Catégories
creation d'entreprise Entreprise Jeunes Jeunes entrepreneurs Pédagogie Projets

Indépendants, chefs d’entreprise, les Jeunes Entreprises ont besoin de vous !

Les Jeunes Entreprises proposent un projet de mini-entreprise aux jeunes de 8 à 25 ans.

Face au succès grandissant, elles cherchent des indépendants, des chefs d’entreprise qui peuvent partager un peu de leur expérience avec ces entrepreneurs en herbe.

Les Jeunes Entreprises sont une association belge sans but lucratif, une asbl.  Son objectif est de contribuer à l’esprit d’entreprise chez les jeunes.

Elles propose aux jeunes de 8 à 25 ans, quatre programmes, adaptés à leur âge et à leur formation scolaire.  Pour mener à bien ces projets, elle a besoin de « coachs », d’indépendants, de chefs d’entreprise prêts à partager leur expérience avec ces jeunes qui rêvent de franchir le pas.  L’association assure une formation courte aux volontaires ainsi que les outils nécessaires à la prestation.

Programme Notre Commune

Cible : 3e & 6e primaire.

Par le biais de cinq leçons interactives, les élèves (âgés de 8 à 10 ans) découvrent leur environnement quotidien d’un point de vue économique et social. Ils prennent part à des activités qui les amènent à comprendre les lois et rôles qui régissent d’une commune ainsi que le type de responsabilités que cela implique pour chacun : habitant, gouvernement, entreprise…

Votre contribution :

Après une formation succincte par notre équipe, vous présenterez le projet à la classe. Votre expérience du monde du travail et de la vie sociale sous-tendra l’intérêt que les élèves porteront aux animations.

Prestation :

  • De 1 à 5 séances de 90 minutes répartie(s) en une ou plusieurs semaines (en accord avec le professeur)
  • Une demi-journée pour la visite d’une société (entreprise, « fabrique », service public)
  • Période : “à la carte” durant l’année scolaire en cours

Programme Mini-Entreprise

Cible : 3e & 6e primaire.

Par le biais de cinq leçons interactives, les élèves (âgés de 8 à 10 ans) découvrent leur environnement quotidien d’un point de vue économique et social. Ils prennent part à des activités qui les amènent à comprendre les lois et rôles qui régissent d’une commune ainsi que le type de responsabilités que cela implique pour chacun : habitant, gouvernement, entreprise…

Votre contribution :

Après une formation succincte par notre équipe, vous présenterez le projet à la classe. Votre expérience du monde du travail et de la vie sociale sous-tendra l’intérêt que les élèves porteront aux animations.

Prestation :

  • De 1 à 5 séances de 90 minutes répartie(s) en une ou plusieurs semaines (en accord avec le professeur) ;
  • Une demi-journée pour la visite d’une société (entreprise, « fabrique », service public) ;
  • Période : “à la carte” durant l’année scolaire en cours.

Programme YEP/ Young Enterprise Project

Cible : Enseignement supérieur universitaire et non-universitaire

Le YEP est un projet spécifique destiné aux étudiants du 1er degré de Baccalauréat au dernier degré de Master, issus de sections économiques et non économiques.

Ce programme permet aux étudiants de se projeter dans la création d’une activité et d’en élaborer le plan d’affaires. Il génère le développement d’aptitudes telles l’esprit d’équipe, le sens des responsabilités, la créativité, la rigueur, la confiance en soi ou l’esprit d’initiative.

Votre contribution :

1. Partager votre expertise dans un domaine avec les étudiants de façon à les aider à franchir avec succès les étapes de leur projet: innovation, plan financier, stratégie marketing, analyse de la concurrence, statuts juridiques, site internet, propriété intellectuelle, économie durable….

Les étudiants attendent des conseils professionnels et outils basés sur votre propre expérience.

Temps à consacrer : 2 h00 pour un séminaire/ une conférence.

Période : à la carte, en cours d’année académique.

2. Participer, seul ou avec d’autres professionnels, à l’expertise des business plan. Vous travaillez avec l’enseignant et notre équipe et vous vérifiez, ensemble, que le projet est clairement défini, structuré et financièrement viable.

Temps à consacrer : minimum 2 h00 – maximum une demi-journée.

Période : à la carte, en cours d’année académique.

Prestation :

Plus ou moins  16 heures pour conseiller un groupe (4 réunion de deux heures) ;

Une demi-journée pour un séminaire / réunion d’experts / validation ;

Période : d’octobre à mai.

Programme Innovation Camp

 Cible : collèges et universités : 1 & 2ème Master)

Durant ces 24 heures de challenge, des équipes multidisciplinaires de 4 à 5 étudiants doivent, présenter et défendre devant un jury une solution, créative, innovante et durable, comme réponse à une réelle difficulté soumise par une société.

Le premier jour, chaque compagnie participante présente et commente son problème aux étudiants.

Après une session de question – réponse, les étudiants (conseillés par les experts) cherchent, trient, sélectionnent et enrichissent leurs idées.

 Votre contribution

Vous identifiez et définissez un challenge auquel votre société fait face (ou doit faire face).

Cela peut être un problème dans lequel vous n’avez pas trouvé de solutions satisfaisantes ou un projet en attente (manque de temps, de moyens …).

Après une session de question – réponse, vous conseillez les étudiants dans la recherche, le tri et la sélection de leurs idées.

Ensuite, ils réfléchissent sur la solution la plus pertinente et innovante.

Enfin, ils présentent « l’idée » aux sociétés qui composent le Jury de la demi-finale et de la finale

 Prestation :

Quelques heures consécutives pour définir le problème soumis aux étudiants ;

Une demi-journée du premier jour de l’Innovation Camp : présenter les problèmes, répondre aux questions et sélectionner les idées ;

Une demi-journée lors du deuxième jour de l’Innovation Camp en tant que jury de la demi-finale et de la finale.

Intéressé ?  Prenez contact avec  :

Céline Louis (0498 750 072)

Courriel : celine@lje.be

Inscrivez-vous : complétez le formulaire en ligne !

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

Catégories
Cerveau Jeunes

Le cerveau ado et l’apprentissage – trouver l’équilibre

Quelles sont les conséquences du développement du cerveau pubère sur l’apprentissage ? Le cortex frontal n’est pas encore entièrement développé.  Il y a donc parfois décalage entre le cerveau ado et l’apprentissage.  Et sur leurs résultats scolaires !  Un résumé de la situation.

Article mis à jour le 18 mai 2021.

Dans un article précédent, Ecole, cerveau et puberté, le triangle des Bermudes, j’évoquais le fait que le cerveau des ados continue à se construire.   Et que toutes les parties du cerveau ne se développent pas toutes en même temps.  Que la communication entre toutes ces aires, n’est pas encore très bien établie.

Quelles sont les conséquences de ces phénomènes sur l’apprentissage ?

Le cortex frontal : le centre de coordination

Dans l’article précédent, j’ai appelé le cortex frontal « le centre de commande de nos facultés cognitives ».   C’est que le cortex a une fonction de régulateur.  Il coordonne l’activité d’autres aires cérébrales et donc des fonctions qu’elles contrôlent.  Sur la mindmap ci-dessous, vous pouvez voir les différentes facultés cognitives coordonnées par le cortex frontal. (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Le cortex frontal – centre de commande

Prenons l’exemple de la planification du travail scolaire.   Cela paraît facile ou naturel à beaucoup d’adultes.   En réalité, cela suppose un enchaînement et une coordination de tâches intellectuelles complexes.

Planifier : un ensemble de tâches complexes

Notre ado, appelons-le Antoine, doit d’abord se souvenir d’indiquer au journal de classe la matière à étudier ou le devoir à rendre.  Cela suppose de pouvoir comprendre l’information, d’en extraîre l’essentiel et de le formuler sous forme d’objectif (filtrage d’information) : une description précise de ce qu’il faut faire, de la forme que cela doit prendre, et du délai dans lequel il faut le rendre.

