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Mémoire

Mémoire ou mémoires ? Les différents types

Avons-nous une mémoire ? Ou des mémoires ? Et qu’est-ce que ça implique au niveau de la mémorisation ? Comment fonctionne ce système complexe ? C’est ce que nous examinons dans cet article.

Quand j’anime des ateliers sur ce sujet, je demande toujours « qui à une très mauvaise mémoire ? » pour désigner la victime volontaire de l’exercice sur le Palais de Mémoire. Et ça ne rate jamais : j’ai toujours au moins deux ou trois personnes qui lèvent le doigt avec beaucoup de conviction.

Pourtant, nous n’avons pas qu’une seule mémoire. Nous en avons plusieurs.

La mémoire consiste en un système de mémoires

Et ces mémoires ne fonctionnent pas de manière isolée. Elles forment un système complexe.

Je vous propose de les passer en revue. Vous pouvez soit lire l’article complet, soit visionner la présentation Genially ci-dessous :

Présentation des différents systèmes qui composent notre mémoire

Les mémoires individuelles

Ce sont celles que nous croyons connaître le mieux. En réalité, nous commençons seulement à comprendre comment elles fonctionnent…

1er type de mémoire : les mémoires explicites

Les mémoires explicites concernent les choses, les pensées verbalisables. Elles sont donc trait à tout ce qui est langage verbal, écrit ou oral. Ce sont elles qui nous permettent de retenir les noms des personnes, des choses ou des villes, par exemple. On les appelle aussi « mémoires déclaratives« .

La mémoire sémantique

C’est celle du temps présent, sans contexte particulier. C’est elle qui fait que nous savons que Paris est la capitale de la France. Mais sans nous souvenir pour autant de quand ni comment nous l’avons appris.

Exemple de mémoire sémantique

Cette mémorisation dépend du sens que nous donnons aux mots. C’est celle de la culture générale, celle qui accumule les mots et les faits que nous accumulons tout au long de notre vie.

La mémoire épisodique

C’est celle qui nous permet de relier un fait à un temps de notre existence. On l’appelle aussi mémoire autobiographique. Elle nous permet de construire le récit de notre propre vie et donc une composante essentielle de notre identité.

Des maladies comme celle d’Alzheimer affectent cette mémoire et plonge les personnes atteintes dans un profond désarroi.

2e type de mémoire : les mémoires non-explicites ou implicites

Ce sont des mémoires qui ne sont pas liées au verbal, à l’usage des mots. Elles précèdent la verbalisation. Par exemple, nous pouvons reconnaître un objet à sa forme, sans en connaître le nom. Si nous sommes en Russie et que nous ne connaissons pas le Russe, nous pouvons reconnaître une tasse de thé, même si nous ne connaissons pas son nom en russe.

La mémoire procédurale

C’est une mémoire logée dans le striatum : une zone striée du cerveau. Et qui a pour rôle de mémoriser des enchaînements de gestes : des procédures. Lorsque vous apprenez à nager, à rouler à vélo ou à utiliser un clavier d’ordinateur, c’est cette partie du cerveau qui entre en jeu. Elle a besoin d’entraînement, de répétition – un des principes de mémorisation – pour s’activer. Mais c’est une mémoire pérenne, très résistante. La sagesse populaire le sait lorsqu’elle affirme « nager ou rouler à vélo, ça ne s’oublie pas »

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Apprendre à nager grâce à la mémoire procédurale

La mémoire perceptuelle

C’est la mémoire qui nous permet de reconnaître les objets, les formes. Par exemple, c’est la mémoire perceptuelle qui nous permet de distinguer entre une pomme et une poire. Elle est « pré-linguistique » : car nous n’avons pas besoin de connaître le mot « poire » pour reconnaître le fruit. Même les personnes qui souffrent d’une détérioration de la mémoire sémantique peuvent distinguer une poire d’une pomme, même si elles ne sont plus capables de nommer ni l’une ni l’autre.

La mémoire d’amorçage

Appelée aussi « priming », c’est une mémoire qui nous permet de reconnaître les objets, les personnes ou les images que nous avons déjà rencontrés. Elle est beaucoup plus efficace que la mémoire sémantique. Mais elle peut être un piège, notamment pour les enseignants et les formateurs. Car, dans les tests à choix multiples, souvent, les apprenants utilisent cette mémoire d’amorçage : il reconnaissent le mot ou la notion. Mais si vous leur demander d’effectuer un test sans leur fournir plusieurs réponses, ils sont perdus : car il n’ont pas mémorisé du point de vue sémantique. Ils reconnaissent des notions que peut-être ils ne comprennent pas. En outre, ils sont parfaitement incapables d’utiliser ces notions dans un autre contexte. Autrement dit, ils sont en plein dans l’illusion de maîtrise de la matière…

2e type de mémoire : les mémoires collectives

C’est le sociologue français Maurice Hallbwachs qui est à l’origine des recherches sur les mémoires collectives. Il s’agit ici non de souvenirs appartenant à une seule personne, mais bien à des groupes. Et l’un des mérites de Maurice Hallbwachs était son intuition que les unes influencent les autres.

Ces mémoires collectives s’enchâssent les unes dans les autres : au niveau national, régional, d’une ville, d’une école, d’une famille, etc. Elles sont intimement liées aux groupes auxquels nous appartenons. Et elles évoluent avec eux. Contrairement à ce que nous pourrions croire, elles ne sont pas plus stables que les mémoires individuelles.

Les mémoires culturelles

Véronique Charléty, dans son livre Berlin en musée, les décrit comme :

Ensemble des souvenirs, constitués et mis en forme. Un savoir collectif partagé du passé et sur lequel reposent l’identité, la spécificité et l’unicité d’un groupe.

C’est donc celle des discours officiels, des expositions des musées, des célébrations et des commémorations et du fameux « devoir de mémoire ».

Mémoire culturelle : cérémonies et célébrations

Ces mémoires culturelles se subdivisent encore en deux sous-catégories :

Le réservoir

Pour le philosophe allemand Schopenhauer, la mémoire culturelle est un « réservoir » dans lequel les générations puisent une connaissance qui leur permet de comprendre leur propre présent.

La mémoire fonctionnelle

Maurice Halbwachs, le sociologue qui a le premier émis l’idée de mémoire collective, définit la mémoire fonctionnelle comme celle qui permet à un groupe de se distinguer d’un autre groupe. Par exemple, dans une famille, outre le nom, les souvenirs communs distinguent le groupe familial des autres.

La mémoire communicative

Faisons appel de nouveau à l’ouvrage de Véronique Charléty :

« La mémoire communicative ne répertorie que le passé le plus récent. Elle recouvre l’ensemble des souvenirs que l’individu partage avec ses contemporains et qui circulent dans les situations quotidiennes de face-à-face. La mémoire communicative disparaît en même temps que disparaissent ses supports. Jan Assmann la nomme aussi « mémoire générationnelle ».

La mémoire collective qui circule sur les réseaux sociaux est aussi une mémoire communicative.
Souvent,  un statut ou une information chasse l’autre, plus rapidement encore que dans les médias traditionnels.
Cette mémoire se combine à d’autres pour constituer l’identité des groupes et communautés virtuels.

3e type de mémoires : les mémoires numériques

Les mémoires périphériques existent depuis plusieurs milliers d’années. Depuis Lascaux, les hommes dessinent pour se souvenir. Ensuite, l’humanité a stocké sa mémoire sur divers supports.

Depuis peu, les mémoires numériques étendent elles-aussi les mémoires humaines. Elles sont très efficaces, car peuvent stocker d’énormes quantités de souvenirs.

Elles peuvent aussi nous aider à comprendre comment fonctionnent les mémoires humaines. Bien qu’elles fonctionnent d’une façon radicalement différente : leurs données sont stockées sur des supports magnétiques (disques durs).

Mais leur souci principal est leur absence de pérennité… Par exemple, combien de machines sont encore capables de lire des disquettes des années 1980 ? Alors que nous sommes toujours en mesure – du moins certains d’entre nous – de lire des tablettes sumériennes datant de 5.000 ans…

Quelle longévité pour les supports numériques ?

