Catégories
Société Uncategorized

Le capitalisme de surveillance : tous esclaves de Google ?

Silencieusement, de manière très insidieuse et même séduisante, un capitalisme d’un nouveau genre se met en place.  Un capitalisme qui vampirise nos données pour les transformer en milliards de dollars et influencer nos comportements à notre insu.

Tous esclaves de Google ?

Tous esclaves du Big Data ?

« La plupart des Américains se rendent compte qu’il y a deux groupes de personnes qui sont surveillées de manière constante alors qu’elles se déplacent dans le pays.  Le premier groupe est surveillé involontairement par une décision de justice qui leur impose un bracelet de détection attaché à la cheville.  Le second groupe comprend tous les autres… »

Un consultant en assurance automobile, cité par Shoshanna Zuboff dans The Secrets of Surveillance Capitalism, article publié par le journal allemand Frankfurt Algemeine Zeitung, le 5-03-2016.

Un nouveau capitalisme de surveillance

Cette surveillance, c’est celle exercée par les dispositifs mis en place par Google, mais aussi par Facebook, Microsoft, Apple, etc.  Toutes ces entreprises vous « offrent » des services et des produits « gratuits » en échange de la capacité à capturer, mettre en forme, conserver et vendre ces données.

Il ne s’agit plus simplement de données du type « statique » : votre adresse, votre numéro de téléphone, etc.

Il s’agit de « flux de données » en temps réel :

  • quand vous vous connectez sur le Web,
  • quels sites vous visitez,
  • ce que vous avez « liké » sur Facebook,
  • vos déplacements grâce à Google Maps,
  • vos achats grâce à votre carte bancaire,
  • vos excès de vitesse sur l’autoroute grâce à l’informatique embarquée dans votre voiture,
  • vos maladies ou vos troubles de santé grâce à vos applications de sports ou votre consultation de sites spécialisés,
  • vos transactions bancaires ou vos dépenses mensuelles
  • etc.

Ce n’est pas grave, je n’ai rien à cacher

C’est la réponse que vous entendez le plus souvent lorsque vous évoquez ce type d’outils à des personnes qui ne se sont jamais interrogées sur l’impact de ces technologies.

Or, si vous n’avez rien à cacher, certaines entreprises ont tout intérêt à ce que votre vie devienne transparente.

Par exemple, votre assurance-santé pourrait bien augmenter de manière drastique si vous achetez trop souvent des anti-douleurs.  Ou que votre application de marche quotidienne indique une activité cardiaque jugée « anormale ».  Votre banquier refusera le prochain crédit de votre PME car il estime que vos dépenses personnelles dépassent un seuil tolérable. Votre assureur auto peut vous infliger une augmentation de prime car votre vitesse sur autoroute est jugée excessive.  Votre visa aux Etats-Unis peut être refusé car vous avez consulté des sites Web jugés comme « trop socialistes ».

Des algorithmes destinés à « corriger votre comportement »

Mais, outre que ces entreprises veulent connaître votre comportement, à travers tout un réseau de « données comportementales », elles veulent aussi « corriger votre comportement ».

Et ceci, à travers un système élaboré de punitions (augmentation de primes d’assurance, amendes pour excès de toutes sortes, y compris alimentaires, interdiction d’accès à certains lieux ou services, etc.) ou de récompenses (bonus, réductions d’achats, « points » ou « badges » à collectionner pour obtenir de meilleures conditions d’achats, etc.).

Par exemple, des systèmes vont récompenser les meilleurs travailleurs, les meilleurs consommateurs, les meilleurs étudiants.

Mais qui va décider des critères d’attribution de ces sanctions et de ces récompenses ?  Des entreprises privées.  Et en fonction de leurs intérêts financiers.  Et non pas en fonction de vos bénéfices social, sanitaire ou économique.

Tous ces systèmes ne seront donc pas créés et gérés de manière démocratique, avec un niveau de transparence acceptable pour le citoyen ou le consommateur.  Ils seront créés et gérés en toute opacité par de grands groupes multinationaux en fonction des exigences de leurs actionnaires.

