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Chercher l’info sur le Net : ne croyez pas les images sur parole !

Les graphiques et images trouvés sur le Net ne vous disent pas toujours la vérité.  Petit exemple avec un graphique repéré sur Scoop it…

Le Net, ce sont des milliards d’images, de graphiques, de texte, de vidéo, etc.  Mais c’est aussi un nombre invraisemblable de plagiat, de duplication, de copie plus ou moins sauvage.    Parfois, c’est de la copie intégrale, parfois, c’est de la duplication partielle.

Méfiez-vous d’une image isolée, sortie de son contexte !

Et une information partielle peut parfois se révéler trompeuse.  Voici un exemple que j’ai trouvé sur Scoop it : un magnifique graphique qui parle d’un sujet qui me préoccupe pour l’instant.  Je planche sur une formation « pilotez votre marketing d’entreprise avec Hootsuite« .  Un des modules de cette formation traite des blogs d’entreprise.  Or, j’ai trouvé sur Scoop it un graphique qui dit exactement ce que je veux entendre :

Les blogs influencent plus les consommateurs que les réseaux sociaux

Magnifique !  C’est exactement le sujet de ce module et il énonce mot pour mot le message que je veux faire passer : que rêver de mieux ?

Graphique isolé sur Scoop it

Le curateur insiste :

« Qui l’eut cru ?  Les blogs influencent plus les consommateurs dans leurs achats que les réseaux sociaux !
 

Un vrai cadeau de fiançailles, je vous dis !

Oui mais voilà, en cliquant sur le lien, rien ne se passe : le graphique est une image isolée, sans aucun article associé…

Tineye, un incroyable outil de traçage des images

Travaillant dans les médias depuis quelques années, familier d’Internet et documentaliste de formation de base (eh oui, personne n’est parfait !) je me méfie comme de la peste des images sorties de leur contexte.  Des petites phrases aussi, d’ailleurs.

Mon sixième sens m’avertit de prendre mes précautions.  Et donc, je sors une de mes armes de curation massive : Tineye.

Tineye, avec son gentil robot, est une application extrêmement efficace qui vous permet de retracer l’historique des images trouvées sur le Net.  Je soumets donc mon image à Tineye en y entrant l’URL (adresse Internet de l’image) :

Tineye l’arme absolue

J’attends quelques secondes – il n’en faut pas plus à Tineye pour scanner ses gigantesques banques de données – et le résultat apparaît.  Ou plutôt les résultats, car il a scanné près de 8 millions 450 mille pages… pour obtenir 8 résultats :

Résultats dans Tineye

Un article qui nuance fortement le graphique de départ !

Le résultat le plus pertinent est un article du Social Media Examiner, une référence en matière de médias sociaux.

Je clique donc sur le lien et je lis l’article.

Et là, surprise !  L’article – ou ce paragraphe 5, en tout cas, nuance fortement le contenu du graphique de départ.

Le graphique et une portion de l’article

En fait, l’article traite de la différence de point de vue entre les marques et les créateurs de contenu (essentiellement, des blogueurs).  Pour les marques, ce sont les médias sociaux qui influencent le plus le choix des consommateurs.  Leur mesure du succès consiste à voir les réactions sur Twitter et le nombre de pages vues sur leur site.

Tandis que pour les créateurs de contenus, les blogueurs, ce sont les blogs qui sont les plus influents !  Car pour eux, les blogs apportent un « facteur de confiance » supplémentaire : un acheteur potentiel croira plus facilement le conseil d’un blogueur que la page web d’une marque…

Ce n’est pas vraiment ce que le graphique isolé laissait entendre sur la page de notre curateur…

Conclusion : recoupez vos sources et méfiez-vous des éléments hors contexte

En conclusion, lorsque vous menez une veille sur un thème, restez vigilant.

Utilisez les techniques des (bons) journalistes :

  • recoupez vos sources : ne vous contentez jamais d’une source unique, surtout si vous en ignorez la provenance.  Une bonne partie du web est constituée de bribes de contenus piqués ailleurs.  Ce n’est pas la meilleure façon de construire votre savoir…
  • méfiez-vous toujours (c’est une règle absolue) des éléments isolés, sortis de leur contexte : ne croyez jamais une petite phrase ou une image qui n’est pas contextualisée.  La personne ou le média qui la cite lui fait peut-être dire l’exact contraire de ce que son auteur a voulu dire.

Avec ces deux règles et des outils comme Tineye ou Hoaxbuster, vous pouvez déjà balayer pas mal d’infopollutions !

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Ecriture Logiciels Test

Scapple : brainstormez avant d’écrire sur Scrivener !

Literature and Latte, le producteur de Scrivener, vient d’adapter pour Windows son nouveau logiciel de prise de notes et de brainstorming : Scapple.  Ce n’est pas du mindmapping, ni encore du concept mapping.  C’est autre chose.  Tentons de découvrir ensemble cet ovni de l’écriture.

Mardi dernier, il était tard lorsque je me suis mis au lit. Je me suis dit, je vais jeter un dernier coup d’oeil à mes emails et aux statistiques de mes blogs. J’en ai profité pour ouvrir Facebook pour voir s’il y avait un message d’une personne avec qui j’avais convenu de faire le voyage vers Utrecht (pour la journée internationale du mindmapping Biggerplate Unplugged).

 Le piège.

 Car sur FB, j’ai vu cette annonce irrésistible : Scapple pour Windows est désormais disponible

 Il fallait que je l’essaie tout de suite !

 Et donc, je l’ai téléchargé et j’ai commencé à jouer avec la version d’essai gratuite.

 Et j’ai été immédiatement séduit.

 Le lendemain, dans le train entre Maastricht et Utrecht, j’ai écrit cet article en utilisant Scapple pour prendre des notes. Et ensuite les exporter dans Scrivener, dans Word, au format PDF, etc.   Et puis exporter le tout vers WordPress pour publier ce qui était devenu l’article que vous lisez en ce moment…

Une prise en main ultra-simple

Ma méthode pour rédiger cet article : j’ai tapé les notes au fur et à mesure de mes impressions, au hasard.

Premier essai avec Scapple

J’ai ensuite réorganisé le tout pour obtenir un texte cohérent.

Vous pouvez taper n’importe où : la limite est delle de la mémoire de l’ordinateur.  Il suffit de double-cliquer ailleurs sur le fond pour en créer une autre…

L’utilisation des formes et des couleurs de notes permet aussi de travailler par catégories.

Et puis ensuite, on peut structurer le tout en déplaçant et en liant les notes… ou non !

Pour connecter deux notes, il suffit d’en déplacer une par un glisser coller sur l’autre note.  Quand vous relâchez votre souris, les deux notes sont liées, elles ne s’insèrent pas l’une dans l’autre…  Pour les déconnecter, il suffit d’un clic droit ou d’aller dans le menu Notes et sélectionner la commande “Déconnecter”.