Les mémoires locales

Les mémoires périphériques locales sont intégrées à votre ordinateur : c’est, par exemple, un disque dur. Vous devez pouvoir accéder directement à cette mémoire pour en utiliser le contenu.

Ces mémoires ne sont interrogeables qu’à proximité. Ce sont des mémoires magnétiques, susceptibles d’être dégradées par la proximité d’un aimant ou d’un autre champ magnétique.

Les mémoires mobiles

Les mémoires périphériques mobiles vous permettent de sauvegarder vos données et votre travail sur un support mobile. La clé USB en est un bon exemple. 

Elle vous permet de sauvegarder des données et de les emporter avec vous. Et de les ré-exploiter avec un autre ordinateur auquel vous la connectez.

Le Cloud

Le Cloud (ou nuage) : son nom est trompeur, car il laisse entendre que les données « flottent » quelque part dans un univers « dématérialisé ». En fait, il n’en est rien : vos données sont stockées sur des ordinateurs distants, des serveurs sur lesquels vous avez peu de contrôle, même s’il est vrai qu’ils rendent d’énormes services.

Certains fournisseurs américains ou leurs filiales européennes sont liées par la loi aux autorités américaines et sont susceptibles de fournir une copie de vos données, même privées, aux autorités de leur pays d’origine. En outre, ces entreprises travaillent avec d’énormes structures qui posent de plus en plus de problème en matière de consommation d’énergie et de pollutions diverses.

Différents types de mémoires

Cette carte peut être téléchargée gratuitement au format XMind depuis notre page Mémoires. Vous pouvez également la télécharger au format PDF en cliquant sur le bouton Télécharger ci-dessous.

Conclusion : un système complexe dont il reste beaucoup à découvrir

Notre cerveau et son fonctionnement commencent seulement à se dévoiler grâce aux nouvelles techniques d’investigation et au développement des sciences neurocognitives.

Mais il reste beaucoup à comprendre. Par exemple, on sait que le système limbique est le siège de nos émotions primaire et aussi de la mémorisation à long terme. Mais des découvertes récentes montrent qu’en réalité le cerveau est globalement impliqué dans les phénomènes de mémorisation. Et que le cervelet joue souvent un rôle plus actif et important que nous ne pensions.

Et nos facultés de mémorisation constituent, elles aussi, un système complexe. À nous de tirer parti des propriétés spécifiques de ces différentes mémoires pour mieux apprendre.

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Différents types de mémoires

Les différents types de mémoires

Contrairement à ce que laisse supposer la sagesse populaire, nous n’avons pas qu’une mémoire, mais plusieurs mémoires qui forment un système complexe.

La carte mentale ci-dessous illustre ces différents types de mémoires.

Différents types de mémoires

Cette carte, téléchargeable gratuitement, est liée à l’article Mémoire ou mémoires ?

 

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Applications Apprendre à apprendre Etudier efficacement Logiciels Tutoriel

Comment mémoriser tous vos cours avec Cerego

Comment mémoriser le contenu de tous mes cours ?  Rapidement et pour longtemps ?  Essayez Cerego.  Cette application de flashcards se base sur les répétitions espacées.

J’ai déjà évoqué la théorie des répétitions espacées dans plusieurs billets de ce blog : notamment un article sur la mémorisation avec les répétitions espacées.

Cerego est une application en ligne basée sur les mêmes principes. C’est une application en ligne de flashcards : des cartes dont une face pose une question et l’autre donne la réponse.  J’ai expliqué les principes de ce type d’outil d’apprentissage dans mon article sur les flashcards pour étudier du vocabulaire.

Cerego  présente de nombreuses fonctionnalités intéressantes et agréables.   L’efficacité du dispositif et son caractère attrayant, voire ludique, en font l’outil idéal pour apprendre avec plaisir !

Une application tellement riche que je vais vous la présenter en plusieurs articles, dont celui-ci est le premier.

Une interface conviviale et attrayante pour apprendre avec plaisir

Dans son intervention sur TED – l’école tue la créativité – Ken Robinson affirme que les enfants sont des étudiants naturels.  Pour eux, l’apprentissage est un plaisir intense !

Ce plaisir s’émousse et disparaît chez la plupart des adolescents, puis des adultes.  Une des raisons de ce désintérêt est l’inadéquation des méthodes d’études.  Dans mes formations pour étudiants, la majorité des participants n’a pas de réel problème de compréhension, ni d’intelligence.  Simplement, les méthodes proposées à l’école ne leur conviennent pas !  Et donc, le plaisir d’apprendre n’est plus au rendez-vous…  La démotivation, le découragement se sont installés.  Parfois, de manière durable.

Cerego semble avoir compris que l’esthétique d’une application, son dynamisme, sa navigabilité, en un mot son « attractivité » peuvent jouer un grand rôle dans le plaisir d’apprendre.

Cerego propose donc une interface à la fois conviviale et attractive.

Interface de Cerego

  • En 1, le bouton « Learn » vous donne accès aux éléments que vous êtes en train de réviser : tous les jeux de flashcards en cours.
  • En 2, le bouton « Create » vous permet de créer vos propre jeux de flashcards, un élément sur lequel je reviendrai en détail dans un autre article.
  • En 3, le champ « What will you learn today ? » – qu’allez-vous apprendre aujourd’hui ? – est un champ « moteur de recherche » pour trouver de nouveaux jeux de flashcards à mémoriser
  • En 4, « Browse » vous permet de naviguer dans toute la bibliothèque de flashcards et de trouver les jeux qui vous conviennent
  • En 5, « How it works » constitue une collection de documents explicatifs (en anglais uniquement) sur le mode de fonctionnement de Cerego
  • En 6, « About » vous donne accès à des pages sur l’application, l’équipe, l’entreprise, les emplois vacants, etc.
  • En 7, « Me » vous permet de gérer votre compte Cerego
  • En 8, la « Memory Bank » est le principal outil de gestion de votre mémorisation à long terme
  • En 9, « Next Up« , sont les jeux de flashcards en cours, ceux que vous êtes occupés à mémoriser à long terme

 Comment utiliser Cerego pour mémoriser plus vite et à long terme ?

Comment utiliser l’application en ligne de flashcards Cerego pour mémoriser des choses à long terme et sans trop d’effort ?

Je détaille ci-après la marche à suivre.   C’est très simple.

1. Trouvez le jeu de flashcards que vous voulez étudier

Pour trouver le jeu de flashards que vous voulez mémoriser, cliquez sur le lien « Browse » en 4 : Cerego affiche alors la bibliothèque de flashcards disponibles.

La bibliothèque de Cerego

Pour affiner votre sélection, cliquez sur une des catégories ou sous-catégories à gauche de l’écran.

Vous pouvez également filtrer les flashcards selon que vous vouliez des « Sets » ou des « Séries ».

Un « Set » est un jeu de flashcards sur un thème ; une « Série » est une collection de « Sets » sur le même thème.

2. Lisez la description des flashcards et commencez à étudier

Par exemple, la Série « Habla Espagnol » – Parlez l’espagnol – comporte 10 « Sets » de 100 mots chacun, soit un total de 1000 mots.

Détail d’une série Cerego

Pour obtenir la description complète de cette série, cliquez d’abord sur « Detail ».  Cerego vous donne une description détaillée du contenu de la série et des bénéfices que vous pouvez en tirer.

Si vous êtes décidé, vous pouvez commencer à étudier tout de suite en cliquant sur le bouton « Learn » en bas à droite de la description.

3. Ajoutez des flashcards à votre calendrier ou à votre bibliothèque ou partagez-les avec vos amis

Vous pouvez aussi utiliser les autres options à partir du menu « More » sur la couverture du Set ou de la Série.

Cerego vous offre alors trois options supplémentaires :

Autres options de Cerego

  • En 1, l’option « Add to Schedule » ajoute la série au calendrier de Cerego : l’application me rappellera donc d’étudier cette série à intervalles réguliers
  • En 2, l’option « Add to Library » me permet d’ajouter la série à ma collection personnelle de flashcards, sans pour autant en programmer l’étude
  • En 3, l’option « Share » me permet de partager la série avec des amis via e-mail, les médias sociaux ou de l’intégrer dans un site web : pratique pour les écoles, l’enseignement en ligne, du type MOOC, par exemple…

4. Ouvrez le set ou la série de flashcards et commencez à étudier

Lorsque vous avez appuyé sur « Learn » Cerego affiche l’écran suivant : c’est le premier écran d’accueil de votre set (votre jeu de flashcards) pour apprendre l’espagnol.

