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Belgique : aide aux entreprises pour l’emploi des jeunes peu qualifiés

Le conseil des ministres a voté une nouvelle mesure pour promouvoir l’emploi des jeunes peu qualifiés.  Les entreprises recevront une prime tandis que les jeunes conserveront une partie de leurs allocations de chômage. 

Sans diplôme, les chances de décrocher un emploi sont proches de zéro.  Pourtant, de nombreux jeunes en Belgique sortent de l’école sans aucune qualification.  Ils forment la catégorie la plus touchée par le chômage.  Une nouvelle mesure du gouvernement fédéral veut inciter les employeurs à donner un emploi à ces jeunes peu qualifiés.

Jeunes au chômage

Cette mesure consiste en une prime de mille euros par mois.  La mesure entre en vigueur au 1er juillet 2013 et durera trois ans.  L’âge maximal pour bénéficier de cette aide est de 27 ans.

Belgique : des chiffres très contrastés selon les régions

En mai dernier, la Belgique comptait 22,4  % de jeunes sans emploi.  Mais ce chiffre global cache en réalité de terribles différences régionales.

En effet, la Flandre affiche 14,4 % de jeunes sans emploi de moins de 25 ans (la troisième meilleure position européenne).  La Wallonie, elle, en  compte 21 %.  Bruxelles détient un triste record national avec 28,8 % des jeunes de moins de 25 ans au chômage…  Et encore, l’opposition accuse-t-elle les autorités bruxelloises d’avoir manipulé les chiffres en ôtant des statistiques les jeunes en formation !

C’est dans les catégories 15-24 ans et 25-30 ans que les progressions sont les plus fortes.  Alors même que le chômage tend à baisser pour les catégories plus agées.

En parallèle, les autorités constatent une baisse des offres dans les trois régions : ce sont donc les plus jeunes et les moins qualifiés qui souffrent le plus directement de cette diminution.

Trop de jeunes sans diplômes

Beaucoup trop de jeunes quittent l’école sans qualification, avant même d’avoir terminé leurs études.  C’est le cas de 13,7 % des jeunes en Wallonie et de 16 % d’entre eux à Bruxelles.  Les redoublements montrent aussi que l’orientation de ces jeunes n’a pas été bonne dès le départ : 21 % des jeunes redoublent dans l’enseignement technique et 24 % dans l’enseignement professionnel.

Un rapport d’audit de l’enseignement belge francophone par le cabinet Mc Kinsey annonce :

« Si le niveau de l’enseignement ne s’améliore pas vite en Wallonie et à Bruxelles dans les prochaines années, l’avenir de milliers de jeunes risquent d’en pâtir mais aussi la prospérité de la Communauté Wallonie-Bruxelles ».

Il est donc plus que temps de prendre des mesures !  C’est ce qu’ont fait les chefs d’Etat européens rassemblés à Bruxelles ces 27 et 28 juin 2013.

L’emploi des jeunes, un problème mondial

Le chômage des jeunes est un problème préoccupant en Europe.  Les statistiques montrent qu’environ 24,4 % des jeunes Européens sont sans emploi.   Soit environ 5,6 millions d’entre eux.   Dans des pays comme la Grèce, c’est plus de la moitié des 15-24 ans qui est sans emploi.

Les chefs d’Etats réunis à Bruxelles le week-end dernier ont décidé d’investir 6 milliards d’euros dans la lutte contre le chômage des jeunes sur le continent.  Une enveloppe qui risque d’être un peu juste face à l’empleur du problème.

Si l’Europe se porte mal, d’autres régions du monde ne sont pas mieux loties : le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont également confrontés à des taux de chômage-record : plus de 30 % des jeunes sans emploi !

En tout, dans le monde, on estime qu’ils sont 73 millions à espérer un job qui ne vient pas.  Et les prévisions sont pessimistes : d’ici 2018, le taux de chômage mondial des jeunes devrait passer de 12.6 % à 12.8 %.

Une jeunesse qui croit de moins en moins aux promesses des adultes…

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L’enseignement en Europe : que nous apprend le rapport 2012 ?