 Cela suppose de ne pas se laisser distraire par ce qui passe à ce moment-là dans la classe (attention soutenue).   Pendant qu’il étudie ou rédige son devoir, Antoine doit pouvoir rester concentré sur ce qu’il fait et ne pas se laisser distraire par l’environnement (sms, bruits de la maison, etc.).

Mais un devoir – comme une catastrophe – n’arrive jamais seul : souvent, il y en a plusieurs dans une même journée, qui correspondent à des cours différents et qu’il faut remettre à des dates diverses (flexibilité).  Cela suppose également de pouvoir établir des priorités : quel devoir rendre demain, le jour suivant, etc.  Lequel me demandera le plus de temps.  Par lequel commencer ?  Il faut donc être multitâches et pouvoir jongler avec l’ensemble des devoirs et leçons à remettre.

Il faut pouvoir se souvenir d’un ensemble important de choses (mémoire) et être capable de demander des précisions ou des informations complémentaires pour pouvoir s’adapter à se qui est demandé  (emploi du feedback).

Et tout cela doit être géré dans le temps en tenant compte des ressources disponibles.

Le cerveau ado et l’apprentissage : des aires qui évoluent séparément et à des moments différents

Une coordination efficace des aires cérébrales qui accomplissent toutes ces fonctions suppose une maturation complète du cerveau et en particulier du cortex frontal.

Or, chez les adolescents, certaines de ces aires sont encore en construction.  Si la plupart des fonctions de résolution de problème se mettent en place entre 5 et 12 ans, les fonctions les plus complexes, nécessaires à la planification, se construisent entre 15 et 25 ans.

Dans ce cas, demander à un adolescent de 14 ans de gérer son argent de poche n’a pas beaucoup de sens : s’il sait déjà compter depuis plusieurs années, son cortex frontal n’est pas assez développé pour assurer les tâches de gestion, planification, respect des règles, etc. que cela suppose… Une fois de plus, le cerveau ado et l’apprentissage sont en décalage.

La mémoire de travail

Une des découvertes les plus récentes des neurosciences est l’importance de la  mémoire de travail.  Celle-ci est beaucoup plus efficace chez les adultes que chez les enfants : les adultes peuvent se souvenir d’un nombre plus important d’objets pendant un temps plus long.  Mais ce qui fait surtout la différence, c’est le nombre et la complexité des manipulations qu’un adulte peut accomplir en utilisant sa mémoire de travail, comparativement à un enfant ou à un adolescent.   Or, dans la planification, nous sommes amenés à effectuer des opérations complexes en utilisant notre mémoire de travail.  Et chez les adolescents, les différentes aires qui travaillent ensemble à ces opérations complexes ne communiquent pas bien ensemble.

Un exemple tout simple : on demande à des enfants, des ados et des adultes de retenir une séquence de lettres pendant quinze secondes : A – D – C – E.  Tout le monde y parvient sans peine.  Si on leur demande de réciter la suite à l’envers, les ados et les enfants ont beaucoup plus de mal.  Et si on leur demande de les reciter dans l’ordre alphabétique, seuls les adultes s’en sortent bien.  Parce que la communication entre les aires du cerveau concernées est meilleure chez les adultes.  Elle n’existe pas encore chez les enfants et elle se construit chez les ados.

C’est également le cas du cortex frontal latéral, responsable de l’emploi du feedback.  Or, ce feedback ne sert pas uniquement à demander des précisions par rapport à un devoir.  C’est l’étalon personnel qui nous permet de mesurer où nous en sommes et donc d’évoluer.  Cette aire du cerveau est l’une des dernières à se construire.  Cela explique aussi pourquoi les adolescents ont du mal à changer leur façon d’agir, à tenir compte des changements dans leur environnement et de réagir à temps.  Notamment à une baisse des notes sur le bulletin.  Ou à un avertissement du professeur.  C’est aussi une des raisons pour lesquelles les ados changent difficilement leur façon d’étudier, même si celle-ci ne leur réussit pas…

Les leçons du Jacques a dit

Vous vous souvenez du jeu « Jacques a dit » de votre enfance ?  Vous devez respecter la consigne uniquement si elle s’accompagne de l’expression « Jacques a dit ».  Sinon, vous devez rester immobile.  Les adultes s’en tirent mieux que les enfants.  Les enfants de moins d’un an en sont pratiquement incapables.  Entre un an et 8 an, cela reste difficile.  Les chercheurs ont découvert qu’entre 8 et 12 ans, les enfants utilisent l’aire dorsale du cortex frontal pour mener cette opération à bien.  Entre 12 et 18 ans, le cerveau se réorganise et les adolescents utilisent désormais l’aire ventrale latérale du cortex frontal.  Mais pendant cette réorganisation, la communication entre les différentes aires est plus laborieuse que chez les adultes.  Il faut donc attendre 25 ans pour que le jeune arrête au feu orange.  Ou qu’il puisse se concentrer dans un environnement bruyant.  Ou qu’il ne sur-réagisse pas à certaines remarques désobligeantes de ses copains.

Interférences versus multitâches

John Ridley-Stroop a mis au point un test que bon nombre d’entre vous ont certainement déjà essayé : celui de dire à voix haute le nom d’une couleur alors que celui-ci est écrit dans une autre couleur.  Par exemple, lire le mot jaune écrit en vert.  Comme sur l’image ci-dessous. (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Test de Stroop

Les adolescents, une fois de plus, ont de la peine à dire le bon mot.  Ils sont victimes de ce que les neurosciences appellent des interférences.  Le côté gauche du cortex frontal, qui permet de gérer cette dissonance entre deux informations, n’est pas mûr avant 18 ans au moins.   C’est malheureusement aussi le siège qui nous permet d’être multitâches.  Alors que les ados adorent étudier tout en écoutant leur MP3 et en regardant l’évolution d’un jeu sur Internet, leur cerveau est moins préparé que celui de leurs aînés à la gestion de plusieurs tâches à la fois.   Mais allez les convaincre d’éteindre la radio ou la télé pendant qu’ils révisent les maths ou l’anglais !

Le jeune cerveau pour l’anglais et le vieux pour les maths ?

Le cerveau de l’enfant est plus adapté à l’apprentissage des langues.  C’est pourquoi les enfants multilingues peuvent passer d’une langue à l’autre, parfois au milieu d’une même phrase, en variant les accents comme par jeu.  Il y a une « fenêtre » d’apprentissage des langues.  Entre un et deux ans, les enfants connaissent ce que les spécialistes appellent « vocabulary burst », une explosion du vocabulaire.  A trois ans, un enfant est généralement capable de construire des phrases grammaticalement correctes.  Et jusqu’à 8 ou 10 ans, il est capable d’apprendre n’importe quelle langue étrangère avec l’accent juste.

Les spécialistes pensent que le développement intense de la matière grise jusqu’à cet âge est également responsable de cette acquisition facile du langage.   Mais après les choses se compliquent.  Et si l’apprentissage des langues est possible tout au long de la vie, il nécessite plus de temps et d’énergie.  C’est le moment d’utiliser des méthodes dynamiques et efficaces…

Par contre, les neurosciences démontrent que les enfants utilisent surtout leur cortex frontal et leur mémoire de travail pour effectuer des opérations mathématiques simples : autrement dit, ils utilisent énormément de ressources mentales.  Alors que les adultes qui ont pratiqué les mathématiques régulièrement depuis des années effectuent ces mêmes opérations avec leur cortext pariétal.  Ces opérations sont devenues en quelque sorte automatiques.

Ils vaut donc mieux commencer l’apprentissage des langues et des maths le plus tôt possible.  Mais pour des raisons différentes.

En attendant, conseillez à vos ados d’étudier dans un environnement calme, qui leur permet de se concentrer.  Et ne leur demandez pas de planifier leurs études à trop long terme.

Conclusion : le cerveau ado et l’apprentissage – un équilibre sans cesse remis en question

Si nos ados grandissent de plus en plus vite. S’ils ressemblent à des adultes de manière de plus en plus précoce… Ils restent des adolescents.