Un capitalisme de surveillance qui accentue les inégalités

Non seulement ce type de capitalisme nouveau genre va tirer des profits monstrueux de l’exploitation de données qui normalement devraient vous appartenir.

Mais il va également susciter de nouveaux écarts, croissants, entre ceux qui possèdent les moyens de capturer et d’exploiter ces données et ceux qui ne les possèdent pas.

Cela veut dire que les revenus générés par des données privées seront concentrés dans quelques mains qui décideront en toute opacité :

  • de l’exploitation qui sera faite de vos données privées
  • de la rémunération engendrée par cette exploitation
  • de l’acceptabilité ou non de vos comportements
  • du système de sanctions ou de récompenses applicable selon les cas

Or, ces inégalités croissantes sont ce qui rend les sociétés instables, c’est ce qui génère les crises les plus dures et les plus injustes.  C’est peut-être ce qui détruira finalement tout le système financier mondial.

Voyez le livre de Thomas Picketty sur le nouveau capitalisme mondial et l’augmentation des inégalités : « le capitalisme produit mécaniquement des inégalités insoutenables, arbitraires, remettant radicalement en cause les valeurs méritocratiques sur lesquelles se fondent nos sociétés démocratiques. »

Et ce que nous avons connu jusqu’à présent n’est rien comparé à ce que le commerce des données nous promet pour les toutes prochaines années…

Comment se prémunir contre cette tendance ?

Il va devenir de plus en plus difficile d’échapper à cette surveillance de tous les instants.  Tous nos services en ligne et hors ligne, grâce aux applications multiples et aux objets connectés, informent sur notre comportement et nous exposent 24 heures sur 24 à une surveillance technologique face à laquelle la dystopie de George Orwelle fait figure d’une plaisanterie de communiante…

Mais il existe des alternatives sur le Web.  Framasoft, une communauté d’éducateurs, y travaille.  Cette association propose des logiciels libres, des solutions garanties sans dispositif de surveillance.  Des moteurs de recherche comme Qwant ou Duck Duck Go vous garantissent des recherches sur Internet en toute sécurité.

Il est dommage que les écoles ou les administrations publiques se lient par contrat à des entreprises qui profilent les enfants dès le plus jeune âge…  L’utilisation de davantage de logiciels libres dans l’enseignement me paraît une bonne idée.  De même que la sensibilisation des enseignants aux enjeux du numérique.  Une thématique sur laquelle je travaille et dont je vous reparlerai bientôt.

En tant que citoyens et consommateurs, nous pouvons exiger de nos politiques qu’ils légifèrent en la matière.  Qu’ils exigent à leur tour des entreprises qu’elles pratiquent une politique de transparence sur la collecte des données et leur usage.  Qu’on sache par exemple, lorsqu’on achète une application sportive :

  • quel type de données elle collecte,
  • à qui elle les revend
  • à quelles conditions
  • avec quels objectifs

On nous objectera, bien entendu, qu’il y a des impératifs économiques.  Que les entreprises feront moins de bénéfices si elles doivent déclarer ce qu’elles font de ce qui nous appartient…   L’abolition de l’esclavage aussi, a entraîné des conséquences économiques pour les entreprises de l’époque.  Qui déclarera que c’était une erreur d’affranchir les esclaves ?

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

 

Catégories
Chomage Communication Société

Le chômeur : un « petit travers » bien français !

La marque Le Léon a retiré de la vente un pull « Chômeur » qu’elle vendait pour la modique somme de 285 euros.  Ou quand le mépris des élites ne connaît plus de limites.

C’est un pull d’une banalité affligeante qui a suscité la polémique : un pull un peu sport, ras de cou.  Il fait partie d’une série sensée surfer sur les clichés, les « petits travers » des Français.  Une série qui exhibe fièrement des trouvailles langagières aussi subtiles que « Cassou laid », « Rockfort » ou « Grande gueule ».

C’est une « petite marque parisienne » Le Léon, appartenant à un certain Léon Taïeb qui produit cette fine fleur du pseudo-artisanat franchouillard.

Un pull ou une provocation ?

