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Blog d’entreprise : 12 comportements à éviter à tout prix !

Vous avez un blog d’entreprise, mais les lecteurs vous boudent.  Vos statistiques de fréquentation ne décollent pas.  Peut-être adoptez-vous inconsciemment un de ces comportements nuisibles qui réduisent la popularité de votre blog.  Passons-en une douzaine en revue.

Dans un billet précédent, j’ai passé en revue les dix bonnes raisons de créer votre blog d’entreprise.   Aujourd’hui, je vous propose d’explorer ensemble le côté obscur de la Force et d’examiner 12 comportements toxiques pour la popularité de votre blog !  Bien sûr, il y en a d’autres (et je vous invite à les signaler en commentaires) mais ceux-ci me paraissent vraiment négatifs.  Et susceptibles de tirer la notoriété de votre blog vers le bas.

Heureusement, tous ces comportements peuvent être corrigés !  Je vous donne à la suite de chacun d’entre eux quelques conseils pour y remédier et adopter une attitude plus positive.

12 comportements nocifs pour votre blog

Des objectifs ?  Pour quoi faire ?

Des objectifs, cela sert à savoir où vous voulez aller.  Et à vérifier si vous êtes toujours sur la bonne voie.

Quel est le but de votre blog ?  Acquérir de la notoriété ?  Attirer du trafic vers votre site ?

Prenons ce dernier cas.  Combien de visiteurs voulez-vous attirer d’ici la fin de l’année ?  Combien sont-ils à présent ?  Quelle progression mensuelle devez-vous assurer pour atteindre cet objectif ?  Est-ce possible ?  Avez-vous tenu compte des variations saisonnières ?  Dans certains secteurs – formation, tourisme, etc. – elles peuvent être très importantes.

Donnez-vous des objectifs clairs, de type SMAART : cela vous aidera à avancer !  Fixez à l’avance des critères de réussite : cela vous permettra de savoir à tout moment où vous en êtes par rapport à vos objectifs.  Vous pourrez ainsi vous féliciter si vous les dépassez.  Ou corriger le tir si vous êtes en-dessous…

Un calendrier éditorial, c’est inutile !

Ah oui ?

Pourtant, par expérience, je peux vous dire qu’un bon calendrier éditorial est une aide précieuse : pour vous et vos lecteurs.

Au début de votre blog, vous serez tout feu, tout flamme : vous déborderez d’idées, d’énergie et d’enthousiasme.  Mais au bout de quelques semaines, vous sentirez le poids du travail que cela représente.  Vos idées risquent de se tarir.  Vous pourriez alors abandonner, comme tant d’autres avant vous (et probablement après…)  Il n’y a qu’à voir le nombre de blogs abandonnés après moins d’un an de fonctionnement, c’est assez édifiant.

Un calendrier éditorial vous permet d’étaler votre travail, de respecter un rythme.  De prendre de l’avance quand vous avez un peu de temps.  D’anticiper sur les publications à venir.   C’est un bon moyen d’évaluer votre charge de travail.  C’est un gage de pérennité.

Ayez toujours quelques brouillons d’articles d’avance : cela vous permettra de souffler un peu quand vous êtes très occupé par ailleurs.

Vos lecteurs vous seront reconnaissants de publier régulièrement.  C’est aussi un bon moyen de les fidéliser.

Je n’ai pas besoin de plan

La principale erreur des débutants…

J’ai une idée ; je me rue sur le clavier et je tape mes idées au kilomètre.  Lorsque j’ai fini, je presse le bouton « Publier » et c’est parti !

C’est parti et c’est mal parti dans la plupart des cas…

Lorsque vous écrivez, respectez toujours la règle des 3 R : elle vous évitera bien des déboires.  Et, bonne nouvelle : elle facilitera la lecture tant par les humains que par les robots de Google !  Pour une raison toute simple : un texte bien structuré guide le lecteur sur le cheminement de votre pensée.

R comme Réflexion

Réfléchissez à ce que vous allez écrire.  Quel est mon objectif en écrivant ce texte ?  Quel est le message que je veux faire passer ?  Qui sont les destinataires de ce texte : des experts, des professionnels ou des personnes qui n’ont jamais entendu parler de ce sujet ?

Comment structurer mon document ?  Une mindmap peut vous y aider.  Cet article a été écrit à partir de la mindmap MindMeister en illustration ci-dessus.

Lors que vos idées principales sont dégagées et que la structure de votre texte est bien claire, passez à l’étape suivante.

