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ADA Tech School – l’école féministe et inclusive de codage – Chloé Hermary

Chloé Hermary est la CEO de l’ADA Tech School. Une école de codage pas tout à fait comme les autres. Elle se revendique à la fois féministe et inclusive. Notre invitée explique cette prise de position dans ce nouvel épisode de notre podcast.

Ecoutez Chloé Hermary dans l’épisode 10 de notre Podcast !

ADA Tech School – l’école qui casse les codes !

C’est le slogan de cette école. Un slogan particulièrement bien choisi pour cette école qui réinvente la pédagogie à destination des codeurs.

Chloé Hermary est la fondatrice et la CEO de cette école d’un genre nouveau dans laquelle n’existent ni « classes » ni « professeurs ».

Chloé Hermary – CEO et fondatrice d’ADA Tech School

Ici, les apprenants entrent trois fois par an et rejoignent la communauté. Ils travaillent en projets. Chacun de ces projets propose trois niveaux :

  • débutant
  • amateur
  • professionnel

A l’ADA Tech School, ce sont des « encadrants » qui accompagnent les apprenants. Ceux-ci peuvent également encadrer des activités comme j’ai pu le constater lors d’une classe virtuelle organisée il y a quelques semaines.

Cette première phase de formation dure 9 mois, le temps que les apprenants accumulent un bagage technique suffisant.

L’ADA Tech school applique aussi les principes de pédagogies telles que Montessori, la formation mutuelle, etc.

A l’ADA Tech School, on pratique une pédagogie ouverte, féministe et inclusive

Une des intuitions-maîtresse de Chloé Hermary, c’est que, dans la plupart des écoles ou des centres de formation à l’informatique, on estime que les apprenants ont déjà acquis une « courbe technique ». (Cette courbe, Isabelle Collet l’évoquait déjà dans notre épisode précédent).

Souvent, cette courbe constitue un frein à l’apprentissage par les « non-techniciens ». Or, souligne Chloé, « la programmation, c’est avant tout un acte social. C’est une production par une personnes pour d’autres personnes ».

Réduire, voire supprimer cette exigence technique à l’entrée permet à de nombreuses personnes d’entrer dans ce cursus sans aucun bagage technique préliminaire.

Femme et programmeuse

Une alternance en phase avec les besoins des entreprises

Lorsque la formation en école est terminée, les apprenants vont en formation en alternance chez l’une des entreprises-partenaires de l’ADA Tech School.

Pendant un an, ils et elles se formeront aux spécificités de l’entreprise, participeront à des projets innovants.

Les entreprises apprécient aussi cet apport de « non-techniciens », de personnes qui abordent des problèmes sous un regard neuf, plus adapté aux besoins de certains clients.

la diversité – un atout pour les entreprises

Aujourd’hui, la diversité constitue une dimension vitale pour les entreprises. Fini le temps où on ne concevait que pour les hommes blancs de plus de 40 ans. Aujourd’hui, les consommateurs des biens et services technologiques ce sont surtout des femmes, des jeunes, des personnes aux profils largement différents de ceux de l’école classique…

Pour visiter le site de l’ADA Tech School, c’est par ici.

Où écouter le Podcast de Formation 3.0 ?

Vous pouvez écouter cet épisode 10 avec Chloé Hermary (et vous abonner à notre podcast) sur ces différentes plateformes :

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Le Podcast Formation 3.0 prend une pause

Suite à la pandémie de coronavirus, nous sommes débordés par les demandes émanant des écoles. Nous mettons donc le Podcast en pause pour le moment. Nous vous reviendrons bientôt. Restez à l’écoute !

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Isabelle Collet : femmes et numérique – Podcast

Pourquoi les femmes sont-elles si peu nombreuses dans l’industrie numérique ? Est-ce vraiment une fatalité ? Cela tient-il à une obscure « nature féminine » qui éloignerait nos consœurs des claviers et des écrans ? Ou bien, est-ce l’organisation de la société qui encourage une ségrégation inacceptable pour notre temps ?

Dans un article précédent de ce blog, j’ai déjà présenté le livre d’Isabelle Collet, Les Oubliées du numérique.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de l’interviewer dans un nouvel épisode de notre Podcast Formation 3.0

L’axe d’étude d’Isabelle Collet : les questions de genre dans la tech’

Isabelle Collet est informaticienne et professeur de Sciences de l’Education à l’Université de Genève.