Une marque « contestataire à la cocarde inversée ».  Contestataire ?  Mais que conteste-t-elle donc ?  Je vous le donne en mille : la monarchie absolue !

Avouons que les contestataires du prêt à porter post-moderne ne prennent pas trop de risque : contester un régime politique disparu depuis trois siècles, cela ne vous mène pas tout droit à la guillotine, qu’un certain Badinter a du reste envoyé au Musée depuis les années 80 du siècle dernier…

Un chômeur qui vaut 285 euros la pièce

« Il n’était pas question de devenir riche » répond le propriétaire de la marque aux journalistes de 20 Minutes.  Pourtant à 285 euros l’unité, la marque pourrait bien le devenir à l’insu de son plein gré…

Mais la suite vaut son pesant de cacahuètes à destination des singes du zoo de Vincennes :

« Non, on voulait juste faire réagir à la manière de Coluche ou Desproges. »

Les inventeurs des Restos du Coeur et des Restos du Foie doivent se retourner dans leur tombe : rien n’est plus insupportable que cette fausse contestation de marketteux en mal de références populaires.

Sous prétexte de surfer sur les clichés et de détourner les préjugés à des fins commerciales, on tombe dans le mépris des classes populaires.  Et on dévoile sa vraie nature…

Le chômage, un « petit problème du moment »

Mais la marque, toute contestataire qu’elle soit, ne s’en prend pas aux chômeurs.  Ce qu’elle veut stigmatiser, ce sont « les petits travers des Français, les problèmes du moment« .

Chômeurs, vous n’avez rien compris !

Vous vous croyiez victimes des retombées de la mondialisation.  Vous pensiez que vous aviez affaire une mauvaise conjoncture économique, à une crise sociale profonde.

Eh bien non !  Vous êtes juste atteint d’un « petit travers français« , vous connaissez juste un « petit problème du moment« .

Ah, on respire !

Un mépris permanent de la souffrance sociale

Des politologues et des journalistes sérieux se penchent sur les résultats électoraux atteints par les partis populistes en Europe.   Des think tanks de gauche comme de droite s’interrogent : « pourquoi les classes populaires votent-elles de plus en plus pour Marine Le Pen ? »

Un des éléments de réponse est ce mépris de la souffrance sociale, de cette condescendence permanente à l’égard de ces classes populaires.

Quand était-ce la dernière fois que vous avez vu une représentation positive d’un ouvrier dans les médias ?  Les classes populaires sont devenues invisibles à la télévision.  Sauf lors des licenciements massifs, où elles servent d’alibi aux pleureuses pathétiques que sont devenus nos politiciens face à la mondialisation.  Ou bien lors des élections pour montrer leur bêtise crasse face à l’idéologie populiste.  Ou comme argument de vente pour des fringues de bobos en mal de sensations fortes que les chômeurs ne pourront jamais s’offrir…

La marque a retiré le pull de la vente.  Non pas après une réflexion sociologique intense, mais à la suite d’un bad buzz, une de ces contestations immédiates sur le Net auxquelles les marques deviennent aussi sensibles qu’aux fluctuations de la bourse.  Souvenez-vous en…

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

Catégories
Société

Toi, mon cerveau exporté

See on Scoop.itRemembering tomorrow

Toi, mon cerveau exporté

Marco Bertolini‘s insight:

L’immortalité ne passera sans doute pas par le corps mais par l’aspiration des données de votre cerveau.

Le connectome, cette réplique 3D de votre cerveau et de ses connexions, servira de base pour migrer votre cerveau vers le « cloud ».  Un réseau informatique vous offrira alors l’éternité.

Un joli conte de science-fiction dû à la plume de Pierre Barthélemy, le passeur de sciences du Monde.

See on passeurdesciences.blog.lemonde.fr

Catégories
Entreprise Médias sociaux Société

Les 6 pires erreurs de comm’ en 2012

See on Scoop.itGoing social

Cette semaine, Lidl a commis une petite bourde avec son action Twitter Luxe pour tous. Bien que quelques spécialistes de la communication aient affirmé que la débâcle du supermarché lui avait apporté une publicité positive.

