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Une appli créée par les étudiants pour les étudiants – Podcast

Antoine Cariat est le CEO d’Easyllabus, une appli créée par des étudiants pour des étudiants Aujourd’hui, je le reçois pour le Podcast de Formations 3.0. Vous pouvez écouter ici cet épisode consacré à cette plateforme originale de capsules éducative audio.

Je vous ai déjà parlé d’Easyllabus dans un article de ce blog. Aujourd’hui, je reçois son CEO et co-fondateur, Antoine Cariat qui nous décrit l’évolution d’Easyllabus de l’idée d’un étudiant vers un modèle fermé et enfin d’une appli créée par les étudiants pour les étudiants.

Saison 2 – Episode 11 – Easyllabus

Retranscription

(Musique Intro).

Bienvenue dans Formation 3.0, le Podcast qui examine la formation sous toutes ses coutures.

Je suis Marco Bertolini, je suis à la fois l’hôte et le producteur de cette émission.

Bienvenue dans l’épisode 11, en réalité l’épisode 1 de la saison 2 du podcast Formation 3.0.  Aujourd’hui, j’invite Antoine, qui est le cofondateur d’une application qui s’appelle Easyllabus et qui transforme vos cours en podcasts.  C’était vraiment l’hôte rêvé pour reprendre une nouvelle saison avec vous.

MB : Antoine, bonjour 

AC : Bonjour, bonjour !

MB : Vraiment ravi de vous accueillir ici, aujourd’hui !

Expliquez-nous un peu qui vous êtes et comment vous en êtes arrivé finalement à créer une appli comme Easyllabus ?

Un séjour Erasmus à la base de l’idée d’appli créée par les étudiants pour les étudiants

AC : Alors, bonjour, merci déjà de m’avoir invité dans ce podcast, je m’appelle Antoine Cariat, j’ai 25 ans, 26 en août et j’ai créé Easyllabus officiellement le 21 janvier 2020 et officieusement, ça faisait déjà un an avant cette date-là que j’avais commencé. L’idée m’est venue, c’est une histoire que je raconte tout le temps, j’ai même failli en faire une publication sur LinkedIn et les réseaux pour l’expliquer, mais l’idée m’est venue quand j’étais en Erasmus à Bologne, en 2016, j’avais des centaines de pages à étudier,  en un laps de temps super-court et je vais être totalement transparent, quand on est étudiant, la première chose à laquelle on pense  en Erasmus, c’est pas nécessairement de réussir ses examens, c’est peut-être plus l’expérience que de réussir ses examens…

MB : Oui, tout à fait !

AC : Exactement, et du coup, je me suis retrouvé en fin de période à devoir assimiler une quantité de matière énorme en un temps super-court.  Et du coup, ben j’ai pris mon temps pour enregistrer toutes ces notes que j’avais en face de moi en capsules audio.  Et je les écoutais partout, quand j’allais faire mes courses, quand j’allais me balader dans la ville.  Et du coup j’avais mes moments d’études et les moments où je sortais de chez moi où je continuais à étudier de manière  entre guillemets passive.  Et  ça m’a permis de réussir mes examens et je me suis dit « tiens, ça peut plaire à d’autres étudiants ».

Une appli née d’un séjour Erasmus

MB : OK, mas enfin, tout le monde n’enregistre pas ses cours pour créer une startup dans la foulée, donc qu’est-ce qui a fait le déclic, finalement, de passer de quelque chose de très personnel pour réussir ses propres examens à un produit qui devient une partie d’une industrie, l’industrie du podcast qui est en pleine croissance ?

Un incubateur pour passer de l’idée personnelle au projet de start-up

AC : Oui, mais c’est une super-question parce que comme je vous l’ai dit on est en 2016 à cette époque-là et je suis encore aux  études à l’EPHEC (haute école de commerce de Bruxelles) en commerce extérieur et donc je reviens de cet Erasmus et donc je suis depuis cette époque-là et même avant, passionné par l’entrepreneuriat, je suis tout ce qui se passe en Belgique et en France, un peu en Angleterre et aux États-Unis, mais surtout Belgique-France et je trouve des parcours super-inspirants et je me dis depuis très, très longtemps que j’ai envie de me lancer dans quelque chose. Maintenant, je finis d’abord mes études, et puis en fait, je passe à l’ICHEC (Université Catholique) pour faire un master là-bas et à l’ICHEC il y a un incubateur qui s’appelle le StartLab de l’ICHEC qui aide des jeunes entrepreneurs à se lancer.  Et du coup, je me dis « bon, ben, toutes les planètes sont alignées pour que je me lance et en plus, cette idée, ça fait trois ans qu’elle est dans ma tête, on est en 2019 à cette époque-là, elle y est toujours justement dans ma tête et je me dis, il y a vraiment quelque chose à faire avec cette idée et en plus il y a un incubateur qui peut m’aider à me lancer au début.  Donc, allons-y, quoi, je me lance et, comme vous dites, il y a une grosse différence.  En entrepreneuriat, il y a beaucoup de gens qui ont des idées, beaucoup de gens qui nous disent « ah oui, j’ai l’idée du siècle, machin ».  En entrepreneuriat, tout le monde sait qu’une idée ça vaut très, très peu et que c’est l’exécution qui est importante, et donc il fallait que je me lance à un moment donné et arrêter de dire que j’avais une idée.

MB : Oui, et un incubateur, c’est vraiment un bon moyen de passer de l’idée au projet, justement.

AC : Effectivement, surtout au début.  C’est-à-dire que tout au début, je me suis retrouvé avec le syndrome de la page blanche comme l’écrivain, quoi, où on arrive le premier jour, on se dit qu’on se lance et on ne sait pas par où commencer.  Et donc, en fait, ils mettent les premiers outils à disposition pour pouvoir mettre les bases du projet.

L’incubateur, un bon moyen de passer de l’idée au projet

MB : OK, alors cet accompagnement, ça a duré combien de temps et qu’est-ce que vous en avez retiré personnellement ?