Quand vous avez tapé quelques notes de cette façon, vous découvrez que votre texte est déjà très loin : pas encore terminé, bien entendu, mais déjà bien avancé.

Réorganisez votre texte en quelques clics

On peut alors revoir l’ensemble et décider dans quelles catégories entrent les différentes notes et réorganiser son texte.  C’est ce que j’ai fait pour cet article : je l’ai d’abord tapé note par note, comme “ça me venait”.  Ensuite, j’ai réorganisé le tout en trois grandes parties : contexte, techniques et impressions / sujectivité.

Article réorganisé en catégories

Les notes peuvent aussi se chevaucher : c’est intéressant pour ne pas se laisser distraire au moment où on tape, mais ça peut être source de confusion si l’on a de nombreuses notes : certaines peuvent en recouvrir totalement ou partiellement d’autres.

Dommage, par contre, qu’on ne puisse faire bouger le fond du document avec la souris : il faut absolument utiliser les ascenseurs verticaux et horizontaux…

Pour ceux qui, comme moi, aiment les menus contextuels, un clic droit ouvre un menu qui gère un ensemble de propriétés…

Tout a été pensé pour faciliter la vie de l’utilisateur.

Donc, pas de fioritures inutiles ni de fonctions extravagantes, mais des outils concrets, utiles, directement exploitables.

Quelques réflexions et impressions

Première impression : ultra-simple d’utilisation : tout est terriblement intuitif.  Il suffit de double-cliquer sur le fond pour créer une note.

C’est un outil qui, bien utilisé, va bien dans la philosophie des trois R : Réfléchir, Rédiger, Réviser. Voir à ce sujet, Rédaction claire le blog d’Anne Vervier.  Et qui facilite donc la rédaction de documents tels que rapport, article, mémoire, thèse de doctorat ou encore proposition commerciale.

Mais il faut organiser ses notes avec soin.  Et avant de les exporter, les hiérarchiser de façon à avoir un texte cohérent.  Sinon, vous obtenez un plat de spaghetti à l’arrivée…  C’est-à-dire exactement l’inverse de ce Scapple est sensé faire : vous aider à structurer votre texte avant de rédiger.

Umberto Eco disait quelque part que les traitements de texte avaient modifié notre façon d’écrire : désormais, nous n’écrivons plus les documents d’une traite, nous écrivons surtout par paragraphes que nous pouvons copier, couper, coller, glisser-déplacer.  Je crois que cet outil va encore renforcer cette tendance.

Mais, je me demande tout de  même, si, quand on a un énorme paquet de notes, il est encore possible de structurer le tout de manière cohérente.  Cela doit exiger beaucoup de discipline personnelle.

C’est là que l’utilisation des flèches, des lignes, des couleurs intervient pour clarifier le tout et les parties.

L’export vers PDF, un fichier d’image ou de texte à tout moment, permet aussi de garder des traces de l’évolution de la pensée et de l’organisation.  On prend des clichés sucessifs des étapes de l’élaboration du texte.  L’exportation vers Scrivener, le studio d’écriture également produit par Literature & Latte, est extrêmement simple : il suffit d’ouvrir Scapple et Scrivener et de glisser les notes vers la page Scrivener où on veut insérer le texte.

Les exports vers Word – via le Rich Text RTF – ou vers le PDF sont l’affaire de deux clics et tout est  exporté sans bavure ni erreur.

On reconnaît bien la qualité des concepteurs de Scrivener.  Mais l’outil sans idée centrale, ni image risque de déconcerter fortement les adeptes du mind mapping !

Vous pouvez télécharger Scapple et l’essayer gratuitement.

Formez-vous à Scrivener, le studio d’écriture, à Paris en novembre !

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Apprendre à apprendre

Cartes mentales et conceptuelles à l’université

Comment mieux comprendre ?  Comment mieux retenir ?  Comment voir les liens entre les cours ?  Comment visualiser les relations entre les concepts ? Les outils issus de la pensée visuelle – carte mentales et conceptuelles, cartes argumentaires – constituent une batterie intéressante pour l’étudiant à l’université. 

Beaucoup d’étudiants à l’université sont confrontés à des difficultés pour étudier.  La quantité de matière, la complexité des sujets en rebutent plus d’un.

Surtout quand les méthodes d’études consistent en surlignage, recopiage, synthèses lues et relues pendant des sessions interminables.

Les études à l’université exigent une solide discipline personnelle : il faut gérer le volume des tâches et leur répartition dans le temps, il faut ingurgiter des quantités impressionnantes de matière – parfois en un temps record – il faut produire des documents de plus en plus longs et complexes, jusqu’au travail de fin d’études, voire à la thèse de doctorat.

Il existe aujourd’hui des outils puissants pour répondre aux exigences croissantes des universités.  Ce sont ces outils et ces méthodes que je vais commencer à explorer dans cet article.

Cartes mentales et conceptuelles pour analyser et visualiser les concepts

Aujourd’hui, je vais vous donner un exemple issu de ma pratique d’accompagnement des étudiants.  Il s’agit d’étudier un papier sur la résolution de conflits.  C’est un article de Paul Collier qui propose une thèse hardie : les véritables causes des guerres civiles ne sont pas les revendications sociales, mais des causes strictement économiques.  Mon propos n’est pas de critiquer la thèse de Paul Collier – ça, c’est le travail de l’étudiante – mais de vous montrer comment on peut utiliser les outils issus de la pensée visuelle pour mieux étudier.  Mieux étudier : c’est-à-dire comprendre et ensuite retenir la matière.  Ce n’est que lorsque je la maîtriserai que je serai à même de la critiquer…

La structure du texte : une mindmap « arbre droit »

L’auteur structure son texte en cinq parties.  Pour l’illustrer, j’ai utilisé le logiciel de mindmapping MindMaple, que j’ai déjà présenté dans cet article.    J’ai employé une mindmap avec la structure « Righ Tree Class« .  Voici ce que ça donne : (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Structure du texte de Paul Collier

La mindmap ou carte mentale est un excellent outil lorsqu’il s’agit de visualiser une structure : et donc aussi pour analyser la structure d’un document, d’une présentation ou d’un système.

Cette carte nous permet de visualiser la structure du texte de Paul Collier, telle qu’il la présente lui-même dans son introduction :

1. Cette analyse des conflits selon la perspective économique est basée sur des modèles empiriques, observés pendant une période qui va de 1965 à 1995.  L’auteur y affirme que les revendications sociales – manque de démocratie, divisions religieuses, inégalités – n’ont aucun effet systématique sur les guerres civiles.  Que par contre, les causes économiques – le revenu national bas, la dépendance d’exportations de produits de première nécessité – ont un effet systématique sur les guerres civiles.  Le facteur décisif est l’opportunité de mobiliser des revenus afin de recruter des troupes.