Marco Bertolini‘s insight:

Des exemples qui montrent que le maniement des médias sociaux par les marques n’est pas si évident…

See on www.references.be

Catégories
Apprendre à apprendre E-learning Pédagogie Société

NetPublic » Faire entrer l’Ecole dans l’ère du numérique : stratégie présentée par le Ministère de l’Education nationale

See on Scoop.itRevolution in Education

Marco Bertolini‘s insight:

aire entrer l’Ecole dans l’ère du numérique. Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, a présenté la stratégie pour le numérique à l’École en présence de Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, de l’innovation et de l’économie numérique, jeudi 13 décembre 2012.

Transmettre des savoirs à des enfants qui évoluent depuis leur naissance dans une société irriguée par le numérique et donner à chacun les clés pour réussir dans sa vie personnelle, sociale et professionnelle future nécessitent en effet de repenser en profondeur notre manière d’apprendre et d’enseigner ainsi que le contenu des enseignements.

See on www.netpublic.fr

Catégories
Entreprise Europe Le travail en Europe Société

Jeremy Rifkin, futur gourou de la Wallonie ?

See on Scoop.itNews from the world – nouvelles du monde

On le sent bien, et la crise pétrolière de 1973 a été la première alerte grave avant les rappels à l’ordre de la planète et les soubresauts économiques de 2008 et 2012, l’on arrive au bout de quelque chose.

Marco Bertolini‘s insight:

Notre herbe a l’air plus verte vue d’ailleurs…

On aimerait bien y croire, nous aussi 😉

See on www.lalibre.be

Catégories
concept map Etudier efficacement Europe Logiciels Mind Mapping Outils Société XMind

Exemple de concept map : les biocarburants

Comment illustrer les différentes facettes d’un sujet?

Et comment illustrer les relations entre les différentes dimensions d’un problème ?

Une concept map ou carte conceptuelle peut vous aider.

J’ai examiné un sujet qui préoccupe les Français en ce moment : celui des biocarburants.

Comment représenter visuellement les relations entre les différentes dimensions d’un problèmes ?  Ou entre les différents concepts d’une même théorie ?

Si la mindmap constitue un excellent outil d’exploration des concepts, de leur hiérarchie, la carte conceptuelle ou concept map présente une solution élégante à la visualisation des relations entre concepts.

Une solution facilitée par XMind comme nous avons déjà eu l’occasion de le voir dans plusieurs articles de ce blog.

Le biocarburant : LA solution énergétique ?

Le gouvernement français étudie la possibilité d’interdire le diesel dans les centres-ville.  Et encourage la consommation de biodiésel.

Il est clair que les biocarburants sont une énergie renouvelable et donc nous libéreraient en partie tout au moins de notre dépendance aux énergies fossiles.  C’est une bonne nouvelle !

Vous pouvez télécharger la carte gratuitement depuis le site de Biggerplate.  (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Concept map « Biocarburants »

 

Des inconvénients très nombreux

Une production énergivore

Ses partisans mettent en avant une réduction des effets de serre.  Mais des études viennent contredire ces affirmations : l’énergie dépensée pour produire ces carburants seraient nettement supérieure au gain pendant la combustion.  En outre, les engrais et la motorisation des cultures, le transport, la transformation seraient plus producteurs de gaz à effet de serre que le CO2 dégagé par les carburants fossiles.

Une déforestation massive

Les écologistes mettent aussi en avant la déforestation – comme celle des forêts du Brésil, détruites pour produire toujours plus de soja, ou celles d’Indonésie et de Malaisie, mises en danger pour la production d’huile de palme…   Les monocultures d’exportation comportent des risques : destinées à l’exportation, elles profitent aux grands groupes, mais ne nourrissent pas les populations locales.  Elles présentent une faiblesse face aux maladies : on se souvient du mildiou qui a ravagé les pommes de terre irlandaise au 19e siècle, contribuant ainsi à la famine et l’exode de milliers de familles vers les Etats-Unis.

