Catégories
Logiciels XMind

XMind 2021 : graphique et carte mentale sur tous supports

Je viens de tester XMind 2021, la nouvelle version du logiciel de cartes mentales. C’est une belle réussite, mais qui s’éloigne de la polyvalence de la version 8, même si elle permet toujours de créer graphique et carte mentale.

J’ai déjà écrit plusieurs comptes rendus des différentes versions de XMind au cours des années : XMind 7 et ses innombrables innovations ou encore XMind 7.5 beta et ses sauvegardes dans le Cloud.

Aujourd’hui, je vous parle de XMind 2021, la nouvelle version multiplateforme, dont la carte mentale ci-dessous résume les principales innovations :

Nouvelles fonctionnalités de XMind 2021.

Vous pouvez télécharger cette carte mentale aux formats XMind et PDF depuis notre page Cartes mentales gratuites.

XMind 2021 – une application multiplateformes

XMind 2021 est réellement multiplateforme. Il fonctionne sur PC, sur Mac, sur smartphones et tablettes Android et iOS.

Avec l’abonnement (39,99 $ pour le semestriel et 59,99 $, soit 50,64 € en juin 2021 pour l’annuel) vous pouvez utiliser l’application sur 5 périphériques en simultané.

Je l’ai personnellement testé sur PC portable et sur un smartphone de type Android.

Voici une capture d’écran d’une création de chronologie (structuration d’un podcast) avec XMind 2021 sur smartphone (Android 11) :

L’interface du smartphone particulièrement claire

Comme vous pouvez le voir sur cette image, l’interface sur smartphone est particulièrement claire et laisse un maximum d’espace à la zone d’édition.

J’ai été très agréablement surpris par la fluidité de l’application sur smartphone : tout fonctionne très rapidement et on peut travailler non seulement sur les cartes mentales, mais également sur tout type de structures proposées par XMind 2021.

Une incroyable palette de modèles préétablis

Nouvelles combinaisons de formes et de couleurs

Cette nouvelle version de XMind propose une incroyable palette de modèles de couleurs et de formes :

De nombreux modèles à portée de souris

Ces modèles sont présentés dans une combinaison de deux fenêtres :

  • Celle de droite présente des modèles de couleurs (couleur du sujet central, mais aussi de branches de couleurs variées ou unies)
  • celle du milieu présente les différentes structures disponibles pour ces modèles et donnent déjà un aperçu du graphique avec cette combinaison de couleurs

Nouvelles formes de sujets dans XMind 2021

A ces nouveaux modèles de couleurs, s’ajoutent également de nouvelles formes de « sujets » :

Nouvelles formes de sujets

De nouvelles formes bienvenues dans la panoplie de la nouvelle version de XMind.

De quoi enrichir votre carte mentale.

Nouvelles structures de graphiques dans XMind 2021

Ce que j’ai toujours apprécié chez XMind, c’est la possibilité de créer non seulement des cartes mentales, mais aussi de nombreuses autres structures graphiques.

Cette nouvelle version de XMind n’échappe pas à la règle. Elle propose d’abord une nouvelle visualisation de ces structures : dans la fenêtre de droite, l’utilisateur peut voir à quoi ressemblera la structure finale de son graphique.

Nouvelle présentation des structures graphiques

XMind 2021 propose également deux nouvelles structures et le renouvellement de la structure de type Ishikawa ou arête de poisson.

Nouvelle présentation des structures dans XMind 2021

La carte d’accolades

Une nouveauté que j’apprécie particulièrement pour sa clarté et son côté esthétique assez dépouillé quoique très élégant. Je la vois bien utilisée comme sommaire pour un livre, par exemple.

Carte d’accolades – une des nouvelles structures

Comme vous le voyez, les sujets y sont distribués le long d’une grande accolade. Les sous-sujets viennent également se placer en face d’accolades de dimensions plus réduites.

Dans le sujet « Modèles », vous voyez un texte blanc sur fond rouge « Sujets préformatés ». XMind vous propose effectivement des sujets préformatés : celui-ci est un sujet « important ».

