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Chronique BXECO

Grytics : passez les groupes Facebook et Linkedin à la loupe !

Dans ma chronique sur BXECO, je vous parlais ce vendredi de Grytics : un outil particulièrement efficace pour distinguer communautés vivantes et « groupes Zombies ».

Dans ma première chronique pour BXECO, le nouveau magazine économique de BXFM, je vous parlais des groupes Linkedin.  Certains sont de vrais communautés vivantes, qui échangent, qui commentent, qui réinventent leurs pratiques et leurs points de vue.  D’autres groupes, parfois bien plus peuplés, sont de vrais territoires de zombies, des agrégats de morts-vivants qui ne se parlent pas, où l’échange constitue l’exception et où le commentaire brille surtout par son absence…

Pour distinguer ces groupes et vous rendre visibles sur Linkedin ou sur Facebook, je vous ai présenté un outil : Grytics.

Grytics : des statistiques qui déshabillent vos groupes Facebook et Linkedin !

Grytics ne fait qu’une seule chose, mais il la fait vraiment très bien : il analyse les groupes Linkedin et Facebook.  Il ne se contente pas de vous donner le nombre de membres d’un groupe, mais pousse au contraire l’analyse très loin dans les détails et ne vous laisse plus aucun doute sur la nature du groupe analysé : vraie communauté ou territoire de zombies !

Une des spécificités de Grytics : il vous fournit toutes les données sur une présentation Powerpoint à télécharger. Vous pouvez ensuite analyser les données tout à votre aise…

1. Analyse du groupe Facebook ou Linkedin

Grytics procède d’abord à une analyse générale du groupe : date de création, nombre de membres, de commentaires, de posts, etc.

Statistiques générales d’un groupe Linkedin

2. Analyse des posts ou billets publiés dans le groupe

Grytics procède ensuite à l’analyse des « posts » ou « articles » publiés dans le groupe.  Il en fournit le titre, l’URL, mais aussi le nombre d’engagements.  Une bonne façon de voir ce qui fonctionne dans ce groupe, les thèmes qui y sont populaires.  J’ai flouté les contenus pour des raisons évidentes de confidentialité…

Analyse des articles

3. Analyse des 5 derniers posts avec likes et commentaires

Grytics vous donne aussi une analyse des 5 derniers articles publiés dans le groupe ainsi que le nombre de likes et de commentaires qu’ils ont généré.

Articles avec likes et commentaires

4. Graphique de l’activité du groupe

Grytics résume l’activité du groupe Linkedin ou Facebook sous forme de graphique en camembert :

Graphique de l’activité du groupe

Il y résume le nombre de posts, de commentaires et de likes : une façon aisée de se rendre compte du dynamisme réel d’un groupe Facebook ou Linkedin.  Ou de son absence de vie…

5. Le taux d’engagement généré par les posts

Une des mesures les plus intéressantes de Grytics est sans doute la mesure du taux d’engagement généré par les articles publiés dans le groupe.

Taux d’engagement des articles

La vitalité de ce petit groupe Linkedin est vraiment étonnante : plus de 47 % des articles ont reçu un like et plus de 38 % ont été commentés.

6.  Distribution des posts et commentaires par mois, par jour et par heure

Grytics va très loin dans l’analyse de la distribution des articles et des commentaires dans les groupes Facebook et Linkedin puisqu’il vous propose des statistiques par mois, par jour et par heure.  Dans ce tableau, voici la distribution des billets par jour :

 

Distribution des articles par jour

 Manifestement, il vaut mieux publier les mardis et jeudis : c’est non seulement à cette période que le nombre d’articles est le plus élevé, mais aussi, et c’est important pour le taux d’engagement de vos propres articles : c’est là qu’il se récolte le plus grand nombre de commentaires par article.

7. Analyse du taux d’engagement des membres

Grytics analyse aussi le taux d’engagement des membres dans les groupes Linkedin ou Facebook.  Qui sont ceux qui ne participent pas ?  Combien sont ceux qui postent, qui commentent ou qui likent ?

Taux d’engagement des membres du groupe

Dans les médias sociaux, comme dans la vie de tous les jours, les leaders constituent une minorité.  Plus de 65 % des membres n’ont jamais rien publié, liké ou commenté.