Avec un cerveau en construction. Avec un équilibre toujours mouvant entre le cerveau ado et l’apprentissage, qu’il soit scolaire ou celui que les parents essaient d’inculquer. Comme la gestion de l’argent de poche, la capacité à se projeter dans l’avenir.

Parce que nos adolescents nous ressemblent tellement, nous croyons qu’ils ont les mêmes capacités que nous. C’est une erreur courante. Mais c’est une erreur.

Essayez de vous en souvenir la prochaine fois que votre ado dépensera son argent de poche du mois en une semaine…

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à notre newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

Catégories
Cerveau

Cerveau, école et puberté : le triangle des Bermudes ?

Mon fils ne sait pas se lever le matin.  Ma fille est incapable de planifier sa semaine.  Mon enfant fait toujours ses devoirs à la dernière minute.  Mon fils a des problèmes de concentration.  Ma fille déprime, elle s’irrite pour un rien.  Mon fils passe des heures au téléphone avec ses copains.  Mais, il ne m’appelle jamais quand il sait qu’il arrivera en retard.

Je ne compte plus les parents qui m’arrivent avec ce genre de réflexions.  Généralement proférées sur un ton exaspéré, voire carrément désespéré.

Ils m’arrivent aux ateliers Apprendre À Apprendre ou pour un premier contact en vue d’un accompagnement étudiant, les épaules chargées d’un immense sentiment de culpabilité, les yeux plein d’incompréhension.  Ils s’excusent presque de me présenter leur rejeton, en qui ils avaient placé tant d’espoir…

Vous vous reconnaissez un peu dans ce portrait de parents déboussolés ?  Pas de panique !

Votre enfant, votre ado, est normal.  C’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

Un cerveau en construction

Vous connaissez ce fameux message, si agaçant sur Internet ?  Vous voulez consulter cette page qui a l’air si intéressante sur un sujet qui vous tient tellement à coeur.  Et tout ce que votre écran affiche, c’est ce message frustrant entre tous : « Page en construction« .

On pourrait afficher le même message sur certaines parties du cerveau de votre adolescent : car toutes les parties du cerveau ne se développent pas en même temps.

Lors de la puberté, entre 10 et 14 ans, l’adolescent vit sous un bombardement hormonal quasi-constant : ce sont ces hormones qui déclenchent le développement des différentes aires du cerveau.  Certaines participeront au développement de la mémoire, d’autre à celui de la gestion des émotions, d’autres à celui de la faculté de mesurer les risques ou encore le goût de l’exploration, du test de ses propres limites.   C’est ce flux hormonal, conjugué aux expériences quotidiennes de l’ado confronté à son environnement, qui va sculpter le cerveau de votre enfant.

Le problème, c’est que ces différentes zones du cerveau vont se développer à des moments différents.  Et que la communication entre ces différentes parties n’est pas encore bien établie.  D’où parfois des comportements dangereux – on veut tester ses limites sans pouvoir vraiment mesurer les risques – ou agaçants pour l’entourage – il souriait à sa petite amie, il y a cinq minutes et à présent, il agresse sa mère pour une pécadille.   Cela vous paraît familier ?

Des ados, pas des adultes

La génération jeune actuelle souffre d’un mal inédit : ils sont généralement grands, plus grands que nous, et la multiplicité des sources d’information qui les entourent, qui les submergent font qu’ils sont généralement mieux informés que nous ne l’étions à leur âge.   Ce qui fait que nous les considérons trops souvent comme les adultes qu’ils ne sont pas.   Pas encore.  Et que nous exigeons d’eux des attitudes et des prises de responsabilité qu’ils sont incapables d’assumer.

Un exemple : nous voudrions tous que nos enfants planifient leurs études longtemps à l’avance, n’est-ce pas ?  Et cela depuis la première secondaire !  Mauvaise nouvelle : la partie du néocortex en charge de la planification n’a pas terminé sa pleine maturation chez les garçon avant 21 ans… 

Cela veut-il dire que nous devons attendre tranquillement sans rien faire ?  Jusqu’à ce que leur cerveau soit complètement construit ?

Non, bien entendu.  Mais nous pouvons reconnaître les signes de cette immaturité – au sens étymologique du terme – et aider nos ados à se construire en leur proposant des modèles, en leur donnant des limites claires, en leur proposant des exercices qui les aideront à progresser.   Mais : en respectant le rythme de chacun.   Ce qui veut dire qu’en tant que parent, vous avez des chances de vivre encore de nombreuses frustrations.   Mais aussi des joies et de la reconnaissance lorsque vous constatez qu’une étape est franchie, qu’un objectif est atteint.

Les ados sont aussi des êtres extrêmement sociaux : ils se construisent aussi – et peut-être même davantage – par leurs contacts avec leurs pairs : les jeunes du même âge, qui ont les mêmes goûts, les mêmes besoins, les mêmes envies.   N’essayez donc pas de tout contrôler : c’est le meilleur moyen de vous rendre malheureux(se).

Manque de sommeil et jetlag permanent

Vous connaissez le jetlag ?  Cette fatigue due au décalage horaire et au manque de sommeil qu’il engendre ?  La plupart des ados le connaissent en permanence.  Dans son livre « Het puberende brein« , Eveline Crone, professeur en neurosciences à l’université d’Utrecht, décrit ce cycle infernal qui épuise les jeunes durant la puberté.

C’est la mélatonine qui contrôle le sommeil et la sensation de fatigue.  C’est elle qui fait que la plupart des enfants s’endorment brutalement entre 20 et 21 heures.  Mais à la puberté, son apparition est retardée : elle se manifeste souvent entre 22 heures et minuit.  Ce qui fait que les ados n’ont jamais envie de se coucher.   Mais leur croissance rapide exige un sommeil réparateur de 9 heures à 9 h 30, chaque jour.   Ce que les horaires scolaires ne leur permettent absolument pas.

L’Etat du Minnesota a testé des horaires scolaires qui démarrent plus tard : et a constaté une nette amélioration des résultats ! La fatigue permanente de certains ados les rend irritables, nerveux, mais surtout leur interdit toute concentration soutenue.  Leur niveau d’attention est proche de zéro.  Leur capacité à mémoriser est donc plus que limitée.

Un conseil : nous ne pouvons guère influer sur les horaires scolaires européens.  Par contre, c’est une bonne idée de laisser les ados faire la grasse matinée le week-end ou pendant les congés scolaires.  De cette manière, ils récupèrent au moins une partie de ce sommeil dont leur croissance a tant besoin.

Le cortex frontal : le centre de commande des facultés cognitives

Contrairement à certaines aires du cerveau qui sont spécialisées dans une seule fonction – comme l’hypothalamus qui règle nos biorythmes – le cortex préfrontral assure un rôle plus complexe de régulation. On peut comparer le cortex préfrontal à un centre de commande des facultés cognitives.

C’est lui, en effet, qui gère l’ensemble des fonctions réparties dans d’autres aires du cerveau et qui sont nécessaires à la planification, à la vue d’ensemble et de détails, etc.   Toutes ces facultés cognitives qui nous permettent de nous projeter dans l’avenir, de faire la part des choses entre l’essentiel et l’accessoire, entre l’urgent et ce qui peut attendre, entre le but à atteindre et les moyens pour y parvenir.

Dans de prochains articles, nous verrons ensemble comment fonctionne ce « centre de commandes », quelles facultés il implique et comment entraîner nos ados à exercer ces facultés.

En n’oubliant pas, que certaines de ces facultés, et surtout leur coordination, ne sont accessibles aux ados que lorsque leur cortex préfrontal est mûr.  Le maître-mot ici est sans doute : patience !  Le meilleur moyen pour que le triangle Ecole, Cerveau et Puberté ne soit pas comme celui des Bermudes, un triangle maudit où tout est perdu d’avance !

Bon courage 😉

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à notre newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

Catégories
Chomage Droit Droit du travail Entreprise Europe Recherche d'emploi Travailler en Europe

Belgique : un nouveau plan pour l’emploi des plus de 45 ans

La Belgique, comme de nombreux pays européens, vit une crise de l’emploi des 45 ans et plus.