AC : C’est une incubation de deux à trois ans, tout dépend de si on continue et si on ne lâche pas l’affaire, je vais dire, pour parler crûment.  Mais, les trois principales choses, ce sont un espace de coworking, donc, on peut travailler directement dans un environnement avec d’autres entrepreneurs.  Les formations, dans les premières années permettent justement de jeter les bases de tout projet, donc, le business plan, le lean canvas, le business model canvas, des choses qui rentrent dans l’entreprenariat directement, et ensuite, on est accompagné par un coach-entrepreneur, qui nous aide, qui nous conseille, avec qui on a des réunions quasiment tous les mois.  Et donc ça, ce sont les trois choses principales que l’incubateur met à disposition.

MB : OK et alors, je vais vous poser la même question qu’à vos collègues de Wooclap : est-ce que c’est plus facile de démarrer à Bruxelles ou est-ce que c’est plus difficile, finalement, que de démarrer à un endroit comme Paris ou… ?

AC : Je me suis fait la réflexion, il n’y a pas si longtemps que ça et je pense que tant qu’on n’a pas testé autre part, on va se dire que Bruxelles est bon.  Maintenant, évidemment que Paris ou Londres  a beaucoup plus d’opportunités ne fut-ce qu’en termes de densité  d’entrepreneurs au mètre carré ou au kilomètre carré.  Là où en Belgique on a beaucoup moins de projets parce qu’on est un tout petit pays et je pense que, comme je disais, on est assez satisfait de ce qu’on fait en Belgique parce qu’on a pas potentiellement été voir ailleurs.  Et c’est pour ça que je m’informe beaucoup sur l’entrepreneuriat à Paris et Londres, ne fut-ce que pour l’investissement, c’est-à-dire que je pense qu’il y a dix fois plus d’investisseurs en France, juste à Paris même et potentiellement 20 à 25 fois plus à Londres.  Ce sont des chiffres très pragmatiques qui montrent que c’est potentiellement plus difficile à Bruxelles.  Après, il ne faut pas se trouver d’excuses et se lancer peu importe là où on est.

MB : Dans votre cas, c’est plutôt une réussite, parce que si j’ai bien compris vous êtes un des podcasts les plus écoutés en Belgique ?

AC : Oui, ben, à l’époque où on n’avait pas d’application, on était un podcast, parce qu’en fait, on se catégorisait comme podcast, même si maintenant on essaie d’éviter ce terme, pourquoi, parce que pour nous un podcast, c’est un peu ce qu’on fait aujourd’hui, enfin, c’est clairement ce qu’on fait aujourd’hui, soit des interviews, c’est deux micros, des intervenants, parfois du divertissement…  Et nous, on est plus dans « on enregistre nous-même notre capsule, et c’est de l’éducation », c’est un peu différent, c’est plus des capsules d’éducation plutôt que du podcast à proprement parler, c’est pour ça qu’on essaie, je vais pas dire de ne plus utiliser le terme podcast, mais…

MB : de vous démarquer du reste.

AC : Voilà, c’est ça !  Mais en tout cas, à l’époque où on était sur Spotify, Apple Podcast et SoundCloud, on était en Belgique très souvent dans les podcasts les plus écoutés en Belgique, donc on était très contents.

Une appli belge qui veut s’ouvrir sur le monde

MB : Aujourd’hui, vous avez changé de modèle, vous avez un modèle « freemium ».  Expliquez-moi un peu comment ça marche, qu’est-ce que c’est Easyllabus, finalement ?  Pour les Belges, Easyllabus, « syllabus », ça parle tout de suite, pour les Français, c’est peut-être moins évident.

AC : Oui, mais en fait, pour le nom, on a réfléchi pas mal de temps là-dessus, j’en ai même fait une vidéo et j’invite tous les auditeurs de ce podcast à aller la regarder.  Qui explique toute la genèse du nom, etc.  En fait, on a voulu juste montrer en un mot qu’on allait faciliter l’apprentissage, d’où le « easy » et « syllabus » c’était un mot qui est connu dans le monde, bon peut-être pas nécessairement pour les mêmes choses, c’est-à-dire que nous en Belgique on utilise des syllabi directement pour étudier, en France, c’est un peu différent, mais ils savent au moins que ça touche à l’éducation et même aux États-Unis, en Angleterre, ils savent que Syllabus ça vient de l’éducation.  Et donc, on voulait de « l’éducation facilitée » – Easyllabus.

Maintenant, comme je dis dans la vidéo, d’ailleurs, je ne pense pas que ce soit le meilleur nom ou que ce soit le plus facile à prononcer ou le plus facile à comprendre.  Mais pour nous, c’est ce qu’on en fait plutôt que le nom.  Et donc, le modèle, on est effectivement passé en freemium, c’est-à-dire qu’on a lancé notre application il n’y a pas si longtemps que ça et donc, on peut utiliser l’application gratuitement moyennant l’écoute de certaines publicités dès qu’on lance un spot éducatif et certaines features (fonctionnalités, ndlr) qui ne sont pas disponibles en gratuit, typiquement l’écoute hors connexion, la lecture du PDF en même temps qu’on l’écoute directement sur l’application et le fait d’écouter justement des publicités.

MB : ok, et alors comment ça marche concrètement si je suis un étudiant et j’ai envie d’enregistrer mes propres notes.  Parce que pour l’instant, vous ne travaillez uniquement qu’avec des universités et des hautes écoles belges, si j’ai bien compris ?

AC : oui, belges francophones. 

MB : et est-ce que ça ne vous tente pas d’ouvrir à la France, à la Suisse ?

AC : Oui, effectivement, mais, une fois de plus, le marché belge, francophone qui plus est c’est un petit marché par rapport à d’autres pays.  On est sur plus ou moins 230.000 – 250.000 étudiants du supérieur en francophonie en Belgique.

MB : en même temps, ça vous fournit un beau panel pour votre test avant de vous lancer plus loin.

AC : c’est ça ! Exactement et puis en plus, on connaît bien le marché belge, on sait comment le système éducatif fonctionne.  C’est parfois très différent.  Par exemple, en France, c’est très différent.  En Angleterre, c’est un peu plus proche de nous, mais en France, il y a un système de concours, etc., de partiels, enfin bref : il y a plein de choses qui sont différentes donc il faut faire attention avant de s’implanter dans un autre pays.  Mais c’est typiquement quasiment trois millions d’étudiants du supérieur, donc quasiment dix fois plus, quoi.

