ?
  • quel est son accès à Internet ?  Du haut-débit ou une connexion téléphonique archaïque ?  Apprend-t-il via un PC de bureau, un portable, une tablette ou un smartphone ?

Lorsque vous connaissez votre public, attachez-vous à définir votre approche pédagogique :

  • plutôt connectiviste ?
  • plutôt constructiviste ?
  • plutôt instructiviste ?

Définissez les objectifs d’apprentissage pour chaque séquence pédagogique.

Analysez les modes de distribution de vos contenus : synchrone ou asynchrone ?  Uniquement en ligne ou en apprentissage mixte (blended learning) ?

Quels sont les outils Internet qui correspondent le mieux à vos besoins et à ceux de vos apprenants ?

Enfin, déterminez vos sources de contenus en fonction de vos objectifs pédagogiques.

Deuxième étape : le développement de votre cours

C’est à présent le moment de développer une stratégie d’apprentissage !

Mélangez les contenus d’apprentissage : ceux que vous développez vous-même, ceux que vous réadapter de formations antérieures, que vous empruntez à d’autres formations, voire à des productions de vos étudiants.

C’est le moment aussi de mettre en place vos méthodes d’évaluation : quiz, évaluation par les pairs, forums, etc.  Déterminez les critères de réussite pour chaque type de méthode.

Créez et décrivez des activités variées afin d’inciter vos apprenants à utiliser les nouvelles notions et/ou compétences acquises lors de votre formation : travaux pratiques, projets, travaux de groupes, etc.

Identifiez aussi les critères et méthodes d’évaluation de votre cours : que les participants puissent vous aider à l’améliorer via un feedback intéressant.

Troisième étape : l’implémentation de votre formation en ligne

Afin de vérifier que tout fonctionne et que votre méthodologie rencontre les besoins de votre public, lancez un cours-pilote à destination d’un petit groupe d’apprenants issus de votre public.

Procédez à une évaluation formative : qu’ont réellement appris ces personnes qui ont passé le premier test de votre formation ?

Sur base de ce feedback, révisez votre formation : adaptez certains contenus, supprimez-en certains autres (pas d’état d’âme !  ils pourront peut-être être réutilisés pour d’autres modules).  Et ajoutez certaines choses qui pourraient manquer…

Procédez à des évaluations formative et sommative avec votre groupe-pilote.  Et tirez-en les conclusions en passant à l’étape 4 :

Quatrième étape : l’évaluation et la mise à jour

Rassemblez le feedback que vous avez obtenu de diverses sources, que ce soit au niveau qualitatif ou quantitatif.

Analysez ce feedback.  Tenez compte aussi de facteurs externes à votre formation.  Il suffit que vous ayez programmé le lancement de votre cours à un moment où les personnes prennent leurs congés pour diminuer significativement les taux de participation…

Comparez vos résultats avec ceux d’institutions d’éducation comparables : analysez leurs mesures quantitatives et qualitatives.  Que vous disent les résultats ?  Etes-vous dans la moyenne ?  Au-dessus ?  En-dessous ?

Et au besoin, révisez vos phases d’analyse (quelque chose vous a peut-être échappé) et/ou de développement (la progression pédagogique est peut-être à revoir : j’ai changé la méthode de langue que j’utilisais avec mes étudiants à Maastricht.  Et j’en ai pris une qui respecte mieux la progression attendue de mes étudiants.  Résultats : moins de découragement, plus de plaisir, plus de résultats positifs…).

Ensuite, démarrez tout le processus en gardant à l’esprit que tout peut être améliorer à tout instant…

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas d’une méthode miraculeuse, mais de la mise en place d’une méthodologie  structurée.  Cela demande du travail et aussi beaucoup d’humilité face à ce que le feedback de vos apprenants vous renvoie.

Je continuerai à vous faire part de mes investigations dans ce domaine, notamment de l’apport de la gamification dans les cours en ligne.

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Mindmapping : visualisation 3D et mondes immersifs

Que peuvent apporter la vision 3D et les mondes immersifs pour le mindmapping ?

Un exposé organisé par Métalectures sur Francogrid illustre de nouveaux modes de visualisation des données.  Dont un CV 3D évolutif et des cartes mentales en 3 dimensions.

Sur base de l’exposé de Pierre-Yvves Perez, aka Faslstaff Delvalle, j’ai repris les spécificités du  mindmapping en 3D et en monde immersif.

Métalectures propose depuis quelques semaines des exposés virtuels sur l’utilisation des mondes immersifs en éducation.  J’ai d’ailleurs eu l’opportunité d’y animer une conférence sur l’histoire de la pensée visuelle.