R comme Rédaction

Commencez à rédiger.  Le titre et les sous-titres vont vous y aider.  Ecrivez le plus naturellement possible.  Soyez-vous même.  Laissez vos idées couler sur le papier ou sur l’écran.

R comme Révision

Et relisez-vous !  Ou mieux encore, faites-vous relire par une personne bienveillante.  Traquez les répétitions, les fautes d’orthographes, les contre-sens, les phrases incomplètes, les formulations, maladroites, etc.

Rien n’est plus énervant et plus agaçant qu’un article d’expert truffé de fautes d’orthographe, d’erreurs de syntaxe et d’expressions presque françaises mais pas tout à fait…

Je m’occuperai des médias sociaux plus tard

Grosse erreur !  Colossale erreur !

Vous avez l’intention de lancer un blog ?  Commencez donc par une campagne à travers les médias sociaux !

Annoncez la parution de votre nouveau blog quelques semaines avant que le premier billet ne paraisse.  Donnez déjà envie à vos lecteurs potentiels de venir vous découvrir.

Envoyez un tweet, postez un message sur Facebook.  Postez un premier billet de présentation sur Facebook et dans les groupes Linked In : suscitez l’envie de vous lire !

Et puis, n’arrêtez plus : utilisez les systèmes d’automatisation de partage.  Liez votre blog avec vos comptes Facebook, Twitter, Linked In afin que chaque billet soit partagé dès qu’il est publié.  Utilisez un outil comme HootSuite qui vous permet de programmer la publication sur différents médias sociaux à des moments différents.

Mais aussi, réagissez aux commentaires, suscitez-les, engagez le débat dans des groupes Linked In ou des communautés Google+.  Faites le buzz autour de vos articles.  Diffusez vos articles avec un outil de curation comme Scoop it !

Les médias sociaux vont générer un trafic non-négligeable vers votre blog et votre site.  Et ils sont excellents pour votre référencement !

Pensez donc à les intégrer dans votre plan marketing dès que l’idée de votre blog a germé !

Le SEO ? Jamais entendu parler !

Le référencement naturel ?  Les mots-clés ?  Les moteurs de recherche ?  Très peu pour moi !

Une autre grosse erreur !  Vous écrivez pour être lu, non ?  Alors, il faut que vos lecteurs puissent vous trouver.

Informez-vous : il existe suffisamment de pages web, de forums et de groupes sur Internet que pour se tenir au courant des dernières évolutions en la matière.

Optimisez vos pages, rendez-les lisibles pour les robots de Google mais aussi accessibles pour vos lecteurs.

On ne vous demande pas d’ouvrir une agence de référencement dès demain : mais au moins de maîtriser les bases du SEO pour booster votre blog dans les pages de résultats des moteurs de recherche.

Si les médias sociaux sont importants, sachez que les moteurs de recherche restent une porte d’entrée essentielle vers vos contenus.  Tenez-en compte !

Les statistiques, très peu pour moi !

Si vous voulez prendre le pouls de votre communauté, savoir ce qui intéresse vos lecteurs, gardez un œil sur vos statistiques en permanence !

Quels sont les mots-clés les plus populaires  ?  Quels sont les articles les plus lus ?  Quels jours de la semaine sont les plus fréquentés ?  Quels créneaux horaires présentent le plus grand nombre de visites ?  Quels articles ont le plus intéressé vos lecteurs ?

Le suivi de vos statistiques vous permet de brosser le portrait de votre lecteur.  De corriger le tir si vous avez commis des erreurs de paramétrage ou de communication.

Vous saurez quels sont les meilleurs jours pour publier.  Les meilleures heures. Quels médias sociaux vous rapportent vraiment du trafic.  Quels sites soutiennent votre positionnement (link juice).

C’est l’équivalent de votre tableau de bord.  Ne le quittez pas des yeux sans pour autant oublier la route : vous le faites bien avec votre voiture, non ?

Le HTML, c’est pour les techniciens

Moi, je suis un littéraire : je m’occupe du texte, du côté « écriture ».  Le reste c’est de l’intendance, c’est pour les techniciens !

Erreur !  Qu’est-ce qu’une balise H1 et quelle est son importance pour votre référencement ?  Quelle est l’influence du fichier robots.txt sur votre présence dans les résultats de Google ou de Bing ?  Que faites-vous si les méta-descriptions de votre site ne correspondent pas au contenu ?

Une fois de plus, on ne vous demande pas de devenir LE spécialiste du HTML.  Mais au moins, sachez-en un minimum.   Ne fut-ce que pour comprendre ce qui se passe et comment fonctionne votre site.  Et aussi pourquoi subitement, des dysfonctionnements apparaissent sur votre blog.