Ecran d’accueil du set Apprendre l’espagnol

L’écran vous demande combien d’articles (de flashcards) vous souhaitez étudier ?

Laissons-le à 10 pour commencer.

Ensuite, Cerego vous propose la première flashcard.  D’abord le mot en espagnol, que vous entendez prononcer par un locuteur hispanique pendant que vous le lisez.  Ensuite, la définition.  Et enfin, les deux.  Le tout s’affiche pendant quelques secondes afin que vous puissiez bien mémoriser l’ensemble.

Flashcard d’espagnol dans Cerego

5. Utilisez les phrases-types pour vous aider à contextualiser le nouveau mot

Pour vous aider à comprendre le mot, Cerego vous propose des phrases-types, écrites, prononcées à haute voix et illustrées : c’est un excellent moyen de contextualiser le nouveau mot et :

  • d’aider à la compréhension
  • d’ancrer la nouvelle notion en la replaçant dans un contexte particulier

Phrases-types dans Cerego

Vous accédez à ces phrases-types en cliquant sur « Sentences » en haut de la fiche.

Lorsque vous avez retenu le nouveau mot, cliquez sur « Got it » (j’ai compris) et Cerego vous propose soit de mémoriser un nouveau mot, soit de répondre à une première question.

6. Tapez les mots dans les cases prévues pour maîtriser l’orthographe espagnole

Cerego vous propose certaines flashcards avec des « trous » dans les phrases-types : vous devez compléter ces phrases en tapant le mot en espagnol.  Une bonne façon d’apprendre à maîtriser l’orthographe !

Mot à remplacer

Apprendre avec les répétitions espacées et la Memory Bank

Vous avez demandé à étudier 10 nouveaux mots : Cerego va donc vous proposer ces dix nouveaux mots de façon régulière : si vous les avez retenus rapidement, sans vous tromper, il ne vous les représentera plus avant un moment.  Sinon, vous devrez les revoir rapidement.  C’est l’application de la théorie des répétitions espacées.

Nous verrons dans un prochain article comment Cerego gère ces répétitions espacées à l’aide de la Memory Bank.  Et ensuite, nous verrons comment créer vos propres fiches dans Cerego.

Lien vers l’application Cerego.

Bon travail !

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Apprendre à apprendre Ateliers formation

Formations Apprendre à apprendre pour étudiants de tous âges

Je lance à la fin des mois de juillet et d’août, de nouveaux ateliers du type « Apprendre à Apprendre« .  Ils concernent tous les âges : depuis l’école primaire jusqu’à l’université.

Cela fait plusieurs années maintenant que j’anime des ateliers-formations du type « Apprendre à apprendre« .  Les premiers étaient destinés aux étudiants du secondaire, de 13 à 18 ans.

Formation J’étudie plus efficacement pour les étudiants de 13 – 18 ans en secondaire

Je maintiens un atelier pour cette tranche d’âge.  Je l’ai intitulé « J’étudie plus efficacement« .  Il est basé sur :

C’est ce que j’ai fait notamment dans cette carte conceptuelle (cliquez sur l’image pour ouvrir la carte conceptuelle en ligne).

Carte conceptuelle Mindomo

J’ai résumé une vidéo de cours issue du MOOC « Les Clés pour devenir Community Manager« .  Cette vidéo est intitulée Qu’est-ce que le webmarketing et constitue la première partie de la première semaine.  La carte conceptuelle ci-dessus illustre bien la façon d’étudier avec ce type d’outils : on synthétise un cours sous forme visuelle, en illustrant les différentes étapes et en montrant les liens entre les diverses parties du cours.

Les participants apprendront également des techniques de mémorisation telles que les flashcards ou la méthode des loci (ou palais de mémoire).

Tout au long de l’atelier, les participants seront sensibilisés à l’utilisation du kanban personnel pour les aider à la gestion de leur travail.

Informations et inscriptions :

A Bruxelles, dans les locaux de FIL SPRL, place de la Minoterie, 10 à 1080, Bruxelles.

Informations et inscription pour la formation J’étudie plus efficacement le 29 juillet.

Informations et inscription pour la formation J’étudie plus efficacement le 26 août.

Formation J’apprends à apprendre pour les élèves de l’école primaire (de 6-12 ans)

« J’apprends à apprendre » est une formation destinée aux élèves de l’enseignement primaire de 6 à 12 ans, accompagnés de leurs parents ou non.

Ici aussi, on démarre la journée par un jeu et ensuite les bases du mindmapping manuel.

Les enfants apprennent à dessiner une carte mentale et à résumer un texte simple.  Ils travaillent ensuite sur la méthode CQQCOQP, comme leurs aînés.

Mais au lieu de travailler avec les cartes conceptuelles, ils apprennent à utiliser certains organisateurs graphiques, telle la carte double-bulle : une façon très efficace de les amener à établir des comparaisons raisonnées.  Ils doivent remplir la colonne de droite, laissée vide, à l’aide des éléments de la colonne du centre – les catégories générales – et ceux de la colonne de gauche – ici, les caractéristiques des araignées, qu’ils doivent comparer avec celles des insectes.  (Double-cliquez sur la carte pour l’agrandir : vous pouvez aussi la télécharger gratuitement sur ma page personnelle Biggerplate).

Comparer avec une carte double-bulle

Nous terminons la journée de formation par une série d’exercices mnémotechniques : des flashcards pour apprendre à mémoriser du vocabulaire, par exemple.

Pour les 6-9 ans, je recommande vraiment la présence d’au moins un des parents : de cette façon, ils pourront non seulement participer et aider leur enfant pendant l’atelier, mais surtout, ils pourront le soutenir lors de la préparation des devoirs à la maison.

 Informations et inscriptions :

A Bruxelles, dans les locaux de FIL SPRL, place de la Minoterie, 10 à 1080, Bruxelles.

Informations et inscription pour la formation J’apprends à apprendre du 28 juillet.

Informations et inscription pour la formation J’apprends à apprendre du 25 août.

Formation J’étudie à l’université avec le mindmapping

Et enfin, pour les étudiants d’université ou de l’enseignement supérieur, je propose un nouvel atelier intitulé J’étudie à l’université avec le mindmapping.

Cet formation sous forme d’atelier aura lieu à Bruxelles le 1er août.

Il consiste en une approche très dynamique du mindmapping collaboratif.

Formation J’étudie à l’université avec le mindmapping

En effet, après avoir appris les bases du mindmapping manuel et numérique, les participants seront invités à co-construire des mindmaps en ligne, en collaboration synchrone (en temps réel).

Ils auront aussi l’occasion de pratiquer la veille sur Internet avec les outils proposés par le logiciel de mindmapping Mindomo : ils apprendront ainsi à classer dans une carte des liens et références dont ils auront besoin pour leur travaux.  Et ils pourront effectuer une série d’exercice en ligne.

Pendant tout l’atelier, ils seront sensibilisés à la gestion du temps et du volume de travail avec la méthode du kanban personnel.

Informations et inscriptions :

A Bruxelles, dans les locaux de FIL SPRL, place de la Minoterie, 10 à 1080, Bruxelles.

Informations et inscription pour la formation J’étudie à l’université avec le mindmapping du 1er août.

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Ecriture Logiciels Test

Scapple : brainstormez avant d’écrire sur Scrivener !

Literature and Latte, le producteur de Scrivener, vient d’adapter pour Windows son nouveau logiciel de prise de notes et de brainstorming : Scapple.  Ce n’est pas du mindmapping, ni encore du concept mapping.  C’est autre chose.  Tentons de découvrir ensemble cet ovni de l’écriture.

Mardi dernier, il était tard lorsque je me suis mis au lit. Je me suis dit, je vais jeter un dernier coup d’oeil à mes emails et aux statistiques de mes blogs. J’en ai profité pour ouvrir Facebook pour voir s’il y avait un message d’une personne avec qui j’avais convenu de faire le voyage vers Utrecht (pour la journée internationale du mindmapping Biggerplate Unplugged).

