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Chomage CV

Vous n’avez pas de diplôme ? Mais du savoir-faire ? Faites valider vos compétences !

Vous n’avez pas terminé vos études ?  Ou vous avez appris le carrelage sur le tas ?  Vous avez pratiqué la coiffure en noir ?

Mais vous n’avez pas de diplôme ?

Comment mettre tout ça sur un CV ?  Comment faire reconnaître ces compétences que vous avez apprise ailleurs qu’à l’école ?

Une bonne nouvelle : la validation des compétences !


En Belgique, depuis quelques années, il est possible de faire reconnaître des compétences que vous avez acquises autrement qu’à l’école.  Ou que vous n’avez pas eu l’occasion de faire vérifier par un examen ou un diplôme.  Pour la France, vous trouverez plus d’infos ici.

Pour quels métiers ?

Pratiquement, il existe un nombre croissant de métiers pour lesquels vous pouvez obtenir une reconnaissance officielle :

  • mécanicien automobile
  • employé des services commerciaux
  • aide-comptable
  • carreleur, coffreur, maçon, peintre en bâtiment
  • peintre industriel
  • électricien
  • technicien de scène de théâtre,
  • etc.

Vous trouverez la liste des métiers – mise à jour régulièrement – ici.

Comment ça se passe ?

C’est très simple : vous identifiez sur le site le métier qui correspond au vôtre.

Vous prenez contact avec un centre agréé – dont vous trouverez la liste sur cette page web.

Le responsable du stage vous fait remplir un formulaire, vous inscrit.  Lorsque la date de l’épreuve est fixée, vous vous rendez au centre et vous montrez ce que vous savez faire.  Par exemple, pour un maçon, on vous demande de monter un mur.  Pour un électricien, on vous fera faire un montage électrique.  Pas de théorie ou de blabla, ici : que de la pratique, du vrai, du concret !

Un jury, composé de professionnels et de formateurs du secteur, décide si vous avez réussi ou non.

Si vous avez réussi, on vous délivre un Titre de compétence : un document officiel qui confirme que vous maîtrisez votre métier.

Combien ça coûte ?

Rien !   Nada !   Shnoll !    C’est entièrement gratuit ! C’est pris en charge par le gouvernement.

Qu’est-ce que ça vaut ?

Un Titre de compétence n’est pas un diplôme, mais un document officiel qui certifie que vous êtes capable d’exercer un métier.

C’est ce qui intéresse vraiment une entreprise : savoir si, au moment où elle vous engage, vous êtes capable ou non de pratiquer ce qu’on vous demande.  En un mot, si vous êtes rentable !

Et le Titre de compétence est un titre officiel reconnu par la Région wallonne, la Communauté française et la Région de Bruxelles-Capitale.  Il est aussi reconnu par le Forem,  Bruxelles Formation, l’Enseignement de Promotion Sociale, l’IFAPME et le SFPME.

La validation des compétences vous fait gagner du temps : vous n’avez pas besoin de (re-)suivre une formation pour avoir un diplôme – vous passez directement l’épreuve et vous savez tout de suite si vous avez réussi ou non.

C’est confidentiel : l’inscription et les résultats vous sont communiqués  à vous et à personne d’autre.  Si vous réussissez ou si vous ratez, personne n’en saura rien, sauf si vous avez envie de fêter ça avec vos amis ou votre famille, bien entendu !

C’est tout le mal que je vous souhaite !

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Apprendre à apprendre Apprentissage précoce Bien-être formation Pédagogie

Combien de sens avons-nous ? (2)

Quels autres nouveaux sens les physiologistes nous ont-ils répertoriés ? 

Après la proprioception et l’equilibroception que nous avons rencontrés récemment, voici les autres sens qui  nous relient au monde et participent à notre conscience de la réalité. (Cliquez sur la carte pour en obtenir une copie PDF).

 

La thermoception ou perception de la température

La thermoception ou perception de la température est l’un des sens les plus disputés aujourd’hui.  En effet, les spécialistes ne s’accordent pas toujours sur la définition à cause de la différence de perception entre la température extérieure du corps et celle de l’intérieur qui ne font pas appel aux mêmes récepteurs.  Les récepteurs internes permettent non seulement de connaître la température de notre corps, mais surtout de maintenir une température constante (homéostasie).  Nous connaissons tous l’effet des locaux surchauffés ou mal aérés sur l’étude : la somnolence, la perte de concentration… Le froid réveille jusqu’à un certain point au-delà duquel les membres s’engourdissent et l’énergie disponible servira surtout à rétablir une température corporelle supportable…  La perception de la chaleur et la résistance aux températures extrêmes varient énormément d’un individu à l’autre.  Nous connaissons tous des personnes frileuses, toujours occupées à augmenter le chauffage et à enfiler 4 couches de chemises, pull-over, etc.  tandis que d’autres se baladent en t-shirts été comme hiver…

La nociception ou perception de la douleur

La nociception ou perception de la douleur est fondamentale pour l’apprentissage.  L’apprentissage « naturel » commun aux humains et aux animaux dans la nature est fait d’essais et d’erreurs (c’est une des raisons qui me font bondir quand je vois comment on stigmatise l’erreur dans l’enseignement traditionnel).  Dans ces essais et erreurs, l’expérience de la douleur est une notion fondamentale de l’apprentissage : celle du danger et, par corrélation, celle de la préservation de l’intégrité corporelle de l’individu (et par extension, la survie de l’espèce).  C’est donc une expérience proche de celle de la perception de la faim/satiété, tout au moins dans ses finalités : protéger le corps de la destruction en nous prévenant d’une menace.  Une coupure, qui peut nous vider de notre sang si nous n’y prenons pas garde.  Une brulûre qui peut endommager un membre.  Un écrasement, etc.

 

En apprentissage, nous découvrons très tôt, enfants, que nous ne pouvons pas toucher le feu, que les lames coupent, que les aiguïlles piquent, etc.  C’est aussi un apprentissage fondamental des limites.

