Avez-vous déjà comparé les coûts d’une installation en personne physique et en SPRL-S ?
Je viens de le faire et le résultat est sans appel : la soi-disant SPRL à un euro est chère. Trop chère. Pour des avantages extrêmement faibles et des risques élevés contrairement à ce que prétendent certains.
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Histoire de deux entrepreneurs
Paul et Raoul, deux jeunes candidats-entrepreneurs ambitieux créent leur entreprise : tous deux sont des fanatiques de nouvelles technologies et, ne trouvant pas d’emploi, décident de devenir consultants en informatique.
Ils n’ont pas besoin de gros investissements : ils ont chacun un ordinateur portable dernier cri, des logiciels fabuleux, un gsm, une voiture et des tonnes d’enthousiasme et de volonté de réussir.
Paul a entendu parler de la nouvelle SPRL-S ou Starter et décide immédiatement d’en constituer une, tandis que Raoul, peut-être moins sensible au discours des médias, choisit de se lancer en personne physique.
Aucun des d’eux n’a de capital. Mais, théoriquement, Raoul n’a besoin que d’un euro pour créer son entreprise. Voyons un peu ce qu’il en est réellement. Vous pouvez agrandir l’image de cette présentation en cliquant sur full dans le bas du cadre.
Chiffres à l’appui :
Ce capital d’un euro, je ne l’ai même pas intégré dans mon calcul. Il est tellement dérisoire – pour ne pas dire risible – que je préfère ne pas en tenir compte…
L’une des obligations de la SPRL-S est de faire établir le plan financier par un professionnel. Coût moyen d’un comptable pour mettre au point un plan financier qui tient la route : 500 €. Paul débourse donc 500 €, tandis que Raoul conserve son argent.
Seconde obligation : faire rédiger et publier les statuts de l’entreprise par un notaire. Paul débourse cette fois environ 1.000 € pour les frais de notaire et de publication, tandis que Raoul garde ses euros en poche…
Trosième obligation : obtenir le numéro d’entreprise auprès d’un guichet européen unique. Coût : environ 65 €. Cette fois, Raoul n’y échappe pas et débourse lui aussi la même somme.
Frais de fonctionnement : la SPRL-S est une société à responsabilité limitée et, comme telle, elle impose la publication des comptes annuels à la Centrale des bilans de la Banque nationale. Coût de l’opération : environ 250 €. Coût que Raoul ne devra pas supporter puisqu’en tant que personne physique, il n’est pas tenu à cette obligation.
Bénéfices et gain d’impôts : une des raisons pour lesquelles les entrepreneurs créent leur entreprise sous forme de société plutôt qu’en personne physique est l’économie d’impôt. Cela est vrai si on dépasse une certaine limite.
Imaginons que nos deux compères font tous les deux un bénéfice net de 5.000 € (tous les experts vous diront que c’est exceptionnel pour une première année : vous avez une chance fabuleuse ou un très mauvais comptable…).
Quel impôt nos deux candidats vont-ils payer sur ce bénéfice net de 5.000 € ? En tant que SPRL-S, la compagnie de Paul paiera l’impôt des sociétés – 24.98%. Raoul, lui, paiera l’impôt des personnes physiques, soit 25 %.
Le gain d’impôt, pour un bénéfice de 5.000 euros net, est donc de 0.2 %, soit… un euro. C’est sans doute pour cela qu’on appelle cela la SPRL à 1 euro…
Conclusions
Redevenons sérieux une minute : il est clair, d’après cette petite étude que la SPRL est loin d’être la solution miracle annoncée. Pour un jeune qui se lance, le coût en est exorbitant pour un avantage quasi-nul.
Quant au capital d’un euro, il est totalement théorique puisque le propriétaire de l’entreprise doit apporter un capital de 18.600 € dans les 5 ans. La protection des biens de l’entrepreneur est tout aussi illusoire puisque la responsabilité des fondateurs est engagée pendant les 3 premières années.
Il est donc préférable, si les investissements sont faibles et les bénéfices attendus raisonnables, de commencer en personne physique et de constituer une SPRL quand les bénéfices annuels dépassent les 30.000 euros ou que l’on désire faire des investissments et/ou engager du personnel salarié.
Mais pour moi, les deux jeunes entrepreneurs auraient pu choisir une formule beaucoup plus intéressante et avec un risque presque nul : l‘accompagnement par une structure de type couveuse o coopérative d’activité. Celles-ci peuvent vous aider à monter votre projet et à trouver l’argent nécessaire au démarrage. Elles vous encadrent et vous conseillent. Elles vous aident dans vos démarches administratives. Et, enfin, elles vous permettent de démarrer votre entreprise de manière progressive, en conservant vos indemnités de chômage ou vos autres revenus.
J’aborde ces formes d’accompagnement dans une série d’articles que vous trouverez ici.
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