Vous serez d’autant plus performant en SEO que vous comprendrez la cuisine interne de votre blog.

J’écris pour moi

J’ai une vocation littéraire.  Depuis toujours, sommeille en moi un écrivain qui ne demande qu’à s’exprimer !  Mon blog d’entreprise me donne enfin l’opportunité de me faire plaisir : écrire.

Vous vous êtes trompé d’endroit !

Le blog d’entreprise est un lieu d’échanges.  Un lieu de communication.  Cela veut dire que vous écrivez d’abord pour les autres :

  • Pour leur venir en aide.
  • Pour leur prodiguer des conseils judicieux, des solutions astucieuses.
  • Pour leur signaler une nouveauté qui leur sera utile.
  • Pour les mettre en garde contre les mauvaises pratiques.
  • Pour leur apporter un éclairage unique sur un problème qui les préoccupe.

Pas pour exposer vos états d’âme !  Et encore moins pour vous essayer à la virtuosité linguistique et littéraire (voir la partie Le jargon il n’y a que ça de vrai !).

Bien sûr, si écrire ne vous procure aucun plaisir, laissez tomber l’idée du blog.  Car il va vous falloir de la persévérance pour tenir le coup à long terme.  Écrire régulièrement sur les mêmes thématique exige de l’endurance.  C’est la passion pour votre activité conjuguée au plaisir d’écrire qui vous donnera la force de continuer pendant des années.

Mais ce plaisir d’écrire doit être tourné vers les autres.  Quelqu’un a dit que les Français s’expriment tandis que les Anglo-Saxons communiquent.  Sur un blog d’entreprise, vous devez être anglo-saxon !

Je sais tout !

Ou le syndrome de l’auteur.

Fini le temps où l’auteur vénéré tonnait du haut de sa chaire !  L’heure est au web 2.0 où chacun peut s’exprimer, commenter, rebloguer, liker, googler ou curater à tout va !

Si le blog est LE lieu où vous pouvez faire état de votre expertise, il est aussi et surtout LE lieu privilégié pour échanger avec les membres de votre communauté.  C’est-à-dire avec des experts comme vous, des clients existants, des prospects, des gens intéressés par le même domaine, des étudiants qui seront de futurs professionnels – et pas les moins critiques !

Autrement dit, une foule de gens qui partagent au moins une fraction de votre expertise, une expérience différente, des pratiques divergentes, des besoins non-encore satisfaits.

Des gens qui ne demandent pas mieux que vous donner leur point de vue, un conseil ou une astuce pour gagner du temps, une correction lorsque vous vous trompez !

Et quand vous vous trompez, ayez l’élégance de le reconnaitre et de remercier celui ou celle qui vous a corrigé.   Les gens élégants ne sont pas si nombreux : démarquez-vous par votre attitude de gentleman ou de lady !

Je prends le lecteur pour un crétin

Mon lecteur n’y connait rien, donc, je peux lui raconter n’importe quoi.  Mon lecteur est paresseux, donc je simplifie.  Mon lecteur est pressé, donc je fais court, voire télégraphique.  Mon lecteur est illettré, donc si je collectionne les fautes d’orthographe, ce n’est pas grave.

Autant d’erreurs, voire de fautes…

Votre lecteur est celui qui fait vivre votre blog et votre entreprise.  La moindre des choses est de le respecter.

En outre, il est très probable que les lecteurs de votre blog soient – au moins en partie – des collègues, des clients potentiels, des donneurs d’ordre potentiels, des prescripteurs, etc.  Donc, des personnes intéressées par le sujet, et intéressantes – sinon vitales ! – pour la vie de votre entreprise.

Votre blog est une pièce maitresse de votre stratégie de marketing et de communication.  Ne gâchez vos chances de réussite en présentant une vitrine de mauvaise qualité…

Le jargon, il n’y a que ça de vrai !

Ah, le jargon !  Ce langage inaccessible au commun des mortels, mais qui vous fait sentir que vous êtes unique.  Que vous seul maitrisez tous les aspects les plus techniques ou les plus subtils de la chose.

Ce comportement-ci est lié au précédent : vous vous faites plaisir.  Vous oubliez votre lecteur.  Vous oubliez l’intérêt du lecteur.

Certains blogs sont tout simplement illisibles parce que les auteurs prennent un malin plaisir à jargonner ; à utiliser des mots rares et précieux ; à se gargariser de termes alambiqués…

Entre deux mots, choisissez toujours le plus simple, le plus concret.  Celui qui aidera votre lecteur à voir, à entendre, à sentir ce dont il s’agit.  N’oubliez pas : vous êtes à son service, pas l’inverse !