Du modèle fermé à l’appli créée par les étudiants pour les étudiants

AC : Donc, voilà, mais en tant qu’étudiant belge francophone, si vous voulez des notes, vous pouvez  directement proposer un cours sur Easyllabus et nous on va le produire ou non en fonction de la demande.  Mais on veut lancer, effectivement un concept qui va arriver assez rapidement sur Easyllabus dans lequel n’importe qui pourra uploader et pas nécessairement basé sur des notes de cours, mais pour uploader (téléverser, ndlr) une capsule éducative.  Donc, il prend son téléphone, il s’enregistre, il poste sa capsule et voilà. Et donc en fait, on ouvre la plateforme à n’importe qui parce que là pour l’instant, la production de contenu est à 100 % internalisée. Et donc, comme vous le dites on est assez vite fermé dans la production qu’on fait parce que chaque cours est pour une certaine niche, quoi.

MB : Oui.  Et alors, vous avez aussi un système de monétisation, c’est-à-dire si les cours ont du succès, qu’ils sont écoutés, l’auteur peut aussi recevoir une commission.

AC : c’est ça, lorsqu’on…  Il y a l’auteur de la synthèse, actuellement pour les cours auto-produits et donc là on essaie de trouver un système en ce moment de contrepartie pour ces gens-là, mais pour les gens qui effectivement vont enregistrer directement sur l’application, il y aura un système de contrepartie.  On essaie de réfléchir, parce qu’évidemment en Belgique c’est compliqué au niveau administratif et légal de payer des gens comme sur YouTube, par exemple, c’est très compliqué.  Mais on essaie de réfléchir évidemment à un système de contrepartie.

MB : OK.  Et moi, je voulais vous demander aussi, par rapport à d’autres applications, quelles sont vos spécificités, par rapport à d’autres applications pour étudiants ?

AC : Oui, ben alors nous, on met à fond l’audio en avant.  Pour plusieurs raisons.  La première raison, c’est comme je l’ai dit on peut faire potentiellement autre chose que juste écouter le cours pendant qu’on est en train de l’écouter : donc on met en avant le fait qu’on peut par exemple faire la vaisselle, je ne sais pas, comme moi je l’ai fait quand j’étais étudiant.  On peut faire plein de choses et écouter en même temps.

Des capsules audio qui peuvent s’écouter partout

On met aussi en avant le fait que quand on écoute, on retient potentiellement deux à trois fois plus  que ce qu’on lit.  Donc ça, c’est quelque chose qu’on met beaucoup en avant aussi.  Et ça, c’est l’avantage par rapport à l’audio.  Et puis, notre plateforme elle se concentre directement sur les contenus condensés, c’est-à-dire des notes de cours, résumés et synthèses et donc on va à l’essentiel, on apprend la matière qui va potentiellement plus passer à l’examen que le syllabus.  Le syllabus qui fait 400 pages.

MB : oui, c’est ça, donc, ce n’est pas juste une lecture de syllabus, il y a réellement un travail de synthèse avant d’enregistrer et de proposer…

AC : exactement. En fait, les synthèses ne sont pas faites par nous, elles sont faites par les étudiants directement et nous on demande évidemment l’accord aux personnes qui ont fait ces synthèses qu’on en fasse de l’audio et on les publie après sur l’application.

MB : OK, et les personnes qui font les voix, alors, qui sont-elles ?

AC : alors, c’est des gens, des étudiants et étudiantes qu’on a recrutés et triés sur le volet.  En fait, il y a eu beaucoup de candidatures, surtout qu’on est tombés en plein Covid et qu’il y a beaucoup d’étudiants qui avaient très peu de jobs d’étudiants, justement. Et donc, là, ils pouvaient travailler de chez eux puisqu’en fait, ils passent un test.  D’abord, il y a tout un processus de candidatures, et en plus, ils passent un test, donc on leur envoie un texte à réciter, ils nous le renvoient en capsule audio et là-dessus, on juge si on les embauche entre guillemets ou non.  Et donc, on était douze au début, maintenant, on est un peu plus de vingt.  Enfin, ils sont un peu plus de vingt et donc ils sont rémunérés en fonction de la prestation qu’ils ont faite, directement.  Et donc, on leur envoie les cours, ils les récitent, ils les envoient en capsules audio et on les publie sur l’application.

MB : OK, donc assez simple, comme système là aussi.

AC : Oui, maintenant on va essayer évidemment d’augmenter nos standards de qualité entre guillemets.  Ce qu’on acceptait peut-être avant sera moins accepté de nos jours parce qu’on veut évidemment que sur la plateforme chaque contenu soit de qualité.

MB : OK, parfait.  Alors, est-ce qu’il y a des domaines où ça peut ne pas fonctionner, ce système-là ?  Ou bien est-ce que ça peut s’appliquer à…  Parce que j’ai vu sur l’appli que j’ai téléchargée sur mon propre smartphone, j’ai vu quand même qu’il y avait du droit, des sciences, des sciences, des maths, du commercial, enfin il y avait pas mal de domaines qui sont couverts.

AC : effectivement, on essaie de toucher le maximum de facultés possibles, maintenant, évidemment, on ne va pas pousser jusqu’au bout.  C’est très difficile de faire de l’anatomie, de faire des statistiques appliquées, en audio, c’est très compliqué.  Surtout que nous on est…  On a déjà essayé.  On prend le cours et on voit plein de formules de chimie, etc., de chimie organique, c’est très, très compliqué.  Il y a des cours qui sont beaucoup plus compliqués à faire, voire impossibles, et donc à ce moment-là, nous, on espère justement que quand on lancera ce système de « n’importe quel étudiant pourra venir expliquer la matière » et bien, les experts dans leur domaine pourront vulgariser ça et rendre ça plus audible entre guillemets que juste de la citation de formule, ce qu’on ne sait pas faire pour l’instant.  Et donc, on se concentre entre guillemets sur les cours plus « verbeux »  de chaque faculté et ça fonctionne très bien comme ça, je vais dire.

Un modèle économique freemium en phase de test

MB : OK, et alors, je voulais vous demander aussi comment se procurer le modèle freemium, puisque vous avez un modèle freemium.  Combien ça coûte ce modèle freemium ?