2. Paul Collier affirme que les sociologues ne devraient pas écouter les discours publics sur les causes des guerres civiles.

3. Il donne ensuite des preuves de ce qu’il avance en décrivant chaque risque de guerre civile.

4. Il se concentre ensuite sur chaque modèle, examinant les conditions qui rendent les organisations rebelles viables.

5. Et enfin, il examine les implications politiques des discours basés sur les revendications sociales.  En négligeant les causes économiques des guerres civiles, gouvernements et communauté internationale ont manqué des opportunités de rétablir la paix…

Pour comprendre un texte et le retenir, rien de tel que d’en découvrir d’abord la structure : pour comprendre comment les arguments s’articulent entre eux et autour de l’idée principale.  Et lorsque je lirai le texte, je saurais toujours où j’en suis par rapport à l’ensemble : cela me permet d’anticiper sur la suite et de pratiquer une lecture active.

Visualiser les relations entre les concepts : la carte conceptuelle


Si la carte mentale ou mindmap est excellente pour visualiser la structure d’un texte ou d’un système, pour montrer les relations entre les concepts d’une théorie, rien ne vaut la concept map ou carte conceptuelle.  Celle-ci a été réalisée avec CMapTools, un outil gratuit dont je reparlerai bientôt, car il me semble méconnu et sous-utilisé.  Alors qu’il propose une série d’options très intéressantes pour les étudiants du supérieur.

Pour Collier, il y a deux grandes visions des conflits : les conceptions populaires, qui voient dans les conflits des luttes pour des revendications sociales.  Cette vue du public est également influencées par les discours des groupes rebelles qui se positionnent comme des combattants contre l’injustice.  Ils entrent en compétition avec le gouvernement et quelquefois même louent les services des mêmes agences de communication pour s’assurer de bonnes relations publiques.  Tandis que les économistes considèrent les groupes rebelles comme des organisations criminelles qui tentent de tirer parti des opportunités pour gonfler leurs revenus.

Illustrons tout cela avec une carte conceptuelle (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Carte conceptuelle : la vue populaire et l’analyse des économistes

Ici, il ne s’agit pas de montrer une structure autour d’une idée centrale, mais bien d’illustrer les relations entre les concepts : 2 vues différentes des causes des conflits civils, la compétition entre rebelles et gouvernements du point de vue du discours et des relations publiques, etc.

Analyser un processus : une autre carte conceptuelle

Les cartes conceptuelles sont également très intéressantes lorsqu’ils s’agit d’analyser un processus.

Paul Collier me donne l’occasion d’illustrer cette capacité des concept maps : il décrit comment les théories basées sur les revendications sociales expliquent les difficultés de la contre-insurrection.  Pour les tenants de ces théories, il est très difficile de lutter contre la rébellion.  Dans de nombreux cas, le gouvernement fait appel à l’armée.  Pour encourager cette dernière, le gouvernement offre des « incentives ».  Pour recevoir davantage de récompenses, les soldats se livrent à des atrocités, voire suscitent eux-mêmes des actes de rebellions qu’ils font ensuite semblant de mater.  C’est la spirale ascendante dont il est difficile de sortir.

Voici ce processus illustré par une carte conceptuelle : (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Concept map : les difficultés de la contre-insurrection

Le trajet des flèches et la rétroaction atrocités-revendications-rébellion montre bien le caractère systémique de la difficulté de lutter contre les insurrections dans les théories basées sur la revendication sociale.

Cartes mentales et conceptuelles : deux outils pour deux usages

Avec deux outils différents, mais tout deux issus de la pensée visuelle, les cartes mentales et conceptuelles, nous avons pu dégager la structure du texte et illustrer quelques-uns de ses concepts-clés.

Dans d’autres articles je reviens sur ces outils ou sur d’autres, comme les cartes argumentaires.

Et vous : connaissez-vous ces outils ?  Les avez-vous expérimentés ?  Ou en utilisez-vous d’autres ?  Lesquels ?  Comment fonctionnent-ils ?

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Journalisme

Ecrire pour la presse web : l’importance cruciale de l’habillage

On sent tous de manière intuitive que l’habillage d’un texte a de l’importance.  Un bon titre, bien visible.  Une mise en page agréable.  Des images cohérentes avec le sujet et des intertitres clairs.

Mais l’habillage peut aussi changer dramatiquement la perception qu’un lecteur aura de votre article.  Un exemple avec un des mes articles, paru avec des habillages très contrastés dans deux médias différents : MyEurop et Owni.

Troisième article de la série « Ecrire pour la presse web » après « les portes d’entrées de votre article » et « le mythe du toujours plus court« .

L’importance de l’habillage pour un texte de presse en ligne est souvent sous-estimée.  Or, la position unique de l’article sur la page web renforce, amplifie l’effet de l’habillage sur la perception qu’aura le lecteur de votre article.  En effet, dans un journal papier, un article est rarement isolé : il est entouré d’un, voire de plusieurs autres articles : sur le web, le lecteur n’a que votre article sous les yeux.  Et l’habillage bénéficie d’un impact d’autant plus important.

Pour illustrer cette hypothèse, j’ai pris un de mes propres articles pour exemple.  Il s’agit d’un article sur un réseau citoyen et les policiers bénévoles aux Pays-Bas.  L’article est paru initialement dans MyEurop et a été repris par Owni.  Il a également été inséré dans un article sur le site de France 2  par Jacques Deveaux pour illustrer un reportage intitulé « Policiers occasionnels aux Pays-Bas« .

Sur MyEurop, l’article s’intitulait Des policiers-citoyens pour sécuriser les Néerlandais tandis qu’Owni titrait : Les milices fleurissent aux Pays-Bas !  Il semble d’ailleurs qu’il y ait du flottement dans le choix du titre, puisque le lien d’Owni affiche : les milices de quartier des Pays-Bas.

Mais, lors du passage d’un site d’information à l’autre, le titre a été passablement dramatisé, vous en conviendrez !

L’habillage, ce n’est pas que le titre.  C’est aussi, le chapô, la titraille, l’utilisation de la graisse, de la ponctuation et des images.

Un chapeau plus dramatique et personnalisé

MyEurop résume ainsi l’article dans le chapô :

« Faute de moyens et afin de réduire le taux d’affaires non-résolues, les autorités néerlandaises font appels à des citoyens bénévoles. Ceux-ci participent à des réseaux de surveillance ou s’enrôlent dans la « police volontaire ». Une politique assortie de risques non-négligeables. Article et reportage vidéo. »
 

Un texte relativement neutre, informatif : une bonne synthèse du contenu de l’article.