Nouveau tableau en arbre

Le tableau ou matrice est une structure qui existe depuis longtemps chez XMind. Mais cette nouvelle version propose un « tableau en arbre » qui organise les sujets de manière très efficace, jugez plutôt :

Un tableau parfaitement hiérarchisé

Non seulement la nouvelle structure offre une hiérarchisation parfaitement claire des sous-sujets, mais elle conserve les images, les préformatages ainsi que les marqueurs.

Nouvelle version de l’Ishikawa ou diagramme en arête de poisson

XMind proposait ce type de diagramme en forme d’arête de poisson depuis longtemps, mais il en offre désormais une nouvelle version plus claire et plus lisible :

Nouvelle version de la structure Ishikawa ou arête de poisson

Nouveau mode de présentation « Pitch »

L’ancien mode de présentation de XMind était déjà bluffant.

Celui-ci modifie complètement la philosophie de la présentation.

Ce mode « Pitch » convient particulièrement bien à un « pitch » d’entreprise comme celui d’une startup, par exemple. L’alliance de mots-clés et d’images simples constitue un support bien adapté à ce type de démarche.

Malheureusement, pour le moment, l’application ne propose que ce seul fond noir.

Autres fonctionnalités intéressantes et conclusion sur XMind 2021

XMind 2021 s’inscrit dans la tendance actuelle d’interfaces particulièrement dépouillées, tout comme Mindomo, par exemple. Même s’il a choisi de « clarifier » l’interface avec son panneau latéral au lieu de la réécrire intégralement comme son concurrent.

Outre les fonctionnalités que j’ai détaillées dans cet article, XMind 2021, cette nouvelle version propose aussi :

  • nouvelles options d’images : bordure, ombre, opacité. Ce qui permet de personnaliser encore davantage vos cartes mentales
  • l’utilisation de LaTeX dans les sujet va enchanter les profs de maths et de sciences
  • le chevauchement de branche, les sujets indépendants et les sujets flottants sont à présent contrôlés par une simple boîte à cocher. Vous vous souvenez, dans les anciennes versions de XMind, comme c’était pénible de placer certains sujets flottants à proximité d’une branche ?

En conclusion, je me réjouis de cette nouvelle version de XMind qui vous permet de travailler en mode flexible sur différents périphériques. Les nouvelles structures, les nouveaux modèles, la simplification de l’interface avec sa visualisation des couleurs et des structures sont des avancées appréciables.

J’ai été, comme je l’ai dit, positivement étonné de la fluidité du travail sur smartphone. Je regrette cependant de devoir retourner sur XMind 8, uniquement sur PC, pour certaines fonctionnalités avancées de gestion de projet, par exemple.

Mais dans l’ensemble, cette version XMind 2021 conviendra au plus grand nombre, surtout que les usages sur smartphone continueront à se multiplier dans les prochains mois.

Vous pouvez télécharger XMind 2021 depuis le site d’origine.

Vous avez apprécié cet articles ? Abonnez-vous à notre lettre d’information pour ne manquer aucun article, podcast ou événement.

Catégories
Blog Ecriture

Un demi-million de visites sur Formation 3.0 : faisons le point !

Depuis sa création à la mi-décembre 2009, ce blog compte 500.000 pages vues.  Petite rétrospective et objectif pour  2014 : atteindre le million de pages vues avant la fin de l’année.  Faisons le point sur l’évolution de ce blog 😉

Un demi-million de pages vues : c’est le nombre incroyable de visites sur ce blog depuis sa création à la mi-décembre 2009.  Au terme de cette première quinzaine, il affichait 135 pages vues !

Un peu plus de 500.000 vues au 21-01-2014

Mais grâce à votre complicité et à votre incroyable fidélité, ce blog allait exploser dans les années suivantes.  En fait, le nombre de pages vues a plus que doublé chaque année, comme vous pouvez le constater sur ce premier graphique :

Pages vues par année

Si le taux de fréquentation ne baisse pas, le nombre de pages vues, pour janvier 2014, devrait dépasser les 40.000 !  Et je devrais atteindre les 500.000 pages vues pour 2014, ce qui porterait le total à un million…

Mais un blog, ce n’est pas que des pages vues, c’est aussi d’innombrables échanges à travers des milliers de commentaires, des dizaines d’e-mails et de messages à travers la page Contact.

