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MOOC Dys : une première édition en 2018 ?

Le MOOC Dys est un projet qui dormait dans mes cartons depuis deux ans.  Un message sur Twitter est venu le réveiller.  Aujourd’hui, le MOOC Dys est un projet européen qui associe divers publics à travers une collaboration internationale.

Le réveil d’un MOOC en sommeil

Il y a un peu plus de deux ans, je lançais l’idée d’un MOOC sur les troubles de type « Dys »: dyslexie, dyspraxie, dysgraphie, etc. Un MOOC, c’est-à-dire une formation en ligne gratuite et ouverte à tous.

Vous étiez d’ailleurs nombreux à avoir répondu à mon sondage avec beaucoup d’intérêt.  Et puis, l’idée a dormi dans les cartons pendant tout ce temps.

Ou plutôt, elle est restée tapie dans un coin de ma mémoire, attendant l’occasion propice, l’événement déclencheur pour se matérialiser.

Cet événement a eu lieu.  Il a pris la forme sympathique d’un message sur Twitter.  Ce message émanait de Bérenger Dupont, spécialiste en projets européens de  l’entreprise  Trajectoire à Mons, en Belgique.  Bérenger me  demandait où en était le projet.

Les Dys aussi veulent participer

Un MOOC soutenu par un projet européen Erasmus+

Au fil de la discussion, nous avons décidé de reprendre le MOOC Dys là où il était et d’en faire un projet européen dans le cadre d’Erasmus +.

Ce projet, nous allons le soumettre au jury d’Erasmus à la fin du mois de mars 2017.  Nous avons déjà trouvé des partenaires, établi une ligne du temps, dégagé des priorités.  Nous aurons la réponse de la Cellule en charge d’Erasmus en septembre 2017.

Et nous comptons lancer la première édition du MOOC en septembre 2018.  Un MOOC multilingue et qui propose plusieurs parcours de formation.

Les Dys aussi ont envie d’apprendre !

Un MOOC porté par toutes les personnes concernées

Mais comme je l’ai annoncé depuis le début, je souhaite que ce projet soit le vôtre.  Celui des :

  • enfants, adolescents et adultes confrontés à ce type de trouble
  • parents qui luttent chaque jour pour aider leurs enfants et leur assurer une intégration satisfaisante à l’école et dans la vie professionnelle
  • enseignants qui rencontrent des élèves en difficulté et qui ne sont pas toujours bien outillés pour répondre aux défis qu’ils posent
  • professionnels de l’éducation ou de l’accompagnement scolaire en recherche d’outils ou de relais pour faire passer les bonnes informations

C’est pourquoi nous prévoyons un MOOC à niveaux multiples : avec un tronc commun mais aussi avec des propositions de parcours différents selon que vous appartenez plutôt à l’un ou l’autre de ces publics.

Les Dys ont aussi besoin d’explorer

Un MOOC interactif et participatif sur les troubles de l’apprentissage

Dès le départ, notre volonté est d’associer au maximum les participants de ce MOOC.  Et ce à deux niveaux :

  •   à l’évolution du projet à travers un Comité des Participants
  • à la co-création des contenus à travers des outils collaboratifs

Un Comité des Participants pour nourrir le projet de MOOC

C’est pourquoi nous allons constituer dans les prochaines semaines un Comité des Participants dans lequel nous inviterons des personnes intéressées par la problématique.  Le rôle de ce Comité des Participants sera de nous donner un feedback sur l’évolution du projet, de le  nourrir par la réflexion, le témoignage, les suggestions de contenus et de médias.

Troubles d’apprentissage scolaire

Une participation de tous pour des apprentissages réels et durables

Outre les parcours différenciés pour les différents types de public, nous voulons metre en place des outils qui permettent aux participants de contribuer à la création de contenus.