Nous savons tous qu’un mal de tête ou toute autre douleur peut perturber notre concentration.  A contrario, se concentrer sur autre chose peut nous aider à oublier ou à atténuer la sensation de la douleur.  L’hypnose peut même nous ôter toute sensation de douleur, au point de se substituer à l’anesthésie chez les patients réceptifs.  Ce qui prouve bien le rôle du cerveau et de la conscience dans la nociception.

Les antalgiques (médicaments antidouleurs) et autres sédatifs peuvent évidemment calmer cette sensation de douleur, malheureusement, ils ont souvent une facheuse tendance à provoquer la somnolence et la perte de concentration.  Pas très bienvenu en période d’examen…

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Recherche d'emploi

Formation à la recherche d’emploi gratuite à Verviers

Vous êtes à la recherche d’un emploi ?  Vous habitez Verviers ou sa région ?

Alors cette formation est faite pour vous !

J’animerai pour la Sodie une formation en recherche d’emploi avec coaching individuel du 4 octobre au 12 décembre 2010.

Je vous donne rendez-vous les 9 ou 24 septembre à 10  heures à l’asbl EPI, rue de Franchimont, 5 à 4800 VERVIERS pour vous en dire plus sur ce que nous allons faire ensemble.

En voici déjà un aperçu (cliquez sur le lien pour voir le genre de choses que l’on fait en atelier)

Ateliers en groupe :

  • Accueil et dynamique de groupe
  • Bilan de compétences
  • Mon projet professionnel
  • Ma lettre de motivation
  • Mon CV
  • Organiser ma recherche
  • Gérer mon stress et mes émotions
  • Chercher un job sur Internet
  • Trouver un stage
  • Comprendre mon contrat de travail
  • Mes entretiens d’embauche : préparation et entrainement
  • M’intégrer dans ma nouvelle entreprise
  • Etc.

Stage :

  • 152 heures sur 4 semaines
  • Dans l’entreprise de mon choix
  • En cohérence avec mon projet professionnel

Coaching individuel

  • Séances de coaching individuel avec un coach professionnel
  • Entretien sur mes besoins spécifiques
  • Conseils personnalisés tout au long de ma recherche d’emploi

Convention avec le Forem

  • Inscription et participation gratuite
  • Indemnité de formation d’un euro de  l’heure
  • Indemnité de déplacement
  • Intervention dans les frais de garderie ou de crèche

Inscriptions et information :

SODIE

04/220.02.90

mailto : info@sodie.be

www.sodie.be

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Jeunes Recherche d'emploi Stratégie

Construisez un CV gagnant avec le Mind Mapping – Phase 3

A présent, vous avez mentionné toutes les compétences professionnelles correspondant à celles de l’emploi que vous visez.  Il est temps maintenant de dire comment vous avez acquis ces compétences.  Nous abordons à présent la rubrique : Expérience professionnelle.

Une fois de plus, posons-nous la question : qu’est-ce qui intéresse le recruteur ou le future employeur  ?

Il sait qui vous êtes (du moins comment vous vous appelez, où vous habitez et comment vous joindre) et il sait que vous possédez au moins plusieurs des compétences dont il a besoin, si pas toutes.

Comment avez-vous acquis vos compétences ?

Il veut à présent savoir où et comment vous avez acquis ces compétences : si vous postulez dans une multinationale et que, jusqu’ici vous n’avez travaillé que dans une PME, vous diminuez vos chances de décrocher cet emploi.

Pourquoi ?  Parce qu’un emploi, ce n’est pas qu’une question de compétences techniques, mais aussi de contexte, de conditions de travail, de relations avec vos collègues et votre hiérarchie.

Dans une PME de type familial, vous connaissez tout le monde, il y a de fortes chances pour que tout le monde se tutoie et que vous appeliez le patron par son prénom.  Dans une multinationale, vous connaissez sans doute moins de 1 % du personnel et les relations hiérarchiques sont très marquées.

Ces différences changent tout le contexte et aussi le type de relations que vous entretenez avec les personnes qui vous entourent (huit heures par jour, voire plus…).

L’employeur veut vérifier si vos compétences sont récentes ou si elles ont été utilisées récemment : si vous ne parlez plus anglais depuis 12 ans ou si vous n’avez plus touché un clavier d’ordinateur depuis 10 ans, il y a de fortes chances que ces compétences soit un peu dépassées, vous ne croyez pas ?  L’employeur, lui, n’en doutera pas une seconde !

Même si vous avez 12 ans d’expérience mais que vous n’avez plus pratiqué depuis 5 ans, vous avez moins de chances d’avoir ce poste que quelqu’un qui n’a que 5 ans d’expérience, mais qui a pratiqué jusqu’à la semaine dernière (j’exagère, mais c’est pour l’exemple…).

Ce qui l’intéresse aussi, (et peut-être surtout), c’est de savoir ce que vous avez vraiment fait : soyez donc le plus précis possible.  Ne dites pas : j’ai été soudeur chez X.  Mais plutôt : soudeur, chez X, j’ai réalisé des soudures à l’arc avec électrodes non fusibles en atelier, j’ai effectué du soudage oxyacétylénique lors de réparation d’installations techniques à Y, etc.  Il faut que la personne qui lit votre CV puisse visionner, dans sa tête, le film de vos expériences professionnelles.

Parlez aussi de vos résultats 

si vous étiez vendeur ou si on vous avait assigné des objectifs dans votre emploi précédent – et que vous les avez atteints, voire dépassés : dites-le !  C’est important de savoir que vous étiez le meilleur vendeur, l’assistante la mieux organisée, le programmeur le plus rapide ou celui à qui on confiait les tâches les plus complexes !