Comment Owni traite l’information dans son chapô ?  Un contenu beaucoup plus dramatique et personnalisé.

« OWNI publie ce témoignage signé Marco Bertolini consacré aux milices néerlandaises. C’est l’histoire d’un citoyen installé dans un quartier bucolique des Pays-Bas et qui découvre un matin que les autorités néerlandaises font appels à des citoyens bénévoles. Autour de lui, de paisibles pères de famille s’éclatent dans des milices de quartier. Un récit initialement paru chez nos amis de MyEurop. »
 

L’article est présenté non comme l’oeuvre d’un journaliste professionnel qui enquête sur les possibles dérives policières aux Pays-Bas, mais comme le témoignage d’un « citoyen » qui « découvre un matin » qu’on fait appel à des citoyens bénévoles pour la chasse aux gangsters.  De « paisibles pères de famille s’éclatent dans les milices de quartier ».

Mon travail de journaliste est donc devenu le témoignage d’un simple citoyen qui découvre une réalité insoupçonnée.  C’est une façon de personnaliser l’histoire, un procédé probablement aussi vieux que le journalisme.

Les images-chocs transforment la perception du contenu

Owni ne s’est pas arrêté là.

Son équipe a habillé le texte d’images dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles tranchent singulièrement avec celles utilisées par MyEurop !

Jugez plutôt.

Voici la première photo utilisée par MyEurop :

Première image MyEurop

Et voici la première image qu’Owni affichait en tête de l’article, ainsi que le nouveau titre et le chapô retravaillé :

La première image d’Owni

La référence à Big Brother et à son oeil omniprésent est évidente.

Les autres illustrations contrastent de la même manière.  Voici une capture d’écran de la vidéo qui figure sur l’article de MyEurop : un policier-lambda en train de verbaliser.  Les policiers bénévoles n’ont pas l’air trop inquiétant.

Capture d’écran du reportage vidéo

La deuxième photo d’Owni joue sur la suggestion : une silhouette découpée à hauteur du buste, dans une rue déserte, avec la proximité de l’eau sombre, qui contribue à l’atmosphère glauque.  Une image hitchcockienne.

Une photo tirée d’un film de Hitchcock ?

Image que ne contredira pas la suivante : un oeil dans lequel la pupille est remplacée par une tête de mort et deux tibias comme on en trouve sur les étiquettes de poison…  La dramatisation est portée à son comble avec l’oeil qui rappelle la surveillance constante des Big Brothers contemporains que sont les réseaux citoyens et les policiers bénévoles, encadrant un symbole de mort par empoisonnement.

Un oeil scrutateur et empoisonné

L’utilisation des photos noir et blancs et sur des thèmes évoquant un univers orwellien dramatise au maximum la perception du contenu de l’article.  Nous sommes ici dans un environnement hostile, potentiellement violent et dangereux.

Les encadrés gris, dans lesquels figurent les citations, renforcent cette impression d’atmosphère à la fois anonyme et irrespirable.

Certaines portions de textes – comme la citation au-dessus de l’oeil – ont été déplacées par rapport à l’original afin de les isoler davantage, pour les mettre en évidence.   Et pour les rapprocher des photos dramatiques : le texte isolé et la photo se renforcent mutuellement.

Lorsque j’ai découvert mon texte habillé de cette façon, ma première impression a été un choc !

Je savais que l’article allait être reproduit sur une page d’Owni.  Connaissant le média, je ne doutais pas une seconde que son équipe « rhabillerait » le texte à sa façon.  Mais je ne m’attendais pas à une telle transformation.  Or, le texte lui-même n’a subi que de très légères altérations.  Mais j’avais vraiment le sentiment de découvrir un tout autre article, plus virulent, plus extrême que celui publié à l’origine.

Il est normal qu’un média habille un texte selon sa ligne éditoriale, selon le public auquel il s’adresse.  Selon l’effet qu’il veut produire.  Bien sûr l’angle choisi par le journaliste donnera le ton général de l’article.

Mais cet exemple réel, concret, montre à quel point l’habillage peut influencer la perception que nous avons d’un même texte : l’environnement graphique peut modifier profondément l’impact de votre texte sur le lecteur.  Pensez-y !

Marco Bertolini

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Communication Internet Journalisme Médias sociaux

Ecrire pour la presse web : les portes d’entrée de votre article

Les articles sont lus – on peut l’espérer – sur une grande diversité de supports.  Et le lecteur y entre par de multiples portes.  Quelles en sont les conséquences pour le journaliste ?

Voici une première série de réponses.

Qu’est-ce qui fait la différence entre écrire pour la presse web ou la presse papier ?

L’actualité est la même et le lecteur reste la même personne.

Oui, mais les supports changent et ça change tout !

Une multiplicité de supports différents

Avant, le lecteur achetait SON journal.  Un journal auquel il était fidèle.  Les lecteurs du Figaro se distinguaient nettement de ceux de Libération.   Ceux du Soir de Bruxelles ne voulaient pas être confondus avec ceux de la Libre Belgique.  Le titre, la mise en page, le ton, les convictions politiques plus ou moins affichées, le format du papier…  tout concourrait à une  distinction tant physique qu’intellectuelle des divers titres.   La distinction était aussi claire entre presse régionale et nationale.

Avec l’avènement du numérique, le nombre de supports se multiplie.  Leur nature aussi.  A côté du papier, format journal, apparaissent une kyrielles de formats sur supports numériques : le lecteur dévore maintenant l’actualité depuis son PC, portable ou de bureau, sur sa tablette ou via son smartphone.  Les sites adoptent le « responsive design » : le même contenu doit apparaître et être lisible de la même manière sur tous les écrans.  Tandis que les éditeurs font pression sur les journalistes pour écrire toujours plus court…

Presse : papier, papier et web et pure players

Les journaux papiers seuls tendent à disparaître.  Aujourd’hui, la presse se décline soit sur papier ET Internet, soit sur Internet seul avec les pure players comme MyEurop, Rue89 ou encore le regretté Owni.

Je n’aborderai pas ici la question du modèle économique de la presse en ligne qui se cherche encore.  Ni de la probable disparition d’une majorité de titres existants.

Je veux dans cette série d’articles considérer le point de vue du journaliste et voir comment écrire efficacement pour le web.  Efficacement signifie : écrire pour être lu et compris.

Une multiplicité de portes d’entrée pour votre article

Le web – et ses différents supports : PC, tablettes, smartphones – constitue un changement radical par rapport au journal papier.

Avec le journal – ou le périodique papier – vous entrez dans votre article par une seule porte :  la une, la première page.  Vous y trouvez déjà une introduction des principaux articles, avec leur titre, une photo, un chapô, quelques lignes.    Et l’indication de la page où trouver la suite de l’article.  La page Une constituait donc une sorte de table des matières illustrée, en même temps qu’un résumé et une introduction aux articles.

