Comment comprendre le microlearning ? Une petite fille avec des cheveux bruns, debout sur fond rouge, affiche une feuille avec un point d'interrogation

Comment comprendre le microlearning ?

Comment comprendre le microlearning ? Qu’est-ce que c’est, réellement ? C’est une question que pas mal d’entre vous se posent encore sûrement. Et à laquelle nous avons consacré un livre. Mais, je vais tenter de résumer dans cet article ce que j’entends par microlearning ou microapprentissage.

7–10 minutos

Microlearning ou microapprentissage — de quoi parle-t-on ?

Le mot est apparu en français il y a quelques années. La méthode tend à s’imposer (presque) partout. Pour autant, nombreuses sont encore les personnes qui ne savent pas exactement ce que recouvre ce terme. Et plus nombreuses encore celles qui le confondent avec le Mobile learning. Ou encore le Rapid Learning.

Comment comprendre le microlearning ?

Il faut dire que l’anglomanie galopante du milieu de la formation n’aide pas vraiment. Essayons de distinguer les trois termes souvent confondus. Ce sera déjà un pas en avant.

1 En le distinguant des autres modalités d’apprentissage

Un vocabulaire trop souvent anglophone, des adjectifs ou des expressions toutes faites trop proches, rarement définis. Tout est en place pour entretenir une confusion dommageable. Essayons de débroussailler un peu cette terre ingrate.

Mobile Learning

Mobile learning ou apprentissage mobile, parce que centré sur l’outil mobile par excellence : le smartphone. Appelé d’ailleurs « mobile » par un certain nombre d’anglophones, même si les termes « smartphone » ou « phone » a tendance à le supplanter.

C’est la façon d’appréhender l’apprentissage que je déteste par dessus tout : en se focalisant sur l’outil et non pas sur l’apprenant. Tout y est conçu pour être consommé sur smartphone. Cela ne dit rien de la pédagogie, des objectifs ou de la méthodologie. Et c’est bien dommage ! Parce que ça permet de fourrer n’importe quoi sous cette rubrique du moment que c’est conçu pour la consommation mobile…

Rapid Learning

On en parle de moins en moins et c’est tant mieux ! Le rapid learning met l’accent sur la rapidité :

  • Conçu rapidement : on recycle de vieux PDF ou des présentations PowerPoint dans des parcours en ligne, on réutilise des textes rédigés ailleurs, etc. Tout ça est un peu « cheap » pour parler le franglais du milieu de la formation.
  • Consommé rapidement : ce type de démarche explique en partie les taux d’abandon stratosphériques de certaines formations en ligne. Les contenus, les méthodes ne satisfont pas les besoins des apprenants.
  • Oublié rapidement : parce que quand on part de la technologie plutôt que des apprenants, on rate souvent sa cible. Et que ce qui a été publié sur un PDF ou un PowerPoint ne convient pas forcément pour un apprentissage autonome en ligne. Chaque modalité de formation réclame ses formats spécifiques. Et ces modules, dédiés au culte du « toujours plus vite », satisfont rarement la curiosité, le goût d’apprendre.

Microlearning

O microlearning est d’abord une philosophie de l’apprentissage. Il postule que :

  • la capacité d’attention des humains est très limitée
  • qu’il vaut mieux se focaliser sur un concept à la fois dans des séquences pédagogiques à durée limitée
  • le multimédia peut contribuer à la diversité des activités pédagogiques
  • l’interactivité maintient un niveau plus élevé d’attention
  • la narration éveille la curiosité et donc l’envie d’aller plus loin et donc la motivation
  • la répétition espacée facilite l’ancrage mémoriel
  • une dimension ludique – par la gamification – ajoute une note plaisante qui contribue à l’atmosphère positive et à la motivation

Remarquez que je n’ai fait allusion à la technique (multimédia) qu’une seule fois et pour souligner sa contribution à la variété des activités pédagogiques. Toutes mes remarques se fondent sur la pédagogie et la psychologie de l’apprentissage.

