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Belgique : un nouveau plan pour l’emploi des plus de 45 ans

La Belgique, comme de nombreux pays européens, vit une crise de l’emploi des 45 ans et plus.

Le Conseil National du Travail (CNT) vient de signer une nouvelle Convention Collective de Travail.

Cette Convention impose un « plan pour l’emploi des travailleurs âgés » aux entreprises de plus de 20 travailleurs.

On évoque souvent, dans les médias, le chômage de jeunes particulièrement élevé.  Mais on oublie souvent qu’une autre catégorie de travailleur rencontre des difficultés croissantes pour conserver son job ou pour en retrouver un : les travailleurs de plus de 45 ans.

La Belgique est l’un des pays d’Europe où le nombre de travailleurs de plus de 45 ans à l’emploi est le plus faible.

Les gouvernements successifs ont tenté de réagir par des conventions d’outplacement – accompagnement des travailleurs concernés par des « professionnels du recrutement« .

Outplacement ?

Vous avez dit CNT ?

Le CNTConseil National du Travail – est un organisme paritaire.  C’est-à-dire qu’il rassemble des représentants du gouvernement, des employeurs et des travailleurs (les syndicats).

Il signe régulièrement des conventions collectives de travail (CCT) : ce sont des documents qui sont valables pour le pays entier et qui règlent les conditions de travail, d’embauche, etc.   Ces conventions sont valables pour une période déterminée.

La convention collective de travail numéro 104 est signée pour une durée de 4 ans, au terme duquel les partenaires sociaux évalueront son impact.  Elle sera ensuite reconduite telle quelle ou modifiée.

Un plan pour les « travailleurs âgés »

Cette convention collective de travail Numéro 104 du 27 juillet 2012 concerne un « plan pour les travailleurs âgés des entreprises« .  Les travailleurs âgés de 45 ans et plus apprécieront, au passage, l’épithète qui leur est accolée.  Avec une espérance de vie qui s’allonge chaque année, 45 ans sera bientôt l’âge moyen des Tanguy, ces jeunes qui habitent toujours au domicile des parents…

Ce plan concerne les travailleurs de plus de 45 ans pour les entreprises qui comprennent plus de 20 travailleurs à temps plein.  Les temps partiels et les travailleurs interimaires entrent également en ligne de compte pour le calcul.  Ce qui signifie qu’une fois de plus, une majorité des PME échappe à la réglementation.

Ces plans sont proposés pour un an, mais les employeurs peuvent envisager un plan jusqu’à 5 ans, à condition de rendre compte chaque année des mesure mises en oeuvre.

Que proposent concrètement ces plans ?  Toutes les mesures déjà prises ou que l’entreprise envisage de prendre pour les travailleurs concernés :

  1. la sélection et l’engagement de nouveaux travailleurs;
  2. le développement des compétences et des qualifications des travailleurs, y compris l’accès aux formations;
  3. le développement de carrière et l’accompagnement de carrière au sein de l’entreprise;
  4. les possibilités d’obtenir via mutation interne une fonction adaptée à l’évolution des facultés et des compétences du travailleurs;
  5. les possibilités d’adapter le temps de travail et les conditions de travail;
  6. la santé du travailleur, la prévention et la possibilité de remédier aux obstacles physiques et psycho-sociaux entravant le maintien au travail;
  7. les systèmes de reconnaissance des compétences acquises.
  8. les obstacles physiques et psycho-sociaux entravant le maintien au travail.

L’employeur peut sélectionner un seul de ces domaines d’action ou même en choisir un en dehors de cette liste.  C’est dire si le flou règne en la matière et si les employeurs belges – bien connus pour leur inventivité lorsqu’il s’agit d’échapper aux règles – vont pouvoir faire preuve de créativité.

La convention prévoit un certain contrôle : « l’employeur conserve le plan pour l’emploi pendant cinq ans et le tient à la disposition des autorités compétentes. Il leur est communiqué sur simple demande. »

Par contre, sauf erreur de ma part, je ne vois aucune sanction prévue, ce qui laisse présager de l’usage que certains employeurs feront de ce document…

Le coût de l’expérience et des préjugés

Pour avoir mis en place un dispositif de ce type en Belgique il y a quelques années, je peux témoigner de la difficulté de cette tranche d’âge à retrouver un « emploi décent« , voire un emploi tout court…

Les réponses du type « vous avez trop d’expérience » poussent comme des champignons.  Trop d’expérience ?  Depuis quand peut-on avoir trop d’expérience pour effectuer son travail correctement ?