Si vous aviez entendu évoquer un article à la radio ou si quelqu’un vous avait parlé d’un événement qui vous touche particulièrement, vous vous précipitiez vers la page en question.  Mais c’était l’exception à la règle.

Les différentes portes d’entrée vers votre article

Avec Internet, le nombre de portes d’entrée vers votre article s’est multiplié de façon exponentielle !

Bien sûr, il y a toujours la page d’accueil du site, qui est l’équivalent de la une d’un journal.   Ici, vous ne feuilletez plus – à moins que vous consultiez une édition en PDF – mais vous cliquez sur des liens pour vous rendre sur la page de l’article.

Mais cette façon de faire ne représente qu’une infime partie de vos lecteurs : les lecteurs réguliers qui consultent la page d’accueil de leur journal préféré.

Mais la majorité d’entre eux ne lisent plus la presse de cette façon.

Bon nombre d’entre vos lecteurs trouveront votre article grâce à des mots-clés qu’ils ont tapé dans Google.

Exemple : votre article traite de l’abdication de la reine Beatrix des Pays-Bas.  Vos mots-clés comprendront au minimum « reine », « Pays-Bas », « Beatrix », « abdication », etc.

D’autres viendront via la newsletter du journal, à laquelle ils sont abonnés.  Certains auront eu – par e-mail, via un ami, par exemple – un lien qui renvoie directement vers votre article.

De plus en plus de lecteurs vous arrivent via les médias sociaux : Facebook, Twitter, Linked In, Stumble Upon… pour n’en citer que quelques-uns…  Les outils de curation – comme Scoop it, Paper.ly ou encore Hootsuite – sont aussi responsables d’une bonne part du trafic en relayant les liens publiés dans les médias sociaux…

Les sites des journaux concurrents ou les blogs dirigent aussi un nombre important de lecteurs vers l’article original dont ils se sont au mieux inspirés, au pire qu’ils ont plagié sans scrupule…

Vos lecteurs les plus assidus sont peut-être abonnés au flux RSS de votre publication.  Ou ils suivent ces flux via un agrégateur comme Google Reader.  C’est souvent le cas des professionnels qui veulent concentrer en un même lieu toute l’information qui les intéresse.

Enfin, les professionnels – journalistes, mais aussi cadres ou experts – lancent des alertes pour organiser une veille sur l’évolution de leur secteur ou pour soigner leur personal branding.  Des outils comme Google Alert ou Mention permettent de sélectionner les mots-clés relatifs à l’actualité que vous suivez.

Un article autosuffisant

Vous aurez compris qu’une écrasante majorité de lecteurs arriveront directement sur votre article.  Par une multiplicité de portes d’entrée.  Et avec une énorme variété d’outils et des attentes différentes.

Afin de répondre à cette nouvelle donne, votre article doit être autosuffisant.  Il n’y a plus de « page Une » pour expliquer au lecteur à quoi s’attendre.  C’est l’article lui-même qui doit s’en charger.

Cela signifie qu’il va falloir baliser le terrain et faciliter la lecture de votre visiteur.   Pour cela, vous disposez d’une série d’outils et de méthodes.  L’habillage – mise en page, titraille – va vous y aider.

Par contre, contrairement au papier, l’écriture web est hypertexte et les liens peuvent constituer un fil rouge qui guide votre lecteur.  A condition de les choisir avec soin : ils doivent renforcer la cohérence de votre article et non pas la diluer dans une dispersion inutile.

Ce sont tous ces éléments que je vous propose d’explorer dans une série d’articles à venir.  N’hésitez pas à me faire des suggestions : tous les avis sont les bienvenus 😉

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Communication Community management

Faux départ pour une vraie nouvelle !

Une fausse manoeuvre sur WordPress a fait partir prématurément un article destiné au 3 janvier 2013 !

WordPress possède – entre autres – une fonctionnalité intéressante : la publication différée.  On peut donc rédiger un article tranquillement aujourd’hui et en programmer la publication pour le 3 janvier, par exemple.

Oui, mais voilà, cette fonctionnalité, comme les autres, n’est pas à l’abri des erreurs de manipulations.

C’est ce qui s’est passé avec un billet intitulé « Un nouveau projet d’entreprise » daté du 2 janvier 2012.  En réalité, ce billet était programmé pour le 2 janvier 2013…

Mais une faute de frappe a sans doute fait qu’il a été publié immédiatement avec effet rétroactif en janvier dernier… et qu’il a été envoyé à tous les abonnés du site.  Et puis, republié ailleurs sur Twitter, etc.

Il y a donc bien un nouveau projet d’entreprise.  Mais celle-ci – bien qu’elle soit déjà enregistrée auprès de la chambre de commerce – ne débutera ses activités qu’au 1er janvier 2013.  Et le nouveau site sera en ligne le 7 janvier prochain, finalement…

C’est donc bien une vraie nouvelle – nous ne sommes plus en avril, mais en décembre… – mais un faux départ de l’info dont je vous prie de m’excuser 🙁

Je remercie par ailleurs mon ami Bernard Lamailloux – dont la fidélité n’a d’égale que sa perspicacité – de m’avoir averti du problème.

Et donc, rendez-vous en 2013 pour de nouvelles aventures avec un vrai nouveau projet d’entreprise !  Bonne année à tous 😉

Marco.

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Etudier avec le mindmapping et CQQCOQP : la ligne du temps

Résumer un texte est une excellente façon de préparer la compréhension et la mémorisation en vue d’un examen.

Mais cela ne suffit pas.  Je vous propose d’aller plus loin avec la méthode CQQCOQP et quelques fonctionnalités intéressantes d’XMind.

Hier, nous avons vu un exemple de résumé de texte réalisé avec XMind.  Ce résumé correpond aux étapes 2 et 3 de notre méthode Etudier efficacement en 5 étapes : prendre contact avec le cours et réactiver la mémoire.

Aujourd’hui, nous allons travailler avec une méthode et des outils qui s’apparentent davantage à la quatrième étape : réutiliser ses connaissances.

Mobiliser les bons neurones

Pourquoi changer de méthode ?  Pourquoi ne pas continuer à lire et à résumer, puisque cela fonctionne ?

Pour plusieurs raisons.  Lire et résumer sont d’excellents moyens de comprendre et de mémoriser un texte – cours, article, livre, etc.

Mais, si nous voulons être performants lors d’un examen, nous devons aller plus loin.

Car, le professeur va nous poser des questions auxquelles il va falloir répondre précisément.  Non pas restituer toute la matière.  Mais « réutiliser« , « mobiliser » la partie de celle-ci qui correspond exactement à la question posée.  Et sous une forme qui n’est pas la même que celle du cours.