En fin de présentation, Grytics liste même les membres les plus actifs sur trois diapositives :

  1. membres les plus engagés (top engaged members)
  2. membres qui postent le plus
  3. membres qui likent le plus

Je n’ai pas reproduit ces diapositives car elles affichent le nom et la photo des membres du groupe : je me voyais mal flouter tout ça et vous présenter des nuages de points insignifiants.

Conclusion : Grytics, un outil statistique fabuleux pour « déshabiller » les groupes Facebook et Linkedin

Après examen de ces diapositives Powerpoint générées par Grytics, il ne fait aucun doute : cette application est un outil unique et très performant pour analyser les groupes, que ce soit sur Facebook ou sur Linkedin.

Or, on sait à quel point pour un réseau social professionnel comme Linkedin, les groupes sont importants.  Ce sont eux qui créent la vraie dynamique du réseau.  C’est en participant à ces groupes que vous vous affirmerez en tant qu’expert dans votre domaine.

Grytics vous donne donc l’opportunité de choisir avec soin les groupes les plus performants.  Dans ma chronique radio sur BXFM, je comparais ce petit groupe Linkedin hyper-dynamique à une sorte de dinosaure de plus de 2470 membres morts-vivants.

Voici à titre d’exemple, les statistiques globales de ce groupe :

Statistiques d’un groupe-zombie

On y trouve 2470 membres (wouaouh !) mais seulement :

  • 79 posts (soit un de plus que dans le petit groupe de 76 membres)
  • 20 likes (pour 70 likes dans le petit groupe)
  • 13 commentaires (pour 99 commentaires dans le petit groupe)

Avec ces données, vous ne devriez plus hésiter et choisir le petit groupe hyper-actif de 76 membres et oublier définitivement le « grand » groupe de zombies qui compte 2470 morts-vivants…

Mais sans Grytics, quel groupe auriez-vous choisi ?  Franchement ?

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Communication Journalisme Médias sociaux

Ecrire pour la presse web : le mythe du toujours plus court

Au secours : les lecteurs ne lisent plus !  Il faut écrire de plus en plus court !  Les gens n’ont plus le temps de lire !
Il faut résumer !  La lecture à l’écran fatigue !  Le lecteur ne lira pas plus de 1500 signes ! 

Les rédactions sont comme obnubilées, voire obsédées par ce qui apparaît surtout comme un mythe : le mantra « toujours plus court ! »

(Suite de ma série sur l’écriture web, entamée avec les portes d’entrée de votre article.)

Lorsque j’écris pour la presse en ligne, j’entends ce mantra à longueur de journée : il faut écrire plus court !  Les gens n’ont plus le temps !  Il leur faut des textes courts !

Un rédacteur en chef me disait récemment que mes articles étaient trop longs : « le lecteur décroche !« 

Lorsque je lui demande quels sont les critères objectifs qui lui font dire que le lecteur décroche, il avoue : « je n’ai pas de moyen objectif de le démontrer, mais le lecteur doit décrocher après un article de 7.000 signes !« 

C’est évident !  Un lecteur DOIT décrocher avant la fin d’un article de 7.000 signes.   Mais il n’y a rien de plus trompeur que les évidences.

J’aime me baser sur des preuves.  Et donc, je pars à la chasse de ces « signes de décrochage » des lecteurs.

Je prends l’article le plus long de la série : 9.000 signes !  Un scandale par les temps qui courent…

Il se trouve que c’est le plus lu sur ce site web d’information depuis longtemps.  C’est aussi l’article  le plus cité par les confrères d’autres sites d’information.  Et c’est l’article le plus reproduit par les réseaux sociaux.  Or, les icones de partage de l’article sur les réseaux sociaux sont placés tout en bas de page (très mauvaise idée, soit-dit en passant).   Ce qui signifie que les lecteurs sont allés jusqu’au bout de la page, sinon de leur lecture…

L’article court : un mythe digital que rien n’étaie

Car cette obsession du toujours plus court n’est qu’un mythe !  Un mythe que rien n’étaie.