Votre rubrique Expérience professionnelle doit donc comporter les éléments suivants :

Votre expérience professionnelle

Le titre de la rubrique

Si vous optez pour « Expérience professionnelle« , laissez l’expression au singulier.  Cela donne une impression d’unité, de cohésion.  Si vous le mettez au pluriel « Expériences professionnelles« , cela peut laisser penser que vous avez vécu des expériences disparates, sans lien entre elles.  Même si nous vivons dans un monde en perpétuel changement, avec des réajustements de carrière permanents, de nombreux recruteurs conservent des préjugés tenaces contre les carrières « éclatées ».  De trop nombreuses expériences dans des domaines divers sont souvent interprétées comme de l’instabilité.

Si vous ne voulez pas employer cette expression qui vous parait trop banale, essayez de rester simple.  J’ai vu dernièrement un CV dans lequel le candidat avait pris pour titre « Synthèse de carrière« .  Si vous n’avez pas au moins quinze ans de boutique à un niveau de cadre supérieur, laissez ce genre d’expression à d’autres…  A moins que vous ne vouliez trimballer une réputation de prétentieux pour le reste de votre carrière, avec ou sans synthèse…

Les dates

Comme pour le reste du CV, présentez votre expérience professionnelle de manière antichronologique, c’est-à-dire de la plus récente à la plus ancienne Il n’est pas nécessaire de détailler la date au jour près, surtout si vous avez une longue expérience, vous pouvez avoir oublié certaines dates… Mais dans la mesure du possible, mentionnez le mois et l’année.  Sauf si vous n’avez pas envie d’insister sur une période de travail très courte (surtout pour les jeunes qui n’ont pas beaucoup d’expérience).  Mais sachez qu’une période imprécise peut attirer l’attention et vous valoir des questions un peu délicates lors de l’entretien d’embauche…

Faites attention de ne pas mentir sur vos années d’expérience : les employeurs utilisent de plus en plus l’email et le téléphone pour s’informer auprès de leur collègues.  Vous risquez d’en faire les frais.

Attention aussi de ne pas avoir de périodes qui se recouvrent : travaillé chez Tartempion jusqu’au 15 juillet et commencé chez Dupuis le 15 juin de la même année, c’est suspect, sauf si vous travailliez à temps partiel…

Pour plus de sûreté, faites relire votre CV par quelqu’un qui ne le connaît pas…

La fonction

Spécifiez votre fonction exacte : aide-comptable, assistante de direction, ouvrier mécanicien, plombier-chauffagiste, prothésiste dentaire, etc.  Encore une fois, la précision aidera votre interlocuteur à se faire une idée précise de ce que vous avez réalisé.

L’entreprise

Ici aussi, soyez précis et complet  : si vous avez été vendeuse dans une grande surface franchisée, il vaut mieux donner le nom du distributeur (par exemple, Traffic ou Aldi ou Champion) et le nom de la société ou de l’employeur franchisé : SPRL Neveu ou SARL Dupond.  Si vous avez sufisamment d’espace, mentionnez l’adresse complète, mais donnez au minimum la ville où vous travailliez.  Cela donne une idée du type d’environnement (grande ville, métropole, petite ville de province, milieu rural, etc.).

La description des tâches et des responsabilités

Ici aussi, il faut être très clair et très complet.  Imaginez que la personne qui lira votre CV ne connaît rien à votre métier ni au poste que vous occupiez.  Il faut donc tout lui dire… en peu de mots !

Décrivez les tâches essentielles : aidez-vous du mind mapping pour décomposer ce que vous faisiez.  Par exemple, notre aide-comptable a travaillé dernièrement dans le service du personnel d’une entreprise moyenne.  Voici ce que cela donne : (cliquez sur l’image pour accéder au PDF).

Détails du CV de comptable – expérience professionnelle

Faites la même chose pour toutes vos expériences passées.  Au besoin, faites une nouvelle mind map avec pour centre le titre de la rubrique : Expérience professionnelle et prenez une nouvelle branche pour chacune des expériences.  (Cliquez sur l’image pour accéder au PDF).

Experience professionnelle

Vous pouvez télécharger le PDF en cliquant sur l’image.  Vous pouvez ensuite le compléter à la main.  Vous pouvez aussi vous en inspirer pour créer votre propre mind map manuelle ou sur un logiciel de mind mapping.

Les résultats

Peu de candidats utilisent cette rubrique, et pourtant, Dieu sait si elle intéresse un employeur potentiel : vous avez été aide-comptable dans une entreprise moyenne de Charleroi.  OK.  Mais étiez-vous bon ?  Etiez-vous vraiment à la hauteur de ce qu’on vous demandait ?  Qu’avez-vous accompli ?

Ici, j’ai ajouté deux résultats qu’il me paraissait intéressant de signaler :

  • implémentation d’un nouveau système d’encodage des données : cela prouve que vous avez le sens de l’initative, que vous pouvez proposer des innovations intéressantes pour votre entreprise
  • 150 dossiers d’employés traités par mois : le volume de travail que vous êtes capable d’effectuer est aussi un indicateur important pour un employeur.  Vous pouvez être comme certains employés : extrêmement méticuleux et donc très lent dans votre travail.  Ou au contraire, être très rapide, mais plutôt négligeant et vite content du résultat.

Encore une fois, tout est dans la manière de présenter les choses.   Mais mieux vous vous connaissez, plus vous avez réfléchi sur vos expériences passées, plus vous vous donnez de chances de décrocher un nouveau job qui vous correspond.   C’est pour cela que vous êtes là, non ?

A ce stade, votre CV devrait ressembler à ceci :

Votre CV !