 Le piège.

 Car sur FB, j’ai vu cette annonce irrésistible : Scapple pour Windows est désormais disponible

 Il fallait que je l’essaie tout de suite !

 Et donc, je l’ai téléchargé et j’ai commencé à jouer avec la version d’essai gratuite.

 Et j’ai été immédiatement séduit.

 Le lendemain, dans le train entre Maastricht et Utrecht, j’ai écrit cet article en utilisant Scapple pour prendre des notes. Et ensuite les exporter dans Scrivener, dans Word, au format PDF, etc.   Et puis exporter le tout vers WordPress pour publier ce qui était devenu l’article que vous lisez en ce moment…

Une prise en main ultra-simple

Ma méthode pour rédiger cet article : j’ai tapé les notes au fur et à mesure de mes impressions, au hasard.

Premier essai avec Scapple

J’ai ensuite réorganisé le tout pour obtenir un texte cohérent.

Vous pouvez taper n’importe où : la limite est delle de la mémoire de l’ordinateur.  Il suffit de double-cliquer ailleurs sur le fond pour en créer une autre…

L’utilisation des formes et des couleurs de notes permet aussi de travailler par catégories.

Et puis ensuite, on peut structurer le tout en déplaçant et en liant les notes… ou non !

Pour connecter deux notes, il suffit d’en déplacer une par un glisser coller sur l’autre note.  Quand vous relâchez votre souris, les deux notes sont liées, elles ne s’insèrent pas l’une dans l’autre…  Pour les déconnecter, il suffit d’un clic droit ou d’aller dans le menu Notes et sélectionner la commande “Déconnecter”.

Quand vous avez tapé quelques notes de cette façon, vous découvrez que votre texte est déjà très loin : pas encore terminé, bien entendu, mais déjà bien avancé.

Réorganisez votre texte en quelques clics

On peut alors revoir l’ensemble et décider dans quelles catégories entrent les différentes notes et réorganiser son texte.  C’est ce que j’ai fait pour cet article : je l’ai d’abord tapé note par note, comme “ça me venait”.  Ensuite, j’ai réorganisé le tout en trois grandes parties : contexte, techniques et impressions / sujectivité.

Article réorganisé en catégories

Les notes peuvent aussi se chevaucher : c’est intéressant pour ne pas se laisser distraire au moment où on tape, mais ça peut être source de confusion si l’on a de nombreuses notes : certaines peuvent en recouvrir totalement ou partiellement d’autres.

Dommage, par contre, qu’on ne puisse faire bouger le fond du document avec la souris : il faut absolument utiliser les ascenseurs verticaux et horizontaux…

Pour ceux qui, comme moi, aiment les menus contextuels, un clic droit ouvre un menu qui gère un ensemble de propriétés…

Tout a été pensé pour faciliter la vie de l’utilisateur.

Donc, pas de fioritures inutiles ni de fonctions extravagantes, mais des outils concrets, utiles, directement exploitables.

Quelques réflexions et impressions

Première impression : ultra-simple d’utilisation : tout est terriblement intuitif.  Il suffit de double-cliquer sur le fond pour créer une note.

C’est un outil qui, bien utilisé, va bien dans la philosophie des trois R : Réfléchir, Rédiger, Réviser. Voir à ce sujet, Rédaction claire le blog d’Anne Vervier.  Et qui facilite donc la rédaction de documents tels que rapport, article, mémoire, thèse de doctorat ou encore proposition commerciale.

Mais il faut organiser ses notes avec soin.  Et avant de les exporter, les hiérarchiser de façon à avoir un texte cohérent.  Sinon, vous obtenez un plat de spaghetti à l’arrivée…  C’est-à-dire exactement l’inverse de ce Scapple est sensé faire : vous aider à structurer votre texte avant de rédiger.

Umberto Eco disait quelque part que les traitements de texte avaient modifié notre façon d’écrire : désormais, nous n’écrivons plus les documents d’une traite, nous écrivons surtout par paragraphes que nous pouvons copier, couper, coller, glisser-déplacer.  Je crois que cet outil va encore renforcer cette tendance.

Mais, je me demande tout de  même, si, quand on a un énorme paquet de notes, il est encore possible de structurer le tout de manière cohérente.  Cela doit exiger beaucoup de discipline personnelle.

C’est là que l’utilisation des flèches, des lignes, des couleurs intervient pour clarifier le tout et les parties.

L’export vers PDF, un fichier d’image ou de texte à tout moment, permet aussi de garder des traces de l’évolution de la pensée et de l’organisation.  On prend des clichés sucessifs des étapes de l’élaboration du texte.  L’exportation vers Scrivener, le studio d’écriture également produit par Literature & Latte, est extrêmement simple : il suffit d’ouvrir Scapple et Scrivener et de glisser les notes vers la page Scrivener où on veut insérer le texte.

Les exports vers Word – via le Rich Text RTF – ou vers le PDF sont l’affaire de deux clics et tout est  exporté sans bavure ni erreur.

On reconnaît bien la qualité des concepteurs de Scrivener.  Mais l’outil sans idée centrale, ni image risque de déconcerter fortement les adeptes du mind mapping !

Vous pouvez télécharger Scapple et l’essayer gratuitement.

Formez-vous à Scrivener, le studio d’écriture, à Paris en novembre !

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Apprendre A Apprendre : nouvel atelier à Verviers !

Apprendre A Apprendre s’installe à Verviers !

Une journée pour apprendre autrement : un atelier qui combine cartes mentales, cartes conceptuelles, utilisation des flashcards et techniques de mémorisation.

Apprendre, cela s’apprend !

C’est ce que nous allons faire tout au long de la journée du samedi 27 avril au Château de Séroule à Verviers, de 9 à 17 heures.  Un atelier réservé aux adolescents de 13 à 18 ans, étudiants de l’enseignement secondaire.

Apprendre avec le mindmapping

Vous allez apprendre :

  • à résumer un texte à l’aide du mindmapping :
    • identifier les idées principales
    • distinguer ce qui est important et ce qui est secondaire
    • établir des liens entre les parties du texte
    • repérer les détails importants, les pivots autour desquels le texte s’articule
  • à poser les bonnes questions

Questions CQQCOQP avec le mindmapping

  • à comprendre et illustrer les relations entre les concepts
    • à l’aide d’une carte conceptuelle
    • à visualiser qui sont les acteurs d’un texte, les circonstances d’un récit, etc.
  • à dessiner une ligne du temps
    • pour voir la sucession des étapes d’un texte
    • pour préparer votre projet d’études

Ligne du temps

Une journée pour apprendre autrement.  Non pas en relisant et en recopiant inlassablement les mêmes résumés.  Mais en variant les techniques et les outils d’apprentissage.  En comprenant d’abord la matière.  En créant du lien entre les différentes matières et les différentes parties du cours.  En mémorisant à long terme.   Pas seulement pour les prochains examens, mais pour construire mon propre savoir, pour apprendre à apprendre.  Pour devenir autonome dans mes études.

Une journée d’apprentissage basée sur notre méthode Comment étudier efficacement en 5 étapes.

Informations pratiques :

Le samedi 27 avril de 9 à 17 heures

au Château de Séroule

Rue de Franchimont 1 à 4802 Verviers

Formation réservée aux étudiants de l’enseignement secondaire, de 13 à 18 ans.

Inscription : 100 € pour la journée, sandwich et boisson comprise

Tarif dégressif pour plusieurs enfants d’une même famille

Tout le matériel est fourni sur place par le formateur

Apportez votre ordinateur portable et votre envie d’apprendre !

Cette formation est passée !  Vous pouvez vous inscrire à nos prochains ateliers : consultez notre agenda pour connaître les dates et lieux des prochaines sessions.

 

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Et si hacker son Phd, c’était aussi partager ses connaissances et ses recherches à un public plus large que ses collègues de labo…   C’est ce que Bruno et Timothée ont fait le 21 mars 2013  lors d’u…

Marco Bertolini‘s insight:

Un groupe d’étudiants à l’université qui organise des ateliers d’échange de savoir sur le mindmapping et la mémoire locale.  C’est Hack you PhD qui m’accueillait à Paris comme invité à l’atelier de Bruno Martin et Thimotée Behra.  Un groupe qui croit au renouvellement de la recherche et de l’éducation et qui propose des alternatives concrètes.  Bravo !