Non, derrière l’hypocrisie de ces réponses, se cache le vrai problème :  l’expérience coûte cher et les préjugés anti-vieux ont la peau dure.  Ils seraient plus lents, moins dociles, moins ouverts aux nouvelles technologies.

S’il est possible que des personnes de plus de 45 ans ne se passionnent pas forcément pour la dernière version de la tablette Androïd de chez Truc, nombre d’entre elles s’impliquent vraiment dans leur travail.

En outre, cette expérience qui coûte si cher est irremplaçable.  Dans des situations de crise, c’est souvent cette expérience qui permet de prendre rapidement de bonnes décisions que les jeunes loups – à peine sortis de l’école et la tête encore farcie des théories économiques en vogue – ne soupçonneront même pas…

Ce sont ces mêmes personnes qui peuvent transmettre un savoir-faire précieux dans les ateliers, les bureaux, daus les routes pour les services de vente, etc.

Dans les toute prochaines années, cette absence de transmission du savoir et du savoir-faire pourrait bien se traduire en coût élevé et en pertes dramatiques pour certaines entreprises qui « dégraissent » massivement.

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Quelle drogue pour quel métier ?

La question peut paraître saugrenue, mais l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) publie un premier rapport sur l’utilisation des drogues dans les différents métiers.  Vous ne goûterez pas aux mêmes paradis artificiels si vous êtes maçon, agriculteur, chanteur ou garçon de café ...

C’est le premier rapport de ce type et il faut reconnaître qu’il est plutôt surprenant !

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) publie régulièrement un « Baromêtre santé ».  Mais pour la première fois, il s’intéresse à la « consommation de substances psychoactives en milieu professionnel« .

L’alcool – eh oui ! – est la première drogue consommée chez les agriculteurs et les pêcheurs (16,6 % en boivent quotidiennement pour « seulement » 7 % des autres actifs de 16 à 64 ans).

Je ne suis pas vraiment étonné par ces chiffres.  Mais quel est donc le lien entre le travail dans le secteur de la construction et la consommation élevée de cannabis ?  13 % de maçons, couvreurs et autres plafonneurs ont donc besoin de plâner entre deux coups de truelles ou de grimper au faux-plafonds ?  Tandis qu’ils sont 16 % dans le spectacle à fumer un pétard avant de monter sur les planches…

Les maçons se montrent aussi amateurs de cocaine et de champignons hallucinogènes, tandis qu’informaticiens, restaurateurs et artistes s’éclatent avec les poppers, l’ecstasy et autres champignons…

Les enseignants, les travailleurs sociaux, les aides-ménagères et les fonctionnaires seraient finalement les travailleurs les moins tentés par les transes artificielles.

Ah bon ?

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Vers un « marché du travail » d’envergure mondiale

La mondialisation des « cerveaux »

Alors que la mondialisation économique gagne peu à peu du terrain, comme en témoigne l’ouverture progressive des frontières nationales, on observe un phénomène conjoint de « fuite des cerveaux ». On décrit traditionnellement ce processus comme étant l’expatriation volontaire des travailleurs qualifiés, voire très qualifiés, ces derniers souhaitant avant tout trouver des opportunités à la hauteur de leur talent ; et, en l’occurrence : ailleurs.

Un tel phénomène est symptomatique du « marché du travail » actuel. Ce dernier n’est  plus un espace relativement limité où se rencontrent offre et demande de travail national : c’est désormais un espace mondial – ou presque – où les multinationales vont à la rencontre des « cerveaux » de tout pays, et vice versa.

Face à cette réalité devenue prégnante, nul doute que l’immobilier a dû s’adapter, notamment pour encaisser la désertion et la surfréquentation de certaines zones géographiques à travers le monde.

L’immobilier mis à rude épreuve : la location de Rome à Barcelone, et au-delà…

La mondialisation du travail ne va pas sans une adaptation du marché immobilier à l’échelle mondiale. Car, bien sûr, si vous vous apprêtez à partir, comme des milliers d’individus, et que vous ne trouvez pas de location d’appartement à Rome, de location à Barcelone, ou ailleurs, selon où vous allez : comment pensez-vous vous en sortir ?

Aujourd’hui, les États ne peuvent donc plus se contenter de se regarder le nombril dans le cadre de la gestion des effectifs présents sur leurs territoires respectifs. Plus que jamais, ils doivent prendre en compte la réalité internationale du « marché du travail » actuel, et ainsi gérer les flux de personnes qui n’émanent pas seulement du tourisme. À terme, l’obtention d’une location d’appartement à Rome ou d’une location à Barcelone – pour reprendre les mêmes exemples que précédemment – ne devrait pas être une épreuve pour quiconque souhaite construire sa carrière professionnelle dans le pays adéquat.