AC : alors, ça coute 3,99 euros par mois ou 39,99 euros par an.  Maintenant, c’est un pricing, comme je vous l’ai dit, on l’a lancé au 15 mars.  Donc, c’est un pricing qui va potentiellement changer.  On essaie de voir un peu comment est-ce qu’on peut adapter ce pricing pour qu’il plaise au plus aux étudiants, mais qu’on arrive nous à dégager un chiffre d’affaires assez intéressant aussi.  Donc, voilà, ça, c’est le pricing pour l’instant.

MB : Donc pour l’instant, c’est plutôt une phase de test plutôt qu’un véritable pricing.

AC : C’est ça !  Mais il donne droit comme je l’ai dit de pouvoir écouter sans les publicités, l’écoute hors-connexion et la lecture du PDF en même temps qu’on l’écoute.  Voilà.

MB : OK.  Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite utiliser Easyllabus ?

AC : moi, je lui conseillerais de continuer à aller en cours, parce que parfois on a des détracteurs qui nous disent qu’on incite les étudiants à ne pas aller en cours alors que pas du tout.  Nous on dit allez en cours.

MB : oui, moi je n’ai vu ça ni sur l’application, ni sur le site Web non plus.  Ce n’est pas parce qu’on utilise des outils qu’on doit se dispenser d’aller au cours ou de travailler de manière classique.  On est bien d’accord.

AC : Exactement ! Et donc, on dit, continuez à aller au cours, c’est un outil comme vous l’avez dit d’aide à la réussite, écoutez-le potentiellement dans les transports en commun, pendant que vous faites la vaisselle, ou même une ou deux capsules avant de dormir, ça ça passe très bien aussi et surtout, quand on va lancer ce système qu’on va appeler « Boost », quand ça va s’ouvrir à toute la communauté, ben, n’hésitez pas à en faire, à en produire, parce que.   Il y a beaucoup de barrière, je parle peut-être un peu trop, mais il y a beaucoup de barrières à la production de contenus, c’est-à-dire qu’il y a beaucoup de gens qui ne pensent pas assez compétents, qui n’aiment pas leur voix et qui hésitent à publier du contenu.  Donc là, une fois que ce sera lancé, n’hésitez vraiment pas à produire du contenu. 

MB : moi, je crois qu’il ne faut pas être timide et il faut y aller, quoi.  Il faut essayer, exactement, je suis bien d’accord.  Alors, il y a une tradition dans ce podcast, c’est à la fin de demander à l’invité s’il a un coup de coeur ou un scoop à partager avec nous, avec la communauté.

AC :  Alors, qu’est-ce que j’ai comme coup de coeur récemment.  Moi, comme je l’ai dit, je suis passionné d’entrepreneuriat, donc je regarde tout ce qui concerne l’entrepreneuriat belge, français, que ce soit sur YouTube, des articles sur LinkedIn, bref, peu importe, et j’adore tout ce que fait The Family, je ne sais pas si vous connaissez The Family.

MB: oui, tout à fait.

AC : l’incubateur français, moi, je regarde toutes leurs vidéos.  Ils sont un peu moins productifs pour l’instant, parce qu’il y a le Covid, etc.  Mais moi, je regarde toutes ces vidéos, tous les podcasts qui parlent de ça.  J’adore un personnage qui s’appelle Jean de la Rochebrochard qui est très connu aussi en France, et j’adore tout ce qu’il fait, tout le contenu, il balance du contenu gratuitement et j’adore tout ce qu’il fait.  Donc voilà et s’il y a des entrepreneurs-étudiants qui nous écoutent pourquoi pas aller postuler au StartLab de l’ICHEC.  Ils prennent les étudiants de n’importe quelle école, donc n’hésitez pas à postuler.  

MB : Oui, je les connais bien aussi, je suis passé par l’ICHEC, il y a de nombreuses années.  J’avais fait le module sur la gestion de PME et donc j’ai rencontré le créateur de l’incubateur et effectivement, ce sont des gens de qualité.   Donc, je recommande aussi chaudement sans problème.

AC : Super !

MB : Antoine, merci infiniment de nous avoir éclairé sur Easyllabus.  Tout le mal que je vous souhaite, c’est de continuer à connaître le succès.  Je pense que vous êtes bien parti.  Peut-être que dans un an ou deux, on se redonne rendez-vous et voir ce qu’est devenu Easyllabus, s’il est implanté en France ou en Angleterre.  A très bientôt 😉

Prochain épisode : Tumult

Dans le prochain épisode de notre podcast, j’aurai le plaisir d’inviter Emmanuelle Champy qui nous parlera de Tumult, une appli sociale de podcasting.

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Apprendre à apprendre

Cartes mentales et conceptuelles à l’université

Comment mieux comprendre ?  Comment mieux retenir ?  Comment voir les liens entre les cours ?  Comment visualiser les relations entre les concepts ? Les outils issus de la pensée visuelle – carte mentales et conceptuelles, cartes argumentaires – constituent une batterie intéressante pour l’étudiant à l’université. 

Beaucoup d’étudiants à l’université sont confrontés à des difficultés pour étudier.  La quantité de matière, la complexité des sujets en rebutent plus d’un.

Surtout quand les méthodes d’études consistent en surlignage, recopiage, synthèses lues et relues pendant des sessions interminables.

Les études à l’université exigent une solide discipline personnelle : il faut gérer le volume des tâches et leur répartition dans le temps, il faut ingurgiter des quantités impressionnantes de matière – parfois en un temps record – il faut produire des documents de plus en plus longs et complexes, jusqu’au travail de fin d’études, voire à la thèse de doctorat.

Il existe aujourd’hui des outils puissants pour répondre aux exigences croissantes des universités.  Ce sont ces outils et ces méthodes que je vais commencer à explorer dans cet article.

Cartes mentales et conceptuelles pour analyser et visualiser les concepts

Aujourd’hui, je vais vous donner un exemple issu de ma pratique d’accompagnement des étudiants.  Il s’agit d’étudier un papier sur la résolution de conflits.  C’est un article de Paul Collier qui propose une thèse hardie : les véritables causes des guerres civiles ne sont pas les revendications sociales, mais des causes strictement économiques.  Mon propos n’est pas de critiquer la thèse de Paul Collier – ça, c’est le travail de l’étudiante – mais de vous montrer comment on peut utiliser les outils issus de la pensée visuelle pour mieux étudier.  Mieux étudier : c’est-à-dire comprendre et ensuite retenir la matière.  Ce n’est que lorsque je la maîtriserai que je serai à même de la critiquer…

La structure du texte : une mindmap « arbre droit »

L’auteur structure son texte en cinq parties.  Pour l’illustrer, j’ai utilisé le logiciel de mindmapping MindMaple, que j’ai déjà présenté dans cet article.    J’ai employé une mindmap avec la structure « Righ Tree Class« .  Voici ce que ça donne : (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Structure du texte de Paul Collier

La mindmap ou carte mentale est un excellent outil lorsqu’il s’agit de visualiser une structure : et donc aussi pour analyser la structure d’un document, d’une présentation ou d’un système.