Je reviendrai sur les membres et les activités de ce groupe d’étudiants.  J’ai trouvé dans ces ateliers une belle envie d’apprendre, de progresser, de bousculer les habitudes.   Un cocktail qui mérite qu’on s’y attarde et qu’on en fasse la promotion.

J’espère que nous aurons encore des collaborations concrètes à l’avenir.

Bruno Martin fait une démonstration de XMind

See on hackyourphd.wordpress.com

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Palais de mémoire : comment l’utiliser ?

Qu’est-ce que le « palais de mémoire » ?  D’où vient-il ?  Et comment fonctionne-t-il ? Comment l’intégrer dans une stratégie d’apprentissage ? Je vous donne ici le fruit de mes lectures et de mes expériences personnelles avec cette méthode âgée de plus de 2800 ans…

Article mis à jour le 15 mai 2021.

Je lis parfois sur Internet des articles sur le « palais de mémoire » ou j’entends des personnes en parler.  Et je suis souvent choqué par le caractère incomplet, incompris, voire carrément erroné des informations que je découvre.

Il existe pourtant une vaste littérature sur le sujet.  Et dont les auteurs ne sont pas des moindres puisque le premier d’entre eux n’est autre que Cicéron.  Un des auteurs qui ont le plus influencé la totalité de la culture occidentale depuis 2.000 ans…

Une légende vivante : Simonide de Céos

Cicéron, dans son ouvrage « De l’Orateur« ,  nous rapporte que l’inventeur de cette méthode est le poète lyrique Simonide de Céos, une des nombreuses îles grecques.  Nous n’avons aucun portrait de cet homme qui fut une véritable star à son époque : il a remporté des prix face au tragédien Eurypide ou  encore contre Pindare, son principal rival.  Mais, comme à toutes les stars, on lui a attribué bon nombre de légendes.  Il aurait été l’inventeur, entre autres, de 4 lettres du nouvel alphabet grec (voir l’illustration sur le vase ci-dessous).

Vase grec représentant Persée et Andromède

Mais surtout, selon Cicéron, il serait l’inventeur de la méthode des « loci » – lieux, en latin – encore appelée « mémoire locale« .

Simonide de Céos aurait été le premier poète rémunéré.  Il écrivait des poèmes pour les dirigeants de son temps.  Un jour, il en écrit un pour le tyran Scopas.  Mais, celui-ci est aussi avare que vaniteux.  Il reproche à Simonide d’avoir loué autant les jumeaux Castor et Pollux que lui dans son ode.  Et donc, il ne paiera que la moitié de la somme prévue.  Simonide n’a qu’a demander l’autre moitié aux demi-dieux…

Simonide n’a d’autre choix que de s’incliner.  Il participe au banquet donné par son maître et au cours duquel il devra sans doute réciter son poème.  Un serviteur vient le prévenir que deux jeunes hommes l’attendent à la porte du palais et le réclament avec insistance.  Intrigué, Simonide va à la rencontre des deux étrangers.  Au moment où il sort du palais, celui-ci s’effondre, écrasant tous les convives.  Les deux visiteurs, qui ne sont autres que Castor et Pollux, ont donc sauvé la vie de celui qui leur a dédié la moitié d’un poème.

Le Palais de mémoire : une des méthodes de mémorisation les plus anciennes

Mais les familles des victimes sont en détresse : elles ne reconnaissent pas leurs proches, défigurés sous les débris.  Simonide déclare alors qu’il est capable de dire qui est qui : il était assis avec eux.  Et peut donc localiser chacun des corps et lui rendre son identité.  Cette circonstance lui aurait donné l’idée du « palais de mémoire« .  Un des procédés les plus anciens et les plus efficaces pour mémoriser de longues séquences.

L’historienne Frances Yates a remis à l’honneur les études sur les arts de la mémoire, notamment dans son livre The Art of Memory, dont il existe une traduction française.  Elle voit dans cette légende l’illustration d’une période de transition.  Car, pendant des siècles, les poètes ont récité leurs oeuvres sans les écrire.  Or, au moment où naît cette légende, l’écrit prend le pas sur la tradition orale.  Socrate méprisera l’écrit toute sa vie.  Platon, dans Phèdre, fait dire à  l’un de ses personnages que l’invention de l’écriture rendra les hommes bêtes, paresseux, qu’ils n’utiliseront plus leur mémoire et qu’ils oublieront qui ils sont…   Des arguments qui ressemblent étrangement à ceux qui accusent Internet et les livres numériques de tous les maux.   Mais ne sommes-nous pas, nous aussi, dans une période de transition similaire ?

Comment utiliser efficacement le Palais de Mémoire ?

Associez des lieux et des images

La méthode qu’aurait inventée Simonide de Céos – et qui existait sans doute depuis des siècles à son époque – consiste à associer lieux et images.  Dans mon article sur les principes de la mémorisation, je rappelais que ceux-ci sont au nombre de trois :

  1. L’ordre
  2. L’association
  3. La répétition

Le « palais de mémoire » ne fait pas exception à la règle.  Ici, l’ordre est donné par le trajet et les emplacements dans un bâtiment. ou dans une partie de ville : un quartier, une place, etc.

Lors de mes formations sur la mémoire, je demande aux participants d’utiliser le lieu qu’ils connaissent le mieux : leur propre maison.

Maison – rez-de-chaussée

Utilisez un lieu connu pour mémoriser rapidement et à long terme

Le principe de la « mémoire locale » ou « palais de mémoire » est de placer une image qui représente la chose ou le mot dont on doit se souvenir dans une partie de l’immeuble, ici, le rez-de-chaussée de la maison.  Plus l’image est éloignée de la routine, mieux elle fonctionne : donc, on utilise :

  • le grotesque
  • le monstrueux
  • l’humour
  • les allusions sexuelles (qui sont sans doute un des facteurs d’exclusion du palais de mémoire de l’école)
  • les sentiments à l’égard d’une personne : amour ou haine
  • etc.

Toute image mentale qui déclenche une émotion – votre petit ami, votre vedette de cinéma préférée, l’animal qui vous dégoûte le plus (une araignée, un rat, etc.)…

Quand je pratique cette méthode pour la première fois avec des participants de mes ateliers, je leur demande de dresser une liste de 20 mots : vingt choses dont ils auront besoin pour organiser la fête de leur anniversaire.  Selon la littérature scientifique, la mémoire de travail moyenne permet de retenir 7 mots, avec un écart-type de 2, soit de 5 à 9 mots.   Mais je rencontre de nombreux jeunes qui présentent une rétention de 11 ou 12 mots…

Mais (pratiquement) personne n’est capable de retenir 20 mots sans erreurs ni de les répéter dans un sens ou dans l’autre, depuis le premier vers le dernier ou vice-versa.

Associez image, sensations et localisation

Premier ingrédient pour notre fête : un saumon.  Nous allons le placer dans la boîte aux lettres, juste à côté de la porte.  Un beau saumon vivant, qui sent fort la marée et qui s’agite dans tous les sens.  Il mouille tout le contenu de sa boîte aux lettres et sa queue rose frappe la porte en cadence : boum ! boum ! boum !

Vous aurez compris à la lecture de ce premier item le fonctionnement de l’association :

  1. on place le saumon dans un endroit inattendu – on sort de la routine
  2. on associe un maximum de représentations sensorielles à chaque image : l’odeur de la marée, le mouvement de la queue, le boum-boum de celle-ci contre la porte, la sensation tactile du poisson mouillé… 

Tous ces éléments servent à renforcer la mémorisation.

Deuxième item : deux bouteilles de vin.   Celles-ci sont en réalité deux personnages à taille humaine, dont la silhouette est en forme de bouteilles, qui sont complètements saoules et qui titubent sur les marches du perron.  Elles rotent et chantent des chansons à boire.

Le troisième item : des couverts en plastique.  L’acteur préféré de notre participant est Johnny Depp.  Nous le déguisons en Chapelier fou, son rôle dans le film Alice de Tim Burton.  Johnny Depp est debout sur la table basse du salon, entre le sofa et les fauteuils.  Il jongle avec les couverts et danse une sorte de gigue tout en proférant des sons incongrus et en grimaçant comme dans le film.