Isabelle Collet dans notre Podcast

Dans cet épisode, elle nous parle de ce qui l’a poussée à travailler sur l’axe Femmes et Numérique. Elle a d’abord écrit une thèse sur la masculinisation des études d’informatique. En 2006, elle publie L’Informatique a-t-elle un sexe ? Un livre qui fait le constat de la diminution drastique et constante des femmes dans l’industrie numérique.

Des femmes dans la tech

Un livre pour dépasser le stade du constat

Le nouvel ouvrage d’Isabelle Collet, Les Oubliées du numérique, veut dépasser ce constat, fait depuis de nombreuses années et à travers d’innombrables études.

Elle y fait la généalogie des femmes qui ont contribué à l’invention du numériques, avec des noms comme Mary Shelley – oui, l’autrice de Frankenstein – ou encore Ada Lovelace, la fille de Lord Byron, qui lance les bases des langages de programmation.

Mais surtout, ce livre recherche des solutions pour aller au-delà et rétablir l’équilibre entte les genres.

Des préjugés tenaces dans les représentations

Et Dieu dans tout ça ?

D’où vient le mot « ordinateur » qui, en français traduit le mot anglais « computer » ? Calculateur aurait été plus proche de l’original. Mais quand IBM installe ses premiers ordinateurs en France, elle veut un nom qui soit bien accepté.

Et c’est un professeur de philologie latine de la Sorbonne, Jacques Perret, qui, dans une lettre adressée au responsable marketing France d’IBM propose le mot « ordinateur ». Ce mot est un qualificatif, au départ : c’est un attribut de Dieu, qui signifie « celui qui met de l’ordre dans le monde ».

Faut-il vraiment souligner les fantasmes de toute-puissance qu’un tel mot sous-entend ? Et si l’ordinateur est Dieu, qui est celui qui le conçoit, le manipule, lui donne des instructions ?

L’ordinateur, enjeu de pouvoir

Des représentation des femmes et du numérique aux antipodes de la réalité

Mêmes les représentations visuelles de la femme et de la technique sont souvent entachées de préjugés tenaces : il n’y a qu’à voir les photos proposées par les banques d’images (comme celles qui illustrent cet article) :

  • du rose en arrière-plan pour qu’on ne s’y trompe pas : on est bien dans un univers féminin,
  • des moues boudeuses parce que le smartphone ne fonctionne pas
  • l’ordinateur portable tenu en équilibre sur une main (la façon la plus pratique de s’en servir, bien entendu)
Du rose, du charme, peu de compétences techniques visibles…

Imaginez-vous une seconde qu’un hacker ou un ingénieur homme serait représenté avec les mêmes codes ?

Toutes ces représentations nuisent non seulement aux femmes, mais à la perception générale du monde scientifique et de sa parole d’expert…

Comment rétablir l’équilibre hommes, femmes et numérique ?

Isabelle Collet propose plusieurs solutions pour rétablir l’équlibre.

D’abord, les quotas : même s’ils ont mauvais presse, ils ont démontré leur efficacité dans d’autres domaines comme la politique. Par ailleurs, dans les enquêtes Pisa, les filles affichent souvent des résultats supérieurs aux garçons dans les matières scientifiques.

Ensuite, il y a d’autres aménagements possible, comme ceux que l’Université Carnegie Mellon, aux Etats-Unis, a mis en place pour les classes techniques :

  • ne pas mettre la barre trop haut sur les pré-requis techniques à l’entrée afin de permettre à ceux et celles qui ne disposent pas de ce bagage technique implicite (pas uniquement les femmes, mais aussi des hommes de milieux défavorisés, par exemple);
  • former aux problématiques des genres : faire prendre conscience du fait que même une blague anodine, répétée indéfiniment, peut avoir des conséquences désastreuses sur le parcours des étudiantes;
  • intégrer dans le cursus des compétences ou activités autres que purement techniques : communication, interventions dans sa communauté, etc.
Des solutions existent !

Retrouvez Isabelle Collet sur son site Web G-RIRE.

Son livre Les Oubliées du numérique est en vente sur le site du Passeur Editeur.

Où écouter le Podcast de Formation 3.0 ?

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