Cette carte nous permet de visualiser la structure du texte de Paul Collier, telle qu’il la présente lui-même dans son introduction :

1. Cette analyse des conflits selon la perspective économique est basée sur des modèles empiriques, observés pendant une période qui va de 1965 à 1995.  L’auteur y affirme que les revendications sociales – manque de démocratie, divisions religieuses, inégalités – n’ont aucun effet systématique sur les guerres civiles.  Que par contre, les causes économiques – le revenu national bas, la dépendance d’exportations de produits de première nécessité – ont un effet systématique sur les guerres civiles.  Le facteur décisif est l’opportunité de mobiliser des revenus afin de recruter des troupes.

2. Paul Collier affirme que les sociologues ne devraient pas écouter les discours publics sur les causes des guerres civiles.

3. Il donne ensuite des preuves de ce qu’il avance en décrivant chaque risque de guerre civile.

4. Il se concentre ensuite sur chaque modèle, examinant les conditions qui rendent les organisations rebelles viables.

5. Et enfin, il examine les implications politiques des discours basés sur les revendications sociales.  En négligeant les causes économiques des guerres civiles, gouvernements et communauté internationale ont manqué des opportunités de rétablir la paix…

Pour comprendre un texte et le retenir, rien de tel que d’en découvrir d’abord la structure : pour comprendre comment les arguments s’articulent entre eux et autour de l’idée principale.  Et lorsque je lirai le texte, je saurais toujours où j’en suis par rapport à l’ensemble : cela me permet d’anticiper sur la suite et de pratiquer une lecture active.

Visualiser les relations entre les concepts : la carte conceptuelle


Si la carte mentale ou mindmap est excellente pour visualiser la structure d’un texte ou d’un système, pour montrer les relations entre les concepts d’une théorie, rien ne vaut la concept map ou carte conceptuelle.  Celle-ci a été réalisée avec CMapTools, un outil gratuit dont je reparlerai bientôt, car il me semble méconnu et sous-utilisé.  Alors qu’il propose une série d’options très intéressantes pour les étudiants du supérieur.

Pour Collier, il y a deux grandes visions des conflits : les conceptions populaires, qui voient dans les conflits des luttes pour des revendications sociales.  Cette vue du public est également influencées par les discours des groupes rebelles qui se positionnent comme des combattants contre l’injustice.  Ils entrent en compétition avec le gouvernement et quelquefois même louent les services des mêmes agences de communication pour s’assurer de bonnes relations publiques.  Tandis que les économistes considèrent les groupes rebelles comme des organisations criminelles qui tentent de tirer parti des opportunités pour gonfler leurs revenus.

Illustrons tout cela avec une carte conceptuelle (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Carte conceptuelle : la vue populaire et l’analyse des économistes

Ici, il ne s’agit pas de montrer une structure autour d’une idée centrale, mais bien d’illustrer les relations entre les concepts : 2 vues différentes des causes des conflits civils, la compétition entre rebelles et gouvernements du point de vue du discours et des relations publiques, etc.

Analyser un processus : une autre carte conceptuelle

Les cartes conceptuelles sont également très intéressantes lorsqu’ils s’agit d’analyser un processus.

Paul Collier me donne l’occasion d’illustrer cette capacité des concept maps : il décrit comment les théories basées sur les revendications sociales expliquent les difficultés de la contre-insurrection.  Pour les tenants de ces théories, il est très difficile de lutter contre la rébellion.  Dans de nombreux cas, le gouvernement fait appel à l’armée.  Pour encourager cette dernière, le gouvernement offre des « incentives ».  Pour recevoir davantage de récompenses, les soldats se livrent à des atrocités, voire suscitent eux-mêmes des actes de rebellions qu’ils font ensuite semblant de mater.  C’est la spirale ascendante dont il est difficile de sortir.

Voici ce processus illustré par une carte conceptuelle : (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Concept map : les difficultés de la contre-insurrection

Le trajet des flèches et la rétroaction atrocités-revendications-rébellion montre bien le caractère systémique de la difficulté de lutter contre les insurrections dans les théories basées sur la revendication sociale.

Cartes mentales et conceptuelles : deux outils pour deux usages

Avec deux outils différents, mais tout deux issus de la pensée visuelle, les cartes mentales et conceptuelles, nous avons pu dégager la structure du texte et illustrer quelques-uns de ses concepts-clés.

Dans d’autres articles je reviens sur ces outils ou sur d’autres, comme les cartes argumentaires.

Et vous : connaissez-vous ces outils ?  Les avez-vous expérimentés ?  Ou en utilisez-vous d’autres ?  Lesquels ?  Comment fonctionnent-ils ?

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Apprendre à apprendre Coaching Coaching scolaire concept map enseignement secondaire Etudier efficacement Jeunes Jeux Mind Mapping Outils Pédagogie

Etudiez efficacement : comment réviser à long terme

Comment réviser à long terme ?  Etre certain de ne rien oublier pour les examens ?  De pouvoir me souvenir de ce que j’ai étudié dans deux ans ?

La théorie des répétitions espacées nous permet de mémoriser à long terme.  Une infographie et quelques explications…

Relire, prendre des notes, permet de se souvenir à très court terme.  Si vous devez étudier pour le lendemain, cela suffira sans doute.

Etudier des volumes importants de matière

Mais si vous devez mémoriser un volume important de matières complexes – comme c’est souvent le cas à l’université ou pour les dernières années du secondaire – vous avez besoin d’une méthode plus efficace.

La cinquième étape de notre méthode pour étudier efficacement est la révision à long terme.

Elle est basée sur la variété des outils et sur la méthode des répétitions espacées.

Mieux oublier pour mieux se souvenir

La théorie de la répétition espacée postule que nous oublions souvent, que nos souvenirs – qui sont des reconstructions de notre cerveau – sont souvent imparfaits.  Et que la meilleure façon de se souvenir, c’est d’oublier et de se ressouvenir.

En effet, lorsque nous étudions quelque chose, nous ne l’oublions jamais totalement.  Des éléments restent intacts dans notre cerveau.   Par la répétition espacée, nous forçons notre cerveau à se ressouvenir à chaque fois un peu plus.

Mais en même temps, nous évitons aussi la surcharge cognitive.  Car dans les répétitions espacées, on n’étudie pas ce qui est déjà connu.

Par exemple, si vous utilisez des flashcards, vous mettez de côté les cartes sur lesquelles figurent les questions auxquelles vous avez pu répondre facilement.  Et vous ne les réviserez que dans quelques jours.  Par contre, si vous n’avez pas pu répondre à 12 cartes sur 20, vous revoyez ces cartes aujourd’hui.  C’est le principe d’applications comme Anki ou Studyblue, dont j’ai parlé dans d’autres articles.  Cerego est une application récente de flashcards, dont l’outil Memory Bank gère la mémorisation à long terme en se basant sur la théorie des répétitions espacées.

Dans l’article sur la réutilisation de la matière, j’ai insisté lourdement sur la nécessité de varier au maximum les techniques de mémorisation et de compréhension.  Pour une révision à long terme, c’est exactement pareil.  Les différents outils et méthodes mobiliseront différents groupes de neurones.  Or, on sait que mobiliser des groupes différents de neurones renforce la mémorisation.

En combinant variété des outils et répétitions espacées, vous vous donnez un maximum de chances de réussir vos examens !

Espacez les séances dans le temps

Comment s’y prendre ?  Voici une infographie réalisée avec easel.ly qui vous donne un exemple en 7 étapes.

Etudier efficacement : la méthode des répétitions espacées

Variez les méthodes, utilisez des outils différents

Imaginons que vous devez étudier le roman de Dickens « Hard Times« .  C’est un roman peu connu dans les pays francophones, où l’on apprécie davantage Oliver Twist ou David Copperfield, alors qu’en Angleterre, Hard Times est LE roman de Dickens que tous les étudiants ont dû analyser un jour…

Voyons un peu comment procéder selon cette méthode…

1. Résumez le texte avec une mindmap

D’abord, vous prenez des notes, vous rédigez un résumé à l’aide d’une mindmap.

Le titre devient le sujet central de votre carte.  Ensuite, les trois divisions principales  du livre  – Sowing, Reaping, Garnering – peuvent devenir vos branches principales.  Et vous classez les chapitres à l’intérieur de chaque grande division.

Ensuite, vous réactivez votre mémoire en relisant soigneusement votre mindmap – ou carte mentale – une heure plus tard.

Et puis vous n’y pensez plus pendant au moins une semaine !

Vous réactivez alors votre mémoire en relisant votre mindmap.  Vous pouvez aussi la compléter, passer d’une mindmap dessinée à la main à une carte mentale numérique avec l’un des nombreux logiciels de mindmapping qui existent sur le marché.

2.Posez les bonnes questions avec CQQCOQP

Et ensuite, vous passez à l’étape 2 : posez-vous des questions sur le texte de Hard Times.  Utilisez pour cela une autre mindmap et la méthode CQQCOQP.

Interrogez le texte :

  • Qui fait quoi ? Qui sont les différents caractères ?
  • Où cela se passe-t-il ?
  • Quel est l’objet principal du texte ?
  • Que veut dénoncer Dickens dans ce livre si sombre et ironique ?

Et puis, n’y pensez plus pendant au moins une semaine, voire plus !

3. Utilisez une concept map pour comprendre les relations entre les personnages

Passez à l’étape 3 : continuez votre exploration du livre.

Utilisez une concept map pour explorer les relations entre les personnages : Mr. Bounderby, Mr. Gradgrind, Louisa, etc.

Vous pouvez aussi explorer les relations entre les différents lieux où se déroulent le roman.  L’école, la maison de Gradgrind, celle de Stephen…  Ou tentez de retrouver les relations entre  les actions des personnages.  Créez une ligne du temps pour visualiser la progression de l’histoire.

4.  Mémorisez les dates et les faits avec des flashcards

Vous avez du mal à retenir les noms des personnages ?  Ou certains mots du vocabulaire anglais ?

Passez à l’étape 4 et utilisez les flashcards.

Vous pouvez utiliser des flashcards réalisées manuellement ou bien en passant par une application comme Studyblue par exemple.

Posez des questsions sur les personnages, les lieux, les actions.  Mémorisez les définitions de mots compliqués comme « utilitarisme », par exemple.  Utilisez les possibilités d’inclure du son et des images dans les flashcards numériques pour mieux exploiter vos différents canaux sensoriels.

Et puis laissez passer du temps… 

5. Racontez et expliquez le livre à des personnes qui ne le connaissent pas

Et passez à l’étape 5 : racontez, expliquez Hard Times à quelqu’un qui ne le connaît pas ! 

Racontez l’histoire, décrivez chacun des personnages,  Expliquez la position de Dickens, pourquoi sa dénonciation de l’utilitarisme, de la science aride et inhumaine –  de la pédagogie sèche, quasi-autiste de Gradgrind – s’oppose à la vision de son époque.  Montrez le côté ridicule de Gradgrind et son apologie de la philosophie utilitariste.  Expliquez la condition misérable des ouvriers dans l’histoire.  Le côté parvenu et insensible de Bounderby.  Etc.

Tentez de créer du lien entre ce roman de Dickens et d’autres cours :

  • philosophie : qu’est-ce que le courant utilitariste ?  En quoi s’oppose-t-il à d’autres courants philosophiques ?  Quelles sont ses relations avec le positivisme d’un Auguste Comte ?  Quelle est sa place dans l’histoire de la philosophie ?  Qui sont ses héritiers aujourd’hui ?
  • histoire : le roman de Dickens décrit-il des situations réalistes ?  Quelle était la condition des ouvriers à l’époque ?  Quelles étaient les théories sur l’enseignement ?
  • littérature : en quoi la description du monde du travail chez Dickens est-elle comparable à celle décrite par Zola dans Germinal ou l’Assommoir ?  Comment Dickens construit-il ses personnages ?  Sont-ils des personnages existants ou plutôt des grands types littéraires ?  Des descriptions réalistes ou des caricatures ?

Pourquoi expliquer nous aide à mémoriser

D’abord, pour raconter et expliquer ce que vous avez étudié, vous allez devoir le structurer.  Lui redonner forme pour qu’il soit compréhensible pour quelqu’un qui ne le connaît pas.  Vous allez devoir le reformuler.

La personne en face de vous va certainement vous demander des précisions, des explications, des éléments auxquels vous n’aviez pas pensé.   Cela va vous amener à appronfondir vos connaissances, à les examiner sous un autre angle.

C’est un des outils les plus puissants à votre disposition !  Pourquoi les professeurs sont-ils incollables sur leur matière ?  Parce qu’ils passent beaucoup de temps à l’expliquer aux autres !  Vous aussi, profitez de ce formidable outil qui ne coûte qu’un peu d’efforts !

Que faire la veille de l’examen ?

Si vous avez fait tout ça, vous êtes prêt(e) pour l’examen.  Vous connaissez votre matière de manière approfondie.  Vous êtes capable d’anticiper les questions du professeur et d’y répondre clairement.

La veille de l’examen, relisez une dernière fois vos notes.  Refaites des schémas, des cartes heuristiques.  Et puis, dormez !

C’est extrêmement important.  Le sommeil est indispensable au fonctionnement optimal de notre cerveau.

Pourquoi relire la veille avant de s’endormir ?  Parce que pendant que vous dormez, votre cerveau travaille pour vous.   Votre subconscient réassemble vos connaissances selon de nouveaux schémas, de nouvelles associations qui vont renforcer votre mémorisation.

Après toutes ces étapes, vous êtes prêt pour l‘étape 7  !  Prêt à briller lors de votre examen !

Bonne chance à tous 😉

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Etudiez efficacement : réactivez votre mémoire

Troisième étape de notre méthode pour étudier efficacement : la réactivation.

La mémoire a besoin de répétition.  Mais pas seulement.  Lire et relire ses notes ou ses manuels ne suffit pas.  Il faut « réactiver » la mémoire et la préparer à restituer.

Après la « mise en projet » et « la prise de contact avec le cours« , voici la troisième étape de notre méthode pour étudier efficacement : la réactivation.

Retenir et restituer sont deux activités cérébrales différentes.  Elles font appel à des groupes de neurones différents.  Et donc à des techniques différentes si l’on veut être efficace.

Dans cette 3e étape de notre parcours, nous allons surtout nous attacher à la première notion : retenir.  Mais certaines des techniques dont je vais vous parler aujourd’hui abordent déjà la seconde.

(Cliquez sur la mindmap pour l’agrandir ou téléchargez-la gratuitement sur Biggerplate).

Techniques de réactivation de votre mémoire

1. Le mindmapping

a) Prendre des notes rapides et efficaces

Prendre des notes sous forme de mindmapping est une excellente façon de réactiver votre mémoire.  Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet puisque je l’ai déjà fait abondamment dans d’autres articles, notamment dans « Pourquoi le mindmapping est-il si efficace pour étudier« .  Mais l’association des mots-clés, des images, des liens, des couleurs, de la disposition spatiale favorise la compréhension et la mémorisation, par la synesthésie et l’utilisation des émotions aussi bien que de nos facultés rationnelles : tout cela favorise une rétention plus efficace à court et à long terme.

Oubliez le surlignage qui n’apporte rien en terme de rétention : vous retenez moins de 1 % des éléments soulignés après une semaine…

Aidez-vous plutôt des index et des tables de matières.  Des titres, des intertitres et du chapeau,  s’il s’agit de résumer un article.  Convertissez les mots-clés surlignés en mots-clés pour vos mindmaps.  Créez des relations entre les différentes parties du cours.  L’idéal est de dessiner cette carte à la main.  C’est ce qui sollicite le mieux nos différentes mémoires : visuelle, kynétique, etc.

b) Réactivez votre mémoire de manière régulière

Le mindmapping permet également une réactivation régulière : lorsque votre carte est terminée, posez-la, aller vous promener, vous oxygéner, buvez un verre d’eau, lisez une BD, etc.  Bref : relaxez-vous.  Une heure plus tard, reprenez votre mindmap en main : relisez-la – de préférence à voix haute, afin de solliciter votre mémoire auditive – parcourez-en les branches avec vos doigts.  Comparez-la avec vos notes de cours.  Il y a de grandes chances pour que vous y ajoutiez quelques petites-choses : un mot-clé oublié, un nouveau lien que vous venez d’apercevoir, un petit dessin parlant,  etc.

Ensuite, oubliez votre carte ! Revenez-y le lendemain.  Et ensuite, la semaine suivante.  Et puis, à votre rythme, revenez-y.   En pratiquant un peu ce genre d’exercice, vous trouverez votre propre rythme : une fois par semaine, deux fois par mois, etc.  Je reviendrai sur la notion de temps dans les études lors d’un autre billet.

c) Révisez juste avant les examens

Un peu avant les examens, lors de la révision finale, retravaillez votre carte.  Au besoin, redessinez-la.  Entretemps, vous avez appris de nouvelles choses, vous pouvez peut-être les y intégrer et/ou créer du lien entre les notions qui figurent sur la carte originale et la nouvelle…

Un autre avantage que mes étudiants et moi-même avons expérimenté en utilisant les mindmaps de cette façon : cela développe votre mémoire visuelle.

Cela fait beaucoup de travail ? Oui.  Je vous ai parlé d’une méthode efficace, pas d’une méthode sans travail…  Mais le travail peut-être amusant : voyez le paragraphe suivant !

 2. Des jeux pour étudier : jeux-cadres et flashcards

a) Les jeux-cadres

Les jeux-cadres – comme leur nom l’indique – offrent un cadre : à vous d’y ajouter du contenu.  Inventés par Thiagi, ils ont été popularisés en France par Bruno Hourst.

Réactivez votre mémoire avec les jeux-cadres !

Les jeux-cadres sont utilisés en entreprise, en formation, etc.  Mais vous pouvez aussi en tirer parti pour apprendre mieux et plus vite.

Les jeux-cadres peuvent aussi se pratiquer en groupe : utilisez la notion de « coopétition » : coopérez pour certaines phases et organisez des tournois à d’autres moments…

Etudier à plusieurs est plus amusant et donne l’occasion de confronter les points de vue, d’utiliser vos propres mots pour expliquer, etc.  Lorsque vous créez vos jeux, vous devez impérativement connaître la matière, la reformuler sous forme de questions et de réponses,  vérifier si la réponse donnée est correcte ou non, réexpliquer pourquoi ce n’est pas correct, ce que vous attendiez, etc.

Formuler des questions et des réponses vous prépare en outre à répondre à celles du professeur

b) Les flashcards

La théorie des répétitions espacées

Un jeu classique et abondamment utilisé dans les pays anglo-saxons est celui des « flashcards« .  Ce sont des cartes sur lesquelles figure généralement une question ou un mot d’un côté et la réponse ou la traduction du mot de l’autre.  Ces flashcards se basent sur la théorie des répétitions espacées : en révisant juste avant le moment où vous allez commencer à oublier, vous réactivez votre mémoire et vous renforcez la mémorisation à long terme.

Etudier du vocabulaire

Les flashcards sont très utiles pour étudier du vocabulaire par exemple.  Vous voulez réviser votre anglais ?  Achetez un paquet de fiches en carton.  Ecrivez le mot anglais d’un côté de la carte.  De l’autre, écrivez la traduction en français.  Dessinez une image, un croquis, parlant pour vous.  N’hésitez pas à utiliser l’humour ou le double-sens :  la mémoire aime ce qui sort de l’ordinaire.  Ici, vous pouvez consulter un article plus complet sur la fabrication et l’utilisation des flashcards pour étudier du vocabulaire.

Si vous utilisez vos flashcards pour d’autres matières, utilisez aussi des couleurs différentes selon le type de concepts : rouge pour l’algèbre, bleu pour la trigo, etc.

Des logiciels et des applications pour réactiver votre mémoire

Il existe également des flashcards numériques. Cerego est une application en ligne et sur iPhone : entièrement gratuite, elle applique la théorie des Studyblue est une application en ligne qui vous permet d’utiliser vos flashcards y compris sur votre smartphone : pratique pour réviser dans les transports en commun, par exemple.  Anki est une autre application en ligne.  Elle est très peu conviviale au départ, mais elle présente de nombreux avantages : une communauté intéressante en ligne avec laquelle vous pouvez partager et échanger vos flashcards.  Mais aussi, grâce à mon ami Bruno Martin et son application XMind2Anki, vous pouvez transformer une mindmap XMind en un jeu de flashcards Anki.

Je reviendrai aussi sur l’utilisation des jeux-cadres en formation et en étude individuelle ou de groupe.  Et notamment, sur les sérious games ou le concept de « gamification » d’un cours en présentiel ou en ligne.

3. La visualisation

La visualisation est un outil extrêmement puissant.  Utilisée par les coaches pour stimuler les champions, elle peut aussi vous aider dans votre motivation.  C’est un excellent moyen de préparer la réussite !

La visualisation pour se voir réussir !

Choisissez un endroit calme, un moment de la journée ou vous êtes détendu.  Imaginez-vous à l’examen.  Voyez-vous à l’endroit où cela se passe.  Ressentez toutes les sensations : température de la pièce, bruits, lumière.  Les voix des autres élèves, la dureté du bois de la chaise, le froid de la surface de la table, l’odeur de crayon, le bruit des radiateurs.

Exactement comme si vous y étiez.  Et ensuite, voyez-vous en train de réussir votre examen.  Vous êtes calme, détendu. Vous prenez connaissance des questions.  Vous commencez à y répondre.  Visualisez-vous en vainqueur.  Vous répondez tranquillement, vous êtes maître de la matière et de vos émotions.   Tout se passe bien.  Vous avez réussi.

La visualisation est une excellente façon de diminuer le stress, donc d’augmenter vos performances.  Il faut se voir dans une situation confortable, de réussite.  Le fait de vous voir répondre aux questions constitue aussi un ancrage de la matière à laquelle vous répondez.  Imaginez de vraies questions et de vraies (bonnes) réponses.  Cela augmentera la qualité de votre mémorisation.

4. Les associations : localisation, etc.

Nous avons généralement une très mauvaise mémoire des noms et des chiffres.  Pas de chance !  C’est généralement ce que l’école nous demande de retenir !

Associez images, sensations et souvenirs !

Par contre, depuis l’Antiquité au moins, on sait que nous retenons merveilleusement bien les visages et les lieux dans l’espace.  Ces deux éléments sont probablement liés à la survie lorsque nos ancêtres étaient des chasseurs-cueilleurs.

L’idée est donc d’associer le mot ou le nombre à un visage ou un lieu.  La technique des « Palais de mémoire » en est un exemple.  Associez chaque mot à une image qui le représente.  Et puis placez cette image dans un endroit connu.

Cela permet de retenir de longues listes de noms, de mots nouveaux, etc.  Je reviendrai aussi bientôt sur ces techniques et principes de mémorisation  dans une autre série d’articles.  Ces techniques sont parfois méprisées par les enseignants, comme du « par coeur », de vieilles techniques dépassées.  Tout comme d’autres techniques mnémotechniques.  Pourtant, elles sont très efficaces dans certains cas.  Le tout est de ne pas s’y limiter, mais au contraire, de les intégrer dans une stratégie d’apprentissage plus générale.

Le mindmapping participe aussi de cette méthode : il localise sur une feuille des concepts représentés par des associations de mots-clés et d’images, disposés à un endroit précis sur la page.

Cette carte a été réalisée avec le logiciel XMind.  Vous pouvez en télécharger la version gratuite.  Choisissez la version qui correspond à votre système d’exploitation, cliquez, le tour est joué !

Vous pouvez aussi rejoindre notre groupe « Mindmaps francophones » sur Biggerplate : vous y retrouverez d’autres cartes dessinées par des mindmappeurs francophones.  Et pourquoi pas, y apporter vos propres contributions ?

Vous pouvez également suivre nos formations pour maîtriser le mindmapping, assister à nos conférences ou apprendre à apprendre grâce à nos méthodes innovantes : rendez-vous sur notre page Agenda.

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