Le quatrième item : de la musique.  Où allons-nous la placer ?  Dans l’installation hi-fi au salon ?  Certainement pas !  Nous allons louer les services d’un orchestre de Schtroumpfs que nous allons placer dans le four, à la cuisine.  A la moindre fausse note, on allume le four !

L’émotion favorise la rétention à long terme

Etc, etc. jusqu’à vingt mots, vingt images grotesques, monstrueuses, sexy ou amusantes, associées à vingt emplacement de l’endroit que nous connaissons le mieux au monde.

Les plus sophistiqués ajouteront un scénario à leur trajet.

Vous aurez compris le principe : nous nous souvenons mieux de ce qui sort de l’ordinaire.   De ce qui tranche avec la vie de tous les jours.  De ce qui nous touche.   Car la mémoire est très fortement liée à l’émotion.

J’ai effectué une recherche sur l’Elfstedentocht : cette course en patins à glace qui traverse 11 villes de Frise, dans le nord-ouest des Pays-Bas.   Tous les habitants me disent que les hivers là-bas sont extrêmement rigoureux, qu’il neige et qu’il gèle à pierre fendre chaque année.

Pourtant, ma recherche personnelle montre que la course a eu lieu 15 fois en 112 ans.  Les autres années, il ne gelait pas suffisamment pour organiser la course sur les cours d’eau de Frise…   Il a donc gelé dur 15 fois en plus d’un siècle, malgré ce que les habitants m’affirmaient.  Ils étaient pourtant sincères : mais leur mémoire n’avait gardé le souvenir que des hivers exceptionnels.  Ceux où ils s’étaient calfeutrés chez eux en attendant le jour de la course, où ils avaient traversé péniblement les champs couverts de neige.  Quinze hivers sur 112 !

C’est sur cette confrontation avec l’ordinaire que jouent les techniques d’association dans les arts de la mémoire.   La publicité aussi le sait bien : elle nous présente des endroits paradisiaques où la plupart d’entre nous n’iront jamais, des modèles dont la beauté surhumaine doit plus à Photoshop qu’à la sélection génétique, des produits fabuleux qui ne fonctionnent miraculeusement que sur le petit écran.   Nous le savons, dans le fond.   Mais nous achetons.   Parce que ces images surnaturelles ont trouvé leur chemin dans nos mémoires et nos émotions.  Et que nous ne demandons qu’à les revivre dans le réel.

Troisième principe : les répétitions

Cette méthode, très efficace, ne fonctionne que si on respecte le troisième principe : la répétition.  Il faut visiter et revisiter mentalement la maison et revoir régulièrement chacune des images dans son emplacement.  Parcourez le trajet dans un sens puis dans l’autre.  Ou depuis le milieu.

Les répétitions espacées sont aussi le principe de base des applications de flashcards, telles Anki ou Cerego. C’est aussi le principe utilisé pour la conception de parcours d’apprentissage sous forme de microlearning. C’est également le principe mis en œuvre par Wooflash, une application qui permet aux apprenants de s’exercer et de mesurer leur taux d’ancrage mémoriel.

Le « palais de mémoire » est utile pour retenir une liste d’objets.  Ou les éléments d’un discours ou d’une conférence.   Les avocats romains, comme Cicéron, étaient célébrés pour tenir des discours de plusieurs heures sans aucune note.   Mais le préalable de toute étude réellement efficace à long terme est la compréhension.  N’étudiez pas quelque chose que vous n’avez pas compris d’abord…

Bon travail et amusez-vous bien 😉

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Cartes mentales, conceptuelles et argumentaires

Cartes mentales, conceptuelles et argumentaires, cartes cognitives, cartes heuristiques, arbres de la connaissance… Mindmaps, concept maps, argument maps… Comment faire le tri en face de toutes ces appellations ?  Et surtout, à quoi servent ces différentes cartes ?

Article mis à jour le 11 mai 2021.

Voici le premier article d’une série consacrée à ces différents modes de cartographie de l’information.  Et leur utilisation pour l’apprentissage profond : une façon d’étudier qui ne se contente pas d’une connaissance de surface.

Quelle est la différence entre cartes mentales, conceptuelles et argumentaires ?  Et dans quels cas se servir de l’une plutôt que l’autre ?

C’est une question qui revient souvent, dans notre formation en mindmapping pour les formateurs.

Et c’est vrai que la multiplication des appellations  ajoute à la confusion.

La mindmap est souvent traduite en français par « carte heuristique », « mentale » ou « cognitive ».  On parle aussi d' »arbres de la connaissance ».  La concept map est très logiquement traduite par « carte conceptuelle ».  Encore qu’au Québec, on appelle « carte conceptuelle » l’ensemble des modes de cartographie de l’information.  Et puis l’argument map peut être traduite par « carte argumentaire« .

Voici une carte qui résume les trois types de cartes dont je viens de parler ainsi que leurs usages.   Vous pouvez la télécharger gratuitement depuis notre page Techniques de mindmapping..

Trois types de cartographie de l’information

Pour réaliser cette carte, je me suis basé sur deux choses : un article en anglais de Martin Davies, extrêmement bien documenté, et ma propre expérience.

Je reviendrai dans d’autres articles sur les particularités et les différents usages de ces cartes, mais d’ores et déjà, en voici un résumé.

Trois façons de cartographier l’information pour la compréhension et la mémoire

Ces trois modes de cartographie de l’information permettent de représenter – par visualisation – et de manipuler des ensembles de données complexes.  De comprendre, analyser et mémoriser les relations entre ces données complexes.

Pour beaucoup de gens, elles sont plus faciles à suivre et à comprendre que leur équivalent en raisonnements verbaux ou logiques.

Et enfin, lorsque vous élaborez une telle carte, votre implication est telle que vous apprenez de manière profonde : vous ne vous contentez pas d’une « connaissance de surface » comme celle que l’on acquiert en surlignant et en résumant.   Il s’agit d’une approche profonde de l’apprentissage, une forme durable parce qu’elle a mobilisé des facultés intellectuelles différentes, des groupes de neurones différents.   Et que cela renforce à la fois notre compréhension et notre mémorisation.

Cartes mentales, conceptuelles et argumentaires : trois usages différents

Carte mentale

La mindmap ou carte heuristique est organisée, hiérarchisée autour d’une idée centrale.  Son usage principal est d’imaginer et d’explorer les associations entre les concepts – mais aussi d’établir une distinction entre eux.  C’est pourquoi le mindmapping ou carte heuristique est excellent pour le brainstorming, la conception d’un projet ou pour résumer un texte par exemple.

Carte conceptuelle

La concept map ou carte conceptuelle sert surtout à visualiser et comprendre les relations entre les concepts.  Elle est excellente pour expliquer un processus, une procédure – comment vous inscrire à une formation, par exemple – ou les relations entre les personnes d’une même famille.

Carte argumentaire

L’argument map ou carte argumentaire est utile pour vérifier la logique de nos arguments : reposent-ils sur des prémisses solides ?  Leur déroulement est-il logique, pertinent ?  Quels sont les pour et les contre ?

Alors qu’il existe de multiples logiciels et applications gratuits de cartes mentales et conceptuelles, il existe peu d’applications libres ou gratuites de cartes argumentaires. J’aime particulièrement Reasons, l’application en ligne développée par Dave Kinkead pour l’Université de Queesnland.

Je reviendrai en détail sur chacun de ces modes de cartographie de l’information et sur leur usage tant pour l’étudiant que pour l’entreprise.

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Mémoire

Mémoriser des données complexes par l’image : l’exemple Microsoft

Comment mémoriser des données complexes ?  Comment se souvenir de mots de passe compliqués ?

Adam Stubblefield, un étudiant interne chez Microsoft, a eu une idée originale : combiner les tâches de Rorschach avec des acronymes.  La méthode est non seulement élégante : elle est terriblement efficace !

Les mots de passe représentent un véritable casse-tête : non seulement lorsqu’il s’agit de les créer, mais aussi au moment de s’en souvenir.

Tous les administrateurs de systèmes vous le diront : le maillon faible d’une chaîne de sécurité, c’est l’utilisateur, l’humain.