Hier, c’était au tour de Falstaff Delvalle, aka Pierre-Yves Perez de nous dévoiler les travaux de son association : celle-ci travaille dans le domaine de la souffrance au travail.  Mais procède aussi à l’évaluation et à l’expérimentation de nouveaux outils.  Et notamment des potentialités des mondes immersifs ou persistants.

Carte mentale en 3 dimensions

Une retransmission vidéo de cet exposé et de la visite est visible sur Francogrid Live.

Des mindmaps en 3D : pour quoi faire ?

Entre autres outils – un CV 3D évolutif, de la visualisation de compétences, etc. – l’association expérimente les mindmaps ou cartes mentales en trois dimensions dans les mondes immersifs.

A première vue, on pourrait prendre ces constructions tentaculaires pour de vulgaires gadgets pour geeks ou nerds.  Mais dans son exposé, Pierre-Yves Perez nous donne des arguments concrets auxquels tant les entreprises que les spécialistes du mindmapping devraient s’attarder.  J’ai regroupé ces arguments sur une carte mentale en 2D…  (Cliquez sur l’image pour l’agrandir ou téléchargez-la gratuitement sur Biggerplate).

Des spécificités uniques

L’immersion confère au participant une perception de l’espace et de son corps qu’aucune autre méthode sur Internet ne peut donner.  Il faut l’avoir expérimenté au moins une fois pour savoir à quel point on perd la notion de l’avatar et on se sent projeté, investi entièrement dans un monde à l’aspect réel.

Les distances, les proportions, les relations à l’espace et aux autres sont préservées : l’impression d’être là est réelle.  La perception de la profondeur, du mouvement – votre avatar marche, court ou vole – la manipulation des objets, tout évoque une véritable « corporéité » que les faux 3D aplatis en 2D n’approcheront jamais…

Les relations avec les autres possèdent aussi, du fait de la spacialité et de la corporéité, une dimension émotionnelle totalement absente des mondes en deux dimensions.   Or, en pédagogie, on sait à quel point cette dimension émotionnelle est importante pour l’acquisition des savoirs.  Ces outils constituent donc un apport essentiel au monde de la formation.

La vision 3D assure aussi une « présence physique » des objets : ils sont là, ils constituent autant d’obstacles tangibles.  Une mindmap 3D dans un monde immersif est un objet de dimensions variables, autour duquel on peut tourner pour en contempler les différentes faces, qu’on peut manipuler ou survoler.

Le fait de disposer de différentes faces par branches permet aussi de présenter différentes idées par branches sans les confondre.  On peut zoomer quasiment à l’infini.  Et donc chaque idée peut constituer le départ d’une nouvelle mindmap sur laquelle il suffit de zoomer pour en analyser tous les détails.

Lors d’une réunion virtuelle, chaque nouvelle idée émise peut devenir un nouvel objet sur la carte.   Mieux : on peut reconstituer un brainstorming et demander à chacun de venir déposer son idée sur la mindmap.  L’impression de déplacement, d’action collective est réelle.

Ces cartes sont persistantes : une personne qui n’a pu assister à la réunion peut venir consulter cette carte à tout moment.  Elle peut être réutilisée autant de fois qu’on le souhaite.  Elle est duplicable et transformable presque à l’infini.

Les mondes persistants offent aussi une réelle solution de travail collaboratif à distance : les collaborateurs se parlent au travers de leurs avatars, ils se touchent, se donne des objets, circulent dans un espace commun et relativement au groupe.  C’est une expérience totale.

Le coût d’une telle réunion est dérisoire : pas de location de bâtiments ou de matériel, pas de déplacements.  Et l’accès est ouvert à tous, y compris aux personnes à mobilité réduite.

La démocratisation du mindmapping pourrait bien passer par là lors des prochaines années !

Marco Bertolini

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De l’Illiade aux mondes virtuels : 3000 ans de pensée visuelle !

Quel est le point commun entre Cicéron, Thomas d’Aquin, Dante Alighieri, Giordano Bruno, Tony Buzan et les mondes virtuels ?

Réponse : la pensée visuelle et la mémoire locale.

Depuis au moins 3.000, ans les hommes utilisent les images pour se souvenir des notions les plus complexes.   Aujourd’hui, les mondes virtuels offrent une localisation supplémentaire aux arts de la mémoire.

C’est ce dont je vous parlerai lors d’une conférence pour Métalectures le mardi 19 février prochain dès 21 h 15.

Dans le cadre du cycle des Rencontres Formation et Pédagogie sur OpenSimulator, je vous parlerai le mardi 19 février à 21H15 du sujet suivant : De l’Illiade aux mondes virtuels : 3000 ans de pensée visuelle, une occasion de présenter les arts de la mémoire depuis Simonide de Céos jusqu’au mindmapping, le concept mapping et l’utilisation des plateformes virtuelles, à la fois comme lieu virtuel de mémorisation et comme centre d’apprentissage virtuel.