Vous voulez essayer ?  Téléchargez gratuitement une version d’essai du logiciel en cliquant sur le logo ci-dessous :

A suivre…

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CV Recherche d'emploi Stratégie

Construisez un CV gagnant avec le Mind Mapping – Phase 2

Mon CV avec DropMind

Suite de mon article d’hier sur la construction d’un CV avec le mind mapping et le logiciel DropMind en particulier…

Cliquez sur l’image ci-contre pour lire le premier article de cette série…

Nous avons terminé la partie « fiche signalétique », qui est l’équivalent d’une poignée de main suivie d’une courte présentation, ce que nous ferions en nous présentant à une personne que nous ne connaissons pas, dans un cadre un peu formel ou officiel…

Posons-nous de nouveau la question : à ce stade, qu’est-ce qui intéresse l’employeur ou le recruteur ?  Que désire-t-il savoir ?

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La Formation Recherche emploi – Sodie de Charleroi : Bilan de compétences

Nos 12 Carolos travaillent…  Ils ont même l’air heureux !   

   

Aujourd’hui, on attaque la première grande étape du parcours : le bilan de compétences.   

Impossible de trouver le job de vos rêves si vous ne vous connaissez pas :  Quelles sont mes qualités ?  Quelles sont mes compétences ?  Quels sont mes goûts ?  Qu’est-ce que j’aime vraiment faire ?  Qu’est-ce que je n’aime pas faire ?  Qu’est-ce que j’aurais aimé faire ?   

La matinée commence par une présentation sur iMindMap de l’utilisation des mind maps : comment ça fonctionne, à quoi ça sert et comment les utiliser pendant cette formation…   

D’abord, c’est le choc culturel ! Ces trucs colorés, pleins de petits dessins et de branches qui partent dans tous les sens ! Ca ressemble tellement peu à ce qu’on a fait à l’école !  Quand on leur a parlé de formation, ils ne s’attendaient pas à ça : ils pensaient écrire, devoirs, etc.   

Ici, on a un seul but : trouver l’EMPLOI QUI NOUS CONVIENT ! Tout le reste est mis au service de cet objectif…  

Et voici une  première mind map qui explique la différence entre qualités et compétences.  

   

  

Les qualités sont de l’ordre de l’être ; je suis beau, intelligent, ponctuel, rapide, travailleur, courageux.Les compétences sont de l’ordre du faire : je sais faire ; je sais repeindre un plafond au rouleau, je sais taper un texte en dactylo.  

Les qualités sont permanentes : on est beau ou rapide toute sa vie ou en tout cas, longtemps et (presque) en toutes circonstances.  

 Les compétences sont circonstancielles :  je peux repeindre un plafond au rouleau avec une échelle, 5m carrés à l’heure ; je peux taper une lettre commerciale avec Word 2003 en 5 minutes…  Et avec Word 2007 ?  Non, je n’ai pas appris ce programme. Les circonstances ont changé et donc mes compétences ne sont plus à jour.  

 Les participants ont mis la main à la pâte : ils ont dessiné leur première mind map sur les qualités : quelles sont celles qu’ils connaissent ?  Où sont-elles le plus utile : dans la vie privée ? au travail ? les deux ?  

   

 C’est une première : et c’est une réussite !  

 Le groupe a très vite compris le principe et les premières branches fleurissent vite d’idées.  

   

   

Bon, les qualités, c’était relativement facile : qu’en est-il des compétences ? Les participants s’y remettent et on sent que les neurones s’agitent, que la matière grise chauffe.  

 Le formateur est ravi.  La deuxième mind map est déjà plus complexe, les participants vont déjà plus loin dans la complexité et la profondeur.  Ils ont déjà assimilé la technique.  

 Enza nous présente les compétences de son groupe :  

   

 Puisque ça marche si bien, on pousse encore un peu plus loin : on va réaliser tout le bilan sur mind map.  Tout y passe : les études, l’expérience professionnelle, les qualités et compétences que l’on a vues juste avant et puis les goûts.  

 Voici le résultat de cette matinée de travail pour Ikram et Aysenur :  

   

 Impressionnant le niveau de complexité auquel les participants sont parvenus en deux matinées !  

 Demain, on passe à la seconde étape cruciale de leur parcours : la définition de leur objectif professionnel !  

   

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formation Jeunes

Jeunes, informatique et entreprise : un décalage croissant entre offre et demande des compétences (2)

Dans l’article précédent, nous avons vu que les jeunes étaient loin d’être tous aussi connectés que ne le pensent généralement les adultes.  Aujourd’hui, nous allons continuer l’exploration de l’étude de la Fondation Travail Université et voir plus en détail quelles sont les disparités entre les pratiques des jeunes sur Internet et, surtout, quel est le décalage existant entre les compétences réelles des jeunes et les attentes des acteurs institutionnels : écoles, aide à la jeunesse et entreprises.

La génération des natifs numériques

Les 16-25 ans forment la première génération née dans le “tout numérique”.  Ils se sont massivement appropriés les nouvelles technologies et certains auteurs les considèrent même comme “hypercommuniquants”, en référence à leur consommation vorace de SMS, MMS, mails, MSN, Google et autres médias sociaux…

Ce phénomène a d’ailleurs attiré l’attention du public et des autorités sur deux dimensions des pratiques numériques de jeunes : d’une part, leur aisance apparemment “naturelle” à évoluer dans un univers mouvant et pluridimensionnel (les “screenagers”), d’autre part sur les dangers supposés (surconsommation, harcèlement, danger d’assuétude aux jeux, etc.) engendrés par une présence quasi-continue en ligne.

Les études concernent surtout les adolescents de 11-18 ans, avec une relative imprécision sur les âges et prennent rarement en compte le statut économique et social des jeunes : on les considère comme des adolescents prolongés sans envisager la transition entre les études et la vie professionnelle.

Cette manière de voir engendre également un biais de taille : en dépeignant la génération des “natifs numériques” comme une masse uniforme de jeunes prodiges des médias, on oublie toute une frange de la population qui vit une réelle exclusion de cet univers numérique.

Mais il est vrai que cette fracture numérique est plus subtile et moins apparente chez les jeunes que chez les adultes.  Ce qui fait la différence se mesure moins en termes d’accès à Internet qu’en termes de pratiques.  Pour pouvoir comprendre ces nuances, il faut distinguer la qualité de l’accès, la forme de l’engagement et les modes d’usage.