Ce dernier a tendance à créer des mots de passe trop simples pour pouvoir les retenir.  Et à les écrire sur des post-it parfois collés sur l’écran de l’ordinateur pour être certain de ne pas les oublier…   En outre, avec les logiciels et le matériel de « cracking » résoudre un mot de passe devient un jeu d’enfant.

Comment faire pour que les utilisateurs créent des mots de passe suffisamment complexes pour ne pas être facilement trouvés par un intrus ?  Et comment s’assurer qu’ils les mémorisent  ?

Il existe des générateurs de mots de passe.  Y compris des générateurs de mots de passe « mnémoniques ».  Mais le problème est que s’en souvenir n’est pas aussi simple que le prétendent leurs créateurs.  Comment mémorisez-vous AKovI3471YoP ?  C’est le mot de passe « mnémonique » que vient de me suggérer ce générateur.  J’ai bien ma petite idée pour Yop qui me rappelle une série de publicités.  Mais pour le reste ?

Dans mon article sur les principes de la mémorisation, je vous ai parlé des combinaisons d’associations.   Adam Stubblefield,  un étudiant de la John Hopkins University en internat chez Microsoft a inventé une méthode originale pour résoudre les deux problèmes des mots de passe : la création de mots suffisamment complexes et leur mémorisation à long terme.

Des taches d’encre à la rescousse de la technique

Taches d’encre à associer aux mots de passe

L’idée d’Adam Stubblefield était de suggérer aux utilisateurs une image suffisamment floue pour que chacun y associe quelque chose de différent : un peu comme les nuages dans lesquels chacun peut reconnaître une forme différente.  Il a donc pensé aux taches de Rorschach, qu’on utilise en psychologie.

La première étape a consisté en la création d’un programme générateur de taches d’encre aléatoires.  Ensuite, ces taches d’encre étaient montrées aux utilisateurs.   Ceux-ci devaient identifier mentalement la tache à un objet, une personne ou un animal.  Et écrire une très courte abréviation liée à cette tache.  La première et la dernière lettre du mot par exemple.  Si la tache évoquait une mouche, l’utilisateur tapait « M » et « E » sur son clavier.   De même pour chaque tache de la séquence.  D’autres ont vu un homme volant ce qui donne « H », « E », « V » et « T » pour une seule image.

Un des points forts de la méthode est que même si les personnes voient la même chose dans une tache, elles ont souvent des façons différentes de la décrire et elles génèrent donc des mots de passe différents.

Chaque personne a dû mémoriser les associations avec dix images. Cette mémorisation s’est faite simplement en visionnant plusieurs fois de suite la séquence des images.  De nouveau le principe de la répétition qui suit celui de l’ordre et de l’association.

A la fin, les 25 personnes qui étaient soumises à cette expérience avaient des mots de passe comptant entre 50 et 80 lettres dont l’ensemble ne signifie rien.  Impossible à retenir…

Sauf que… Après une semaine, 18 des 25 personnes se souvenaient encore de l’intégralité de leur mot de passe !  Quant aux autres, elles se souvenaient des associations avec 9 images sur 10 !

Adam Stubblefield en déduisit donc qu’avec un mot de 20 lettres, par exemple, on pourrait obtenir 100 % de rétention.  Après avoir tapé ce mot un certain nombre de fois, il est pratiquement impossible de l’oublier.

Une des dimensions importantes qui ont assuré la réussite de cette expérience, c’est son caractère ludique : de nombreux participants ont déclaré avoir éprouvé du plaisir à définir leurs mots et à les mémoriser.  Une fois de plus, une émotion positive associée à une activité ou à une notion renforce sa mémorisation.

Vous pouvez lire l’article en anglais sur cette recherche sur les Microsoft inkblots ou télécharger le rapport complet d’Adam Stubblefield et Dan Simon.

Et vous ?  Que voyez-vous dans ces taches ?  Et quels mots de passe avez-vous créés ?

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Principes de mémorisation – ne plus rien oublier

Quels sont les principes de mémorisation utilisés dans les arts de la mémoire ?   Comment mémoriser des quantités d’informations sans se tromper ? Quel rôle peuvent encore jouer les arts de la mémoire à l’ère numérique ? Ce sont quelques questions que je me pose depuis quelques années.  Et sur lesquelles je voudrais échanger avec vous au cours d’une nouvelle série d’articles.

Article mis à jour le 15 mai 2021.

Les arts de la mémoire ont connu une longue éclipse avant d’être remis à l’honneur par les livres de Dame Frances Yates.  Et d’être repris comme tentative d’explication du fonctionnement des mindmaps par Tony Buzan.    Et j’utilise ces principes de mémorisation tant dans mes Formations à destination des écoles.

Mais quels sont les principes qui ont été utilisés par les « mnémonistes » au cours des 3 derniers millénaires pour mémoriser tant des discours que des poèmes ou des formules de mathématiques ?

Trois principes fondamentaux

En fait, ces principes sont au nombre de 3.  Oui, vous avez bien lu : trois !

  1. L’ordre
  2. L’association
  3. La répétition

Sur la carte heuristique suivante, j’ai dessiné quatre branches : j’ai scindé « association » et « combinaison d’associations » pour une question de visualisation.  Mais c’est totalement arbitraire.  Cette carte est disponible sur notre page Mémoires pour un téléchargement gratuit au format XMind.  (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Arts de la mémoire – principe de mémorisation

J’ai essayé, en utilisant une série de sources et mon expérience personnelle, de rassembler les principes de mémorisation et les techniques associées.  Je ne prétends pas à l’exhaustivité : si vous en connaissez d’autres, surtout, dites-le moi.  Je serai plus qu’heureux de les associer à ma panoplie !

1. L’ordre

Pour mémoriser, il faut d’abord placer les éléments à retenir dans un certain ordre.

Cet ordre peut être spatial, comme dans le cas des « mémoires locales » comme le célèbre « palais de mémoire« .  On place les objets à retenir dans un lieu.  Et on définit un parcours entre les différents objets placés dans différents endroits du lieu.  Je reviendrai sur le palais de mémoire qui est l’une des plus anciennes et l’une des plus efficaces techniques de mémorisation.

Il peut être chronologique : des événements situés dans le temps peuvent servir de trame.  Mais là, je pense davantage à la scénarisation qu’à une chronologie pure et simple.  Je ne connais pas d’exemple qui utilise une simple chronologie.  Et il s’agit donc davantage d’un ordre de type narratif qui insère une chronologie dans le récit.

Il peut être logique : c’est le cas de l’ordre dialectique ou des taxonomies.

2. L’association

C’est le fait de lier un concept et une image, par exemple.  Notre mémoire des images est en général bien meilleure que la mémoire des mots.

Pour se souvenir des chiffres, on utilise aussi l’association avec des images.  Le blog de mon ami Bernard Lamailloux en offre une magnifique illustration sur cette page Vous avez une mémoire extraordinaire.

L’association peut être phonétique : on part de la similitude entre les sons d’un nombre et celui d’un objet ou d’une personne : le chiffre « un » est associé au mot « hun », par exemple.  On utilise énormément les « acronymes » ou expressions formées des initiales de chacun des mots à retenir : CQQCOQP joue à la fois sur la similitude phonétique « C’est cucu, c’est occupé » et sur l’acronyme des sept questions formulées par Quintilien : Combien ? Qui ?  Quoi ?  Comment ? Où ? Quand ?  Pourquoi ?

L’association sémantique est plus rare, mais elle peut être très efficace comme dans le cas suivant : le cosinus est menteur et raciste.  Si vous ne me croyez pas, allez consulter cette (très longue) liste de mnémoniques dans laquelle figure l’explication de cette affirmation pour le moins bizarre.

Vous avez dit « bizarre » ?  Oui, car dans les arts de la mémoire, ce qui sort de l’ordinaire, de la logique, de la routine, de l’ordre attendu des choses se mémorise mieux.  Et donc, les associations bizarres – sons incongrus, noms ou phrases stupides, images grotesques, etc. – sont des moyens mnémotechniques plus efficaces que les associations « logiques ».