Le Conseil National du Travail (CNT) vient de signer une nouvelle Convention Collective de Travail.

Cette Convention impose un « plan pour l’emploi des travailleurs âgés » aux entreprises de plus de 20 travailleurs.

On évoque souvent, dans les médias, le chômage de jeunes particulièrement élevé.  Mais on oublie souvent qu’une autre catégorie de travailleur rencontre des difficultés croissantes pour conserver son job ou pour en retrouver un : les travailleurs de plus de 45 ans.

La Belgique est l’un des pays d’Europe où le nombre de travailleurs de plus de 45 ans à l’emploi est le plus faible.

Les gouvernements successifs ont tenté de réagir par des conventions d’outplacement – accompagnement des travailleurs concernés par des « professionnels du recrutement« .

Outplacement ?

Vous avez dit CNT ?

Le CNTConseil National du Travail – est un organisme paritaire.  C’est-à-dire qu’il rassemble des représentants du gouvernement, des employeurs et des travailleurs (les syndicats).

Il signe régulièrement des conventions collectives de travail (CCT) : ce sont des documents qui sont valables pour le pays entier et qui règlent les conditions de travail, d’embauche, etc.   Ces conventions sont valables pour une période déterminée.

La convention collective de travail numéro 104 est signée pour une durée de 4 ans, au terme duquel les partenaires sociaux évalueront son impact.  Elle sera ensuite reconduite telle quelle ou modifiée.

Un plan pour les « travailleurs âgés »

Cette convention collective de travail Numéro 104 du 27 juillet 2012 concerne un « plan pour les travailleurs âgés des entreprises« .  Les travailleurs âgés de 45 ans et plus apprécieront, au passage, l’épithète qui leur est accolée.  Avec une espérance de vie qui s’allonge chaque année, 45 ans sera bientôt l’âge moyen des Tanguy, ces jeunes qui habitent toujours au domicile des parents…

Ce plan concerne les travailleurs de plus de 45 ans pour les entreprises qui comprennent plus de 20 travailleurs à temps plein.  Les temps partiels et les travailleurs interimaires entrent également en ligne de compte pour le calcul.  Ce qui signifie qu’une fois de plus, une majorité des PME échappe à la réglementation.

Ces plans sont proposés pour un an, mais les employeurs peuvent envisager un plan jusqu’à 5 ans, à condition de rendre compte chaque année des mesure mises en oeuvre.

Que proposent concrètement ces plans ?  Toutes les mesures déjà prises ou que l’entreprise envisage de prendre pour les travailleurs concernés :

  1. la sélection et l’engagement de nouveaux travailleurs;
  2. le développement des compétences et des qualifications des travailleurs, y compris l’accès aux formations;
  3. le développement de carrière et l’accompagnement de carrière au sein de l’entreprise;
  4. les possibilités d’obtenir via mutation interne une fonction adaptée à l’évolution des facultés et des compétences du travailleurs;
  5. les possibilités d’adapter le temps de travail et les conditions de travail;
  6. la santé du travailleur, la prévention et la possibilité de remédier aux obstacles physiques et psycho-sociaux entravant le maintien au travail;
  7. les systèmes de reconnaissance des compétences acquises.
  8. les obstacles physiques et psycho-sociaux entravant le maintien au travail.

L’employeur peut sélectionner un seul de ces domaines d’action ou même en choisir un en dehors de cette liste.  C’est dire si le flou règne en la matière et si les employeurs belges – bien connus pour leur inventivité lorsqu’il s’agit d’échapper aux règles – vont pouvoir faire preuve de créativité.

La convention prévoit un certain contrôle : « l’employeur conserve le plan pour l’emploi pendant cinq ans et le tient à la disposition des autorités compétentes. Il leur est communiqué sur simple demande. »

Par contre, sauf erreur de ma part, je ne vois aucune sanction prévue, ce qui laisse présager de l’usage que certains employeurs feront de ce document…

Le coût de l’expérience et des préjugés

Pour avoir mis en place un dispositif de ce type en Belgique il y a quelques années, je peux témoigner de la difficulté de cette tranche d’âge à retrouver un « emploi décent« , voire un emploi tout court…

Les réponses du type « vous avez trop d’expérience » poussent comme des champignons.  Trop d’expérience ?  Depuis quand peut-on avoir trop d’expérience pour effectuer son travail correctement ?

Non, derrière l’hypocrisie de ces réponses, se cache le vrai problème :  l’expérience coûte cher et les préjugés anti-vieux ont la peau dure.  Ils seraient plus lents, moins dociles, moins ouverts aux nouvelles technologies.

S’il est possible que des personnes de plus de 45 ans ne se passionnent pas forcément pour la dernière version de la tablette Androïd de chez Truc, nombre d’entre elles s’impliquent vraiment dans leur travail.

En outre, cette expérience qui coûte si cher est irremplaçable.  Dans des situations de crise, c’est souvent cette expérience qui permet de prendre rapidement de bonnes décisions que les jeunes loups – à peine sortis de l’école et la tête encore farcie des théories économiques en vogue – ne soupçonneront même pas…

Ce sont ces mêmes personnes qui peuvent transmettre un savoir-faire précieux dans les ateliers, les bureaux, daus les routes pour les services de vente, etc.

Dans les toute prochaines années, cette absence de transmission du savoir et du savoir-faire pourrait bien se traduire en coût élevé et en pertes dramatiques pour certaines entreprises qui « dégraissent » massivement.

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

Catégories
enseignement secondaire Internet Jeunes Orientation professionnelle Outils Pédagogie Serious games

Deviens policier scientifique

Deux ressources pour les jeunes qui s’intéressent à la criminologie.

L’une nous vient du Centre des Sciences de Montréal et l’autre d’Interpol elle-même.

Toutes deux vous font découvrir l’univers de la criminologie de l’intérieur en faisant appel au virtuel.

Aujourd’hui : Autopsie d’un meurtre !

Le Centre des Sciences de Montréal propose une exposition gratuite virtuelle mais surtout interactive : Autopsie d’un meurtre.

Le visiteur devient l’acteur de l’enquête : il endosse la panoplie du spécialiste de la police scientifique, combinaison blanche, gants, etc.

Scène de crime

Le choix des indices à analyser

Mais surtout, il doit analyser les indices laissés sur la scène de crime en choisissant la meilleure technique.  Par exemple, pour une trace de sang, utiliserez-vous la photo, le polilight, les empreintes digitales, etc. ?

Vous avez choisi le polilight ?  Bien vu !

Voici l’explication de cette technique dans le jeu :

Sélectionner un laboratoire

Ensuite, l’échantillon de sang est envoyé au laboratoire pour analyse.  Quel laboratoire ?  Ici aussi, l’internaute doit choisir entre différentes solutions.

Le laboratoire de génétique fournit des explications sur les instruments utilisés, mais aussi sur le métier de technicien labo et sur la science de la génétique et ses pionniers.

Une animation sur l’extraction de l’adn et son analyse montre clairement toutes les phases du traitement scientifique de ce type de preuve.

Les textes sont toujours accessibles sans être simpliste, les illustrations claires et facilement compréhensibles.

Notre avis : une exposition virtuelle de grande qualité qui respecte son public.  L’image, la scénarisation  et la dynamique générale de cette exposition l’apparente à un serious game ou jeu sérieux de qualité.  Le jeu est disponible en deux langues, le français et l’anglais.  Accessible aux étudiants du secondaire qui s’intéressent à la criminologie et aux techniques policières.

A recommander sans restriction !

Demain, découvrez Interpol avec un autre site et un serious game !

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événément !

Catégories
Apprendre à apprendre Ateliers Coaching Coaching scolaire Connaissance E-learning formation Jeunes Mind Mapping Outils Pédagogie

Apprendre A Apprendre à Liège

Comment étudier efficacement tout en s’amusant ?  Réponse : avec l’atelier Triple A !

Un nouvel atelier Triple A : Apprendre A Apprendre le jeudi 23 août toute la journée à Liège !