Un jeune qui possède une connexion à haut débit dans sa chambre a un autre rapport à Internet qu’un de ses copains qui emprunte l’ordinateur d’un parent ou fréquente un cybercafé… L’utilisation pertinente et maitrisée des TIC suppose qu’on possède des connaissances et compétences cognitives qui ne vont pas de soi.  Les inégalités numériques se superposent alors à des inégalités plus classiques :  sociales, économiques, culturelles.

Une autre inégalité plus subtile encore est que leurs pratiques limitées d’Internet peut les laisser pour compte sur le marché de l’emploi alors qu’ils sont parfaitement insérés socialement…

Cette complexité de la fracture numérique chez les jeunes entraîne les auteurs à parler davantage de “zones de fracture numérique”.

Du côté des acteurs de terrain, on constate que la fracture numérique des jeunes ne fait pas partie des priorités.  Les jeunes totalement offline étant rarissimes, les situations de fracture numériques sont subtiles et concernent très peu de jeunes à la fois : on parle de “situation de quasi-déconnexion”.

Les facteurs de ces situations sont nombreux et varient selon les individus, mais on peut toutefois dégager des tendances lourdes :

  • déconnexion de parents,
  • problèmes familiaux,
  • marginalisation,
  • qualité ou organisation du logement,
  • handicap physique ou mental,
  • barrières culturelles,
  • mise à l’écart de la société (hôpital, prison, etc.).

Ces situations n’expliquent pas tout, car certains jeunes les vivent tout en étant pleinement connectés…  On est donc loin d’un fantasme de déterminisme social…  Si la pauvreté joue un certain rôle, les structures familiales, le niveau d’éducation et le milieu culturel pèsent davantage sur l’e-exclusion des jeunes.

Usage, non-usage et déconnexion

Lorsqu’on examine les usages d’Internet des jeunes, un constat s’impose : la majorité d’entre eux se limitent aux pratiques de base : communication via messagerie instantanée, emails ou téléchargement de films ou de musique.  L’utilisation de services commerciaux et/ou administratifs est nettement plus faible.

Autre surprise : si les services de bases sont utilisés partout à la même fréquence, il existe une forte disparité régionale dans l’utilisation des services spécialisés :

  • lecture de journaux en ligne : 24% en Flandre, 21% à Bruxelles, 14% en Wallonie
  • envoi et réception de courrier électronique : 91% en Flandre, 82% à Bruxelles, 76% en Wallonie
  • recherche d’information sur les biens et services : 76% en Flandre, 57% à Bruxelles, 58% en Wallonie

Mauvaise nouvelle pour la presse : alors que le format papier connait une chute vertigineuse de ses ventes, la relève numérique est loin d’être assurée…

La comparaison avec les pays voisins est encore plus marquée.

Les jeunes Belges achètent peu sur Internet : 70 % des filles de 16-25 ans n’ont jamais rien acheté en ligne pour 64% des garçons…  Soit un total de 67%, comparé aux 25% des Allemands, 44% des Français, 41% des Luxembourgeois ou 27% des Néerlandais.  Voilà qui relativise également nos idées sur le marketing on line…

Une enquête de la Jeugd Onderzoeks Platform de 2006 montre que l’activité Internet des 16-24 ans se concentre essentiellement sur 4 “fonctions” :

  • la détente (téléchargement de musique et vidéo, jeux, blogs, etc.) qui concerne surtout les garçons les plus jeunes ou les moins qualifiés;
  • l‘information (sites culturels, presse en ligne, sites touristiques, de sports, de variété, etc.)  qui est le fait des garçons les plus âgés, les mieux instruits et dont les parents travaillent;
  • la communication (messagerie classique et instantanée, téléchargement musique et vidéo, etc.) est préférée par les plus jeunes, au niveau d’instruction plus faible, dont les parents travaillent;
  • la commerciale (enchères, vente et achat en ligne, sites bancaires, recherche d’emploi, etc.)  est associée à une conjonction de facteurs  : âge, niveau d’instruction du jeune et de ses parents.

Les compétences numériques des jeunes

Une des idées reçues les plus bousculées par ces enquête est la conviction que les jeunes ont un niveau élevé de familiarité avec les NTIC et Internet en particulier.

L’enquête révèle que 36% à peine des jeunes interrogés sont capables de réaliser des tâches élémentaires sur Internet !!!

Ici aussi les disparités régionales sont très marquées mais, souvent à l’avantage des jeunes wallons :

  • gérer un blog personnel : Wallons 35%, Bruxellois 19%, Flamands, 11%;
  • protéger son ordinateur contre les virus : Wallons 46%, Bruxellois 45%, Flamands 36%;
  • poster un message sur un chatroom ou un forum : wallons 65%, Bruxellois 56%, Flamands 45%;
  • échanger des fichiers en P2P (films, musiques, jeux…) : Wallons 37%, Bruxellois 30%; Flamands 22%.

Ce qui relativise pour le moins l’image du jeune passant ses journées à pirater des films ou de la musique !!!

Si on compare les compétences des jeunes 16-24 ans avec celles des autres tranches d’âge, les jeunes sont à peine plus performants que les 25-34 ans pour l’ensemble des tâches de base sur Internet.  La différence se marque surtout pour le chat, l’échange de fichiers et les blogs, toutes activités très connotées “jeunes”.

Une fraction importante des jeunes estime que leurs capacités informatiques sont insuffisantes pour affronter les exigences du marché de l’emploi : 33%.

