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Comment concevoir un cours en ligne avec la pensée design

Il y a plus d’une façon de créer un cours en ligne.  Celle que j’utilise pour concevoir mes propres formation en e-learning ou mes formations mixtes (blended learning) est la « pensée design« .  Un mode de conception qui place l’utilisateur final au centre de la réflexion.

Cours gratuit pour les enseignants

Pour les enseignants confinés pour cause de pandémie, je propose un cours en ligne gratuit. Toutes les informations dans cet article : Cliquez ici.

Comment créer une formation en ligne qui correspond vraiment aux besoins des apprenants ?

La meilleure méthode que j’ai trouvée jusqu’à présent est inspirée de la pensée design ou design thinking, en anglais.

C’est une méthode que j’apprécie particulièrement car elle place l’utilisateur final – l’apprenant – au centre de la réflexion et du processus de création.

Pensée design : un mode de production centré sur l’utilisateur final

Tim Brown, dans son livre L’Esprit design: Comment le design thinking change l’entreprise et la stratégie propose un processus en trois étapes.  Pour la clarté de la méthode, je préfère vous la détailler en 5 étapes.

1. Définir la problématique de vos apprenants

La première chose à faire, c’est de définir la problématique de vos utilisateurs :

  • qu’est-ce qui leur pose problème ?
  • qu’est-ce qui constitue un obstacle ?
  • qu’est-ce qui les met mal à l’aise ?

En formation, cela se traduit par : à quelle situation, à quel déficit la formation doit-elle constituer une solution ?

Pour cela, j’utilise des techniques d’approfondissement du questionnement, comme la « méthode des 5 pourquoi » : cela permet de s’assurer qu’on se trouve bien au niveau des « causes » et non des « symptômes » ou des « conséquences« .

2. L’empathie : se synchroniser intellectuellement et émotionnellement avec ses apprenants

Penser comme quelqu’un d’autre ; ressentir comme quelqu’un d’autre, ce sont les démarches les plus difficiles au monde.

Et pourtant, ces démarches sont essentielles si on veut mettre en place un dispositif qui réponde à la fois au problème des personnes, mais aussi selon leur mode de fonctionnement et en utilisant le même langage qu’elles…

Mission impossible !  direz-vous ?

Encore une fois, c’est d’abord une question de méthode.  J’utilise ici des outils qui me permettent « d’entrer dans les chaussures » de mon public : la carte d’empathie de David Gray.

Dans ma formation Créez votre cours en ligne, je propose la « carte d’empathie de David Gray« .

C’est un quadrant découpé en plusieurs parties dans lesquelles je me pose des questions.  Celles que mon apprenant-type se pose : qu’est-ce qu’il ressent ?  Qu’est-ce qu’il voit ?  Qu’est-ce qu’il entend ?  Quels sont ses préjugés ?  Ses angoisses ?  etc.

Deux version de la carte d’empathie de David Gray

La carte d’empathie originale de David Gray

(dont vous voyez un modèle ci-dessous)

Mon interprétation de la carte d’empathie sous la forme d’une Mind Map

Cette carte mentale XMind est téléchargeable gratuitement sur Biggerplate.

Réinterprétation de la carte de David Gray sous forme de Mind Map

3. Idéation : générer le maximum d’idées de solutions de formation

En formation, cela veut dire rechercher le maximum d’activités, de ressources, d’exercices… qui répondront aux besoins de compétences et de connaissances de nos apprenants.

Pour ne pas se contenter des solutions toutes-faites, le prêt à penser des formateurs : Powerpoint + quizz ou vidéo + quizz…

Le mindmapping est un excellent outil pour associer les compétences que vous souhaitez que vos apprenants maîtrisent et les activités, ressources ou exercices correspondants.  Cette carte mentale XMind est téléchargeable sur Biggerplate.

Comprendre les lacunes de vos apprenants

On peut compléter cette recherche de solutions par la méthode SCAMPER et le jeu de cartes de brainstorming de Michael Michalko : Thinkpak: A Brainstorming Card Deck.

Ce jeu permet d’examiner un même item sous différents angles  : en le retournant, en prenant de la hauteur, en le recombinant avec un autre (c’est comme ça que j’ai inventé mon meilleur jeu de brise-glace, par exemple), etc.