Nous consacrerons toute la journée du jeudi 23 août prochain à découvrir comment étudier efficacement pour ses examens et à long terme… tout en s’amusant !  Atelier réservé aux étudiants du secondaire, de 12 à 18 ans ! 

L »atelier Triple A : Apprendre A Apprendre à Bruxelles a été un succès : les dix jeunes qui ont participé m’envoient une foule de réactions enthousiastes et de superbes mindmaps que je partagerai avec vous dans les prochains jours.

Vous voulez en faire autant ?  Vous voulez découvrir une méthode à la fois ludique et efficace d’étudier vos cours, de présenter vos examens ?  Vous voulez diminuer votre stress ?  Augmenter votre mémoire ?  Prendre des notes exemplaires et rédiger des résumés de cours imparables ?

Alors, soyez des nôtres le jeudi 23 août de 9h30 à 16h 30  à Liège !  Pour un nouvel atelier Triple A : Apprendre A Apprendre !

Le programme :

Tout d’abord, l’accueil : des boissons et une collation pour démarrer la journée en super-forme !  Ensuite, je vous présenterai le programme et les objectifs de la formation !

Celle-ci comporte une journée d’atelier et un e-coaching – autoformation à distance – de 5 semaines pendant lesquelles vous allez approfondir ce que nous avons appris ensemble, réaliser de nouveaux exercices, découvrir de nouvelles techniques, etc.  Ces 5 semaines correspondent à notre méthode : Comment étudier efficacement en 5 étapes ?

Ensuite, nous entrons dans le vif du sujet avec un petit jeu pour faire connaissance.  Nous irons un peu plus loin dans cette connaissance mutuelle avec la technique de l’interview.  Mais celle-ci se base sur une première utilisation du mindmapping.  Je ne vous en dis pas plus, découvrez tout cela avec nous samedi 12, lors de cet atelier Apprendre A Apprendre ! 

Nous découvrirons ensemble les principes de base du mindmapping et vous dessinerez votre première mindmap !  Tout comme nos participants de Bruxelles l’ont fait :

OK, maintenant, vous maîtrisez les principes de base du mindmapping : vous allez maintenant passer à votre première application dans le cadre de vos études.

Celle-ci correspond à la deuxième étape de notre méthode : prendre contact avec le cours.  Il s’agit de vous familiariser avec le contenu de votre cours, de poser les bases d’une bonne compréhension et de la mémorisation.

Je vous propose un texte que vous allez résumer en utilisant le mindmapping.  Cela semble compliqué ?  Pas du tout !  C’est même plus facile que la méthode habituelle : c’est visuel et tout tient sur une seule page !  C’est magique !

Ensuite, autre étape de notre méthode : réutiliser les connaissances.  Il s’agit d’interroger la matière, de se poser des questions pour entrer dans le texte par d’autres portes que celles proposées par l’auteur.

Pour ce faire, nous allons combiner deux choses : la technique du CQQCOQP – une série de questions – conjuguée à la méthode du mindmapping.  Nous allons partir de la carte suivante, pour interroger le texte.  De cette façon, nous comprenons et mémorisons la matière à notre façon.  Et nous préparons les questions et les réponses en vue des interrogations, examens, etc.

Cette partie de la formation fait appel au logiciel de mindmapping XMind.

Si nous avons le temps, nous irons plus loin :  nous choisirons une question qui a du sens par rapport au texte – Qui, Quoi, Où ? – et nous l’explorerons avec une carte conceptuelle.  Par exemple, nous pourrons dessiner une ligne du temps ou éclairer les relations entre les personnages.

Nous terminerons la journée avec des techniques de mémorisation : associations – images, sons, couleurs, sémantique, – localisation, etc.  Des techniques parfois bien oubliées mais terriblement efficaces pour se souvenir d’un point précis de la matière !

Enfin, les participants évaluent la formation au moyen d’une mindmap !

Et l’aventure ne s’arrête pas là puisque pendant 5 semaines, les participants vont pouvoir continuer à travailler à distance grâce à l‘e-coaching via  notre plateforme d’apprentissage mixte ou de blended learning, en bon français…

Inscrivez-vous vite, les places sont limitées !

Catégories
Europe formation Jeunes Le travail en Europe Pédagogie Société Travailler en Europe

L’enseignement en Europe : que nous apprend le rapport 2012 ?

Un rapport de la Commission Européenne évalue l’enseignement en Europe.  Il s’agit des grandes tendances générales de l’évolution récente de l’enseignement au sein des pays-membres.   Une amélioration globale des systèmes d’éducation, mais aussi quelques risques : celui de moins investir face à la crise économique, un danger de pénurie dans plusieurs pays du continent et des jeunes surqualifiés par rapport à l’emploi qu’ils occupent…

Ce vendredi 10 février, la Commission européenne présentait à Bruxelles son dernier rapport sur l’état de l’enseignement en Europe : Chiffres clés de l’éducation en Europe 2012.  Les grandes tendances qui s’en dégagent peuvent se résumer en 5 points :

  1. Des réformes qui tendent à offrir une éducation de base pour tous
  2. Une augmentation globale de la qualité de l’enseignement en Europe
  3. Des investissements inchangés dans certains pays mais réduits dans d’autres face à la crise
  4. Une meilleure formation des enseignants mais aussi un risque de pénurie dans certains pays
  5. Une augmentation des jeunes qualifiés, dans le tertiaire, mais aussi des jeunes surqualifiés par rapport aux emplois qu’ils occupent

Cliquez sur la carte pour obtenir le fichier XMind

1. La plupart des pays d’Europe ont entamé des réformes qui étendent l’offre éducative de base pour tous.  Autrement dit, tout le monde ou presque peut bénéficier d’un enseignement de base en Europe.

Partout, les auteurs constatent un allongement de la scolarité obligatoire, généralement aux environs de  18 ans.

La tendance générale est également d’accroître l’autonomie des écoles au niveau local.

2. Les chercheurs constatent également une augmentation globale de la qualité de  l’enseignement en Europe.  De plus en plus de pays font appel à des procédure « d’assurance-qualité » afin d’évaluer leurs systèmes d’enseignement.

3. Les investissements dans l’enseignement sont restés globalement inchangés face à la crise de 2008.  Mais, certains pays ont tendance à revoir les subsides à la baisse en réponse aux difficultés budgétaires.  Or, l’éducation et la formation sont les seuls avantages comparatifs que l’Europe peut encore avoir face aux concurrents extérieurs dans une économie globalisée.  Le danger est donc réel d’un déclin de notre compétitivité dans une économie de plus en plus tournée vers la connaissance.

4. La qualité de formation des enseignants augmente aussi.  Et les chercheurs voient une volonté de continuer à améliorer cette formation.  Mais, la profession est de moins en moins attractive et certains pays, dont la Belgique et Bruxelles en particulier risquent de connaître une grave pénurie d’enseignants dans les toutes prochaines années.   En outre, de nombreux jeunes enseignants changent d’emploi avant 5 ans.  Il faut donc trouver des pistes de valorisation.

5. Il y a une augmentation très nette des jeunes diplomés de troisième cycle, surtout dans les groupes d’âge 20-24 ans et 30-34 ans.  Mais, ils occupent trop souvent des emplois sous-qualifiés par rapport à leur formation.

Les auteurs préconisent donc une meilleure adéquation de l’enseignement aux exigences du marché.  Ils suggèrent deux pistes : anticiper ses besoins par une observation du marché du travail à court terme et adapter la formation par des modules courts de spécialisation qui permettraient de réponde rapidement aux besoins.

Si le paysage général brossé par les auteurs est plutôt positif, certains danger menacent et, à moyen terme, risquent de fragiliser davantage l’économie européenne : la pénurie d’enseignants prévue dans plusieurs pays, la réduction des budgets de l’enseignement face à la crise économique et le manque d’adéquation entre la formation et un marché du travail en évolution rapide et constante.

Encore une fois, la formation est le seul levier que l’Europe puisse encore actionner pour rester compétitive face aux économies émergentes.   Des pays d’Asie investissent énormément dans la formation de leurs jeunes.  Les jeunes des pays du Golfe sont de plus en plus nombreux dans les universités occidentales, mais aussi à Singapour ou à Tokyo.