Beaucoup  déclarent aussi avoir acquis leurs compétences informatiques dans des réseaux informels plutôt qu’à l’école ou dans des centres de formation.  Les disparités régionales sont également très importantes à cet égard, puisque 70% des jeunes Flamands affirment avoir appris l’informatique à l’école, contre 54% des Wallons et 41% des Bruxellois.  Cette différence pourrait s’expliquer par la meilleure intégration de l’informatique à l’école en Flandre et au décrochage scolaire important en Wallonie…

On peut dire, pour résumer, que ce qui distingue les pratiques Internet des jeunes de celles des adultes, est l’importance de l’affirmation identitaire et de la socialisation, à travers médias sociaux et autres messageries.

Ils sont également beaucoup plus à même de réguler leur présence en ligne que l’on ne le croit généralement.  Ainsi, chez les 16-19 ans l’abandon volontaire d’Internet représente la moitié des situations de non-connexion…

Mais si les jeunes réalisent leurs recherches sur Internet plus rapidement que leurs aînés, ils consacrent aussi beaucoup moins de temps à vérifier et critiquer l’information récoltée. Ils recherchent plutôt des réponses spécifiques qu’une interprétation de l’information.

Les conclusions des observateurs sont préoccupantes : ils estiment que l’élargissement des capacités techologiques ne va pas de pair avec une meilleure maîtrise de l’information.  Il leur manque le “bagage critique nécessaire pour interpréter, comprendre, évaluer et gérer cette information”.

Un autre problème détecté est que les normes utilisées pour mesurer les compétences Internet des jeunes sont en décalage avec leurs pratiques.

La formation est aussi en décalage avec les attentes des jeunes : celles-ci sont souvent proposées en groupe alors que les jeunes considèrent l’informatique comme une activité individuelle.  Pour eux, c’est d’abord une expression de soi, comme l’écriture pour leurs aînés…

Plus grave, les acteurs de terrain estiment que l’école et les institutions responsables du bien-être des jeunes ont une perception faussée des compétences réelles des jeunes en matière de nouvelles technologies et donc formulent des attentes disproportionnées ou décalées à leur égard. Les travailleurs de l’aide à la jeunesse sont eux-mêmes peu formés à ces techniques.

Il manque donc une passerelle entre les jeunes, l’école, les institutions et le monde du travail. Des jeunes hypercompétents dans des jeux en ligne sont complètement démunis devant un formulaire d’une agence d’interim ou un horaire de transport en commun.  Les concepteurs de sites ne tiennent pas compte de ces spécificités du public jeune et passent donc à côté de réelles opportunités de communication.

Conclusion

Il vaut sans doute mieux parler de décalage que d’exclusion d’Internet des jeunes.  Décalage entre leur culture et leurs pratiques et les attentes des écoles, des institutions et des entreprises.

Les jeunes en quasi-déconnexion se caractérisent surtout par un usage limité d’Internet.  Ils ne sont pas capables de sortir de cet univers “e-culturel” et de franchir le chemin vers la société de l’information qui résulte de choix économiques et politiques.

Demain : dernière partie de cet article, Les mesures à envisager pour réduire ces zones de fracture numérique des jeunes.

La génération des natifs numériques

Les 16-25 ans forment la première génération née dans le “tout numérique”.  Ils se sont massivement approprié les nouvelles technologies et certains auteurs les considèrent même comme “hypercommuniquants”, en référence à leur consommation vorace de SMS, MMS, mails, MSN; Google et autres médias sociaux…

Ce phénomène a d’ailleurs attiré l’attention du public et des autorités sur deux dimensions des pratiques numériques de jeunes : d’une part, leur aisance apparemment “naturelle” à évoluer dans un univers mouvant et pluridimensionnel (les “screenagers”), d’autre part sur les dangers supposés (surconsommation, harcèlement, danger d’assuétude aux jeux, etc.) engendrés par une présence quasi-continue en ligne.

Les études concernent surtout les adolescents de 11-18 ans, avec une relative imprécision sur les âges et prennent rarement en compte le statut économique et social des jeunes : on les considère comme des adolescents prolongés sans envisager la transition entre les études et la vie professionnelle.

Cette manière de voir engendre également un biais de taille : en dépeignant la génération des “natifs numériques” comme une masse uniforme de jeunes prodiges des médias, on oublie toute une frange de la population qui vit une réelle exclusion de cet univers numérique.

Mais il est vrai que cette fracture numérique est plus subtile et moins apparente chez les jeunes que chez les adultes.  Ce qui fait la différence se mesure moins en termes d’accès à Internet qu’en termes de pratiques.  Pour pouvoir comprendre ces nuances, il faut distinguer la qualité de l’accès, la forme de l’engagement et les modes d’usage.

Un jeune qui possède une connexion à haut débit dans sa chambre a un autre rapport à Internet qu’un de ses copains qui emprunte l’ordinateur d’un parent ou fréquente un cybercafé… L’utilisation pertinente et maitrisée des TIC suppose qu’on possède des connaissances et compétences cognitives qui ne vont pas de soi.  Les inégalités numériques se superposent alors à des inégalités plus classiques :  sociales, économiques, culturelles.

Une autre inégalité plus subtile encore est que leurs pratiques limitées d’Internet peut les laisser pour compte sur le marché de l’emploi alors qu’ils sont parfaitement insérés socialement…

Cette complexité de la fracture numérique chez les jeunes entraîne les auteurs à parler davantage de “zones de fracture numérique”.

Du côté des acteurs de terrain, on constate que la fracture numérique des jeunes ne fait pas partie des priorités.  Les jeunes totalement offline étant rarissimes, les situations de fracture numériques sont subtiles et concernent très peu de jeunes à la fois : on parle de “situation de quasi-déconnexion”.

Les facteurs de ces situations sont nombreux et varient selon les individus, mais on peut toutefois dégager des tendances lourdes :

déconnexion de parents,

problèmes familiaux,

marginalisation,

qualité ou organisation du logement,

handicap physique ou mental,

barrières culturelles,

mise à l’écart de la société (hôpital, prison, etc.).

