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Identidys: identifier les troubles Dys plus tôt pour éviter l’errance diagnostique

Jérôme Bianchi est neuropsychologue à Nice. Il est l’initiateur d’Identidys, un projet qui permet aux parents de dépister rapidement un possible trouble d’apprentissage, tel que la dyslexie ou le TDA/A, par exemple. Dans cet épisode 6 de notre podcast, il nous explique la genèse de ce projet et comment les parents peuvent l’utiliser gratuitement pour éviter l’errance

Article mis à jour le 16 avril 2021.

Écoutez l’épisode 6 de notre Podcast Formation 3.0 : Identidys, Eviter l’errance diagnostique

Identidys : un outil de dépistage gratuit

Identidys est un outil de dépistage gratuit des troubles neuro-développementaux. Il aide les parents à détecter les difficultés de leur enfants dans différentes sphères :

  • Sphère A : Trouble Déficitaire de l’Attention avec/sans Hyperactivité (TDA/H)
  • Sphère B : Trouble du langage oral / Dysphasie
  • Sphère C : Trouble du langage écrit ; Dyslexie/Dysorthographie
  • Sphère D : Trouble des praxies/dyspraxie ; Trouble de la motricité fine ; Dysgraphie ; Trouble Développemental de la Coordination (TDC)
  • Sphère E : Syndrome dysexécutif ; Trouble de la mémoire de travail ; Trouble du contrôle inhibiteur ; Trouble de la planification.

Identidys : un outil destiné d’abord aux parents

Ce n’est pas un outil destiné aux spécialistes, mais au contraire, il s’adresse aux parents.

L’outil consiste en deux parties :

  • un questionnaire
  • un manuel
L’épisode 6 de notre Podcast

Le questionnaire

Le questionnaire Identidys pose des questions concrètes, qui permettent au parents de détecter les difficultés de leur enfant.

Et ceci, sur base de l’observation des gestes quotidiens et des comportements à l’école ou à la maison. Ces signes concrets vous donnent des indices sur les difficultés de vos enfants :

  • Votre enfant a du mal à soutenir son attention (rester concentré longtemps également sur une activité de loisir) ET/OU Il a tendance à se désinvestir de tâches nécessitant un effort mental soutenu (y compris en dehors du scolaire, ex. jeux de société).
  • Votre enfant a tendance à agir plus vite qu’il ne réfléchit, il répond aux questions avant qu’elles soient complètement posées.
  • Votre enfant a des difficultés pour comprendre le sens des conversations.
  • Votre enfant montre des difficultés pour s’exprimer (on ne le comprend pas toujours).
  • Votre enfant montre des difficultés pour comprendre ce qu’il lit.
  • etc.

A la fin du questionnaire, vous trouverez des échelles qui vous permettront de situer votre enfant et de vérifier s’il a un risque élevé de trouble.

Echelles du questionnaire Identidys

Le manuel d’Identidys

Le projet se complète d’un manuel.

Ce manuel vous explique en quoi consiste le projet : une échelle de dépistage et en aucun cas un diagnostic du trouble de votre enfant.

Identidys ne remplace ni le neuro-pédiatre, ni aucun autre spécialiste.

Mais il vous procure des éléments concrets pour détecter d’éventuels troubles dys de votre enfant. Le Manuel vous apporte des compléments d’information sur:

  • la façon de remplir le questionnaire
  • les différents troubles dont pourrait souffrir votre enfant
  • les aménagements que vous pouvez mettre en place pour soulager votre enfant, avant même de consulter un spécialiste
  • vers quel spécialiste orienter votre enfant à l’issue du test Identidys
  • une description de la spécialité de chaque professionnel (ergothérapeute, orthophoniste, etc.)
Intervenir assez tôt pour votre enfant

Où trouver Identidys ?

Identidys est un projet en ligne.

Vous pouvez trouver le questionnaire, le manuel et bien d’autre information encore sur le site d’Identidys.

Vous devez télécharger le questionnaire pour le remplir, mais une version automatisée en ligne est en cours d’élaboration.

Identidys est gratuit : il ne vous sera jamais réclamé un euro pour pouvoir l’utiliser.

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Prochain épisode : Wooclap, avec Fabien Maurin

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Ne manquez pas cet épisode qui paraîtra le mardi 24 mars 2020 😉

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Mindmapping et trouble de l’attention (TDA/H) chez l’adulte

Le mindmapping peut-il aider des personnes sujettes au trouble de l’attention ?