Les ingénieurs parlent aux ingénieurs

Une variante particulièrement insupportable du jargon : le jargon technique.

Vous avez sans doute déjà assisté à la scène. Vous êtes au rayon « PC et accessoires » d’une grande surface. Un monsieur d’une quarantaine d’années écoute un vendeur.

« Et donc, vous disposez d’une mémoire ram de 4 gigas que vous pouvez upgrader à 8 gigas moyennant un supplément.  Le hard disk a une capacité totale de 1 térabyte et vous avez 4 clés USB 3.0 plus deux USB 2.0 et la possibilité de connecter une série de périphériques avec le BlueTooth ».

Le monsieur en question veut savoir si son garçon pourra faire ses devoirs avec cette machine et si lui, ou sa femme, pourra travailler sa comptabilité le soir, quand il aura fermé la boucherie.  C’est tout.

Et le vendeur continue de le bombarder de termes techniques incompréhensibles.

S’il réussit à vendre son PC à ce monsieur, il a beaucoup de chances.

Certains blogs ressemblent à ce vendeur : ils vous bombardent de jargon professionnel.  Il faudrait un dictionnaire encyclopédique pour comprendre le sens général de ce qu’on vous raconte.

L’auteur, souvent, ne le fait pas exprès.  Il est pris dans son « trip » : un domaine qui le passionne, dans lequel il excelle.  Et il oublie que le commun des mortels ne maitrise pas le 10e de ce qu’il connait sur le bout des doigts.

Ne tombez pas dans cette erreur : ou en tout cas, essayez de ne  pas tomber dans cette erreur.  Ce n’est pas évident : j’y ai succombé, moi aussi, comme tout le monde.  Mais je m’entraine 😉

Sur mon blog, de la pub à mort !

Dans ce cas, c’est votre blog qui risque de mourir.

En effet, vos visiteurs, comme la plupart d’entre nous, sont déjà assaillis de pub un peu partout : dans notre boîte aux lettres, à la télé, à la radio.  Sans parler d’Internet.

Alors ne commettez pas l’erreur de prendre votre blog pour une annexe de votre vitrine ou de votre agence de pub.

Bien sûr que votre blog est là pour vous faire connaître : mais pas juste pour vendre !  Pour cela, utilisez les pages commerciales de votre site, les annonces Adwords ou  d’autres canaux.

Le lecteur ne vient pas sur votre blog pour être bombardé de messages publicitaires ou autres popups envahissants.  Il vous consacre son temps pour lire votre avis d’expert, pour trouver une solution à son problème.  Donnez lui ce qu’il cherche.

J’attends d’avoir du trafic pour gagner de l’argent

Ne vous attendez pas à gagner des fortunes avec votre blog.  Mais si vous voulez  le monétiser, n’attendez pas d’avoir 100.000 visiteurs par mois.  Faites-le dès le début.  Intégrez des bannières – pas trop, voir titre précédent…  Intégrez des annonces ou des liens payants.

Si vous monétisez votre blog, faites-le dès le premier jour : d’abord, vous configurerez votre blog en conséquence.  C’est toujours mieux que de coller des parties commerciales sur quelque chose qui n’était pas prévu pour : ça fait vraiment pièce rapportée !

Et puis, votre lecteur ne sera pas surpris de voir un jour débarquer tout un arsenal de pubs ou de messages marketing sur un blog où, jusque-là, il pouvait très bien s’en passer…

N’en faites pas trop non plus :  votre lecteur vient pour trouver ce qu’il cherche, pas pour faire son marché.  Si vous l’agressez avec une pub envahissante, il risque fort de ne pas s’attarder et de ne jamais revenir.

A bon entendeur…

En guise de conclusion

La meilleure façon d’éviter toutes ces erreurs, c’est d’avoir toujours votre lecteur présent à l’esprit.  Qu’est-ce qu’il cherche ?  De quoi a-t-il besoin ?  Comment puis-je l’aider ?

De cette façon, vous serez toujours dans le bon axe.  Et vos lecteurs vous récompenseront non seulement en vous lisant, mais en échangeant avec vous.  Et en vous recommandant auprès de leurs amis.  Et ça, en termes de marketing, ça n’a pas de prix !

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Journalisme

Ecrire pour la presse web : l’importance cruciale de l’habillage

On sent tous de manière intuitive que l’habillage d’un texte a de l’importance.  Un bon titre, bien visible.  Une mise en page agréable.  Des images cohérentes avec le sujet et des intertitres clairs.