Celui qui en parle le mieux, pour moi, n’est pas un journaliste.  Alberto Cairo est un spécialiste de l’infographie et de la visualisation de données.  Mais  sa longue pratique des médias lui a appris quelques leçons.  Dans une interview pour Lab.radio.Canada, il précise ce « mythe du toujours plus court » :

« La vérité est que chaque lecteur est différent. Si tous les lecteurs étaient les mêmes, des publications comme The New Yorker, le National Geographic, The Atlantic, Harper’s, etc., cesseraient d’exister. »

Alberto Cairo précise que chaque lecteur est spécifique :  le « lecteur moyen », cet être mythique dont on nous rebat les oreilles dans les rédactions, n’existe pas.  Chaque lecteur montre un intérêt pour certains thèmes et pas pour d’autres.  Si c’est la politique internationale et l’économie qui l’intéressent, ill survolera à peine les articles qui parlent de sport et de produits cosmétiques.  Par contre, il lira en profondeur les articles qui traitent du positionnement de la Turquie au Moyen Orient et il appréciera qu’on lui apporte une information approfondie sur ce sujet.  C’est-à-dire un vrai contenu : de l’information inédite, certes,  mais aussi de l’analyse,  un point de vue de spécialiste ou de véritable témoin, un éclairage original, des liens internes et externes qui permettent d’aller plus loin, une infographie intelligente qui apporte un surcroît de compréhension, etc.

Rien n’est plus inutile que ces articles moyens, sans véritable contenu, trop longs pour le lecteur pressé et frustrants pour le lecteur intéressé qui souhaite un véritable traitement de l’information…

Une écriture multicouches

Comment remédier à cette situation ?  Alberto Cairo donne une fois de plus une partie de la solution :

« Quelle est la solution, alors? Les couches d’informations, et c’est ce que font les journalistes depuis longtemps : en premier lieu, présenter un résumé de votre histoire, un bon titre, et une introduction avec les faits les plus importants. »

Et donc présenter l’information selon un plan en entonnoir : un bon titre, un vrai chapô et un premier paragraphe qui reprenne les faits les plus importants.

Je reviendrai sur ces éléments – titre, chapô, mots-clés pertinents –  dans d’autres billets.  Ils sont essentiels pour une lecture non seulement par les humains, mais aussi par les robots qui sont votre premier public… (par ordre chronologique, bien entendu : in fine, c’est bien au lecteur humain qu’on s’adresse).

Sens de la lecture sur papier

Une mise en page structurée

Cette écriture multicouche doit être épaulée par une mise en page claire, structurée qui guide le lecteur.  Une titraille adaptée qui balise la page comme le ferait une signalisation intelligente en ville : vous savez toujours où vous êtes et quelle direction prendre pour vous rendre à votre destination !

Car, les rédacteurs ont raison au moins sur un point : on ne lit pas sur le web comme on lit sur papier.  L’internaute, comme l’explique le professeur  Thierry Baccino dans cet article de Télérama, ne lit pas de façon linéaire.

« Lorsque nous lisons un texte imprimé, explique Thierry Baccino, professeur de psychologie cognitive et maître des lieux, le mouvement oculaire est caractérisé par des fixations plus ou moins longues et de nombreux retours en arrière : on parle d’une lecture profonde et attentive. La lecture du Web, elle, n’est pas linéaire. C’est une lecture sélective de recherche d’information qui doit être rapide et efficace. »

Il faut donc en tenir compte et découper la page en « blocs » facilement identifiables.  En portions aisément reconnaissables par le lecteur.  Les intertitres et les photos doivent être placés de façon judicieuse afin que le lecteur sache d’un coup d’oeil ce que contient le paragraphe.

Sens de la lecture sur le web

Il peut donc « écrémer » la page et ne lire que les paragraphes dont les intertitres et les illustrations – photos, infographies, graphiques – ont retenu son attention et son intérêt.

A vous de lui faciliter la tâche en structurant votre page et en guidant votre lecteur avec une signalétique claire et adaptée.  Je reviendrai aussi bientôt sur l’importance de l’habillage pour un article web.

Et vous ?  quelle est votre expérience de l’écriture web ?

Marco Bertolini

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