Stanislavski, dans sa formation des comédiens, utilisait la mémoire affective : il demandait aux comédiens de se rappeler des émotions vécues pour « animer » leur représentations.  Il leur demandait aussi d’associer ces émotions à un geste, ce qui n’est pas sans rappeler l’utilisation de la mémoire kinétique (mouvement).

Les combinaisons d’associations

Mais ce qui fonctionne le mieux, c’est la combinaison d’associations.   Associer une idée à une image placée dans un ordre particulier, comme dans le palais de mémoire.

Dans le cas des épreuves de cartes au championnat mondial de la mémoire, les mnémonistes associent les cartes à un personnage et à une narration.  Cela donne, chez les joueurs entraînés, les résultats surprenants comme celui-ci : Ben Pridmore, 4 fois champion du monde, qui mémorise un jeu de cartes entier en 24,97 secondes !  Record battu depuis…

Les mindmaps associent les mots-clés, les images, les couleurs, la disposition spatiale des branches et les relations pour aider à mieux comprendre à à mémoriser.

Microsoft a mis au point une méthode de mémorisation des mots de passe à l’aide d’images et d’acronymes  : un bel exemple d’utilisation d’une technique pluriséculaire rénovée par une entreprise high-tech !

Enfin, certaines méthodes allient chiffres et lettres pour mémoriser des suites complexes de nombres, comme les décimales de Pi : le principe se base sur un « poème » composé de mots dont le nombre de lettres est égal au chiffre à retenir :

Que j ’ aime à faire apprendre un nombre utile aux sages !

3     1    4     1   5     9                    2        6          5         3        5

Le poème proposé dans la liste de mnémoniques permet de retenir les 126 premières décimales de Pi.  Une paille à côté des 22.514 que Daniel Tammet a pu réciter lors d’un gala londonien en mars 2004 !

3. La répétition

Il y a au moins un point sur lequel s’accordent tous les auteurs qui ont écrit sur la mémoire depuis l’Antiquité: on ne retient bien, avec ou sans les autres méthodes, que si l’on répète plusieurs fois ce que l’on doit mémoriser.

Lorsque le mnémoniste place des images dans son palais de mémoire, il parcourt ce dernier plusieurs fois dans un sens et puis dans l’autre pour renforcer la mémorisation.

Le mindmapping propose une mode particulier de répétition : la réactivation.  Qui consiste à revisiter sa carte une heure après l’avoir conçue et à intervalles réguliers par la suite.  Intervalle dont la fréquence peut varier d’une personne à l’autre.

De nouvelles théories basées sur les neurosciences cognitives préconisent des répétitions espacées : c’est la base de l’utilisation des flashcards, qu’elles soient manuelles ou numériques comme celles que permet de créer Wooflash, par exemple.

C’est sur cette même théorie qu’est basée l’application Anki, compatible avec XMind, dont je vous reparlerai bientôt.

Enfin, d’autres théories sur la mémoire épisodique préconisent les exercices variés sur la même matière comme méthode de répétition.  C’est ce que je ne cesse de répéter au cours de mes ateliers Apprendre A Apprendre : que vous soyez visuels, auditifs ou kinétiques.  Variez les exercices !  Cela vous évite la lassitude liée aux mêmes exercices répétés inlassablement.  Surtout aux résumés et aux relectures totalement inefficaces…  Et vous mobiliserez différentes parties du cerveau qui seront prêtes à vous répondre au moment de l’examen.

Cet article n’est qu’un aperçu des différents principes de mémorisation.  Je reviendrai dans les prochaines semaines sur chacune des techniques évoquées.  Si vous en connaissez d’autres, si vous avez des expériences dans ce domaine : n’hésitez pas !  Utilisez les commentaires ou la page Contact pour me faire part de vos remarques, de vos suggestions, de vos expériences 😉

A bientôt !

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Mindmapping et trouble de l’attention (TDA/H) chez l’adulte

Le mindmapping peut-il aider des personnes sujettes au trouble de l’attention ?

Par sa structuration, son côté coloré et imagé, le mindmapping est une technique particulièrement adaptée aux personnes dont l’attention est vite perturbée.

On connaît depuis un certain temps les effets bénéfiques du mindmapping sur les enfants dyslexiques.

Mais les mêmes effets structurants se retrouvent aussi chez les personnes sujettes au trouble de l’attention.  (Cliquez sur la carte pour l’agrandir ou téléchargez-la depuis Biggerplate).

Symptomes du TDAH chez l’adulte

Il n’y a pas si longtemps que l’on reconnaît les troubles de l’attention chez les adultes.   Trouble que beaucoup croient encore réservé aux enfants. Mais ces enfants grandissent…

Il est vrai que ce trouble se manifeste souvent de façon moins spectaculaire chez l’adulte que chez les enfants ou les adolescents.  Souvent, l’adulte n’est pas hyper-actif.  Mais par contre, ses pensées alternent à la vitesse de la lumière.  Ce qui peut aider à la créativité.  Mais peut aussi créer de la confusion.  Ou conduire au contraire la personne à restée hyper-concentrée sur une même rêverie pendant un temps considérable.   Car la perception du temps est également altérée chez ces personnes.  On parle de « temps élastique ».  Nous éprouvons tous cette sensation du temps qui s’écoule lentement lorsque nous nous ennuyons ou très vite lorsque nous éprouvons du plaisir.  Mais ces perceptions sont extrêmes  chez les personnes TDA.

La mémoire a court terme – mémoire de travail – fonctionne généralement très mal ou de manière cahotique.  Certains scientifiques ne font d’ailleurs pas la distinction entre « attention » et « mémoire de travail« .  (1)    Cela expliquerait pourquoi les personnes souffrant d’un déficit de l’attention présentent également des troubles de la mémoire à court terme.

Ces personnes sont souvent impulsives, agissant sous le coup de l’émotion.  Elles sont sujettes à des sautes d’humeur ou à des achats compulsifs qui agissent comme moyen de diminuer la tension intérieure.

Enfin, elles souffrent souvent d’une mauvaise estime de soi et présentent le « syndrome de l’imposteur » : on les entend répéter suite à une réussite, « ce n’est pas moi qui ai réussi cela, ce n’est pas possible. »  Ou bien encore « j’ai eu de la chance, tout simplement« …

Un coaching structurant

J’ai accompagné plusieurs personnes – jeunes adultes et quadragénaires – qui présentaient ce type de trouble de l’attention.

Un des problèmes majeurs de ces personnes TDA est de s’organiser : organisation de ses pensées, de ses projets, de son temps.

Vous aurez compris que le mindmapping, avec ses éléments structurants, offre un support précieux pour organiser les pensées et les projets de personnes TDA.  Le fait est qu’elles peuvent difficilement se concentrer sur quelque chose d’ennuyeux.  Ce qui explique également les nombreux cas de procrastination lorsqu’il faut faire face à une tâche routinière ou rébarbative.

Or, la mindmap avec son côté coloré, ses images et sa structuration spatiale particulière apparaît comme quelque chose d’un peu ludique, ou en tout cas, de moins ennuyeux à créer ou à suivre qu’un texte suivi.

L’articulation des branches autour du centre et la synthétisation de la pensée en mots-clés aident aussi à mieux structurer sa pensée, à rassembler dans une hiérarchisation forte des pensées qui sinon s’égailleraient sans doute dans tous les sens.

Le mindmapping n’est évidemment pas le seul exercice que je propose : je tente de « coller » le plus possible aux besoins de la personne TDA : et donc, nous travaillons ensemble la concentration à l’aide d’exercices, mais aussi la relaxation, la visualisation.  Nous abordons également la gestion du temps et la répartition des tâches – de travail ou d’études selon les cas – sur la journée, la semaine, le mois, le quadrimestre, etc.

Des outils comme Focus Booster dont j’ai déjà parlé sur ce site facilitent aussi grandement la concentration et l’aération du cerveau pendant les pauses.

Et vous ?  Quelles sont vos expériences en la matière ?  Connaissez-vous des personnes sujettes à ce trouble ?  Comment s’organisent-elles ?  Ont-elles aussi recours à ce type de techniques ?

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(1) Jean-Philippe Lachaux, Le cerveau attentif : contrôle, maîtrise et lâcher-prise, Paris, 2011, Odile Jacob, (Sciences), 369 p., p. 25.