Une jeune femme en t-shirt blanc assise sur son lit, portant des socquettes blanches, lit un gros livre posé sur ses genoux. Illustration de comment les livres nous transforment

Comment les livres nous transforment

Comment les livres nous transforment-ils ? Aujourd’hui, 5 mars, c’est la Journée internationale du livre. Une bonne occasion de nous poser cette question fondamentale. Car, les livres ont une multitude d’effets sur notre cerveau, notre personnalité, notre façon de percevoir le monde et d’interagir avec lui. Explorons tout cela ensemble.

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Une journée internationale pour comprendre comment les livres nous transforment

C’est sans doute un événement moins médiatisé que d’autres : le 5 mars, c’est la Journée mondiale ou internationale du Livre. Ces objets nous accompagnent depuis notre petite enfance – celle des contes de fées – à l’école, à l’université pour certains d’entre nous et parfois, tout au long de la vie. Certains parmi nous ont développé une détestation de la lecture, parfois à cause d’une mauvaise expérience à l’école ou en famille. D’autres sont parfaitement indifférents et font partie de ces adultes qui lisent moins d’un livre par an. Les derniers, enfin, sont des « rats de bibliothèques » ou des « bookworms » (des vers du livre) et rien ne les rend plus heureux que de se plonger avec ravissement dans un nouveau volume. Parlez-leur du bruit des pages, du parfum de l’encre ou du toucher du papier. Juste pour voir. Pour en savoir plus sur ces Français plus ou moins lecteurs, consultez le site du Centre National du Livre.

Effets positifs de la lecture sur notre vie

Or, les livres ont une multitude d’effets sur nous. Pour comprendre comment les livres nous transforment, je vous propose quelques pistes.

Les lecteurs réguliers vivraient plus longtemps

Cela peut vous paraître absurde ou tiré par les cheveux, mais certaines études démontrent une corrélation positive entre le fait de lire régulièrement des livres et de vivre vieux. C’est le cas de l’étude de Bavishi, A., Slade, M. D., Levy, B. R. (2016) ‘A chapter a day: Association of book reading with longevity’, Social Science and Medicine, 164, pp. 44–48.

Déjà une excellente raison pour vous plonger dans le dernier ouvrage de votre auteur préféré, vous ne trouvez pas ?

Comment les livres nous transforment : lire régulièrement augmenterait notre expérience de vie.
Etre un lecteur assidu augmenterait votre expérience de vie.

Comment les livres nous transforment : en nous aidant à reconnaître certaines structures

Vous vous souvenez des contes de fées de votre enfance ? Ou, tout au moins, de certains d’entre eux ? Vous aimiez entendre et réentendre les aventures du Petit Chaperon Rouge. Ou celles du Petit Poucet ? Outre le plaisir de la frayeur face au loup ou celle d’être abandonné par ses parents dans une épaisse forêt, vous avez appris, au contact de ces récits, un des fondement de la Poétique d’Aristote : les histoires ont :

  • un début
  • un milieu
  • une fin

Cela vous paraît idiot ? Essayez de raconter l’histoire préférée de votre enfant en commençant par la fin. Vous verrez les réactions. Les histoires nous permettent de structurer notre perception du récit. Comme la mémoire épisodique nous permet de reclasser les événements de notre propre histoire dans le bon ordre. Entendre des histoires entraîne notre cerveau à ce caractère épisodique : lorsque nous entendons une histoire ou que nous la lisons, nous attendons la suite du récit. Et notre cerveau la structure selon un mode temporel. J. Bruner, dans son ouvrage Acts of meaning, a prouvé que les enfants reconnaissent très tôt cette structure. Ils réagissent aussi très jeunes au type d’histoire : ennuyeux et banal ou, au contraire, captivant et stimulant.

Meilleure compréhension des « mécaniques sociales »

Certains auteurs pensent que la lecture régulière d’ouvrages de fictions, les romans, notamment, nous plongent dans un monde virtuel. Dans ce monde, à travers les relations entre les personnages, nous expérimentons des expériences sociales. Ces expériences sociales nous préparent à celles que nous pourrions rencontrer un jour.

Mais lorsque nous lisons un roman, même si certains passages peuvent être violents – bagarres, disputes entre personnages, voire crimes – tout cela se passe dans un environnement totalement sûr pour nous. Même si nous lisons un roman sur un tueur en série, nous pouvons frissonner et trembler pour les victimes. Mais nous, nous sommes à l’abri.

Comment les livres nous transforment à travers le storytelling

Depuis les travaux de M.Donald, Origins of the modern mind: Three stages in the evolution of culture and cognition, on sait que le storytelling – ou l’art de narrer des histoires – constitue un mode de transmission des connaissances.

Nos ancêtres, bien avant l’invention de l’écriture, se transmettaient des connaissances à travers des récits. Ces histoires communiquaient des connaissances sur les territoires, les rites sociaux – comment on mange ou on se marie dans notre clan par rapport à celui des voisins.

Aujourd’hui, on sait aussi que le cerveau de celui qui lit ou écoute réagit de façon très active aux détails sensoriels du récit : quand on vous dit que le héros boit une potion amère, les zones de votre cerveau qui concernent le goût s’activent, exactement comme si VOUS buviez cette potion amère.

L'empathie, cette faculté de comprendre et de ressentir les émotions d'autrui.
L’empathie, une faculté pour comprendre et agir pour autrui.

Le développement de l’empathie

L’empathie est la capacité à ressentir et à comprendre les sentiments et les émotions d’une autre personne. Or, diverses études démontrent aussi que, souvent, le lecteur ressent de l’empathie pour les personnages. Il se met dans leur peau, tremble pour eux, se réjouit de leur réussite. Ils ont pitié du Père Goriot, trompé par ses filles. Ils s’indigent devant la traitrise du Baron Harkonnen (un des « méchants » dans la saga Dune).

La lecture développerait donc nos facultés sociales : elle nous permettrait de mieux comprendre les interactions sociales et de nous mettre à la place d’autrui.

Comment les livres nous transforment : la faculté de concentration

Lire un livre de plusieurs centaines de pages requiert de la concentration. De nombreuses voix s’élèvent pour souligner le fait que de nombreux étudiants ne peuvent plus lire un livre entier. Ou que le système éducatif ne demande plus de lire un livre en entier. Un professeur d’université américain se plaignait dans un récent article que ses étudiants n’avaient jamais lu un livre entier. Or, les études universitaires – surtout en lettres – exigent la lecture de nombreux ouvrages.

La faculté de concentration, une compétence transposable à d'autres activités que la lecture.
La faculté de concentration, une compétence transposable à d’autres domaines.

Lorsque nous sommes plongés dans un bon livre, nous oublions le monde extérieur. Toutes nos facultés intellectuelles sont mobilisées par l’activité de lecture. Cette faculté de concentration est une compétence transposable dans d’autres domaines : si vous pouvez vous concentrer pendant plusieurs oeuvres sur un livre, il y a de fortes chances que vous puissiez vous concentrer sur votre travail ou sur le cours auquel vous participez.

Il y a bien d’autres facettes de la lecture qui transforment notre cerveau ou notre personnalité. Pouvez-vous en citer d’autres ?

Pour approfondir ces thématiques, je vous suggère de vous inscrire gratuitement au cours What Happens to You when You Read de l’Open University. Il ne faut que trois heures pour le compléter. Vous y retrouverez de nombreux éléments dont je vous ai parlé ainsi que des activités interactives.

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