Si l’Europe n’investit pas massivement dans la formation et l’enseignement, elle se condamne elle-même au déclin économique à moyen terme.  Ce n’est pas dans quelques années qu’il faut agir : c’est maintenant !

Pour visionner la carte ou en créer vous-même, télécharger XMind gratuitement ici !

Catégories
Apprentissage des langues formation Jeunes Langues

Les séjours linguistiques au top de l’apprentissage

La langue anglaise est assurément la langue étrangère la plus utile. Que se soit pour communiquer à l’étranger ou pour obtenir un bon emploi, parler anglais est un atout indispensable pour évoluer professionnellement.

Pour obtenir un bon niveau d’anglais, il faut bien sûr étudier, et choisir la bonne méthode. La formation la plus efficace est la formation touristique. Les cours anglais doivent être suivis avec assiduité à l’école par l’enfant ou l’adolescent et peuvent être complétés par des cours particuliers ou des cours à l’étranger lors d’un séjour linguistique. Le choix du pays est libre, il suffit de trouver l’équilibre entre le budget des parents et l’envie de l’étudiant.

Un séjour linguistique angleterre, par exemple, est parfait pour les étudiants ou les adultes qui souhaitent réellement se concentrer sur l’apprentissage de la langue, notamment grâce à une formule intensive avec des cours programmés toute la journée. Pendant la soirée et le weekend, l’étudiant profitera de son immersion pour s’imprégner de la langue et de la culture et appliquer les connaissances appréhendées en classe.

Le contenu des cours dépend du programme choisi par l’élève, il peut être général ou spécialisé. Il existe des formations intensives pour préparer l’étudiant aux examens et tests d’anglais les plus connus. Le pourcentage de réussite en est très impressionnant !

Il existe également des cours spécialement conçus pour les professionnels. Vous apprendrez la langue des affaires grâce à des mises en situation et du matériel ludique. Les professeurs, natifs du pays où vous vous rendrez, sont des professionnels qui sauront vous guider sur le chemin de la réussite. Que vous souhaitiez acquérir plus de fluidité pour communiquer en anglais ou augmenter votre niveau en vue d’un nouveau poste, le voyage linguistique est l’un des meilleurs moyens d’améliorer durablement votre anglais. Il ne vo

Catégories
Jeunes Recherche d'emploi Société

Fin du lycée et début d’une nouvelle vie !

Cette période de l’année est cruciale pour les étudiants qui passent leurs examens ou encore le baccalauréat. Comme si ce n’était pas suffisant, il faut aussi qu’ils fassent leurs choix d’orientation.

Comment faire le choix de l’orientation

La réponse est, bien entendu, simple : selon vos envies.  Néanmoins, il faut aussi prendre d’autres critères en considération, comme vos notes obtenues au cours de votre parcours scolaire (et oui pas uniquement celles de l’année en cours).  Un autre critère qui peut sembler plus étonnant est le choix de la ville.  En effet, on remarque que les bacheliers désirent en accédant au statut d’étudiant prendre leur indépendance, et ainsi vivre dans une résidence universitaire ou en colocation dans une autre région plus ou moins loin de leur ville natale.  L’important est de savoir ce que l’on désire faire plus tard et de se poser les bonnes questions: est ce que un emploi marketing m’intéresse? Ai-je l’âme d’un dirigeant? Tout cela afin de bien s’orienter. Cela peut sembler difficile de savoir précisement ce que l’on veut faire et les personnes qui ont cette chance détiennent par la même un avantage : une réelle motivation. Lorsqu’on ne sait pas trop où l’on va il est difficile de mettre toute sa volonté dans son travail, alors qu’avec un objectif cela change tout.

L’établissement le mieux adapté

Pour ceux qui ont réussi à déterminer le domaine de leurs études à venir, vient une autre décision : le choix de l’école ou de l’université.  Si vous souhaitez par exemple exercer un emploi de juriste, le choix de l’établissement sera plus restreint, mais cela est un avantage, car peu d’école en France sont spécialisées dans ce secteur d’activité.  Si vous avez donc le bonheur d’être reçu dans une telle école, vous aurez accès à un enseignement de spécialité en rapport avec la direction que vous souhaitez donner à votre vie professionnelle.

L’orientation scolaire est le point de départ de toute carrière, que vous vous destiniez à des emplois de direction ou à être salarié d’une entreprise.

Catégories
Apprentissage des langues Langues Mind Mapping Modèles Outils

Le pluriel des substantifs en néerlandais : une mindmap gratuite

Comment former le pluriel des substantifs en néerlandais ?

Voici une mindmap qui récapitule les règles de formation du pluriel des substantifs en néerlandais.

C’est un modèle gratuit, sous format PDF, que vous pouvez consulter en ligne, télécharger et imprimer autant de fois que vous voulez.

Cliquez simplement sur cette image pour accéder au document PDF sur http://www.issuu.com.

Cette carte heuristique a été réalisée avec XMind PRO 3.2.1 en français.

Vous pouvez télécharger le logiciel gratuit, en français en cliquant  ici.


Catégories
Orientation professionnelle Recherche d'emploi Stratégie

Travailler dans une PME ? Votre recherche d’emploi

Vous sortez tout droit d’une école prestigieuse ?  Votre diplôme tout neuf sent encore l’encre d’imprimerie ?  Et vous vous voyez déjà travailler au siège central d’une multinationale ? Avez-vous pensé à travailler dans une PME ?

Article mis à jour le 18 juillet 2021.

Les sirènes des grandes entreprises attirent souvent de nombreux candidats : plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de candidat pour un même poste.

Différents secteurs en pénurie

 Autant dire que vos chances de décrocher l’emploi de vos rêves dans une multinationale sont plutôt réduites… De plus, les sièges des grandes entreprises sont souvent concentrés dans la capitale.

Pourquoi travailler dans une PME plutôt que dans une grande entreprise ?

Si ce sont les grandes entreprises qui font la une des médias – le plus souvent quand elles se portent mal, d’ailleurs – ce sont les PME qui sont les plus dynamiques en termes de création d’emploi !  Ce sont les PME qui, globablement, créent le plus d’emploi en France, comme partout ailleurs en Europe.

Avant d’envoyer votre CV à une entreprise du CAC40, explorez le tissu des Petites et Moyennes Entreprises autour de vous.  Elles sont sûrement très nombreuses dans un périmètre pas très éloigné de chez vous. Ici aussi, comme ailleurs, renseignez-vous bien sur l’entreprise et pensez à ce que vous pouvez lui apporter.

Des avantages non négligeables dans les PME

  • la proximité : elles ne sont pas toutes concentrées dans ou autour de la capitale, mais disséminée à travers tout le pays et il y a gros à parier qu’il y en a tout près de chez vous
  • un milieu souvent plus convivial, des rapports plus proches entre collaborateurs
  • une hiérarchie moins verticale, souvent moins lourde que dans de grandes entreprises
  • la possibilité d’y acquérir une expérience utile à valoriser sur votre CV
Des relations conviviales avec les collègues

Quelques inconvénients de travailler dans les PME

  • le risque de paternalisme – surtout dans les plus petites entreprises : une PME cela peut être une entreprise moyenne de moins de 250 personnes !  Le patron – ou la patronne – risque de vous traiter comme un membre de la famille.  La limite entre vie professionnelle et vie privée peut alors devenir très floue.  Votre supérieur risque d’être plus intrusif dans votre vie privée qu’un supérieur dans une multinationale, plus anonyme.
  • les possibilités moindres d’évolution de carrière à long terme : les PME ayant une structure moins verticale que les grandes entreprises, il est plus difficile d’y grimper les échelons, moins nombreux.  Une PME, c’est souvent un patron qui met la main à la pâte et quelques travailleurs.  Vous n’allez pas remplacer votre patron demain…

Une PME pourrait bien vous offrir votre prochain job !

Pourtant – comme l’explique cet article Ranstad, les PME constituent 99,8 % des entreprises françaises, elles réalisent 36 % du chiffre d’affaires national et emploient 49 % des salariés.