4. Le test : vérifier ce qui fonctionne… ou pas dans votre formation en ligne !

Vous avez franchi tous les obstacles, complété toutes les étapes précédentes avec succès.  Vous êtes fier de votre bébé !

C’est légitime : mais ça ne suffit pas.

Pour vous assurer qu’il correspond vraiment :

  • aux besoins
  • aux attentes
  • aux formulations

de votre public, il vaut mieux le tester auprès d’un échantillon représentatif.  L’idéal étant de pouvoir tester sur différents périphériques :

  • ordinateur de bureau
  • ordinateur portable Mac, PC, Linux
  • tablettes Android ou iPad
  • smartphones Androoid ou iOS
Faites un test !

C’est là que vous vous apercevrez que :

  • ce qui vous paraissait extrêmement clair et structuré paraît obscur et confus à la majorité de vos apprenants
  • que le nouvel exercice que vous avez conçu ne « passe pas » auprès de votre public
  • que la navigabilité de votre plateforme pourrait franchement être améliorée
  • etc.

C’est l’occasion de réajuster le tir et de perfectionner votre instrument…

5. La mise sur le marché de votre cours en ligne : suivre les évolutions de vos apprenants et de leur environnement

Le test ultime de votre formation, c’est sa mise sur le marché.

Mais le processus ne s’arrête pas là !

Mettez votre formation sur le marché

Car nous vivons dans un monde qui évolue à une vitesse inédite dans toute l’histoire de l’humanité.  L’environnement professionnel de vos apprenants peut se modifier très rapidement.  De nouvelles technologies peuvent apparaître qui vont transformer leur façon de travailler et/ou d’apprendre.  De nouveaux produits ou services se mettent en place et forcent vos clients à se repositionner dans leur secteur.  Etc.

Vous devez donc être prêt à revoir constamment votre dispositif d’apprentissage, à le faire évoluer selon les besoins de vos apprenants.  De l’améliorer sans cesse sous peine de le voir devenir rapidement obsolète…

Conclusion : la pensée-design, une méthode centrée sur les besoins de vos apprenants, dans le temps

Ce que j’aime le plus dans cette pensée-design, c’est qu’elle place l’utilisateur final au centre de la réflexion, non seulement tout au long du processus de création de votre formation, mais même par la suite : quand votre formation est en  ligne et qu’elle fonctionne.

Vous vous adaptez aux changements que vivent vos apprenants pour leur offrir un service – une formation – qui correspond à leurs besoins au moment où ils apprennent.  Et vous vous assurez en même temps une certaine pérennité, car vous ne serez pas rapidement dépassé par un concurrent qui fait la même chose que vous.

En pratiquant cette pensée-design, vous concevrez des formations qui répondent réellement aux besoins de vos apprenants et vous conserverez une longueur d’avance…

Bon travail 🙂

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Curation : et si on parlait un peu stratégie ?

Trop de curateurs amateurs se jettent sur Scoop it ou Paper.li.  Et ils oublient le ba-ba de la curation : d’abord déterminer votre stratégie !

La curation est très en vogue en ce moment.  Tout le monde en fait ou presque.

Mais la curation, qu’est-ce que c’est ?

La curation, un métier vieux comme les musées !

A force de parler « curation » en association avec Internet, on en oublie qu’il s’agit en fait d’un vieux mot latin qui signifie « celui qui prend soin de« .

La curation, c’est le métier d’un « curateur » : en Belgique, on l’utilise souvent pour désigner une personne qui prend soin des actifs et passifs d’une société en faillite.  Mais aussi pour qualifier une personne qui, dans les musées ou les institutions culturelles, organise les expositions.

Dans ce cas, le curateur, c’est la personne qui :

  1. détermine le thème d’une exposition,
  2. cible les oeuvres qui méritent d’être vues
  3. les contextualise en les reliant entre elle mais aussi à leur auteur, à leur époque, etc.
  4. les partage avec le public en les mettant en scène

La curation sur Internet : c’est la même chose !

Trop d’articles sur la curation ne parlent que des outils, des plateformes : de l’aspect purement technique.