Comprendre, mémoriser, restituer, réutiliser… ne font pas appel aux mêmes groupes de neurones dans notre cerveaux.  Parce que ce sont des opérations mentales différentes, elles mobilisent d’autres région du cerveau.

Pour être performants lors des examens, il va falloir travailler sur ces zones différentes.  Voici comment.

Entrer par d’autres portes : CQQCOQP

Hier, en résumant notre texte par une mindmap, nous sommes entrés dans ce texte en suivant le chemin proposé par l’auteur : le titre, le chapô, les intertitres, etc.  C’est l’ordre et la logique de l’auteur.  Et nous nous les sommes appropriés en résumant le texte selon ces titres, intertitres, etc.

Aujourd’hui, nous allons explorer le même texte en entrant par différentes portes.  En utilisant 7 questions : CQQCOQP.  Comme sur la carte ci-dessous :

Carte mentale : la méthode CQQCOQP

Vous l’avez compris, cette expression bizarre est simplement un acronyme, un mot construit à partir de l’initiale de chaque question : comment ?  Qui ? Quand ? Combien ? Où ? Quoi ? (ou que ?) et Pourquoi ?

Ces simples questions vont nous permettre d’interroger le texte de Don Verzé.

Nous allons faire comme le professeur : poser des questions !

Cela va mobiliser d’autres régions de notre cerveau, d’autres neurones.  Et donc, renforcer notre compréhension et notre mémorisation du texte.  Mais en plus, cela nous prépare à répondre de façon efficace aux questions du professeur le jour de l’examen !

Et – bonus non négligeable – en utilisant diverses techniques, nous empêchons notre cerveau de se lasser.  Si vous variez les techniques lorsque vous étudiez, vous vous fatiguerez beaucoup moins et vous vous lasserez beaucoup moins vite qu’en vous contentant de lire le texte encore et encore !  Et vous serez beaucoup plus efficace… tout en vous ennuyant beaucoup moins !

Première question : Quand ? Et la ligne du temps

Hier, nous avons vu que l’année 1970 marquait un véritable tournant dans la vie de Don Verzé.

Aujourd’hui, je vous invite à explorer davantage le temps dans ce texte.

Pour ce faire, nous allons repérer toutes les dates.  Et puis, nous allons construire un outil visuel.  Mais pas une mindmap.  Nous allons profiter d’une autre fonction de XMind :  l’arrête de poisson qui va nous permettre de créer une ligne du temps pour bien visualiser la progression des événements.

Ligne du temps du texte Don Verzé

Le texte ne nous donne pas la date de naissance du prêtre.  Mais nous savons quand il est mort et à quel âge.  Nous pouvons donc en déduire qu’il est né en 1920.

Ensuite, le texte nous donne la date de 1970, qui est l’année-charnière de son existence.  Et puis 2010 et 2011, deux années pendant lesquelles les événements se précipitent jusqu’au décès du personnage principal de cette histoire…

Nous avons donc, rassemblés sur une page, sous forme graphique, la succession des événements et leurs relations entre eux.

Dans un autre article, je vous montre comment répondre à la question Qui ?  avec une autre méthode : la carte conceptuelle.

Bon travail 😉

Ces cartes ont été réalisées avec XMind.  La version gratuite est suffisante pour réaliser ces outils sur votre ordinateur, PC, Mac ou Linux.

J’enseigne ces méthodes lors d’ateliers Apprendre A Apprendre et aussi lors de coaching étudiant à distance ou de soutien scolaire individuel.

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Etudier avec le mindmapping : exemple de résumé de texte

Comment résumer un texte ?  Comment profiter des fonctionnalités du logiciel XMind pour ne rien oublier et pour gagner du temps ?  Voici un exemple de résumé réalisé avec des jeunes du secondaire.  Première partie de notre travail.

Dans le cadre de notre méthode « Etudier efficacement en 5 étapes« , j’avais abordé il y a quelques semaines la façon de résumer un texte avec le mindmapping.  Et en particulier, avec le logiciel XMind.  J’avais promis lors de ce dernier billet, de vous offrir un exemple

C’est ce que je vais faire.  Le travail que je vous présente aujourd’hui a été réalisé lors d’une atelier Apprendre A Apprendre que j’ai organisé à Liège le mois dernier.  Je remercie Victor, Léopold et Manon pour leur contribution 😉

Le résumé de cours : première étape de la compréhension et de la mémorisation

Le résumé ne constitue que la première partie du travail que nous avons effectué sur ce texte.  Il correspond à la deuxième étape de notre méthode : prendre contact avec le cours.  En cohérence avec ce que je raconte dans cette méthode, j’ai demandé aux trois participants de repérer dans le texte (en l’ocurrence, un article de MyEurop : Don Verzé un saint-homme… d’affaires) les mots-clés, les mots réellement signifiants.  Ce sont ceux-là qui deviendront les mots-clés de notre mindmap ou carte heuristique ou encore, carte mentale.

Ensuite, nous avons résumé ensemble ce texte en utilisant le logiciel XMind. (cliquez sur la carte pour l’agrandir).

Résumé sour forme de carte mentale

Entrer dans la logique de l’auteur

Il s’agit d’un article de presse.  Nous partons donc du titre pour élaborer notre idée centrale.  Don Verzé est le personnage central de l’article.

Le chapô de l’article – ce résumé de quelques lignes situé entre le titre et le reste de l’article – nous donne déjà quelques indications : Don Verzé est un prêtre qui n’a pas fait voeu de pauvreté et dont la vie mouvementée place le Vatican dans l’embarras.

La première partie du texte en constitue l’introduction.  Nous nommons donc notre première branche « Introduction » et nous notons tout ce qui nous paraît important dans cette première partie.

Ensuite, pour définir les autres branches, nous partons de la « titraille », les « intertitres », c’est-à-dire les petits titres placés en tête des paragraphes suivants.  En général, ces intertitres donnent une idée de ce que contient la partie suivante du texte.

Il en est de même pour vos cours : en général, le professeur donne un titre général pour le cours et des sous-titres, sous-sous-titres, etc.  Utilisez-les pour structurer votre résumé.

Vous entrez ainsi dans la logique de l’auteur.  Dans l’ordre qu’il ou elle a donné à son texte.  Dans de futurs billets, nous verrons comment entrer dans le même texte par d’autres portes.

Nous avons donc une branche Charité (bien ordonnée commence par soi-même), une autre Amis (Ses amis : Berlusconi, Craxi, et… Castro) et enfin, Grâce divine, le titre qui conclut le texte.

Créer du lien

Une des difficultés que les jeunes me rapportent le plus souvent est : je ne sais pas créer du lien entre les différentes parties de mon cours…

Le mindmapping est un outil fabuleux pour ça !