Une spéculation hasardeuse

Et enfin, risque non négligeables pour des populations toujours au bord de la disette, la production de ces carburants dits « verts » engendre une spéculation qui affecte le prix des denrées alimentaires de base : la hausse actuelle des prix de base ne serait pas due uniquement à la sécheresse sévissant aux Etats-Unis, mais surtout à la spéculation de Wall Street sur le prix des denrées et le succès des biocarburants

Une pompe à subsides

Enfin, une fois de plus, tout ceci ne serait pas viable sans les subsides que versent les institutions européennes aux producteurs sous la pression des lobbies énergétiques et agroalimentaires.  Seule solution que ces institutions nombreuses – on compte sept lobbyistes pour un parlementaire européen – ont trouvée à la surproduction européenne.   Mais les Américains ne sont pas en reste : pour les dix prochaines années, ils paieront 10 milliards par an de subsides directs à leurs agriculeurs.  Non pas à tous : 62 % d’entre eux ne percevront rien.  Tandis que les 10 % les plus riches percevront 74 % de la manne céleste !

Tout n’est donc pas rose au pays des carburants verts ?

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

50.9686775.824968
Catégories
Logiciels Mind Mapping Novamind Société

Agences de notation : profil de deux actionnaires en mindmapping

Dans le précédent billet, je présentais les agences de notation et leurs nombreuses relations avec les marchés qu’elles sont sensées contrôler.

Je m’attarderai ici sur le profil de deux acteurs proches de ces agences : le fond Black Rock et Marc Ladreit de Lacharrière, actionnaire principal de Fitch.

Dans le billet précédent sur la présentation de données sur les agences de notation via les outils visuels, je vous ai abondamment parlé des trois soeurs : les agences de notation Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s.  Aujourd’hui, je voudrais m’attarder sur le profil de deux acteurs-clé de ce monde de la finance proche des agences : le fonds d’investissement américain Black Rock et l’homme d’affaires français Marc Ladreit de Lacharrière.

Ces informations proviennent du livre de Paolo Gila et Mario Miscali, I signori del rating.

Black Rock : une omniprésence aussi discrète qu’influente

Le nom de Black Rock ne vous dit sans doute pas plus qu’à moi avant que je lise le livre de Gila et Miscali.  Il s’agit d’un fonds d’investissement américain qui gère la bagatelle de 3.700 milliards de dollars.  Soit, le Produit Intérieur Brut cumulé de pays comme l’Allemagne et l’Italie.  (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Structure des investissements

Sur cette carte, vous pouvez voir les participations de ce fonds en Allemagne et en Italie, précisément.   Mais, Black Rock, qui vent et qui achète des participations, possède des intérêts financiers partout sur la planète.  A tel point que les auteurs du livre n’hésitent pas à parler de toile d’araignée mondiale.

Bien plus, le fonds est très proche de l’administration américaine et de la Maison Blanche.  A qui Tim Geitner a-t-il demandé un rapport sur les moyens de surmonter la crise financière qui se profilait en 2008 après l’effondrement des sub-primes ?  Bingo !  A Black Rock !  Geitner n’innovait pas en la matière, puisque son prédécesseur sous le gouvernement George Bush, Henry Paulson avait fait appel aux services de la Roche Noire à plusieurs reprises…

Voici donc un gigantesque fonds américain, proche de la Maison Blanche, qui gère des montants d’échelle planétaire, qui est à la fois vendeur et acheteur sur les marchés mondiaux.  Et qui est l’actionnaire de deux agences de notation « indépendantes » : Moody’s et Standard & Poor’s…

On comprend mieux pourquoi ces agences sont si miséricordieuses vis-à-vis de l’économie américaine – y compris lors des faillites d’Enron ou de Lehman Brothers – qu’avec les pays de l’Union européenne ou leurs institutions financières…  Et même lorsque l’Etat américain menace de faillite et que le Congrès doit relever la limite légale de la dette extérieure… les trois soeurs n’y voient rien à redire !

Marc Ladreit de la Charrière, le businessman qui n’a pas le blues

La troisième agence, Fitch, est plus européenne.  De taille plus modeste, elle peut jouer de ses atouts européens auprès des institutions du vieux continent.  Ses actionnaires principaux sont le groupe Hearst Corporation, groupe d’édition mais aussi d’affaires immobilières et financière.  Il s’agit bien de l’entreprise fondée par William Randolph Hearst, l’homme qui a servi de modèle au Citizen Kane d’Orson Welles.