C’est surtout cette conversation au fil des années qui m’intéresse et qui m’enrichit.

Deux phénomènes expliquent le taux de pages vues :

  • la masse des articles : le blog compte actuellement près de 400 articles
  • quelques « articles-vedettes » qui « tirent » la fréquentation vers le haut

Les articles-vedettes, ceux qui tirent le trafic vers le haut

Les articles les plus lus sont les suivants :

  1. Comment étudier efficacement en 5 étapes ?
  2. Comment choisir mon logiciel de mindmapping ?
  3. XMind 2.0, c’est parti ! et en français, s’il vous plait !
  4. Entretien d’embauche : LA question qui fait la différence
  5. Les intelligences multiples de Howard Gardner

J’ai illustré sur le graphique ci-dessous la répartition et le nombre de vues de ces articles :

Articles vedettes du blog

Un phénomène dû à la répartition en longue traîne

La fréquentation du blog correspond donc parfaitement à la « théorie de la longue traîne » ou « Long Tail Theory » en anglais.  Une théorie qui se vérifie dans de nombreux domaines.

Ici, elle illustre le fait que le nombre de visites est dû à la fois à une minorité d’articles très lus et une majorité d’articles qui sont vus nettement moins.  Mais leur masse entraîne les statistiques vers le haut.

Illustration de la longue traine

En fait, il s’agit d’une distribution de type « Loi de Pareto » dans laquelle les articles-vedettes contribuent pour environ 20 % du trafic tandis que la masse des articles à faible impact – mots-clés « faibles » – apporte 80 % des visites.

Cette théorie de la longue traine a été formulée pour la première fois par Chris Anderson dans un article de Wired pour illustrer la différence entre les ventes sur site et les ventes en ligne, les secondes pariant surtout sur la masse des articles à faible demande.

Les cinq articles-vedettes ont des mots-clés bien positionnés dans les pages de résultats Google (les fameux SERPs).  Si vous tapez « Comment étudier » dans Google, il y a de fortes chances que mon article « Comment étudier efficacement en 5 étapes » soit en tête de liste de la première page (la position évolue au fil du temps, parfois premier, parfois deuxième ou troisième)…

Pareil pour « comment choisir logiciel mindmapping » où l’article correspondant figure aussi en tête de première page…

Les sources ou référants de nos visites

D’où viennent ces visites ?  Les premières sources de ces visites sont sans conteste les moteurs de recherche.  Les statistiques de l’année écoulée, montrent que 125.252 visites étaient dues aux moteurs de recherche et principalement de Google. (Statistiques au 20-01-2014 pour les 365 jours précédents).

Les autres visites se répartissent sur une multitudes de sites et de médias/réseaux sociaux avec en tête, Scoop it et Facebook, comme l’illustre le graphique ci-dessous :

Référants ou sources de nos visites

Les objectifs pour 2014 : plus de pédagogie, de formation et de pensée visuelle

Même si les médias sociaux et les techniques de référencement permettent de multiplier les opportunités d’être lu, l’important pour moi – comme pour vous – reste le contenu des articles.

Je continuerai bien entendu à parler de mindmapping et d’outils de productivité – je compte par exemple remettre à jour l’article « Comment choisir mon logiciel de mindmapping« , en tenant compte des récentes versions de logiciels comme XMind 2013, MindMeister 9 ou iMindMap 7 Chameleon.  Mais aussi de tests d’autres applications comme Mind42 dont j’ai parlé tout récemment.