La structure rayonnante de la carte heuristique est déjà un noeud de liens en soi.  Car tout se rattache à l’idée centrale selon une hiérarchie rigoureuse.

Mais la construction de votre mindmap vous donnera l’occasion d’en repérer et d’en créer d’autres.

Par exemple, l’hôpital San Raffaele est un lieu central dans la vie de Don Verzé.  Il apparait dans l’introduction, mais aussi dans la partie sur la Charité – Berlusconi y a été soigné après une agression – et aussi dans la dernière partie : le Vatican voulait empêcher Don Verzé d’y exercer ses fonctions suite à un scandale.

Nous avons donc ajouté deux flèches qui relient les parties 2 et 4 à l’introduction.

Deux flèches pour illustrer une relation dans un texte

Les amis de Don Verzé – Berlusconi en tête – ont été essentiels à l’ascension du prêtre.  Nous les avons donc placés dans un nuage rouge et jaune qui souligne leur importance dans cette histoire.

Mise en évidence par un nuage ou limite

Ces cliché ont été obtenus avec la fonction « cliché de carte » du logiciel XMind : une fonctionnalité qui vous permet de créer des clichés de parties de cartes en quelques clics.

Repérer les éléments essentiels

Un autre avantage des outils visuels en général et de la mindmap en particulier, c’est de mettre en évidence les éléments essentiels d’un texte.

Par exemple, dans cette carte, la date de 1970 apparait 3 fois : 2 fois sur la branche 1 et une fois sur la branche 3.  C’est l’année où Don Verzé construit son hôpital, c’est l’année où il rencontre Berlusconi, qui l’introduit auprès de la classe politique italienne et, plus particulièrement, à Craxi et Castro.  C’est aussi l’année où le prêtre connaît ses premiers ennuis avec le Vatican : il est condamné a divinis, c’est-à-dire qu’il ne peut plus dire la messe en public.

Pour souligner cette donnée importante, nous avons imprimé la date en rouge sur les branche et puis nous avons créé un sujet flottant 1970, que nous avons placé en haut de la carte, accompagné d’une note :

Sujet flottant « 1970 » avec une note explicative

Il suffit de passer le curseur sur l’icone en forme de post-it pour en voir le contenu.

L’accolade est un autre moyen d’attirer l’attention sur des éléments communs : ici, il s’agissait de montrer que toutes les possessions exorbitantes du prêtres avaient été acquises grâce à des dons de fidèles et des subsides de l’état, à travers un ensemble de sociétés-écrans.

Regroupez les éléments du texte avec l’accolade

Les éléments rassemblés sur cette carte permettent d’étudier le texte bien plus facilement, à l’aide des mots-clés, des images, des couleurs, des branches, etc. qu’à partir d’un texte linéaire.

En outre, on peut réduire ou étendre les branches selon le niveau de détail souhaité ou focaliser sur une ou l’autre branche en fonction de la partie du texte que l’on veut étudier.

Dans deux prochains billets, nous verrons comment entrer dans le même texte par des portes différentes, toujours en utilisant XMind, mais avec d’autres techniques.

Bon travail à tous les étudiants en examens ou presque 😉

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Résumez un cours ou un article avec XMind

Comment résumer un cours ?  Ou un article ?  Ou tout autre texte pas trop long ?   Le mindmapping est un fabuleux outil d’analyse et donc se révèle très efficace pour résumer les principales idées d’un texte.  XMind, avec ses fonctionnalités – notes, export, etc. – va vous permettre d’aller encore plus loin, encore plus vite.  Bref, d’être plus efficace !

Beaucoup de personnes éprouvent des difficultés à résumer : étudiants en période d’examen, journalistes qui doivent présenter une nouvelle loi en 1500 signes, cadres à qui leur supérieur vient de demander un rapport en « en deux pages maxi » sur la situation de l’agence de Trifouillis-les-Oies…

Par où commencer ?  Comment distinguer les principales idées émises par l’auteur ?  Et surtout, où s’arrêter ?

Autant de points qui suscitent l’angoisse, voire la panique chez certains… et pas chez les plus stupides, contrairement à ce qu’on pourrait croire.  Le perfectionnisme peut amener à la paralysie devant les limites de la tâche à effectuer.

D’abord un peu de théorie.

Qu’est-ce qu’un résumé ?  

C’est une version raccourcie d’un texte existant.  On ne vous demande pas de retravailler ce texte, de broder ou de réinventer ce qu’a exprimé l’auteur.  On vous demande de réexprimer, en moins de mots, les idées principales de son discours.

Jetez un coup d’oeil sur cette carte heuristique : elle illustre la méthode que je propose aux étudiants que j’aide en coaching scolaire et aux participants de nos Ateliers Triple A : Apprendre A Apprendre. (Cliquez sur la carte pour la visionner et la télécharger depuis le groupe « Mindmaps francophones » sur Biggerplate).

Un résumé de cours avec XMind

Première étape : la préparation  

Ne plongez pas directement sur votre stylo, votre crayon ou votre clavier.  Commencez par une première lecture rapide du texte.

Essayez de repérer les parties principales du texte.  Si l’auteur a bien structuré son texte, chaque partie devrait contenir une ou deux idées essentielles, pas plus.  Le titre vous donne l’idée centrale du texte.  Le chapô – ce petit texte qui résume l’article et placé sous le titre – est déjà un résumé des principales idées de l’article.  Et les intertitres d’un article ou les rubriques d’un cours vous donnent un aperçu des idées développées dans cette partie.

Première étape : préparation

Au cours de cette première lecture, prenez quelques notes.  Ces premières notes, vous pouvez les prendre sous forme d’une mindmap rudimentaire :  idée centrale (le titre), idées secondaires (intertitres, chapô, rubriques). XMind vous permet aussi de prendre des notes écrites (plus longues que de simples mots-clés, déjà « rédigées ») et qui seront incluses dans un document exporté sous format texte si vous le souhaitez.  J’y reviendrai.  Et aussi des notes audio : vous enregistrez votre voix et la note apparaît (sous forme de flèche verte) dans le sujet et la branche choisie.

Vous pouvez déjà vous poser des questions sur le contenu du texte et y répondre.  Si vous résumez en vue d’un examen, ceci est une façon efficace non seulement de comprendre et de mémoriser, mais aussi de vous préparer aux différentes questions que l’on pourrait vous poser.

Deuxième étape : la mindmap plus approfondie

Relisez votre première mindmap : vous avez ainsi en tête l’idée centrale, les idées secondaires et quelques notes, questions-réponses.  Allez plus loin : relisez votre texte une seconde fois en incluant des détails.  De nouveaux mots-clés sur de nouvelles branches.