L’autre actionnaire principal, détenteur de 60 % des parts, est  Fimalac, une société financière fondée par le businessman français Marc Ladreit de Lacharrière, dont la fortune personnelle est évaluée à un minimum de 650 millions d’euros.  Descendant d’une famille de vieille noblesse française, Marc Ladreit a su diversifier ses affaires.  Il a présidé L’Oréal de 1984 à 1991.

Secteurs d’activité

Proche de Nicolas Sarkozy, il compte aussi parmi ses amis des personnalités telles François Fillon, Johnny Hallyday ou encore Jacques Chirac.  Son implication dans le show business lui a valu le surnom de « Monsieur 40 de la musique« .  Il est vrai qu’il est – entre autres – l’heureux actionnaire principal de Gilbert Coulier Productions, l’organisateur des concerts de Céline Dion à travers le monde.  Mais aussi, actionnaire important des Casino Lucien Barrière, tenus par la loi d’organiser eux aussi des spectacles… où l’on retrouve les artistes de Gilbert Coulier.  Et enfin d’Auguri Productions, le producteur de Vanessa Paradis, par exemple.

Mais monsieur de la Charrière ne passe pas tout son temps dans les salles de spectacle : on peut le croiser aussi lors des conseils d’administration de Synthélabo, du Crédit Lyonnais, de Renault, de France Télécom, d’Air France, etc.

Comment croire une seule seconde à l’indépendance de ces agences de notation, quand elles sont aussi liées par tant d’intérêts privés ou politiques particuliers ?

A quand un réveil des politiques européens et une législation qui remettent à leur place ces géants qui décident du sort de populations entière avec des moyens considérables ?

Ces deux mindmaps ont été réalisées avec le logiciel de Mindmapping Novamind, dont vous pouvez télécharger gratuitement une version d’essai ici.

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

Catégories
Europe formation Jeunes Le travail en Europe Pédagogie Société Travailler en Europe

L’enseignement en Europe : que nous apprend le rapport 2012 ?

Un rapport de la Commission Européenne évalue l’enseignement en Europe.  Il s’agit des grandes tendances générales de l’évolution récente de l’enseignement au sein des pays-membres.   Une amélioration globale des systèmes d’éducation, mais aussi quelques risques : celui de moins investir face à la crise économique, un danger de pénurie dans plusieurs pays du continent et des jeunes surqualifiés par rapport à l’emploi qu’ils occupent…

Ce vendredi 10 février, la Commission européenne présentait à Bruxelles son dernier rapport sur l’état de l’enseignement en Europe : Chiffres clés de l’éducation en Europe 2012.  Les grandes tendances qui s’en dégagent peuvent se résumer en 5 points :

  1. Des réformes qui tendent à offrir une éducation de base pour tous
  2. Une augmentation globale de la qualité de l’enseignement en Europe
  3. Des investissements inchangés dans certains pays mais réduits dans d’autres face à la crise
  4. Une meilleure formation des enseignants mais aussi un risque de pénurie dans certains pays
  5. Une augmentation des jeunes qualifiés, dans le tertiaire, mais aussi des jeunes surqualifiés par rapport aux emplois qu’ils occupent
Cliquez sur la carte pour obtenir le fichier XMind

1. La plupart des pays d’Europe ont entamé des réformes qui étendent l’offre éducative de base pour tous.  Autrement dit, tout le monde ou presque peut bénéficier d’un enseignement de base en Europe.

Partout, les auteurs constatent un allongement de la scolarité obligatoire, généralement aux environs de  18 ans.

La tendance générale est également d’accroître l’autonomie des écoles au niveau local.

2. Les chercheurs constatent également une augmentation globale de la qualité de  l’enseignement en Europe.  De plus en plus de pays font appel à des procédure « d’assurance-qualité » afin d’évaluer leurs systèmes d’enseignement.