Mais l’habillage peut aussi changer dramatiquement la perception qu’un lecteur aura de votre article.  Un exemple avec un des mes articles, paru avec des habillages très contrastés dans deux médias différents : MyEurop et Owni.

Troisième article de la série « Ecrire pour la presse web » après « les portes d’entrées de votre article » et « le mythe du toujours plus court« .

L’importance de l’habillage pour un texte de presse en ligne est souvent sous-estimée.  Or, la position unique de l’article sur la page web renforce, amplifie l’effet de l’habillage sur la perception qu’aura le lecteur de votre article.  En effet, dans un journal papier, un article est rarement isolé : il est entouré d’un, voire de plusieurs autres articles : sur le web, le lecteur n’a que votre article sous les yeux.  Et l’habillage bénéficie d’un impact d’autant plus important.

Pour illustrer cette hypothèse, j’ai pris un de mes propres articles pour exemple.  Il s’agit d’un article sur un réseau citoyen et les policiers bénévoles aux Pays-Bas.  L’article est paru initialement dans MyEurop et a été repris par Owni.  Il a également été inséré dans un article sur le site de France 2  par Jacques Deveaux pour illustrer un reportage intitulé « Policiers occasionnels aux Pays-Bas« .

Sur MyEurop, l’article s’intitulait Des policiers-citoyens pour sécuriser les Néerlandais tandis qu’Owni titrait : Les milices fleurissent aux Pays-Bas !  Il semble d’ailleurs qu’il y ait du flottement dans le choix du titre, puisque le lien d’Owni affiche : les milices de quartier des Pays-Bas.

Mais, lors du passage d’un site d’information à l’autre, le titre a été passablement dramatisé, vous en conviendrez !

L’habillage, ce n’est pas que le titre.  C’est aussi, le chapô, la titraille, l’utilisation de la graisse, de la ponctuation et des images.

Un chapeau plus dramatique et personnalisé

MyEurop résume ainsi l’article dans le chapô :

« Faute de moyens et afin de réduire le taux d’affaires non-résolues, les autorités néerlandaises font appels à des citoyens bénévoles. Ceux-ci participent à des réseaux de surveillance ou s’enrôlent dans la « police volontaire ». Une politique assortie de risques non-négligeables. Article et reportage vidéo. »
 

Un texte relativement neutre, informatif : une bonne synthèse du contenu de l’article.

Comment Owni traite l’information dans son chapô ?  Un contenu beaucoup plus dramatique et personnalisé.

« OWNI publie ce témoignage signé Marco Bertolini consacré aux milices néerlandaises. C’est l’histoire d’un citoyen installé dans un quartier bucolique des Pays-Bas et qui découvre un matin que les autorités néerlandaises font appels à des citoyens bénévoles. Autour de lui, de paisibles pères de famille s’éclatent dans des milices de quartier. Un récit initialement paru chez nos amis de MyEurop. »
 

L’article est présenté non comme l’oeuvre d’un journaliste professionnel qui enquête sur les possibles dérives policières aux Pays-Bas, mais comme le témoignage d’un « citoyen » qui « découvre un matin » qu’on fait appel à des citoyens bénévoles pour la chasse aux gangsters.  De « paisibles pères de famille s’éclatent dans les milices de quartier ».

Mon travail de journaliste est donc devenu le témoignage d’un simple citoyen qui découvre une réalité insoupçonnée.  C’est une façon de personnaliser l’histoire, un procédé probablement aussi vieux que le journalisme.

Les images-chocs transforment la perception du contenu

Owni ne s’est pas arrêté là.

Son équipe a habillé le texte d’images dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles tranchent singulièrement avec celles utilisées par MyEurop !

Jugez plutôt.

Voici la première photo utilisée par MyEurop :

Première image MyEurop

Et voici la première image qu’Owni affichait en tête de l’article, ainsi que le nouveau titre et le chapô retravaillé :

La première image d’Owni

La référence à Big Brother et à son oeil omniprésent est évidente.

Les autres illustrations contrastent de la même manière.  Voici une capture d’écran de la vidéo qui figure sur l’article de MyEurop : un policier-lambda en train de verbaliser.  Les policiers bénévoles n’ont pas l’air trop inquiétant.

Capture d’écran du reportage vidéo

La deuxième photo d’Owni joue sur la suggestion : une silhouette découpée à hauteur du buste, dans une rue déserte, avec la proximité de l’eau sombre, qui contribue à l’atmosphère glauque.  Une image hitchcockienne.