Un rapport de la Commission Européenne évalue l’enseignement en Europe.  Il s’agit des grandes tendances générales de l’évolution récente de l’enseignement au sein des pays-membres.   Une amélioration globale des systèmes d’éducation, mais aussi quelques risques : celui de moins investir face à la crise économique, un danger de pénurie dans plusieurs pays du continent et des jeunes surqualifiés par rapport à l’emploi qu’ils occupent…

Ce vendredi 10 février, la Commission européenne présentait à Bruxelles son dernier rapport sur l’état de l’enseignement en Europe : Chiffres clés de l’éducation en Europe 2012.  Les grandes tendances qui s’en dégagent peuvent se résumer en 5 points :

  1. Des réformes qui tendent à offrir une éducation de base pour tous
  2. Une augmentation globale de la qualité de l’enseignement en Europe
  3. Des investissements inchangés dans certains pays mais réduits dans d’autres face à la crise
  4. Une meilleure formation des enseignants mais aussi un risque de pénurie dans certains pays
  5. Une augmentation des jeunes qualifiés, dans le tertiaire, mais aussi des jeunes surqualifiés par rapport aux emplois qu’ils occupent
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1. La plupart des pays d’Europe ont entamé des réformes qui étendent l’offre éducative de base pour tous.  Autrement dit, tout le monde ou presque peut bénéficier d’un enseignement de base en Europe.

Partout, les auteurs constatent un allongement de la scolarité obligatoire, généralement aux environs de  18 ans.

La tendance générale est également d’accroître l’autonomie des écoles au niveau local.

2. Les chercheurs constatent également une augmentation globale de la qualité de  l’enseignement en Europe.  De plus en plus de pays font appel à des procédure « d’assurance-qualité » afin d’évaluer leurs systèmes d’enseignement.

3. Les investissements dans l’enseignement sont restés globalement inchangés face à la crise de 2008.  Mais, certains pays ont tendance à revoir les subsides à la baisse en réponse aux difficultés budgétaires.  Or, l’éducation et la formation sont les seuls avantages comparatifs que l’Europe peut encore avoir face aux concurrents extérieurs dans une économie globalisée.  Le danger est donc réel d’un déclin de notre compétitivité dans une économie de plus en plus tournée vers la connaissance.

4. La qualité de formation des enseignants augmente aussi.  Et les chercheurs voient une volonté de continuer à améliorer cette formation.  Mais, la profession est de moins en moins attractive et certains pays, dont la Belgique et Bruxelles en particulier risquent de connaître une grave pénurie d’enseignants dans les toutes prochaines années.   En outre, de nombreux jeunes enseignants changent d’emploi avant 5 ans.  Il faut donc trouver des pistes de valorisation.

5. Il y a une augmentation très nette des jeunes diplomés de troisième cycle, surtout dans les groupes d’âge 20-24 ans et 30-34 ans.  Mais, ils occupent trop souvent des emplois sous-qualifiés par rapport à leur formation.

Les auteurs préconisent donc une meilleure adéquation de l’enseignement aux exigences du marché.  Ils suggèrent deux pistes : anticiper ses besoins par une observation du marché du travail à court terme et adapter la formation par des modules courts de spécialisation qui permettraient de réponde rapidement aux besoins.

Si le paysage général brossé par les auteurs est plutôt positif, certains danger menacent et, à moyen terme, risquent de fragiliser davantage l’économie européenne : la pénurie d’enseignants prévue dans plusieurs pays, la réduction des budgets de l’enseignement face à la crise économique et le manque d’adéquation entre la formation et un marché du travail en évolution rapide et constante.

Encore une fois, la formation est le seul levier que l’Europe puisse encore actionner pour rester compétitive face aux économies émergentes.   Des pays d’Asie investissent énormément dans la formation de leurs jeunes.  Les jeunes des pays du Golfe sont de plus en plus nombreux dans les universités occidentales, mais aussi à Singapour ou à Tokyo.

Si l’Europe n’investit pas massivement dans la formation et l’enseignement, elle se condamne elle-même au déclin économique à moyen terme.  Ce n’est pas dans quelques années qu’il faut agir : c’est maintenant !

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