Soyons honnête : le smartphone est l’instrument-roi du microlearning. Parce qu’il est dans la poche de tout le monde, littéralement ! Mais, il existe des exemples de microlearning par email, par exemple, qui peuvent être lus sur un PC. Quand on conçoit un microcours ou micromodule ou un cours au format microlearning (c’est la même chose) : on se concentre sur ce que l’apprenant doit apprendre. Et on met en place un dispositif pour y répondre. Oui, ce devrait être la base de toute conception pédagogique, nous sommes bien d’accord !

2 Comprendre le microlearning en examinant ses spécificités

J’ai énuméré une série de spécificités du microlearning dans la section précédente. Examinons-les plus en détail.

La capacité d’attention des humains, y compris adultes, est réduite

De nombreux auteurs parlent de vingt minutes pour la capacité d’attention des adultes. Avez-vous essayé d’interroger vos étudiants sur une vidéo de vingt minutes ? Pour moi, la seule façon de proposer une vidéo de cette durée, c’est d’y intercaler des questions, d’en faire une vidéo interactive. Notre MOOC DIMPA vous propose tout un module sur ce type de vidéo. Depuis la méthode Pomodoro, on sait qu’il vaut mieux alterner des périodes courtes d’attention et des phases de repos. Et même, de mélanger les matières. Réviser les mathématiques pendant 25 minutes, faire une pause de 5 minutes avant d’entamer 25 minutes.

Des séquences pédagogiques courtes et ciblées sur un seul objectif pédagogique

il vaut mieux se concentrer sur des séquences pédagogiques courtes qui correspondent à cette capacité d’attention limitée des apprenants. Et qui soient ciblées sur un seul objectif pédagogique à la fois. Par exemple, le microcours que j’ai créé sur la donnée personnelle au sens du RGPD n’a qu’un seul objectif pédagogique : bien comprendre ce qu’est une donnée personnelle. Rien d’autre. Si je veux savoir autre chose sur le RGPD, je dois consulter un autre microcours sur le sujet (qu’est-ce qu’un règlement européen ou qu’est-ce qu’un officier de traitement des données, par exemple).

Le multimédia contribue à la variété des activités pédagogiques

O multimédia est une façon intéressante de capter l’attention mais aussi de s’adresser aux canaux d’apprentissage préférés de vos apprenants. Cela demande plus de travail, mais certains préfèrent la vidéo, d’autre une infographie. Jouez sur les deux tableaux : proposez une vidéo et faites-la suivre d’une infographie récapitulative.

Jouez sur la diversité des activités pédagogiques. Trop souvent, les formations en ligne ou les microcours se focalisent uniquement sur les activités d’acquisition (lecture, vidéo, audio) et les exercices. Mais, même dans un microcours, il n’est pas interdit de mener une recherche personnelle. De devoir produire un projet, une présentation, un résumé. Ou de devoir sortir, prendre une photo ou interroger une personne. Faites preuve d’originalité. Pas pour « faire innovant » mais pour rendre votre cours attrayant et intéressant.

Travaillez sur la variété des activités tout en conservant un environnement graphique cohérent (voyez mon article sur Comment créer des microcours avec Genially sur ce sujet). Et aussi, entre les microcours, respectez une progression pédagogique. Evitez le découragement en proposant des propos trop ardus. Et l’ennui par des propositions trop faciles.

La répétition espacée favorise la mémorisation à long terme

la répétition espacée renforce la mémorisation à long terme. Ce que les bons étudiants savent depuis toujours : pour maîtriser une matière et la mémoriser à long terme, il ne faut pas l’étudier la veille de l’examen. Mais la revoir régulièrement. Et la revoir de façon efficace : revoir ce qu’on a oublié et non pas ce qu’on maîtrise déjà. C’est ce que le philosophe allemand Ebbinghaus avait déjà compris au 19e siècle.