Mais, je souhaite aussi explorer ou approfondir d’autres domaines comme la pédagogie.  Je reçois beaucoup de réactions ou de demande sur les outils pour étudier à l’université, par exemple.  Je voudrais aussi retravailler la formation en ligne, recréer des formations entièrement en e-learning.  Je m’intéresse aussi aux MOOCs – je participe à plusieurs d’entre eux en tant qu’étudiants, mais j’ai bien envie de passer de l’autre côté de l’écran et j’ai quelques idées que je voudrais tester…

Et enfin, je voudrais aussi approfondir d’autres domaines de la pensée visuelle que le mindmapping.  Je ne renie pas ce dernier évidemment : c’est un outil fabuleux qui m’a apporté et continuera sans doute à m’apporter beaucoup.  Mais je veux aussi approfondir d’autres domaines comme le concept mapping et explorer celui de l’argument mapping ou cartes argumentaires qui n’est pas encore très connu dans les pays francophones et mériterait sans doute plus de publicité (dans le bon sens du terme, n’imaginez pas que je vais vous matraquer de pub à partir d’aujourd’hui).

Je pense aussi introduire des interviews d’étudiants – qui étudient à l’étranger, par exemple – des articles sur les études ailleurs qu’en francophonie, des interviews de professionnels dans plusieurs domaines, etc.

N’hésitez pas à me faire des suggestions, à me faire part de vos envies ou de vos questionnements.  Je serai ravi de tenter d’y répondre, seul ou accompagné 😉

J’espère que vous me suivrez dans ces nouveaux domaines comme vous l’avez fait jusqu’ici.

A tous, merci de votre fantastique fidélité,

Marco.

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

50.9686775.824968
Catégories
Gestion du temps GTD Logiciels Outils Projets Test

Droptask : un gestionnaire de tâches visuel, en ligne et gratuit

Vous n’aimez pas les gestionnaires de tâches sous forme de grilles ou de tableaux ?  Vous êtes visuels ?  Vous aimez les beaux graphes ?

Alors, vous allez adorer Droptask !

Si comme moi, vous aimez les graphiques et les animations visuelles, vous allez adorer Droptask : un gestionnaire de tâches entièrement visuel, en ligne et entièrement gratuit.

Le principe est simple : chaque Projet est divisé en tâches.  Chaque tâche est une bulle de couleur.  Chaque projet est un groupe de bulles.  Vous pouvez aussi regrouper les tâches dans des groupes et les groupes dans des groupes plus grands.

Pour zoomer sur une bulle et en lire le contenu, il suffit de cliquer dessus.  Des mots-clés vous permettent de filtrer l’information à tout moment et de n’apercevoir que ce qui vous intéresse.

Des groupes et des bulles

Je me suis demandé s’il était possible d’utiliser Droptask selon la méthode Getting Things Done ou GTD de David Allen.  Et ça marche !  Voici le résultat de mes regroupements de tâches : (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Vue par projets adaptée à la méthode GTD

Les répertoires GTD

Le fait de pouvoir regrouper les tâches sous des bulles différentes permet de retrouver l’ensemble des outils de la méthode GTD.  J’ai donc repris dans l’agenda tout ce qui a un délai ou une date de fin précis.  Dans mon planning, mes projets, c’est-à-dire des actions qui nécessitent plus d’une tâche.  Dans mes prochaines actions, j’ai une tâche pour laquelle il n’y a pas de date précise.  J’ai aussi un fichier « en attente » pour les tâches que je délègue.  Je n’en ai pas pour l’instant dans mon emploi du temps.  Enfin, je dispose d’un fichier « un jour peut-être » dans lequel j’ai inclus deux formations que je suivrai peut-être un jour…

Droptask vous permet aussi d’afficher une vue hebdomadaire de votre emploi du temps et d’y appliquer quelques filtres.  Ici, j’ai demandé de me montrer uniquement une tâche dont la date butoir était dépassée.

Vue hebdomadaire avec filtre

Sélectionnez les infos pertinentes

Le programme a masqué toutes les bulles – réduites à des points colorés – et ne m’affiche que la bulle qui contient une tâche non-accomplie.  Les tags ou mots-clés « mindmapping », journalisme », Myeurop » ou « Alter Echos » ont été ajoutés par moi.

Pour ajouter une nouvelle tâche ou un nouveau groupe, rien de plus facile : il suffit de glisser déposer une bulle depuis le menu du haut.

On peut aussi lire le contenu précis d’une bulle en cliquant dessus.  On obtient alors un menu de type pop-up comme celui-ci :

Vue en détail d’une tâche

Gérez visuellement les tâches !