Une photo tirée d’un film de Hitchcock ?

Image que ne contredira pas la suivante : un oeil dans lequel la pupille est remplacée par une tête de mort et deux tibias comme on en trouve sur les étiquettes de poison…  La dramatisation est portée à son comble avec l’oeil qui rappelle la surveillance constante des Big Brothers contemporains que sont les réseaux citoyens et les policiers bénévoles, encadrant un symbole de mort par empoisonnement.

Un oeil scrutateur et empoisonné

L’utilisation des photos noir et blancs et sur des thèmes évoquant un univers orwellien dramatise au maximum la perception du contenu de l’article.  Nous sommes ici dans un environnement hostile, potentiellement violent et dangereux.

Les encadrés gris, dans lesquels figurent les citations, renforcent cette impression d’atmosphère à la fois anonyme et irrespirable.

Certaines portions de textes – comme la citation au-dessus de l’oeil – ont été déplacées par rapport à l’original afin de les isoler davantage, pour les mettre en évidence.   Et pour les rapprocher des photos dramatiques : le texte isolé et la photo se renforcent mutuellement.

Lorsque j’ai découvert mon texte habillé de cette façon, ma première impression a été un choc !

Je savais que l’article allait être reproduit sur une page d’Owni.  Connaissant le média, je ne doutais pas une seconde que son équipe « rhabillerait » le texte à sa façon.  Mais je ne m’attendais pas à une telle transformation.  Or, le texte lui-même n’a subi que de très légères altérations.  Mais j’avais vraiment le sentiment de découvrir un tout autre article, plus virulent, plus extrême que celui publié à l’origine.

Il est normal qu’un média habille un texte selon sa ligne éditoriale, selon le public auquel il s’adresse.  Selon l’effet qu’il veut produire.  Bien sûr l’angle choisi par le journaliste donnera le ton général de l’article.

Mais cet exemple réel, concret, montre à quel point l’habillage peut influencer la perception que nous avons d’un même texte : l’environnement graphique peut modifier profondément l’impact de votre texte sur le lecteur.  Pensez-y !

Marco Bertolini

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Mindmapping : 5 bonnes raisons d’utiliser les mots-clés !

Pourquoi utiliser les mots-clés plutôt que des phrases entières dans vos mindmaps ?  C’est une question qui m’est souvent posée, que ce soit en formation ou lors de mes conférences.

J’y vois au moins 5 bonnes raisons que j’illustre par une mindmap, bien entendu 😉

Ca ne rate jamais !  A chacune de mes conférences ou de mes formations à propos du mindmapping, la question tombe : pourquoi utilisez-vous systématiquement des mots-clés dans vos cartes mentales ?  Pourquoi ne pas utiliser de phrases complètes ?

J’ai déjà évoqué le sujet des mots-clés et de la connectivité dans un article précédent.  Mais la question me parait suffisamment importante pour y revenir et y apporter un éclairage supplémentaire.

5 bonnes raisons d’utiliser les mots-clés

Pour moi, il y a au moins cinq bonnes raisons de recourir au mot-clé plutôt qu’à la phrase.

1. La synthèse :

Ecrire des mots-clés dans une carte mentale plutôt qu’une longue phrase vous oblige à aller directement à l’essentiel : straight to the point, comme disent les Anglo-Saxons.  Cela vous oblige donc à comprendre d’abord ce que vous lisez ou ce que vous voulez communiquer.  Vous opérez tout de suite la synthèse des idées.  C’est une tout autre démarche mentale que le simple recopiage sur une carte.  Je ne parle même pas du copier/coller…

On estime généralement que les mots signifiants constituent 10 % d’un texte : débarassez-vous de ce qui n’apporte pas une réelle information pertinente : vous irez droit au but et vous n’encombrerez pas votre carte d’informations inutiles !

(Carte réalisée avec XMind.  Cliquez sur la carte pour l’agrandir ou cliquez ici pour la télécharger gratuitement sur le site de Biggerplate).

5 bonnes raisons d’utiliser les mots-cls dans vos mindmaps

2. La connectivité

J’ai déjà consacré un article entier à la connectivité, mais c’est un concept tellement fondamental que je crois légitime d’y revenir.  Le mindmapping se base sur l’idée que notre cerveau fonctionne par associations : en connectant les neurones les uns aux autres, il connecte aussi les idées les unes aux autres.

En utilisant des mots-clés, je peux connecter plus facilement un nouveau concept à l’idée précédente.  Par exemple, si j’utilise le mot-clé « bilan » je pourrai facilement y connecter les mots-clés « compétences », « comptable », « personnel, « de santé », etc.