Depuis la plus haute antiquité, les hommes ont développé des systèmes de mémorisation basés sur la localisation et la visualisation. Les aèdes qui contaient les récits homériques comptaient sur ces techniques pour se rappeler les milliers de vers de l’Illiade et de l’Odyssée. Cicéron nous a donné la clé de ces techniques en décrivant le « palais de mémoire »  dans son De l’orateur.

Cicéron, l’orateur, par Maccari

Ces techniques ont été utilisées par les moines mendiants et les universités jusqu’à la fin de la Renaissance. Période où les réformateurs tels qu’Erasme ou Pierre de la Ramée porteront un coup fatal à l’utilisation de la « lecture intérieure ».

Dans les années 1970, l’historienne britannique Frances Yates remet au goût du jour les études hermétiques et les techniques mnémotechniques. En particulier dans ses ouvrages The Art Memory ou Giordano Bruno and the Hermetic Tradition.

Au même moment, le psychologue anglais Tony Buzan formalise le mindmapping tandis que l’Américain Joseph Novak publie ses premières cartes conceptuelles. La pensée visuelle connaît alors une nouvelle renaissance.

Mindmap réalisée avec iMindMap

Les mondes virtuels, avec leur conjugaison unique des trois dimensions et de l’ubiquité propre à Internet, offrent de nouvelles perspectives à la pensée visuelle et à la formation à distance.

Accès à la conférence

Cette conférence sur les mondes virtuels aura lieu dans un monde virtuel, cohérence oblige !

Pour y accéder, vous devez ouvrir un compte sur Francogrid, le monde virtuel français.  C’est entièrement gratuit.  Toutes les étapes sont décrites sur la page de Métalectures, l’organisateur de l’événement.

La conférence sera également retransmise en streaming vidéo sur le site de Francogrid.

Je remercie Lorenzo Soccavo, le fondateur de Métalectures qui me donne cette opportunité de m’exprimer pour la première fois dans un monde virtuel.  Merci aussi à Jenny Bihouise, aka Cheops, pour son aide technique et sa patience inaltérable à mon égard 😉

Au plaisir de vous y retrouver 😉

Marco Bertolini

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NetPublic » Faire entrer l’Ecole dans l’ère du numérique : stratégie présentée par le Ministère de l’Education nationale

See on Scoop.itRevolution in Education

Marco Bertolini‘s insight:

aire entrer l’Ecole dans l’ère du numérique. Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, a présenté la stratégie pour le numérique à l’École en présence de Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, de l’innovation et de l’économie numérique, jeudi 13 décembre 2012.

Transmettre des savoirs à des enfants qui évoluent depuis leur naissance dans une société irriguée par le numérique et donner à chacun les clés pour réussir dans sa vie personnelle, sociale et professionnelle future nécessitent en effet de repenser en profondeur notre manière d’apprendre et d’enseigner ainsi que le contenu des enseignements.

See on www.netpublic.fr

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Ingénierie de la formation : les trois niveaux d’intervention

Qu’est-ce que l’ingénierie de la formation ? Qui en sont les acteurs ?

Quelles en sont les différentes étapes ?

Dans une nouvelle série d’articles, dont voici le premier, j’explorerai ce domaine qui gagnerait à être mieux connu.

Aujourd’hui, je découvre avec vous les trois niveaux d’intervention de cette discipline.

Je relis avec bonheur le livre de Thierry Ardouin « Ingénierie de la formation pour l’entreprise« , publié en 2003 aux éditions Dunod et qui reste pour moi un des ouvrages majeurs dans ce domaine.

Bien sûr, c’est mon métier depuis des années, de concevoir et d’organiser des formations – la première remonte à 1989 – mais je ressens le besoin de revenir régulièrement aux sources, ne fut-ce que pour reformaliser mes pratiques professionnelles.   L’expérience est importante, bien entendu, mais elle ne suffit pas : une réflexion professionnelle, une prise de distance par rapport à votre « praxis » s’impose de temps en temps.   J’ai besoin de redonner une ossature plus intellectuelle, plus rationaliste à mes pratiques intuitives : l’usage des deux cerveaux, une fois de plus !

Une méthodologie actuelle

Le livre date de 2003 et n’aborde donc pas des méthodes pédagogiques nouvelles comme l’e-learning ou les MOOC‘s très en vogue en ce moment, mais il insiste sur une méthodologie qui me paraît toujours d’actualité.  Pour moi, une intervention de formation en entreprise doit toujours comprendre les 4 phases qui forment le sous-titre de l’ouvrage : analyser, concevoir, réaliser, évaluer.