Or, l’essentiel dans la curation comme dans toute veille, se trouve ailleurs.  L’essentiel, c’est votre stratégie.  Trop de curateurs l’oublient.  Et donc, ils attirent peu d’abonnés.  Car ils ne remplissent pas leur fonction qui est de :

  1. déterminer le thème de leur veille
  2. cibler les informations qui valent la peine d’être lues ou vues
  3. les contextualiser en ajoutant leur point de vue et/ou en ajoutant des liens vers d’autres ressources
  4. les partager avec leur public, leur communauté, en les mettant en forme

Et donc, la curation, ce n’est pas glâner des trucs sur le Net au petit bonheur la chance et les rassembler dans l’espoir que des foules vont se déplacer pour visiter votre cabinet de curiosités.

La curation : l’arme mortelle de l’infobésité

La curation répond à un besoin crucial : la lutte contre l’infobésité.

Nous sommes tous submergés par un flux ininterrompu d’informations qui croît de jour en jour.  Vous croyez que j’exagère ?  Examinons un peu les chiffres.

Regardez  les premières minutes de cette vidéo de Brad Frost sur Youtube.  Elle est en anglais, mais les graphiques sont suffisamment éloquents.

Texte :

En 2012, 15 millions de livres ont été publiés aux Etats-Unis, soit 10 % des livres jamais publiés.

Photos :

  • 10 % de toutes les photos qui ont été prises depuis la création de la photographie, il y a 200 ans ont été prises en 2012.
  • 300 millions de photos postées sur Facebook chaque jour.

 Vidéos :

  • Sur Youtube, 72 heures de vidéo sont téléchargées chaque minute.
  • Les internautes y regardent l’équivalent de 4 milliards d’heures de vidéo chaque mois.
  • Netflix utilise 32,7 % de la bande passante totale d’Internet…

Blogs, sites et médias sociaux :

  • 571 sites web sont créés chaque minute
  • 347 blogs WordPress sont créés chaque minute
  • 27.778 posts sont créés sur Tumblr chaque minute
  • 500 millions de tweets sont envoyés chaque jour
  • 2,5 milliards de contenus (images, texte, liens) sont partagés chaque jour sur Facebook

Tout ceci contribue à la production de 667.000.000.000.000.000.000 hexabytes de contenus !

Mais ce déluge ne menace qu’une portion de l’humanité : seuls 2,5 milliards d’humains ont accès à Internet sur 7 milliards.  Cela veut dire que la grosse majorité, 4,5 milliards, n’ont pas accès à cette information du tout…

Partage inégal de l’accès à Internet

Etablir une stratégie pour échapper à l’infobésité

Le rôle de la curation, c’est justement de vous aider à échapper à tout ce bruit et à trouver l’info que vous cherchez et pas dix milliards d’autres.

Et donc, avant de vous ruer sur les outils, prenez le temps de la réflexion.  Et peut-être un crayon ou une feuille.

Dans le cas d’une veille, la première étape, c’est le ciblage de l’information.  Mais nous parlons de curation.  C’est-à-dire de partage de votre veille.

Si nous partions plutôt de votre public ?

Parce qu’après tout, l’objectif premier de la curation, c’est d’aider les membres de votre communauté à s’y retrouver dans le déluge de l’infobésité et de trouver LA bonne info qui les intéresse…

Qui est votre public ?  A quoi s’intéresse-t-il ?  Quels sont les thèmes, les secteurs de l’information qui l’intéressent ?  Quel sont les éléments susceptible de l’aider dans son travail, dans ses études, dans sa vie quotidienne ?  Ou tout simplement, quelle passion partage-t-il avec vous ?

Utilisez une carte d’empathie pour identifier les besoins de votre public

Au besoin aidez-vous d’une carte d’empathie.  En voici un modèle que j’ai réalisé avec Mindomo et que vous pouvez également voir en ligne en cliquant sur ce lien.

 

Carte d’empathie

De cette manière, vous pouvez mieux ressentir ce que fait votre public, ce qu’il pense,  la manière dont il s’exprime, etc.

Vous avez plus de chance d’identifier les bons thèmes.

Ensuite, cibler votre veille.  Quelles sont les bonnes sources d’informations ?  Les sites fiables, les blogs qui ne racontent pas n’importe quoi, les forums ou les groupes Linkedins où les professionnels s’expriment ?

Enfin, choisissez un outil de curation.

Mais attention !

Gardez à l’esprit votre objectif initial : éviter le bruit pour vos abonnés !

Je vois trop de Scoop it du type « trucs glânés sur le Web« , « ma collection de trucs« , etc.