La narration, un outil puissant de motivation

la narration, ou storytelling en français branchouillard, accroit l’attention et contribue à l’ancrage mémoriel. Les cours de la Galerie nationale de Singapour sont remarquables de ce point de vue. Mais, ils ont été conçus par des artistes, pas par des premiers de classe de business schools…

Les humains se racontent des histoires depuis qu’ils sont doués de la parole. Les mythes ont envahi la planète. Julien d’Huy a montré, grâce à des techniques ultra-modernes, comment les mythes se dispersent, s’interfécondent et se transmettent. Ses arbres de données dessinent une véritable généalogie du mythe.

Gamification : ajoutez une dimension ludique à votre microcours

Le jeu est plus vieux que l’humain : les animaux jouent. Le jeu est essentiel pour la formation aux relations sociales. Nombreux sont les auteurs à avoir souligné son importance, de Johan Huizinga à Jane MacGonigal, de Roger Caillois à Margarida Romero ou encore Xavier Delengaigne.

Le jeu permet d’explorer des univers inconnus, y compris ses propres émotions. Ce qui pour des adolescents est essentiel. Le jeu permet des simulations. Les mécaniques du jeu entretiennent la motivation. Les récompenses surprises, les badges, les points, les niveaux, les accessoires gagnés au cours de la quête qui permettent de résoudre les futures énigmes, etc. Tout cela est stimulant.

Comprendre le microlearning et aussi ses limites

Comme les autres modalités de la formation, le microlearning ne s’applique pas à tous les cas et à toutes les situations. Je ne l’utiliserais pas pour étudier Homère ou les grandes théories du droit. J’ai déjà parlé des limites et des reproches qu’on fait au microlearning dans cet article.

J’entends souvent dire : « on n’apprend pas l’anglais en cinq minutes ». L’apprend-on en une heure de cours par semaine ? Ce n’est pas l’unité de 5 à 7 minutes qu’il faut considérer. Mais l’ensemble des microcours qui doit former une unité cohérente, basée sur des séquences pédagogiques ultra-ciblées.

J’espère que cet article vous aura permis de mieux comprendre le microlearning. Je suis ouvert à la discussion.

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9 responses to “Comment comprendre le microlearning ?”

  1. […] Même si le Microlearning, comme toute méthode pédagogique, présente des limites, il n’en reste pas moins un outil très intéressant comme je le détaille dans ce webinaire. Le microlearning, tout comme d’autres modalités de formation, utilise toutes les ressources du multimédia, mais avec un objectif pédagogique très ciblé. […]

  2. […] nous l’avons écrit parce que nous sommes convaincus que le Microlearning va devenir un mode de conception de la formation incontournable dans les prochaines […]

  3. […] Ce livre, nous l’avons écrit parce que nous sommes convaincus que le Microlearning va devenir un mode de diffusion de la formation incontournable dans les prochaines ann…. […]

  4. […] y a de nombreuses (bonnes) raison d’adopter le Microlearning dans vos propres […]

  5. […] y a de nombreuses (bonnes) raison d’adopter le Microlearning dans vos propres […]

  6. […] Pour le deuxième épisode du Podcast Formation 3.0, j’ai eu le plaisir d’interviewer Vincent Caltabellota, CEO de Yoomonkeez pour parler de microlearning. […]

  7. […] pour répondre de façon précise aux besoins des apprenants. Chaque « stimulation » présente une et une seule notion. En utilisant plusieurs médias. Et en créant des relations entre les différentes parties du […]

  8. […] chaque page correspond à un concept ou objectif pédagogique […]

  9. […] qui vous accompagne pendant tout le parcours est un « pekaka » : un martin-pécheur, en malais. Le storytelling est efficace. Ce ne sont pas des leçons sèches et anonymes qui vous parviennent, mais des messages […]

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