Pas mal, non ?

Alors, pour votre prochaine recherche d’emploi, ne négligez pas les PME de votre Région : elles méritent mieux que la méconnaissance générale qui est souvent leur lot…

et elles pourraient bien vous offrir votre prochain job !

Vous avez aimé cet article ?  Inscrivez-vous à ma newsletter et ne ratez plus aucun article ou événement !

50.9686775.824968
Catégories
Apprendre à apprendre Apprentissage des langues Apprentissage précoce formation Langues

Langues : le gène manquant des Francophones

Jeudi dernier – 17 février 2011 – je roulais vers le lieu de la formation que j’animais.  Dans la voiture, j’écoutais Classic 21, comme souvent lorsque je travaille en Belgique.

J’ai entendu une interview du colonel Luc Gennart, ancien patron de la base aérienne de Florennes, qui tonnait contre la flamandisation de l’armée.

Malgré toute l’admiration et la sympathie – réelles –  que j’éprouve pour cet officier loyal et honnête, j’ai bondi sur mon siège à l’écoute de l’un de ses arguments et je suis toujours en colère au moment où j’écris ce billet.

Le colonel expliquait que l’armée belge connaissait une « flamandisation » croissante des officiers supérieurs au point qu’à présent on compte parmi les généraux pas moins de 71 % de Néerlandophones pour 29 % de Francophones.  Je suis aussi révolté que lui par cet état de fait qui démontre une fois de plus, s’il en était besoin, à quel point les rouages institutionnels de ce pays ont été conquis et verrouillés par les Flamands.

Mais, il explique cette situation – entre autres choses, heureusement – par le fait que « pour nous les Francophones, apprendre une autre langue est plus difficile. »

Je ne m’explique pas comment ma voiture n’a pas quitté la route quand j’ai bondi derrière mon volant en entendant cette ineptie !

Quel est donc ce gène linguistique dont seraient dotés les Flamands – et les Hollandais – qui apprennent apparemment le français zonder moeite et l’anglais without effort ? (Pour reprendre le slogan d’une célèbre méthode de langue).

 

Trouvez le gène des langues et gagnez un séjour linguistique en Laponie !

Quelle est donc cette mystérieuse prédisposition qui favorise l’apprentissage des langues chez nos voisins naturellement polyglottes alors que le pauvre Francophone, lui, se retrouve prisonnier du carcan unilingue par on ne sait quel atavisme suspect ?

Peut-être faut-il donner raison à Yves Leterme qui s’était mis la moitié du pays à dos en déclarant, lors d’une interview au journal français Libération, que « les francophones ne sont pas en état intellectuel d’apprendre le néerlandais » ?

Pour ma part, je me refuse à croire à un tel darwinisme linguistique et mon expérience de formateur me suggère d’autres sources à cette différence dans les niveaux d’apprentissage.

Une différence de maîtrise

Car il y a une différence, c’est clair : alors que beaucoup de jeunes Francophones ânonnent péniblement leurs phrases stéréotypées en néerlandais ou en anglais, les jeunes Flamands et Hollandais maîtrisent souvent ou l’anglais ou le français, voire les deux dès le milieu des études secondaires.

Mais est-ce vraiment lié à une caractéristique ethnique ou génétique ?

Je n’y crois pas une seconde !

J’ai formé au cours des dernières années suffisamment de jeunes – et moins jeunes – Francophones aux langues pour savoir qu’ils sont à même d’apprendre n’importe quelle langue, de la maîtriser et d’en tirer un plaisir croissant…

Les conditions du succès

Pourquoi les jeunes Flamands et Hollandais réussissent-ils là où les jeunes Francophones échouent ?

Parce qu’ils ne sont pas placés dans les mêmes conditions d’apprentissage… Tout simplement !

Pour moi, il y a deux grandes différences objectives et une subjective qui expliquent ce fossé linguistique entre Francophones et Néerlandophones.

La différence subjective

Les Néerlandophones ont conscience d’appartenir à un groupe linguistique peu nombreux.  Si on ajoute les Flamands aux Hollandais, on arrive grosso modo à 22 millions de locuteurs (natives) et près de 30 millions si l’on y ajoute les personnes pour qui le néerlandais constitue une deuxième langue.  C’est très peu.

De plus, le néerlandais, en Belgique n’a obtenu une reconnaissance officielle tardive.

Ils savent donc qu’ils doivent parler d’autres langues s’ils veulent trouver un emploi dans un marché tourné essentiellement vers l’exportation – c’est valable aussi bien pour la Hollande que pour la Flandre.

Les Francophones, par contre, ont conscience d’appartenir à un groupe linguistique beaucoup plus large : environ 136 millions de locuteurs (natives), et jusqu’à près de 200 millions si on y ajoute les personnes pour qui le français constitue une seconde ou une troisième langue.

Le français a été la langue de la diplomatie internationale et des cours princières pendant des siècles et le parler confère un certain prestige à son locuteur comme en témoignent les nombreuses citations françaises (parfois très approximatives, d’ailleurs) dans les journaux, magazines et livres anglais, américains ou hollandais… (Ouvrez un numéro du Guardian, du New Yorker ou de Vrij Nederland, et vous serez édifié…).

Mais, ce prestige cède la place à l’anglais dès qu’il s’agit du monde économique ou scientifique.  Et les Francophones n’ont pas encore conscience – ou pas suffisamment – de cet état de fait…

Les différences objectives

  • Une plus grande exposition aux autres langues dans l’espace culturel néerlandophone
  • Des méthodes d’apprentissage des  langues plus dynamiques et plus en prise avec le monde d’aujourd’hui dans le même espace

L‘exposition à d’autres langues

Je n’ai jamais compris pourquoi, dans l’espace culturel francophone européen, les films sont systématiquement doublés.  Sauf quelques films d’auteurs, peu accessibles au plus grand nombre, dans des ciné-clubs programmés généralement à une heure où les gens qui travaillent le lendemain  dorment depuis belle lurette…

Les séries américaines sont également doublées systématiquement.  Et donc, dans nos versions aseptisées, Tom Hanks parle avec cette affreuse voix de canard si différente de l’originale, un peu rapeuse et toute en tonalités mâles… Tant mieux pour les acteurs, qui trouvent un complément de revenus, mais tant pis pour nos jeunes !

Car, tant en Flandre qu’aux Pays-Bas, les films et les séries anglo-saxons sont systématiquement sous-titrés, ce qui change tout : les jeunes sont exposés à l’anglais, à son vocabulaire, à ses structures, à la musique de la langue… dès le plus jeune âge.   Ce qui fait que, lorsqu’ils arrivent à l’école, ils n’ont pas l’impression de s’adresser à un ambassadeur Klingon, mais bien à un professeur terrien qui les accueille dans un idiome familier.  Cela fait toute la différence.

 

Des méthodes d’apprentissage adaptées

En tant que formateur officiant dans des écoles privées – dont la nôtre, la Lingua Franca Academy – je suis confronté à des demandes de jeunes Francophones qui échouent aux examens et me demandent de les aider à préparer les sessions de rattrapage.  Des étudiants qui désirent étudier à l’étranger – Angleterre, États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Asie, etc. – me demandent aussi de les préparer à leur nouvel environnement…  Je coache aussi des personnes qui souhaitent travailler dans un pays ou une entreprise anglophone – ou multilingue, commes les institutions européennes…

De la parole avant toute chose

Cette adorable jeune fille brune – appelons la Sandrine –  balbutie quelques mots, bégaie, hésite, se tait, reprend péniblement… et abandonne finalement dans un hoquet qui ressemble à un sanglot.

C’est la deuxième fois que je la vois et je suis perplexe : cette adolescente intelligente de 17 ans est capable de lire, en ne perdant pas une syllabe, la version anglaise de La Mouche, la nouvelle de science-fiction de George Langelaan qui a donné son nom au film avec Jeff Goldblum.

Là, je viens de lui demander de me raconter ce qu’elle a compris d’un texte de deux pages que je lui ai donné à lire la semaine précédente et, au bout de deux minutes aussi pénibles qu’une séance chez l’inquisiteur, elle est au bord des larmes.