Si j’écris directement « bilan de compétences », cela devient difficile pour moi d’y connecter une autre idée reliée à celle de bilan.

Plus ma phrase contient de mots, moins je dispose de probabilités de connexions nouvelles : c’est mathématique !

Facile de connecter une nouvelle idée à un mot-clé

3. L’espace

Vous avez remarqué ?  L’espace sur votre feuille n’est pas infini !

Plus sérieusement, plus vous utilisez des phrases longues dans vos cartes mentales, plus vous occupez d’espace sur la feuille.  Les logiciels de mindmapping vous permettent de stocker des cartes limitées exclusivement par la mémoire de votre ordinateur.  Mais encore faut-il gérer la quantité d’informations contenues dans ces cartes.

Et lorsque vous les imprimez, pensez à votre malheureux lecteur, obligé de se pencher sur une écriture microscopique !  Un participant à une formation me disait la semaine dernière qu’on lui avait remis un compte-rendu de réunion sous forme de mindmap illisible.  Ce type de démarche ne peut produire qu’un résultat : nuire à la crédibilité du mindmapping.

Si nous voulons convaincre de l’utilité de notre discipline, nous devons au minimum en respecter les règles !

4. Le temps

Dimension non-négligeable, le fait d’utiliser des mots-clés vous fera gagner du temps !  Il est plus rapide de noter un mot que 10 ou 20 !  Bien sûr, au début, cela vous demandera un petit effort de trouver LE mot-clé qui synthétise une idée, un concept ou une phrase.  Mais avec un peu de pratique, vous arriverez très rapidement à distinguer le principal de l’accessoire.  Le mindmapping, par son mode structurant, vous y aidera.

En prise de notes, lors d’une réunion, d’une conférence ou d’un entretien face-à-face, vous irez beaucoup plus vite : vous perdrez moins d’information.   Votre mémoire immédiate étant limitée, vous perdrez moins de temps à vous concentrer sur vos notes et vous pourrez capturer plus vite les nouvelles informations au fur et à mesure qu’elles vous parviennent.

5. La lisibilité

Enfin, une carte qui n’est pas encombrée de texte est nettement plus lisible.  La lisibilité d’un texte est une marque de respect pour le lecteur.  C’est pareil pour une mindmap.  Ne donnez pas un machin fouillis, encombré de longues sentences rédigées dans un caractère microscopique.  Vous découragerez le lecteur de s’y plonger.

Paul Valéry disait que la véritable intelligence, c’était de pouvoir dire des choses complexes de manière simple.  Utilisez intelligemment vos mindmaps : simplifiez les notions complexes en les présentant d’une manière lisible.  Economisez les mots.  Ménagez votre lecteur.  Et jouissez du plaisir de voir un objet qui soit à la fois beau et utile.

Marco Bertolini

Bon travail 😉

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Ecrire pour la presse web : le mythe du toujours plus court

Au secours : les lecteurs ne lisent plus !  Il faut écrire de plus en plus court !  Les gens n’ont plus le temps de lire !
Il faut résumer !  La lecture à l’écran fatigue !  Le lecteur ne lira pas plus de 1500 signes ! 

Les rédactions sont comme obnubilées, voire obsédées par ce qui apparaît surtout comme un mythe : le mantra « toujours plus court ! »

(Suite de ma série sur l’écriture web, entamée avec les portes d’entrée de votre article.)

Lorsque j’écris pour la presse en ligne, j’entends ce mantra à longueur de journée : il faut écrire plus court !  Les gens n’ont plus le temps !  Il leur faut des textes courts !

Un rédacteur en chef me disait récemment que mes articles étaient trop longs : « le lecteur décroche !« 

Lorsque je lui demande quels sont les critères objectifs qui lui font dire que le lecteur décroche, il avoue : « je n’ai pas de moyen objectif de le démontrer, mais le lecteur doit décrocher après un article de 7.000 signes !« 

C’est évident !  Un lecteur DOIT décrocher avant la fin d’un article de 7.000 signes.   Mais il n’y a rien de plus trompeur que les évidences.

J’aime me baser sur des preuves.  Et donc, je pars à la chasse de ces « signes de décrochage » des lecteurs.