Deuxième étape : mindmap plus approfondie

Vous pouvez repérer les mots importants en les surlignant dans l’article.  XMind vous permet aussi d’intégrer dans vos sujets des documents (ici, un PDF, une mindmap sur les techniques de réactivation de la mémoire).

A ce stade, vous avez une mindmap qui reprend toutes les idées du texte, avec un certain détail.  Si vous avez le temps, laissez peut-être passer un quart d’heure à une heure avant de passer à l’étape suivante.  Vous l’aborderez avec un esprit plus reposé et un oeil neuf.

Troisième étape : la relecture

Relisez votre texte encore une fois et votre mindmap en parallèle.  Soignez votre mindmap.  Vous trouverez peut-être que certains éléments ne s’y trouvent pas encore.  Ou pas au bon endroit sur votre carte.  XMind vous permet de déplacer tous les éléments d’une branche à l’autre, etc.

Troisième étape : dernière relecture avec la mindmap

Profitez-en pour illustrer votre mindmap : n’oubliez pas que l’association mots-clés, images, postion sur la branche est essentielle pour la compréhension et la mémorisation.

Autre élément indispensable pour la compréhension et la mémorisation : les liens.  Créez des liens, des associations entre les différentes parties de votre mindmap.  Illustrez-les avec des flèches, des accolades, ou encore des nuages.

Quatrième étape : l’export de votre mindmap

XMind vous permet d’exporter votre mindmap sous différents formats.  Profitez-en pour gagner du temps !

Quatrième étape : exportez votre mindmap

Comment ?  En exportant votre mindmap sous forme de texte : XMind vous donne accès à Word, TXT, RTF et PDF.  Attention, si vous exportez votre document sous forme de PDF, vous devrez disposer d’un éditeur PDF pour pouvoir le modifier…

Si vous l’exportez en Word, par exemple, l’idée centrale deviendra le titre de votre document, les idées secondaires des chapitres ou des rubriques, etc.  Vous pouvez choisir de conserver vos images ou non.  Et aussi, très intéressant, d’intégrer vos notes écrites dans votre document final.  Je reviendrai un de ces prochains jours sur les possibilités d’export d’XMind qui sont vraiment impressionnantes !

Et vous pouvez aussi exporter votre minmap sous forme de carte heuristique en choisissant l’image – comme dans ce billet – ou le document PDF.  Ou encore, vous pouvez choisir le mode PowerPoint qui vous donne en quelques clics une présentation qui pourrait bien épater votre patron !

Cinquième étape : la réactivation

Si vous résumez un texte en vue de le mémoriser, n’oubliez pas les techniques de réactivation.  Ce sont de puissants instruments de mémorisation.  Ce serait trop bête de vous en priver !

Cinquième étape : la réactivation de votre mindmap

Les cartes heuristiques vous permettent de réactiver votre mémoire d’une façon très simple : relisez-les, de préférence en suivant les branches avec votre doigt, à voix haute, afin de stimuler tous vos canaux sensoriels en même temps.

Ou mieux encore : recréez-les !  Redessinez vos cartes à la main ou avec un logiciel.  En les recopiant.  Ou de mémoire.  Comparez-les ensuite.  Retravaillez-les.  Posez de nouvelles questions qui demanderont de nouvelles réponses.

Voici un exemple de résumé de texte que j’ai réalisé de cette façon avec des participants à l’atelier Apprendre A Apprendre.

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Droit Propriété intellectuelle

Cyberplagiat : lettre ouverte aux « emprunteurs de contenu »

Vous vous souvenez ?  Il y a quelques temps, j’ai publié une série d’articles sur la nouvelle forme juridique en Belgique, la SRPL-S ou SPRL Starter.

Celle-ci a connu un certain succès puisqu’à ce jour, environ 400 visiteurs l’ont consultée, sans compter ceux qui l’ont lue sur FaceBook ou qui ont visionné la présentation sur Slideshare.

Certains lecteurs l’ont apprécié au point de s’en approprier le contenu… sans m’en avertir évidemment.  C’est grâce aux statistiques de WordPress que j’ai pu repérer ces indélicats.  J’ai vu que des personnes arrivaient sur le blog par un lien que je ne connaissais pas du tout.  En cliquant sur celui-ci, je suis arrivé sur le site d’une société de conseil, qui vend de l’entreprise clé en main.

Ce n’est pas la première fois que des blogueurs ou des webmasters peu corrects me « piquent » des articles ou des éléments d’articles sans me prévenir.  Passionné d’histoire et de paléoanthropologie (eh oui !) j’avais écrit un article sur le livre de Bryan Sykes « Les Sept Filles d’Eve« .  Je l’ai retrouvé sur un site ésotérique flirtant avec les nouvelles droites, ce qui ne correspond pas vraiment à mes opinions politiques, faut-il le dire ?

Un magazine de généalogie et la chaine de télévision Planète ont également reproduit certains de mes articles, mais en ayant la courtoisie de m’en demander l’autorisation…  Que j’accorde (presque) toujours avec plaisir, Internet pouvant être un merveilleux lieu d’échange d’idées.

Dans le cas qui nous occupe, je trouve la pratique plus grave.  Le contexte et la manière d’opérer sont différents : le plagiaire  n’a pas seulement reproduit mon article.  Il l’a vraisemblablement « aspiré » avec un aspirateur de site du type HTTrack Website Copier.  En effet, à part les photos, tout y est : la typographie (même les couleurs d’origine sont respectées), les liens internes qui renvoient vers le glossaire (c’est comme cela que j’ai repéré l’affaire, les gens venant de ce site inconnu pour consulter un glossaire qui concerne mes articles…).

L‘auteur (appelons-le ainsi) s’est contenté d’ajouter un titre de son crû (plutôt bon d’ailleurs) et un chapeau.

L’ensemble est un montage habile qui laisse croire que le webmaster du site en est l’auteur.

Cette série d’articles m’a demandé quelques heures de recherches et pas mal d’autres heures de rédaction, de mise en forme, etc.

Je l’ai écrite dans le but d’informer les lecteurs des avantages et des risques de ce type de société parce qu’en tant que business coach j’estime important de livrer une information précise, qui relève d’une expertise réelle.

J’ai envoyé un mail à la société en question, qui ne m’a d’abord pas répondu et qui, suite à la publication de ce billet, m’a envoyé une proposition d’intégrer mon nom dans l’article.  J’étais tellement en colère que j’ai d’abord envoyé une longue tartine reprenant point par point leur argumentation.

Puis, finalement, j’ai accepté.  Je me suis dit que ce n’était pas la fin du monde, même si tout cela m’a quand même mis en colère.  Bon, j’ai autre chose à faire, j’ai 3 formations qui démarrent les prochaines semaines et mon agenda qui déborde…

« E aqua passata », comme on dit chez nous…