Pour cela, nous allons mettre en ligne :

  • des outils collaboratifs pour poster des photos, des vidéos, des témoignages écrits ou sonores
  • des tutoriels pour vous montrer comment faire pour créer et partager vos contributions
  • des fils de discussion pour que vous puissiez échanger sur le projet, vos expériences, votre expertise

Participez au MOOC Dys

Vous voulez :

  • être tenu au courant de l’évolution du projet
  • devenir membre du Comité des Participants
  • contribuer aux contenus du MOOC Dys
  • apprendre de nouvelles choses sur les troubles Dys
  • partager votre expérience et/ou votre expertise

Si ce n’est déjà fait, inscrivez-vous sur notre liste Mooc Dys : c’est gratuit et ça ne prend que quelques minutes.

Vos données sont traitées de manière confidentielle.  Nous ne les cédons ni ne les transmettons à des tiers.  Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

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Cerveau Jeunes

Le cerveau ado et l’apprentissage

Quelles sont les conséquences du développement du cerveau pubère sur l’apprentissage ?

Le cortex frontal n’est pas encore entièrement développé.  Cela a une incidence sur les facultés cognitives des ados.  

Et sur leurs résultats scolaires !  Un résumé de la situation.

Dans un article précédent, Ecole, cerveau et puberté, le triangle des Bermudes, j’évoquais le fait que le cerveau des ados continue à se construire.   Et que toutes les parties du cerveau ne se développent pas toutes en même temps.  Que la communication entre toutes ces aires, n’est pas encore très bien établie.

Quelles sont les conséquences de ces phénomènes sur l’apprentissage ?

Le cortex frontal : le centre de coordination

Dans l’article précédent, j’ai appelé le cortex frontal « le centre de commande de nos facultés cognitives ».   C’est que le cortex a une fonction de régulateur.  Il coordonne l’activité d’autres aires cérébrales et donc des fonctions qu’elles contrôlent.  Sur la mindmap ci-dessous, vous pouvez voir les différentes facultés cognitives coordonnées par le cortex frontal. (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Le cortex frontal – centre de commande

Prenons l’exemple de la planification du travail scolaire.   Cela paraît facile ou naturel à beaucoup d’adultes.   En réalité, cela suppose un enchaînement et une coordination de tâches intellectuelles complexes.

Planifier : un ensemble de tâches complexes

Notre ado, appelons-le Antoine, doit d’abord se souvenir d’indiquer au journal de classe la matière à étudier ou le devoir à rendre.  Cela suppose de pouvoir comprendre l’information, d’en extraîre l’essentiel et de le formuler sous forme d’objectif (filtrage d’information) : une description précise de ce qu’il faut faire, de la forme que cela doit prendre, et du délai dans lequel il faut le rendre.

 Cela suppose de ne pas se laisser distraire par ce qui passe à ce moment-là dans la classe (attention soutenue).   Pendant qu’il étudie ou rédige son devoir, Antoine doit pouvoir rester concentré sur ce qu’il fait et ne pas se laisser distraire par l’environnement (sms, bruits de la maison, etc.).

Mais un devoir – comme une catastrophe – n’arrive jamais seul : souvent, il y en a plusieurs dans une même journée, qui correspondent à des cours différents et qu’il faut remettre à des dates diverses (flexibilité).  Cela suppose également de pouvoir établir des priorités : quel devoir rendre demain, le jour suivant, etc.  Lequel me demandera le plus de temps.  Par lequel commencer ?  Il faut donc être multitâches et pouvoir jongler avec l’ensemble des devoirs et leçons à remettre.

Il faut pouvoir se souvenir d’un ensemble important de choses (mémoire) et être capable de demander des précisions ou des informations complémentaires pour pouvoir s’adapter à se qui est demandé  (emploi du feedback).

Et tout cela doit être géré dans le temps en tenant compte des ressources disponibles.

Des aires qui évoluent séparément et à des moments différents

Une coordination efficace des aires cérébrales qui accomplissent toutes ces fonctions suppose une maturation complète du cerveau et en particulier du cortex frontal.

Or, chez les adolescents, certaines de ces aires sont encore en construction.  Si la plupart des fonctions de résolution de problème se mettent en place entre 5 et 12 ans, les fonctions les plus complexes, nécessaires à la planification, se construisent entre 15 et 25 ans.