Si vous procédez de cette façon-là, vous reproduisez à votre échelle ce que le web fait déjà à l’échelle planétaire : vous entretenez le bruit, vous noyez les informations intéressantes dans un brouhaha qui assourdit vos visiteurs.

Premier conseil : ciblez un ou deux mots-clés par topic

Déterminez un thème, un ou deux mots-clés, pas plus par « topic » comme on les appelle sur Scoop it.  Et consacrez-y les 99 % de votre curation.  Laissez un petit pourcent pour la sérendipité.  Il n’est pas mauvais de surprendre quelquefois ses visiteurs par un écart, par un coup de coeur qui n’est pas directement lié à votre topic.  Mais n’abusez pas de cette surprise, et surtout, n’ajoutez pas un article sur la nouvelle voiture de sport dans un Scoop it qui parle d’écologie et de développement durable.  Si vous pensez que j’exagère, faites un tour sur Scoop it et vous verrez que les surprises de ce genre ne manquent pas.

Deuxième conseil : évitez absolument le clic automatique sur tout ce qui bouge !

Je vois aussi trop de curateurs sur Scoop it qui cliquent systématiquement sur tout ce qui concerne leur discipline.  Encore une fois, le rôle de la curation, c’est bien d’orienter l’information pertinente vers vos abonnés.  Pas tout et n’importe quoi !

J’ai refusé des tonnes de suggestions de la part d’autres scoopiteurs parce que, désolé les gars, leurs articles n’étaient pas à la hauteur : syntaxe aproximative, orthographe inexistante, sujet mal compris, article inachevé ou d’une superficialité qui ferait passer Nabilla pour la fille d’Einstein…  et j’en passe, c’est un jour de bonté aujourd’hui, vous avez remarqué ?

Ce qu’attendent de vous vos abonnés, c’est une information de qualité.  Et donc,

Troisième conseil : lisez avant de partager !

 Je vois aussi des scoopiteurs qui cliquent sur tout ce qui concerne leur discipline sans avoir lu le contenu de ce qu’ils ont diffusé.  C’est manifeste.

Je me suis dit que j’allais un jour faire l’expérience : je publierai un titre hyper-sérieux avec un texte débile, constitué d’insultes et de phrases collées au hasard.  Et bien, je suis certain qu’un nombre non-négligeable de « curateurs » relaieront joyeusement « l’information« .

Il n’est pas toujours nécessaire de lire tout l’article avant de le relayer, mais une lecture en diagonale des titres, intertitres et mots principaux des paragraphes s’impose.  Au pire, lisez au moins le chapô.  Mais lisez, bon dieu !

Quatrième conseil : contextualisez, commentez, ajoutez de la valeur

Vous avez trouvé l’info du siècle qui va passionner vos abonnés ?  C’est très bien.

Mais allez-vous leur transmettre cette information brute ?  Ce serait dommage.

Ajoutez donc votre grain de sel : donnez votre point de vue sur cet article, sur le contenu de cette vidéo, sur la pertinence de cette infographie.  Commentez-la.  Replacez-la dans son contexte.  Ajoutez-y des liens pertinents.

C’est cela votre valeur ajoutée en tant que curateur : la bonne information avec le regard d’un professionnel.  Sinon, un agrégateur de flux RSS fera tout aussi bien l’affaire…

Non seulement vos abonnés apprécieront votre point de vue, mais vous gagnerez en notoriété : vous serez considéré comme un expert, capable de repérer la bonne information pour le bon public ; capable de la commenter, de la relativiser, de la contextualiser.

Et croyez-moi, des curateurs de cette qualité-là, ça ne court pas les avenues de l’information !

Conclusion : la curation c’est difficile et ça prend du temps

Eh non, on n’a rien sans rien.  Si vous voulez des followers ou des abonnés sur Scoop it ou Paper.li, il faut faire des efforts.  Il faut cibler son public, cibler son info, lire, parcourir des sites web, des médias sociaux, bouffer des kilomètres de texte et des dédales d’images pour publier, in fine, une portion infime de tout cela.  La partie qui en vaut la peine, la perle de l’information dans le fumier d’Internet.

Il faut y consacrer du temps, de l’énergie, de la passion.  Mais vos abonnés vous en seront reconnaissants 😉

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