Ces situations n’expliquent pas tout, car certains jeunes les vivent tout en étant pleinement connectés…  On est donc loin d’un fantasme de déterminisme social…  Si la pauvreté joue un certain rôle, les structures familiales, le niveau d’éducation et le milieu culturel pèsent davantage sur l’e-exclusion des jeunes.

Usage, non-usage et déconnexion

Lorsqu’on examine les usages d’Internet des jeunes, un constat s’impose : la majorité d’entre eux se limitent aux pratiques de base : communication via messagerie instantanée, emails ou téléchargement de films ou de musique.  L’utilisation de services commerciaux et/ou administratifs est nettement plus faible.

Autre surprise : si les services de bases sont utilisés partout à la même fréquence, il existe une forte disparité régionale dans l’utilisation des services spécialisés :

lecture de journaux en ligne : 24% en Flandre, 21% à Bruxelles, 14% en Wallonie.

envoi et réception de courrier électronique : 91% en Flandre, 82% à Bruxelles, 76% en Wallonie

recherche d’information sur les biens et services : 76% en Flandre, 57% à Bruxelles, 58% en Wallonie

Mauvaise nouvelle pour la presse : alors que le format papier connait une chute vertigineuse de ses ventes, la relève numérique est loin d’être assurée…

La comparaison avec les pays voisins est encore plus marquée.

Les jeunes Belges achètent peu sur Internet : 70 % des filles de 16-25 ans n’ont jamais rien acheté en ligne pour 64% des garçons…  Soit un total de 67%, comparé aux 25% des Allemands, 44% des Français, 41% des Luxembourgeois ou 27% des Néerlandais.  Voilà qui relativise également nos idées sur le marketing on line…

Une enquête de la Jeugd Onderzoeks Platform de 2006 montre que l’activité Internet des 16-24 ans se concentre essentiellement sur 4 “fonctions” :

la détente (téléchargement de musique et vidéo, jeux, blogs, etc.) qui concerne surtout les garçons les plus jeunes ou les moins qualifiés;

l’information (sites culturels, presse en ligne, sites touristiques, de sports, de variété, etc.)  qui est le fait des garçons les plus âgés, les mieux instruits et dont les parents travaillent;

la communication (messagerie classique et instantanée, téléchargement musique et vidéo, etc.) est préférée par les plus jeunes, au niveau d’instruction plus faible, dont les parents travaillent;

la commerciale (enchères, vente et achat en ligne, sites bancaires, recherche d’emploi, etc.)  est associée à une conjonction de facteurs  : âge, niveau d’instruction du jeune et de ses parents.

Les compétences numériques des jeunes

Une des idées reçues les plus bousculées par ces enquête est la conviction que les jeunes ont un niveau élevé de familiarité avec les NTIC et Internet en particulier.

L’enquête révèle que 36% à peine des jeunes interrogés sont capables de réaliser des tâches élémentaires sur Internet !!!

Ici aussi les disparités régionales sont très marquées mais, souvent à l’avantage des jeunes wallons :

gérer un blog personnel : Wallons 35%, Bruxellois 19%, Flamands, 11%;

protéger son ordinateur contre les virus : Wallons 46%, Bruxellois 45%, Flamands 36%;

poster un message sur un chatroom ou un forum : wallons 65%, Bruxellois 56%, Flamands 45%;

échanger des fichiers en P2P (films, musiques, jeux…) : Wallons 37%, Bruxellois 30%; Flamands 22%.

Ce qui relativise pour le moins l’image du jeune passant ses journées à pirater des films ou de la musique !!!

Si on compare les compétences des jeunes 16-24 ans avec celles des autres tranches d’âge, les jeunes sont à peine plus performants que les 25-34 ans pour l’ensemble des tâches de base sur Internet.  La différence se marque surtout pour le chat, l’échange de fichiers et les blogs, toutes activités très connotées “jeunes”.

Une fraction importante des jeunes estime que leurs capacités informatiques sont insuffisantes pour affronter les exigences du marché de l’emploi 33%.

Beaucoup  déclarent aussi avoir acquis leurs compétences informatiques dans des réseaux informels plutôt qu’à l’école ou dans des centres de formation.  Les disparités régionales sont également très importantes à cet égard, puisque 70% des jeunes Flamands affirment avoir appris l’informatique à l’école, contre 54% des Wallons et 41% des Bruxellois.  Cette différence pourrait s’expliquer par la meilleure intégration de l’informatique à l’école en Flandre et au décrochage scolaire important en Wallonie…

On peut dire, pour résumer, que ce qui distingue les pratiques Internet des jeunes de celles des adultes, est l’importance de l’affirmation identitaire et de la socialisation, à travers médias sociaux et autres messageries.

Ils sont également beaucoup plus à même de réguler leur présence en ligne que l’on ne le croit généralement.  Ainsi, chez les 16-19 ans l’abandon volontaire d’Internet représente la moitié des situations de non-connexion…

Mais si les jeunes réalisent leurs recherches sur Internet plus rapidement que leurs aînés, ils consacrent aussi beaucoup moins de temps à vérifier et critiquer l’information récoltée.  Ils recherchent plutôt des réponses spécifiques qu’une interprétation de l’information.

Les conclusions des observateurs sont préoccupantes : ils estiment que l’élargissement des capacités techologiques ne va pas de pair avec une meilleure maîtrise de l’information.  Il leur manque le “bagage critique nécessaire pour interpréter, comprendre, évaluer et gérer cette information”.

Un autre problème détecté est que les normes utilisées pour mesurer les compétences Internet des jeunes sont en décalage avec leurs pratiques.

La formation est aussi en décalage avec les attentes des jeunes : celles-ci sont souvent proposées en groupe alors que les jeunes considèrent l’informatique comme une activité individuelle.  Pour eux, c’est d’abord une expression de soi, comme l’écriture pour leurs aînés…

Plus grave, les acteurs de terrain estiment que l’école et les institutions responsables du bien-être des jeunes ont une perception faussée des compétences réelles des jeunes en matière de nouvelles technologies et donc formulent des attentes disproportionnées ou décalées à leur égard.  Les travailleurs de l’aide à la jeunesse sont eux-mêmes peu formés à ces techniques.