Le tag « mark Complete » vous permet de déclarer qu’une tâche est accomplie.  Watch Task effectue le suivi de cette tâche.  Vous attribuez vous-même le nom d’une tâche, en-dessous de laquelle s’affiche le nom du classeur – Projets – et le groupe – Agenda auxquels appartient cette tâche.

Vient ensuite une description de la tâche, le calendrier, la personne à laquelle cette tâche est assignée et les tags urgent, important, journalisme, etc.

Vous pouvez attacher un fichier – en théorie, car je n’y suis jamais parvenu !

Et vous pouvez enfin ajouter un commentaire.

Ajoutons que Droptask est collaboratif et vous permet d’accueillir autant de contacts que vous le souhaitez.  Vous pouvez leur assigner des tâches et eux-aussi.  Et il fonctionne sur tous les navigateurs mobiles : vous pouvez donc l’utiliser via votre smartphone.

Seul petit bémol : Droptask pour l’instant n’est compatible ni avec Google Agenda ni avec Outlook.  Mais William Lannen, directeur exécutif de Droptask m’assure qu’on pourra bientôt le synchroniser avec Google Agenda.  Pour Outlook, cela dépend de la demande.

Pourquoi ne pas tester Droptask vous aussi !

Google

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

Catégories
Journalisme

Ecrire pour la presse web : l’importance cruciale de l’habillage

On sent tous de manière intuitive que l’habillage d’un texte a de l’importance.  Un bon titre, bien visible.  Une mise en page agréable.  Des images cohérentes avec le sujet et des intertitres clairs.

Mais l’habillage peut aussi changer dramatiquement la perception qu’un lecteur aura de votre article.  Un exemple avec un des mes articles, paru avec des habillages très contrastés dans deux médias différents : MyEurop et Owni.

Troisième article de la série « Ecrire pour la presse web » après « les portes d’entrées de votre article » et « le mythe du toujours plus court« .

L’importance de l’habillage pour un texte de presse en ligne est souvent sous-estimée.  Or, la position unique de l’article sur la page web renforce, amplifie l’effet de l’habillage sur la perception qu’aura le lecteur de votre article.  En effet, dans un journal papier, un article est rarement isolé : il est entouré d’un, voire de plusieurs autres articles : sur le web, le lecteur n’a que votre article sous les yeux.  Et l’habillage bénéficie d’un impact d’autant plus important.

Pour illustrer cette hypothèse, j’ai pris un de mes propres articles pour exemple.  Il s’agit d’un article sur un réseau citoyen et les policiers bénévoles aux Pays-Bas.  L’article est paru initialement dans MyEurop et a été repris par Owni.  Il a également été inséré dans un article sur le site de France 2  par Jacques Deveaux pour illustrer un reportage intitulé « Policiers occasionnels aux Pays-Bas« .

Sur MyEurop, l’article s’intitulait Des policiers-citoyens pour sécuriser les Néerlandais tandis qu’Owni titrait : Les milices fleurissent aux Pays-Bas !  Il semble d’ailleurs qu’il y ait du flottement dans le choix du titre, puisque le lien d’Owni affiche : les milices de quartier des Pays-Bas.

Mais, lors du passage d’un site d’information à l’autre, le titre a été passablement dramatisé, vous en conviendrez !

L’habillage, ce n’est pas que le titre.  C’est aussi, le chapô, la titraille, l’utilisation de la graisse, de la ponctuation et des images.

Un chapeau plus dramatique et personnalisé

MyEurop résume ainsi l’article dans le chapô :

« Faute de moyens et afin de réduire le taux d’affaires non-résolues, les autorités néerlandaises font appels à des citoyens bénévoles. Ceux-ci participent à des réseaux de surveillance ou s’enrôlent dans la « police volontaire ». Une politique assortie de risques non-négligeables. Article et reportage vidéo. »
 

Un texte relativement neutre, informatif : une bonne synthèse du contenu de l’article.

Comment Owni traite l’information dans son chapô ?  Un contenu beaucoup plus dramatique et personnalisé.