Je ne comprends pas bien.  Je lui demande : – « Vous faites bien de l’expression orale, au cours ?  Vous parlez anglais, de temps en temps ? »

Et elle me répond cette chose incroyable : « – Oui, d’avril à juin.  Le reste de l’année, on fait de la lecture, de la grammaire, de la traduction… »

Souvenez-vous : vous étiez enfant et votre maman vous sussurait à l’oreille des choses gentilles, de ces paroles suaves comme seules les mères savent en inventer pour leur bébé…

Maintenant, imaginez : votre maman vous parle d’avril à juin.  Le reste de l’année, elle vous remet des livres de grammaire ou de très mauvaises photocopies, comme j’en vois trop souvent dans les classeurs de mes étudiants…  Il y a gros à parier qu’à 45 ans, vous en êtes encore à balbutier votre langue maternelle et à vous mettre dans des états nerveux proches de celui de Sandrine…

Une langue, ça se parle d’abord.  C’est à ça que ça sert : exprimer, avec des mots PARLÉS, ses besoins, ses envies, ses émotions, ses projets, etc.

L’écriture et la grammaire viennent plus tard consolider les acquis du langage

Nos enfants apprennent encore les langues vivantes comme nous apprenions le latin il y a 50 ans !

Mais l’anglais et le néerlandais ne doivent pas leur servir à traduire Shakespeare ou Multatuli comme nous traduisions Ciceron : ils doivent pouvoir demander à l’aéroport où se trouvent leurs bagages, au restaurant pourquoi leur pizza n’arrive pas, au chauffeur de bus si l’arrêt de Piccadilly est encore loin…   Et non pas déchiffrer à l’aide d’un dictionnaire fatigué les monologues déprimants d’un prince danois mort il y a 1000 ans… (Et c’est un passionné, collectionneur de tout ce qui se rapporte au théâtre élisabéthain et jacobéen qui vous parle…).

Des sources en prise avec l’univers des jeunes

Louise – un autre pseudo – a 16 ans.  Elle est passionnée par l’univers de Twilight, cette saga de vampires écrite par Stephenie Meyer et dont le succès auprès des jeunes constitue un véritable phénomène de société.  Xavier a 19 ans.  C’est un vrai geek : fou de jeux vidéo, il se destine à la programmation informatique.

Louise vient me voir car elle est en échec scolaire.  Xavier se rend aux États-Unis dans deux mois et veut parler les rudiments de la langue avant de partir… Après six ans d’anglais en secondaire, il est incapable de commander un sandwich dans un snack de Camden ou de New York !

Par un hasard qui fait qu’ils se croisent dans les couloirs de l’école lors de la première séance, je découvre que non seulement ils se connaissent, mais qu’ils ont eu le même professeur d’anglais.

Qui leur a procuré un medium moderne et attractif pour leur apprendre la langue de Dickens et Stevenson : Tintin et l’île noire, en traduction anglaise.

J’adore Hergé, je le tiens pour un des génies de la bande dessinée mondiale.  Mais Tintin et l’île noire a été édité en français en 1938, soit l’année de  naissance de mon père !

Et j’apprends par la même occasion que cet album sert depuis pas mal d’années pour régurgiter le même programme…

Il faut arrêter de prendre nos jeunes pour des crétins !

J’ai donné à lire à Louise des extraits de Twilight, une interview d’une des actrices principales, nous en avons discuté tous les deux.  Nous avons travaillé sur la chanson The Fear de Lilly Allen.  Nous avons visionné des extraits de films sortis dans l’année, dont Slumdog Millionaire,  dont elle a lu des extraits du livre en anglais…

Avec Xavier, nous avons travaillé sur une interview de concepteur de jeux vidéo, nous avons tenté de comprendre des extraits de The Green Hornet – la série, le film n’était pas encore sorti – et nous avons lu des passages d’Angel and Demons.  Nous avons décortiqués des extraits du New York Times et avons parlé de la chanson The Scientist de ColdPlay.

Nous avons fait aussi de la grammaire : conjugaison, accords, etc.  Nous avons simulé des entretiens au restaurant, au cinéma, dans un hôtel, dans un taxi, etc.

Louise a réussi ses examens et Xavier est en Californie.

Se donner le droit de se tromper

Amélie est aussi une jolie brune de 17 ans.  Elle parle un anglais parfait, quasi-oxfordien alors qu’elle n’a jamais mis les pieds en Angleterre.

Elle participe pour la première fois à un atelier d’anglais avec un groupe de jeunes de son âge.

Je ne comprends pas pourquoi elle est là.  Elle pourrait me remplacer demain au pied levé.  Je la soupçonne même d’être meilleure que moi en grammaire car lorsque je l’interroge sur cette matière, ses réponses fusent comme des feux d’artifice et jamais, jamais une erreur !

Je lui demande quels sont ses objectifs en venant ici.  Elle m’explique que ses parents l’emmèneront en Angleterre dans quelques mois pour un séjour d’une semaine ou deux et qu’elle veut « parler parfaitement avant d’aller là-bas« .

Car Amélie a une phobie : elle a une peur maladive de se tromper !

Imaginez un peu, si elle allait dire « I wish you was here » au lieu de « I wish you were here » !

Quel drame !  Quel déséquilibre monstrueux dans l’écosystème linguistique mondial !!!

Amélie abandonnera l’atelier après une seule séance.  Elle ne peut tout simplement pas parler devant les autres.  Par peur.  Peur que des adolescents de son âge se moquent d’elles et la montrent du doigt.  J’ai appris depuis qu’elle avait renoncé à son séjour en Angleterre…

Moi qui fréquente des Anglais, des Néo-Zélandais, des Africains, des Italiens, des Saoudiens et des Asiatiques tout au long de l’année – en plus des Hollandais et des Flamands ! – je peux vous dire une chose :

– ils se trompent tous !  Et moi aussi !

Tout le monde s’en fout !

C’est normal de se tromper !  Même dans une langue étrangère.  Même dans notre propre langue !

C’est comme ça qu’on apprend : par essai et erreur !

Il faut que les professeurs de langue cessent de traumatiser les étudiants en leur faisant viser une perfection qui n’existe pas dans le monde réel ! Et qu’en-dehors de l’école, personne n’exigera d’eux !

On ne devrait même pas donner de cotes aux cours de langue.  C’est contre-productif !

Corrigez gentiment ! Faites prendre conscience de l’erreur – pas de la faute, pour l’amour des langues !  Et amenez la personne à se corriger d’elle-même.  Et apprenez-lui à rire de ses approximations

Vous lui rendrez un meilleur service qu’en la transformant en une de ces névrosées des langues qui n’osent pas aller à Londres ou à Amsterdam parce qu’elle parle mal ou « pas trop bien »…

Hommage aux professeurs qui…

J’ai bien conscience en écrivant ce billet que je n’ai mis l’accent que sur ce qui ne marche pas.   Parce qu’en tant que formateur dans une école privée, je répare souvent les dégâts – quand c’est encore possible – commis par une éducation aux langues déficiente…

Je voudrais quand même terminer en disant que tout n’est pas négatif.  Des écoles organisent des cours en immersion.  Des professeurs prennent des initiatives qui vont dans le bon sens.

Mais ce sont encore trop souvent des initiatives isolées au sein de programmes généraux mal adaptés aux réalités d’aujourd’hui.  On apprend encore trop souvent les langues vivantes en traduisant des textes comme s’ils avaient été écrits il y a deux mille ans.

Les classes sont surchargées.  Comment faire parler tout le monde quand le cours dure 50 minutes – la fameuse « période » – alors qu’il y a près de 30 étudiants dans la classe ?

Parents, vous avez aussi une responsabilité dans tout ça : exigez des cours de langue de qualité pour vos enfants ! Etre unilingue dans le monde d’aujourd’hui, c’est un handicap plus lourd qu’être analphabète il y a 50 ans…

Aujourd’hui, comme le dit Thomas Friedman, the world is flat