Je prends l’article le plus long de la série : 9.000 signes !  Un scandale par les temps qui courent…

Il se trouve que c’est le plus lu sur ce site web d’information depuis longtemps.  C’est aussi l’article  le plus cité par les confrères d’autres sites d’information.  Et c’est l’article le plus reproduit par les réseaux sociaux.  Or, les icones de partage de l’article sur les réseaux sociaux sont placés tout en bas de page (très mauvaise idée, soit-dit en passant).   Ce qui signifie que les lecteurs sont allés jusqu’au bout de la page, sinon de leur lecture…

L’article court : un mythe digital que rien n’étaie

Car cette obsession du toujours plus court n’est qu’un mythe !  Un mythe que rien n’étaie.

Celui qui en parle le mieux, pour moi, n’est pas un journaliste.  Alberto Cairo est un spécialiste de l’infographie et de la visualisation de données.  Mais  sa longue pratique des médias lui a appris quelques leçons.  Dans une interview pour Lab.radio.Canada, il précise ce « mythe du toujours plus court » :

« La vérité est que chaque lecteur est différent. Si tous les lecteurs étaient les mêmes, des publications comme The New Yorker, le National Geographic, The Atlantic, Harper’s, etc., cesseraient d’exister. »

Alberto Cairo précise que chaque lecteur est spécifique :  le « lecteur moyen », cet être mythique dont on nous rebat les oreilles dans les rédactions, n’existe pas.  Chaque lecteur montre un intérêt pour certains thèmes et pas pour d’autres.  Si c’est la politique internationale et l’économie qui l’intéressent, ill survolera à peine les articles qui parlent de sport et de produits cosmétiques.  Par contre, il lira en profondeur les articles qui traitent du positionnement de la Turquie au Moyen Orient et il appréciera qu’on lui apporte une information approfondie sur ce sujet.  C’est-à-dire un vrai contenu : de l’information inédite, certes,  mais aussi de l’analyse,  un point de vue de spécialiste ou de véritable témoin, un éclairage original, des liens internes et externes qui permettent d’aller plus loin, une infographie intelligente qui apporte un surcroît de compréhension, etc.

Rien n’est plus inutile que ces articles moyens, sans véritable contenu, trop longs pour le lecteur pressé et frustrants pour le lecteur intéressé qui souhaite un véritable traitement de l’information…

Une écriture multicouches

Comment remédier à cette situation ?  Alberto Cairo donne une fois de plus une partie de la solution :

« Quelle est la solution, alors? Les couches d’informations, et c’est ce que font les journalistes depuis longtemps : en premier lieu, présenter un résumé de votre histoire, un bon titre, et une introduction avec les faits les plus importants. »

Et donc présenter l’information selon un plan en entonnoir : un bon titre, un vrai chapô et un premier paragraphe qui reprenne les faits les plus importants.

Je reviendrai sur ces éléments – titre, chapô, mots-clés pertinents –  dans d’autres billets.  Ils sont essentiels pour une lecture non seulement par les humains, mais aussi par les robots qui sont votre premier public… (par ordre chronologique, bien entendu : in fine, c’est bien au lecteur humain qu’on s’adresse).

Sens de la lecture sur papier

Une mise en page structurée

Cette écriture multicouche doit être épaulée par une mise en page claire, structurée qui guide le lecteur.  Une titraille adaptée qui balise la page comme le ferait une signalisation intelligente en ville : vous savez toujours où vous êtes et quelle direction prendre pour vous rendre à votre destination !

Car, les rédacteurs ont raison au moins sur un point : on ne lit pas sur le web comme on lit sur papier.  L’internaute, comme l’explique le professeur  Thierry Baccino dans cet article de Télérama, ne lit pas de façon linéaire.

« Lorsque nous lisons un texte imprimé, explique Thierry Baccino, professeur de psychologie cognitive et maître des lieux, le mouvement oculaire est caractérisé par des fixations plus ou moins longues et de nombreux retours en arrière : on parle d’une lecture profonde et attentive. La lecture du Web, elle, n’est pas linéaire. C’est une lecture sélective de recherche d’information qui doit être rapide et efficace. »

Il faut donc en tenir compte et découper la page en « blocs » facilement identifiables.  En portions aisément reconnaissables par le lecteur.  Les intertitres et les photos doivent être placés de façon judicieuse afin que le lecteur sache d’un coup d’oeil ce que contient le paragraphe.

Sens de la lecture sur le web

Il peut donc « écrémer » la page et ne lire que les paragraphes dont les intertitres et les illustrations – photos, infographies, graphiques – ont retenu son attention et son intérêt.

A vous de lui faciliter la tâche en structurant votre page et en guidant votre lecteur avec une signalétique claire et adaptée.  Je reviendrai aussi bientôt sur l’importance de l’habillage pour un article web.

Et vous ?  quelle est votre expérience de l’écriture web ?

Marco Bertolini

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