« OWNI publie ce témoignage signé Marco Bertolini consacré aux milices néerlandaises. C’est l’histoire d’un citoyen installé dans un quartier bucolique des Pays-Bas et qui découvre un matin que les autorités néerlandaises font appels à des citoyens bénévoles. Autour de lui, de paisibles pères de famille s’éclatent dans des milices de quartier. Un récit initialement paru chez nos amis de MyEurop. »
 

L’article est présenté non comme l’oeuvre d’un journaliste professionnel qui enquête sur les possibles dérives policières aux Pays-Bas, mais comme le témoignage d’un « citoyen » qui « découvre un matin » qu’on fait appel à des citoyens bénévoles pour la chasse aux gangsters.  De « paisibles pères de famille s’éclatent dans les milices de quartier ».

Mon travail de journaliste est donc devenu le témoignage d’un simple citoyen qui découvre une réalité insoupçonnée.  C’est une façon de personnaliser l’histoire, un procédé probablement aussi vieux que le journalisme.

Les images-chocs transforment la perception du contenu

Owni ne s’est pas arrêté là.

Son équipe a habillé le texte d’images dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles tranchent singulièrement avec celles utilisées par MyEurop !

Jugez plutôt.

Voici la première photo utilisée par MyEurop :

Première image MyEurop

Et voici la première image qu’Owni affichait en tête de l’article, ainsi que le nouveau titre et le chapô retravaillé :

La première image d’Owni

La référence à Big Brother et à son oeil omniprésent est évidente.

Les autres illustrations contrastent de la même manière.  Voici une capture d’écran de la vidéo qui figure sur l’article de MyEurop : un policier-lambda en train de verbaliser.  Les policiers bénévoles n’ont pas l’air trop inquiétant.

Capture d’écran du reportage vidéo

La deuxième photo d’Owni joue sur la suggestion : une silhouette découpée à hauteur du buste, dans une rue déserte, avec la proximité de l’eau sombre, qui contribue à l’atmosphère glauque.  Une image hitchcockienne.

Une photo tirée d’un film de Hitchcock ?

Image que ne contredira pas la suivante : un oeil dans lequel la pupille est remplacée par une tête de mort et deux tibias comme on en trouve sur les étiquettes de poison…  La dramatisation est portée à son comble avec l’oeil qui rappelle la surveillance constante des Big Brothers contemporains que sont les réseaux citoyens et les policiers bénévoles, encadrant un symbole de mort par empoisonnement.

Un oeil scrutateur et empoisonné

L’utilisation des photos noir et blancs et sur des thèmes évoquant un univers orwellien dramatise au maximum la perception du contenu de l’article.  Nous sommes ici dans un environnement hostile, potentiellement violent et dangereux.

Les encadrés gris, dans lesquels figurent les citations, renforcent cette impression d’atmosphère à la fois anonyme et irrespirable.

Certaines portions de textes – comme la citation au-dessus de l’oeil – ont été déplacées par rapport à l’original afin de les isoler davantage, pour les mettre en évidence.   Et pour les rapprocher des photos dramatiques : le texte isolé et la photo se renforcent mutuellement.

Lorsque j’ai découvert mon texte habillé de cette façon, ma première impression a été un choc !

Je savais que l’article allait être reproduit sur une page d’Owni.  Connaissant le média, je ne doutais pas une seconde que son équipe « rhabillerait » le texte à sa façon.  Mais je ne m’attendais pas à une telle transformation.  Or, le texte lui-même n’a subi que de très légères altérations.  Mais j’avais vraiment le sentiment de découvrir un tout autre article, plus virulent, plus extrême que celui publié à l’origine.

Il est normal qu’un média habille un texte selon sa ligne éditoriale, selon le public auquel il s’adresse.  Selon l’effet qu’il veut produire.  Bien sûr l’angle choisi par le journaliste donnera le ton général de l’article.

Mais cet exemple réel, concret, montre à quel point l’habillage peut influencer la perception que nous avons d’un même texte : l’environnement graphique peut modifier profondément l’impact de votre texte sur le lecteur.  Pensez-y !

Marco Bertolini

 Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !