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Cartes mentales et conceptuelles à l’université

Comment mieux comprendre ?  Comment mieux retenir ?  Comment voir les liens entre les cours ?  Comment visualiser les relations entre les concepts ? Les outils issus de la pensée visuelle – carte mentales et conceptuelles, cartes argumentaires – constituent une batterie intéressante pour l’étudiant à l’université. 

Beaucoup d’étudiants à l’université sont confrontés à des difficultés pour étudier.  La quantité de matière, la complexité des sujets en rebutent plus d’un.

Surtout quand les méthodes d’études consistent en surlignage, recopiage, synthèses lues et relues pendant des sessions interminables.

Les études à l’université exigent une solide discipline personnelle : il faut gérer le volume des tâches et leur répartition dans le temps, il faut ingurgiter des quantités impressionnantes de matière – parfois en un temps record – il faut produire des documents de plus en plus longs et complexes, jusqu’au travail de fin d’études, voire à la thèse de doctorat.

Il existe aujourd’hui des outils puissants pour répondre aux exigences croissantes des universités.  Ce sont ces outils et ces méthodes que je vais commencer à explorer dans cet article.

Cartes mentales et conceptuelles pour analyser et visualiser les concepts

Aujourd’hui, je vais vous donner un exemple issu de ma pratique d’accompagnement des étudiants.  Il s’agit d’étudier un papier sur la résolution de conflits.  C’est un article de Paul Collier qui propose une thèse hardie : les véritables causes des guerres civiles ne sont pas les revendications sociales, mais des causes strictement économiques.  Mon propos n’est pas de critiquer la thèse de Paul Collier – ça, c’est le travail de l’étudiante – mais de vous montrer comment on peut utiliser les outils issus de la pensée visuelle pour mieux étudier.  Mieux étudier : c’est-à-dire comprendre et ensuite retenir la matière.  Ce n’est que lorsque je la maîtriserai que je serai à même de la critiquer…

La structure du texte : une mindmap « arbre droit »

L’auteur structure son texte en cinq parties.  Pour l’illustrer, j’ai utilisé le logiciel de mindmapping MindMaple, que j’ai déjà présenté dans cet article.    J’ai employé une mindmap avec la structure « Righ Tree Class« .  Voici ce que ça donne : (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Structure du texte de Paul Collier

La mindmap ou carte mentale est un excellent outil lorsqu’il s’agit de visualiser une structure : et donc aussi pour analyser la structure d’un document, d’une présentation ou d’un système.

Cette carte nous permet de visualiser la structure du texte de Paul Collier, telle qu’il la présente lui-même dans son introduction :

1. Cette analyse des conflits selon la perspective économique est basée sur des modèles empiriques, observés pendant une période qui va de 1965 à 1995.  L’auteur y affirme que les revendications sociales – manque de démocratie, divisions religieuses, inégalités – n’ont aucun effet systématique sur les guerres civiles.  Que par contre, les causes économiques – le revenu national bas, la dépendance d’exportations de produits de première nécessité – ont un effet systématique sur les guerres civiles.  Le facteur décisif est l’opportunité de mobiliser des revenus afin de recruter des troupes.

2. Paul Collier affirme que les sociologues ne devraient pas écouter les discours publics sur les causes des guerres civiles.

3. Il donne ensuite des preuves de ce qu’il avance en décrivant chaque risque de guerre civile.

4. Il se concentre ensuite sur chaque modèle, examinant les conditions qui rendent les organisations rebelles viables.

5. Et enfin, il examine les implications politiques des discours basés sur les revendications sociales.  En négligeant les causes économiques des guerres civiles, gouvernements et communauté internationale ont manqué des opportunités de rétablir la paix…

Pour comprendre un texte et le retenir, rien de tel que d’en découvrir d’abord la structure : pour comprendre comment les arguments s’articulent entre eux et autour de l’idée principale.  Et lorsque je lirai le texte, je saurais toujours où j’en suis par rapport à l’ensemble : cela me permet d’anticiper sur la suite et de pratiquer une lecture active.

Visualiser les relations entre les concepts : la carte conceptuelle


Si la carte mentale ou mindmap est excellente pour visualiser la structure d’un texte ou d’un système, pour montrer les relations entre les concepts d’une théorie, rien ne vaut la concept map ou carte conceptuelle.  Celle-ci a été réalisée avec CMapTools, un outil gratuit dont je reparlerai bientôt, car il me semble méconnu et sous-utilisé.  Alors qu’il propose une série d’options très intéressantes pour les étudiants du supérieur.

Pour Collier, il y a deux grandes visions des conflits : les conceptions populaires, qui voient dans les conflits des luttes pour des revendications sociales.  Cette vue du public est également influencées par les discours des groupes rebelles qui se positionnent comme des combattants contre l’injustice.  Ils entrent en compétition avec le gouvernement et quelquefois même louent les services des mêmes agences de communication pour s’assurer de bonnes relations publiques.  Tandis que les économistes considèrent les groupes rebelles comme des organisations criminelles qui tentent de tirer parti des opportunités pour gonfler leurs revenus.

Illustrons tout cela avec une carte conceptuelle (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Carte conceptuelle : la vue populaire et l’analyse des économistes

Ici, il ne s’agit pas de montrer une structure autour d’une idée centrale, mais bien d’illustrer les relations entre les concepts : 2 vues différentes des causes des conflits civils, la compétition entre rebelles et gouvernements du point de vue du discours et des relations publiques, etc.

Analyser un processus : une autre carte conceptuelle

Les cartes conceptuelles sont également très intéressantes lorsqu’ils s’agit d’analyser un processus.

Paul Collier me donne l’occasion d’illustrer cette capacité des concept maps : il décrit comment les théories basées sur les revendications sociales expliquent les difficultés de la contre-insurrection.  Pour les tenants de ces théories, il est très difficile de lutter contre la rébellion.  Dans de nombreux cas, le gouvernement fait appel à l’armée.  Pour encourager cette dernière, le gouvernement offre des « incentives ».  Pour recevoir davantage de récompenses, les soldats se livrent à des atrocités, voire suscitent eux-mêmes des actes de rebellions qu’ils font ensuite semblant de mater.  C’est la spirale ascendante dont il est difficile de sortir.

Voici ce processus illustré par une carte conceptuelle : (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Concept map : les difficultés de la contre-insurrection

Le trajet des flèches et la rétroaction atrocités-revendications-rébellion montre bien le caractère systémique de la difficulté de lutter contre les insurrections dans les théories basées sur la revendication sociale.

Cartes mentales et conceptuelles : deux outils pour deux usages

Avec deux outils différents, mais tout deux issus de la pensée visuelle, les cartes mentales et conceptuelles, nous avons pu dégager la structure du texte et illustrer quelques-uns de ses concepts-clés.

Dans d’autres articles je reviens sur ces outils ou sur d’autres, comme les cartes argumentaires.

Et vous : connaissez-vous ces outils ?  Les avez-vous expérimentés ?  Ou en utilisez-vous d’autres ?  Lesquels ?  Comment fonctionnent-ils ?

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Etudier avec XMind : carte conceptuelle « Qui ? »

Nous continuons l’exploration du texte « Don Verzé » avec les techniques visuelles et XMind.

Aujourd’hui, nous nous intéressons à la question « Qui ? » avec une carte conceptuelle.

Après avoir résumé l’article Don Verzé, un saint-homme… d’affaires à l’aide d’une mindmap, et avoir reconstitué la chronologie des événements avec une ligne du temps, nous allons aujourd’hui nous intéresser aux personnages du texte.  Et aux relations qui existent entre eux.

Pour cela, nous utilisons la question « Qui ? » de la méthode CQQCOQP :

Mindmap CQQCOQP

Et cette fois encore, nous n’allons pas utiliser une mindmap ou carte heuristique.  Nous allons utiliser une concept map ou carte conceptuelle.

Parce qu’il s’agit ici de visualiser les relations entre les personnages de notre article.  Et qu’elles sont multiples et multidirectionnelles.

Comment créer une carte conceptuelle dans XMind ?

Rien de plus simple !  Voici une image qui vous montre comment créer des « sujets flottants  » et les relier entre eux.

D’un sujet flottant à l’autre

Il suffit de double-cliquer sur le fond de votre feuille pour créer un sujet flottant.  Ensuite, vous créez une relation (Ctrl-L) et vous avez le choix entre :

  • relier votre sujet à un sujet existant
  • créer un nouveau sujet en « déposant » votre relation sur le fond de la feuille

Vous créez et reliez autant de sujets que nécessaires.

Une carte conceptuelle sur les relations entre personnages

Dans le cas qui nous occupe, Don Verzé est le personnage central et le plus complexe.  Je commence donc par lui.  Je crée un « sujet flottant » à son nom.  Je le complète en ajoutant, en dessous, au format « arbre droit » tous les éléments qui le caractérisent.

Ensuite, j’ajoute les autres personnages : Berlusconi, Castro, les juges italiens, etc.

Et enfin, les relations qui existent entre tous ces personnages.

Carte conceptuelle – Qui ?

Pendant que je dessinais cette carte, j’ai dû utiliser une autre logique que celle de l’auteur.  J’ai dû répondre en permanence à la question « qui ? ».  Qui est Don Verzé ?  Qui l’a introduit auprès de la classe politique italienne ?  Qui l’a présenté à Craxi et à Castro ?  Qui s’est intéressé à la mauvaise gestion de son hôpital ?  Qui l’a condamné a divinis et lui a ordonné de laisser les commandes de l’hôpital San Raffaele ? etc.

Une carte conceptuelle pour illustrer le flux GTD

Cette carte illustre les relations entre les différents personnages de notre article.  On peut également utiliser une carte conceptuelle pour illustrer des flux ou des processus.  Comme celle ci-dessous qui illustre le contrôle des flux dans la méthode de gestion du temps GTD (Getting Things Done) de David Allen.

Le flux de travail de GTD

On peut également utiliser une carte conceptuelle, en-dehors de la méthode CQQCOQP, pour illustrer les relations complexes entre les parties d’un tout : problème, situation, mécanisme, etc.

Je reviendra sur la méthode CQQCOQP et sur l’utilisation des cartes conceptuelles dans de prochains articles.

Envie d’aller plus loin ?

Dans ce cas, vous pouvez télécharger la version gratuite d’XMind, qui est amplement suffisante pour réaliser toutes ces cartes.  Ou acquérir la licence pro qui vous permet d’intégrer de nombreux éléments à vos cartes (fichiers audio, par exemple) ou de les convertir en de nombreux formats…

Vous pouvez aussi suivre nos formations Apprendre A Apprendre ou demander notre soutien scolaire individualisé.

Bon travail 😉

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