Dans ce cas, demander à un adolescent de 14 ans de gérer son argent de poche n’a pas beaucoup de sens : s’il sait déjà compter depuis plusieurs années, son cortex frontal n’est pas assez développé pour assurer les tâches de gestion, planification, respect des règles, etc. que cela suppose…

La mémoire de travail

Une des découvertes les plus récentes des neurosciences est l’importance de la  mémoire de travail.  Celle-ci est beaucoup plus efficace chez les adultes que chez les enfants : les adultes peuvent se souvenir d’un nombre plus important d’objets pendant un temps plus long.  Mais ce qui fait surtout la différence, c’est le nombre et la complexité des manipulations qu’un adulte peut accomplir en utilisant sa mémoire de travail, comparativement à un enfant ou à un adolescent.   Or, dans la planification, nous sommes amenés à effectuer des opérations complexes en utilisant notre mémoire de travail.  Et chez les adolescents, les différentes aires qui travaillent ensemble à ces opérations complexes ne communiquent pas bien ensemble.

Un exemple tout simple : on demande à des enfants, des ados et des adultes de retenir une séquence de lettres pendant quinze secondes : A – D – C – E.  Tout le monde y parvient sans peine.  Si on leur demande de réciter la suite à l’envers, les ados et les enfants ont beaucoup plus de mal.  Et si on leur demande de les reciter dans l’ordre alphabétique, seuls les adultes s’en sortent bien.  Parce que la communication entre les aires du cerveau concernées est meilleure chez les adultes.  Elle n’existe pas encore chez les enfants et elle se construit chez les ados.

C’est également le cas du cortex frontal latéral, responsable de l’emploi du feedback.  Or, ce feedback ne sert pas uniquement à demander des précisions par rapport à un devoir.  C’est l’étalon personnel qui nous permet de mesurer où nous en sommes et donc d’évoluer.  Cette aire du cerveau est l’une des dernières à se construire.  Cela explique aussi pourquoi les adolescents ont du mal à changer leur façon d’agir, à tenir compte des changements dans leur environnement et de réagir à temps.  Notamment à une baisse des notes sur le bulletin.  Ou à un avertissement du professeur.  C’est aussi une des raisons pour lesquelles les ados changent difficilement leur façon d’étudier, même si celle-ci ne leur réussit pas…

Les leçons du Jacques a dit

Vous vous souvenez du jeu « Jacques a dit » de votre enfance ?  Vous devez respecter la consigne uniquement si elle s’accompagne de l’expression « Jacques a dit ».  Sinon, vous devez rester immobile.  Les adultes s’en tirent mieux que les enfants.  Les enfants de moins d’un an en sont pratiquement incapables.  Entre un an et 8 an, cela reste difficile.  Les chercheurs ont découvert qu’entre 8 et 12 ans, les enfants utilisent l’aire dorsale du cortex frontal pour mener cette opération à bien.  Entre 12 et 18 ans, le cerveau se réorganise et les adolescents utilisent désormais l’aire ventrale latérale du cortex frontal.  Mais pendant cette réorganisation, la communication entre les différentes aires est plus laborieuse que chez les adultes.  Il faut donc attendre 25 ans pour que le jeune arrête au feu orange.  Ou qu’il puisse se concentrer dans un environnement bruyant.  Ou qu’il ne sur-réagisse pas à certaines remarques désobligeantes de ses copains.

Interférences versus multitâches

John Ridley-Stroop a mis au point un test que bon nombre d’entre vous ont certainement déjà essayé : celui de dire à voix haute le nom d’une couleur alors que celui-ci est écrit dans une autre couleur.  Par exemple, lire le mot jaune écrit en vert.  Comme sur l’image ci-dessous. (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Test de Stroop

Les adolescents, une fois de plus, ont de la peine à dire le bon mot.  Ils sont victimes de ce que les neurosciences appellent des interférences.  Le côté gauche du cortex frontal, qui permet de gérer cette dissonance entre deux informations, n’est pas mûr avant 18 ans au moins.   C’est malheureusement aussi le siège qui nous permet d’être multitâches.  Alors que les ados adorent étudier tout en écoutant leur MP3 et en regardant l’évolution d’un jeu sur Internet, leur cerveau est moins préparé que celui de leurs aînés à la gestion de plusieurs tâches à la fois.   Mais allez les convaincre d’éteindre la radio ou la télé pendant qu’ils révisent les maths ou l’anglais !