Selon le contexte et les besoins de l’entreprise, les 4 phases n’auront pas toujours un poids égal dans notre intervention en tant que spécialiste, mais elles doivent au moins figurer au cahier des charges et le professionnel doit au moins savoir dans laquelle il intervient et comment elle s’insère dans le système général.

Thiery Ardouin mettait déjà en garde contre ce qui aujourd’hui est devenu l’un des pièges les plus meurtriers en matière de formation :  l’excès technologique – se focaliser sur nos merveilleux outils (ordinateurs, Internet, iPads, réseaux, etc.) – au lieu de les mettre au service de l’objectif pédagogique.  Does that ring a bell ?

L’autre piège mortel est l’hyper-rationalisation : une conception et une mise en oeuvre qui se concentrent sur les systèmes et en oublient complètement l’humain, la personne à former, qui devrait pourtant constituer le coeur de l’ensemble…

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir avec vous les trois niveaux d’intervention de l’ingénierie de la formation.  (Cliquez sur la carte pour l’agrandir ou téléchargez-la gratuitement depuis Biggerplate, la plus grande communauté de mindmappeurs au monde).

Les trois niveaux de l’ingénierie de la formation

La politique de la formation

C’est le niveau de la stratégie.  C’est là qu’est décidée la politique de formation de l’entreprise.  Cela nécessite une vision à long terme, une connaissance du portefeuille de compétences disponibles en interne, une définition des objectifs généraux, de la position générale de l’entreprise face à l’apprentissage et à l’évolution des personnels, etc.

Les acteurs externes sont bien entendu les autorités – Etat, Régions, Communautés (en Belgique), etc. – qui fixent le cadre législatif.   Mais aussi les partenaires sociaux, les branches professionnelles ou commissions paritaires, etc. qui fixent le cadre professionnel : conditions de travail, organisation de la formation par secteur ou par entreprises, etc.

L’organisation de ce niveau appartient à  la direction générale – qui porte la vision de l’entreprise, qui définit ses missions et ses objectifs généraux, dont la formation – et à la direction des ressources humaines (DRH) qui bien entendu gère tout ce qui touche aux carrières et à leur évolution.  Et donc, des besoins en formation, en mobilité interne, etc.  Les acteurs internes sont des directions opérationnelles et/ou administratives et le comité d’entreprise.

La formation et le niveau des systèmes

Le deuxième niveau, la formation, est celui des systèmes de formation.  C’est le niveau de la coordination.  L’organisation en est généralement confiée à un responsable ou ingénieur de la formation, entouré de collaborateurs et d’assistants administratifs.

C’est là que se décident la sélection des opérateurs et des intervenants : le niveau externe.  C’est-à-dire des organismes de formation ou des prestataires de services, comme des rédacteurs de manuels d’instruction, des concepteurs d’e-learning ou de jeux sérieux, etc.

Les acteurs internes y sont les cadres de l’entreprise, les employés, et le public-cible de notre formation.

L’ingénierie pédagogique

C’est le niveau de la pédagogie, c’est là qu’on applique les méthodes choisies, qu’on réalise les différents scénarios pédagogiques, etc.

C’est le niveau des formateurs et conseillers pédagogiques, internes ou externes.  Tandis qu’en interne, les apprenants ou stagiaires sont à la fois la cible et les acteurs de la formation – dans les formations réussies…

C’est le fameux « terrain », le seul niveau dont les apprenants auront vraiment conscience car c’est le seul avec lequel ils seront en contact direct.

Le point de vue pratique

D’un point de vue plus pratique, on peut schématiser l’ensemble comme ceci (cliquez sur l’image pour l’agrandir ou sur ce lien pour la télécharger gratuitement depuis Biggerplate)

Niveaux d’intervention de l’ingénierie de la formation

Dans une entreprise de taille modeste, il se peut que plusieurs – voire tous les niveaux – soient effectués par une seule personne.  Ou que le maître d’ouvrage et le maître d’oeuvre soit la même personne.

Ce n’est pas un problème si cette personne est consciente des différents niveaux de son intervention et des rôles et responsabilités que cela implique.  Par exemple, dans des associations petites ou moyennes, le rôle de formateur et de coordinateur – ou maître d’oeuvre – est souvent joué par la ou les mêmes personnes.

Dans ce cas, ces formateurs-coordinateurs devront bien faire la part des choses entre leurs différentes fonctions afin d’éviter les confusions malheureuses mais aussi pour gérer leur temps de manière efficace.  On ne peut pas être tout le temps sur le pont et à la barre : au risque de faire naufrage…

Ces cartes ont été réalisées avec le logiciel de mindmapping XMind dont vous pouvez télécharger la version gratuite ici.

Si vous voulez vous former à l’usage des outils visuels, consultez notre agenda pour savoir quand et où nous organisons des formations et ateliers.

Bon travail 😉

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