3. Les investissements dans l’enseignement sont restés globalement inchangés face à la crise de 2008.  Mais, certains pays ont tendance à revoir les subsides à la baisse en réponse aux difficultés budgétaires.  Or, l’éducation et la formation sont les seuls avantages comparatifs que l’Europe peut encore avoir face aux concurrents extérieurs dans une économie globalisée.  Le danger est donc réel d’un déclin de notre compétitivité dans une économie de plus en plus tournée vers la connaissance.

4. La qualité de formation des enseignants augmente aussi.  Et les chercheurs voient une volonté de continuer à améliorer cette formation.  Mais, la profession est de moins en moins attractive et certains pays, dont la Belgique et Bruxelles en particulier risquent de connaître une grave pénurie d’enseignants dans les toutes prochaines années.   En outre, de nombreux jeunes enseignants changent d’emploi avant 5 ans.  Il faut donc trouver des pistes de valorisation.

5. Il y a une augmentation très nette des jeunes diplomés de troisième cycle, surtout dans les groupes d’âge 20-24 ans et 30-34 ans.  Mais, ils occupent trop souvent des emplois sous-qualifiés par rapport à leur formation.

Les auteurs préconisent donc une meilleure adéquation de l’enseignement aux exigences du marché.  Ils suggèrent deux pistes : anticiper ses besoins par une observation du marché du travail à court terme et adapter la formation par des modules courts de spécialisation qui permettraient de réponde rapidement aux besoins.

Si le paysage général brossé par les auteurs est plutôt positif, certains danger menacent et, à moyen terme, risquent de fragiliser davantage l’économie européenne : la pénurie d’enseignants prévue dans plusieurs pays, la réduction des budgets de l’enseignement face à la crise économique et le manque d’adéquation entre la formation et un marché du travail en évolution rapide et constante.

Encore une fois, la formation est le seul levier que l’Europe puisse encore actionner pour rester compétitive face aux économies émergentes.   Des pays d’Asie investissent énormément dans la formation de leurs jeunes.  Les jeunes des pays du Golfe sont de plus en plus nombreux dans les universités occidentales, mais aussi à Singapour ou à Tokyo.

Si l’Europe n’investit pas massivement dans la formation et l’enseignement, elle se condamne elle-même au déclin économique à moyen terme.  Ce n’est pas dans quelques années qu’il faut agir : c’est maintenant !

Pour visionner la carte ou en créer vous-même, télécharger XMind gratuitement ici !

Catégories
Entreprise Europe Le travail en Europe Société Travailler en Europe

La fin du travail ?

On nous l’annonce régulièrement.  Dominique Méda avait écrit un best-seller sur le sujet, il y a quelques années.  Et c’est une enquête de Radio France qui le confirme : le travail n’occupe plus une place centrale parmi les préoccupations des Français. Et sans doute de nombreux Européens…

Radio France a conduit une enquête auprès de ses auditeurs.  Plus de 6.000 d’entre eux ont répondu.  Et les résultats sont sans appel : le travail passe après la famille et les vacances !

Si 55 % des Français se disent contents d’aller au travail le matin, 70 % d’entre eux se disent également insatisfaits de leur situation au point de vouloir changer d’emploi.  Comment est-ce possible ?

C’est sans doute la course à la rentabilité à tout prix qui a dégradé les conditions et les relations de travail.  Les Français n’y trouvent plus la satisfaction et l’épanouissement qu’ils connaissaient naguère.

Cet épanouissement, ils sont plus nombreux aujourd’hui à le trouver dans la famille (63 %) et les loisirs (18 %) que dans le travail (12 %).

L’argent ne constitue plus le motif majeur du travail : pour 48 % des répondants, c’est le fait de pouvoir  apprendre quelque chose qui est important, tandis que 40 % ont besoin de « réussir quelque chose ».

Le temps passé en entreprise n’est plus vécu comme valorisant ou essentiel : 74 % des auditeurs sont pour la réduction du temps de travail.  Ils ne sont plus que 14 petits % à s’y opposer !

« Quel Travail Voulons Nous ? » Editions les Arênes 18€50, Jan Krauze, Dominique Méda, Patrick Légeron et Yves Schwartz.

Le livre aux éditions de l’Arêne