Le jeune cerveau pour l’anglais et le vieux pour les maths ?

Le cerveau de l’enfant est plus adapté à l’apprentissage des langues.  C’est pourquoi les enfants multilingues peuvent passer d’une langue à l’autre, parfois au milieu d’une même phrase, en variant les accents comme par jeu.  Il y a une « fenêtre » d’apprentissage des langues.  Entre un et deux ans, les enfants connaissent ce que les spécialistes appellent « vocabulary burst », une explosion du vocabulaire.  A trois ans, un enfant est généralement capable de construire des phrases grammaticalement correctes.  Et jusqu’à 8 ou 10 ans, il est capable d’apprendre n’importe quelle langue étrangère avec l’accent juste.

Les spécialistes pensent que le développement intense de la matière grise jusqu’à cet âge est également responsable de cette acquisition facile du langage.   Mais après les choses se compliquent.  Et si l’apprentissage des langues est possible tout au long de la vie, il nécessite plus de temps et d’énergie.  C’est le moment d’utiliser des méthodes dynamiques et efficaces…

Par contre, les neurosciences démontrent que les enfants utilisent surtout leur cortex frontal et leur mémoire de travail pour effectuer des opérations mathématiques simples : autrement dit, ils utilisent énormément de ressources mentales.  Alors que les adultes qui ont pratiqué les mathématiques régulièrement depuis des années effectuent ces mêmes opérations avec leur cortext pariétal.  Ces opérations sont devenues en quelque sorte automatiques.

Ils vaut donc mieux commencer l’apprentissage des langues et des maths le plus tôt possible.  Mais pour des raisons différentes.

En attendant, conseillez à vos ados d’étudier dans un environnement calme, qui leur permet de se concentrer.  Et ne leur demandez pas de planifier leurs études à trop long terme.

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Etudier avec le mindmapping : préparer un test en géo

Comment étudier la géographie avec le mindmapping ?

Dans la série des mindmaps créées par les participants à nos ateliers, voici celle d’Emilie.

Emilie a participé à l‘atelier Triple A: Apprendre A Apprendre de Bruxelles le 21avril dernier.  Elle m’a envoyé cette mindmap qu’elle a réalisée pour préparer une interro sur le problème de l’eau en Afrique.

J’avais dit aux participants qu’ils pouvaient m’envoyer des exemples des mindmaps qu’ils réaliseraient après l’atelier.  Emilie m’a entendu et m’a envoyé le message suivant : « Je voulais vous tenir au courant disant que j’ai appliqué cette technique et que cela ma beaucoup aidée pour étudier une interro. »

(Cliquez sur la carte pour l’agrandir ou ici pour télécharger la carte L’eau en Afrique Géo sur Biggerplate).

C’est le genre de technique que vous apprendrez lors de l’atelier Apprendre A Apprendre de Liège le 23 août prochain.  Cet atelier, accessible aux étudiants du secondaire de 12 à 18 ans, les initie à notre méthode « Comment étudier efficacement en 5 étapes« .

La carte est monochrome et ne comporte pas d’images.  Mais la structuration des idées a suffi pour aider Emilie à préparer efficacement son test de Géo.

Si vous souhaitez créer ce type de cartes, vous pouvez télécharger la version gratuite d’XMind.

Vous retrouverez d’autres cartes éducatives en français sur le groupe Education créé par mon confrère Lucas Gruez sur Biggerplate.  D’autres cartes francophones sur tous les sujets vous attendent dans le groupe Mindmaps francophones également sur Biggerplate.

Biggerplate est la plus grande communauté de mindmaps au monde.  Elle en rassemble près de 280.000 à ce jour.  Vous pouvez visionner et télécharger gratuitement les cartes qui vous intéressent.  Vous pouvez également contribuer en publiant les vôtres.  C’est également gratuit et cela donne de la visibilité à votre travail, tout en enrichissant les connaissances communes.

A bientôt 😉