Par sa structuration, son côté coloré et imagé, le mindmapping est une technique particulièrement adaptée aux personnes dont l’attention est vite perturbée.

On connaît depuis un certain temps les effets bénéfiques du mindmapping sur les enfants dyslexiques.

Mais les mêmes effets structurants se retrouvent aussi chez les personnes sujettes au trouble de l’attention.  (Cliquez sur la carte pour l’agrandir ou téléchargez-la depuis Biggerplate).

Symptomes du TDAH chez l’adulte

Il n’y a pas si longtemps que l’on reconnaît les troubles de l’attention chez les adultes.   Trouble que beaucoup croient encore réservé aux enfants. Mais ces enfants grandissent…

Il est vrai que ce trouble se manifeste souvent de façon moins spectaculaire chez l’adulte que chez les enfants ou les adolescents.  Souvent, l’adulte n’est pas hyper-actif.  Mais par contre, ses pensées alternent à la vitesse de la lumière.  Ce qui peut aider à la créativité.  Mais peut aussi créer de la confusion.  Ou conduire au contraire la personne à restée hyper-concentrée sur une même rêverie pendant un temps considérable.   Car la perception du temps est également altérée chez ces personnes.  On parle de « temps élastique ».  Nous éprouvons tous cette sensation du temps qui s’écoule lentement lorsque nous nous ennuyons ou très vite lorsque nous éprouvons du plaisir.  Mais ces perceptions sont extrêmes  chez les personnes TDA.

La mémoire a court terme – mémoire de travail – fonctionne généralement très mal ou de manière cahotique.  Certains scientifiques ne font d’ailleurs pas la distinction entre « attention » et « mémoire de travail« .  (1)    Cela expliquerait pourquoi les personnes souffrant d’un déficit de l’attention présentent également des troubles de la mémoire à court terme.

Ces personnes sont souvent impulsives, agissant sous le coup de l’émotion.  Elles sont sujettes à des sautes d’humeur ou à des achats compulsifs qui agissent comme moyen de diminuer la tension intérieure.

Enfin, elles souffrent souvent d’une mauvaise estime de soi et présentent le « syndrome de l’imposteur » : on les entend répéter suite à une réussite, « ce n’est pas moi qui ai réussi cela, ce n’est pas possible. »  Ou bien encore « j’ai eu de la chance, tout simplement« …

Un coaching structurant

J’ai accompagné plusieurs personnes – jeunes adultes et quadragénaires – qui présentaient ce type de trouble de l’attention.

Un des problèmes majeurs de ces personnes TDA est de s’organiser : organisation de ses pensées, de ses projets, de son temps.

Vous aurez compris que le mindmapping, avec ses éléments structurants, offre un support précieux pour organiser les pensées et les projets de personnes TDA.  Le fait est qu’elles peuvent difficilement se concentrer sur quelque chose d’ennuyeux.  Ce qui explique également les nombreux cas de procrastination lorsqu’il faut faire face à une tâche routinière ou rébarbative.

Or, la mindmap avec son côté coloré, ses images et sa structuration spatiale particulière apparaît comme quelque chose d’un peu ludique, ou en tout cas, de moins ennuyeux à créer ou à suivre qu’un texte suivi.

L’articulation des branches autour du centre et la synthétisation de la pensée en mots-clés aident aussi à mieux structurer sa pensée, à rassembler dans une hiérarchisation forte des pensées qui sinon s’égailleraient sans doute dans tous les sens.

Le mindmapping n’est évidemment pas le seul exercice que je propose : je tente de « coller » le plus possible aux besoins de la personne TDA : et donc, nous travaillons ensemble la concentration à l’aide d’exercices, mais aussi la relaxation, la visualisation.  Nous abordons également la gestion du temps et la répartition des tâches – de travail ou d’études selon les cas – sur la journée, la semaine, le mois, le quadrimestre, etc.

Des outils comme Focus Booster dont j’ai déjà parlé sur ce site facilitent aussi grandement la concentration et l’aération du cerveau pendant les pauses.

Et vous ?  Quelles sont vos expériences en la matière ?  Connaissez-vous des personnes sujettes à ce trouble ?  Comment s’organisent-elles ?  Ont-elles aussi recours à ce type de techniques ?

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(1) Jean-Philippe Lachaux, Le cerveau attentif : contrôle, maîtrise et lâcher-prise, Paris, 2011, Odile Jacob, (Sciences), 369 p., p. 25.