Il manque donc une passerelle entre les jeunes, l’école, les institutions et le monde du travail.  Des jeunes hypercompétents dans des jeux en ligne sont complètement démunis devant un formulaire d’une agence d’interim ou un horaire de transport en commun.  Les concepteurs de sites ne tiennent pas compte de ces spécificités du public jeune et passent donc à côté de réelles opportunités de communication.

Conclusion

Il vaut sans doute mieux parler de décalage que d’exclusion d’Internet des jeunes.  Décalage entre leur culture et leurs pratiques et les attentes des écoles, des institutions et des entreprises.

Les jeunes en quasi-déconnexion se caractérisent surtout pas un usage limité d’Internet.  Ils ne sont pas capables de sortir de cet univers “e-culturel” et de franchir le chemin vers la société de l’information qui résulte de choix économiques et politiques.

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Jeunes, informatique et entreprise : un décalage croissant entre offre et demande des compétences

Les jeunes de la génération Y sont-ils tous « branchés Internet » ?  Sont-ils mieux préparés aux exigences technologiques croissantes des entreprises que leurs aînés ?

La réponse est beaucoup plus complexe et nuancée qu’on ne pourrait le croire.  C’est l’objet d’une étude que vient de publier la Fondation Travail Université pour le compte du SPP Intégration.

Les auteurs – Périne Brotcorne, Luc Mertens et Gérard Valenduc – y démontrent que, non seulement  tous les jeunes ne sont pas connectés, mais surtout que leurs pratiques d’Internet diffèrent du tout au tout et ne les préparent pas forcément aux exigences des entreprises en matière de compétences informatiques.

1. Ces jeunes, qui sont-ils ?

Les jeunes de 16-25 ans représentent 12 % de la population belge. 62,5 % d’entre eux sont étudiants, 27,5 % travaillent, 6,4 % sont au chômage et 3,6 % sont inactifs non-étudiants.

Du point de vue du statut, on peut distinguer 2 sous-groupes : les 15-19 ans, dont une majorité (90%) est encore aux études – et les 20-24 ans, dont seulement un tiers fréquente les bancs de l’université ou des hautes écoles.

Les disparités régionales sont importantes puisque sur 100 jeunes qui sortent de l’école entre 15 et 19 ans, 63 % de jeunes wallons n’ont pas le diplôme d’études secondaires pour 49 % de jeunes flamands… Pour les jeunes 20-24 ans, la proportion de jeunes ayant un niveau de qualification faible est de 40% à Bruxelles, 26% en Wallonie et 18% en Flandre.

On estime à 10 % les jeunes de 16-25 ans souffrant d’illettrisme. En Communauté française, les 16-25 ans représentent 14% du public des formations en alphabétisation de Lire et Ecrire !

Je trouve cela interpellant : tous ces jeunes sont à peine sortis de l’école et ils ne savent déjà plus lire (ou pas encore !).  Et ce n’est pas par manque de motivation,  puisqu’ils s’inscrivent dans une asbl d’alphabétisation, malgré la difficulté que doit représenter le fait de se dire illettré et d’apprendre avec des adultes qui, pour certains, n’ont jamais été scolarisés ou à peine !  Cela signifie donc que le désir d’apprendre existe, mais qu’il n’a trouvé aucun écho tout au long de la vie scolaire.  Il y a là de quoi se poser de sérieuses questions sur la qualité de notre enseignement et, en particulier, sur l’adéquation entre les pratiques scolaires et l’appétence des jeunes pour l’étude…

2. Quelle est la pratique Internet des jeunes ?

On estime à 4% les 16-24 ans qui n’ont jamais utilisé (2% en Flandre, 7% en Wallonie et 9% à Bruxelles) un ordinateur et à 5% ceux qui n’ont jamais touché à Internet (2% en flandre, 8% en Wallonie et 10% à Bruxelles).

Mais le niveau d’études modifie sensiblement la donne, puisque chez les moins diplômés (pas le secondaire supérieur) ils sont 8% à n’avoir jamais surfé.

Si on examine l’assiduité à Internet, on constate que 75% des jeunes sont des utilisateurs réguliers (presque tous les jours) 16% l’utilisent de manière épisodique (pas dans les derniers trois mois) et 9% ne l’ont pas utilisé dans l’année précédente.

Selon une enquête Statbel (2007), 4 motifs principaux sont invoqués par les jeunes non-utilisateurs sont les suivants :

  • matériel trop cher (51%)
  • Internet pas nécessaire (31%)
  • frais de connexion trop élevés (27%)
  • manque de compétences informatiques (30%).

Pour ce dernier motif, on observe des divergences énormes et inquiétantes : 24% en Flandre, 20% en Wallonie et 68% à Bruxelles !!!

Le domicile reste le lieu essentiel d’utilisation d’Internet pour les jeunes : 92% d’entre eux, avec peu de variation selon l’âge et le statut.

L’utilisation d’Internet sur le lieu de travail varie également selon le niveau d’étude :

  • enseignement supérieur : deux jeunes sur trois
  • secondaire supérieur : un jeune sur trois
  • secondaire inférieur : un jeune sur quatre

L’Internet à domicile est lié à ce que les auteurs appellent une “culture en chambre”, la chambre étant le lieu où de nombreux jeunes passent l’essentiel de leur temps. On compte 61% des jeunes 18-21 ans pour 68 % des jeunes 22-25 ans qui surfent dans leur chambre…

Selon diverses estimations, entre 14 et 22% des jeunes vivent dans des familles non-connectées, les familles monoparentales étant particulièrement défavorisées.

Demain, la suite : les pratiques Internet des jeunes et les exigences des entreprises.

Vous pouvez télécharger le rapport intégral sur le site de la Fondation Travail Université