Quels sont les logiciels de mindmapping utilisés par les entreprises ? Et à quoi les utilisent-elles ? Le point sur la question avec une enquête de Chuck Frey !
Chuck Frey est non seulement un mindmappeur convaincu, mais il est aussi l’auteur de The Mindmapping Softwareblog, un des meilleurs blogs anglophones dans le domaine des logiciels de Mind Mapping et de pensée visuelle.
Une enquête annuelle sur l’utilisation des logiciels de mindmapping
En 2006, il publiait le rapport d’une première enquête sur l’utilisation par les entreprises des logiciels de Mind Mapping. Quatre ans plus tard, Chuck Frey renouvelle l’expérience. Les résultats en anglais sont téléchargeables à cette adresse.
Vous pouvez également visionner et télécharger cet article sous forme de document :
Les enseignements de cette deuxième enquête – et les différences avec les résultats de la première – sont extrêmement intéressants et parfois même, surprenants.

Plus de 40 % d’utilisateurs affirmés
Par exemple, à la question « quel type d’utilisateur du mind mapping êtes-vous ?« , pas moins de 43% de répondants déclarent être des utilisateurs affirmés, alors que Chuck Frey attendait plutôt des résultats à hauteur de 20-30%. On ne sait pas si le nombre élevé de ces utilisateurs est dû au fait que les répondants sont conscients de l’importance du Mind mapping dans leur travail quotidien ou si ces lecteurs réguliers du blog sont influencés par leurs lectures… (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

MindManager ratrappé par XMind ?
Le paysage des logiciels utilisés change aussi puisque si MindManager reste en tête avec 51 % des utilisateurs, cela constitue tout de même une chute de 22% par rapport à l’enquête précédente. Le second est Xmind avec 8%, tandis que FreeMind passe de 10 à 6%, que NovaMind et PersonalBrain se stabilisent à 5%, iMindMap à 4% ainsi que MindMapper tandis que tous les autres représentent 2% et moins…
On peut donc dire qu’on assiste à une reconfiguration complète des logiciels dans ce domaine. Le fait que des logiciels comme iMindMap développent des applications pour Iphone et Ipad pourrait également changer la donne à très court terme… (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

51 activités différentes pour les logiciels de mindmapping
Les applications du mind mapping au travail quotidien sont également très variées puisqu’on distingue pas moins de 51 activités différentes. Je résume ici les 10 premières.
Il y a quelques changements notables entre les deux enquêtes : par exemple la planification de projet a augmenté de 18 % en 4 ans, tandis que le brainstorming individuel a diminué de 20 %. Cela tient peut-être à deux facteurs : d’une part, l’évolution des logiciels qui permettent effectivement une prise en compte globale de la gestion de projet et la prise de conscience d’applications du Mind mapping que l’on pratiquait encore peu en 2006. Mais ceci n’est qu’une hypothèse personnelle… (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).
Une autre discipline qui a profité de ces changements est la conduite de recherche qui a augmenté de 10% par rapport à 2006.
Le logiciel de mindmapping : un outil quotidien ?
Esta temps consacré chaque jour au Mind mapping est également en évolution. Cela montre que le Mind Mapping devient partie intégrante du travail quotidien. (Cliquez sur l’image pour l’agrandir).

La question « comment caracteriseriez-vous votre utilisation professionelle des logiciels de mind mapping ? » révèle aussi à quel point ceux-ci prennent une importance croissante au sein de la vie de l’entreprise. Près de la moitié des répondants considèrent que c’est une part essentielle de leur travail tandis qu’un tiers d’entre eux déclarent l’utiliser souvent. Si l’on combine les deux, près de 80% des personnes consultées estiment que les logiciels de Mind Mapping constituent un outil essentiel pour elles, ce qui est très impressionnant ! (Cliquez… ).

Les bénéfices du mindmapping pour l’entreprise
La question « quel est le bénéfice principal que vous retirez de l’utilisation des logiciels de mind mapping » révèle aussi une surprise : la réponse « plus grande clarté de pensée » arrive toujours en tête, mais perd 13 % par rapport à l’enquête de 2006. Gestion de la surcharge d’information vient en second lieu et progresse de 4 % tandis que la visualisation des relations entre informations prend la troisième place tout en gagnant 6 %. (Cliquez…).

Comme le souligne Chuck Frey, la surcharge d’information est un problème croissant pour les travailleurs de la connaissance et voir que ces derniers utilisent de plus en plus des logiciels de type Mind Mapping est encourageant. Il souligne aussi combien les « bénéfices du Mind Mapping traditionnel » (c-à-d sur papier) sont peu cités par les répondants : 4% affirment que cela les aide à mieux gérer les projets (alors que les applications liées à la planification et la gestion de projet figurent en bonne place dans le classement) tandis que 3% d’entre eux seulement déclarent utiliser le Mind Mapping afin de générer de nouvelles idées ou de nouveaux points de vue… Les logiciels de Mind Mapping sont donc perçus comme des outils de gestion, d’organisation et de diffusion de l’information.
Quelle augmentation de productivité ?
Chuck Frey a également interrogé ses lecteurs sur l’augmentation de la productivité que leur apportait la pratique du Mind Mapping.

Alors que 26% des répondants affirmaient connaître une augmentation de 20 à 30%, ils ne sont plus que 22% à s’attribuer ce chiffre. Par contre, ceux qui considèrent que leur productivité augmente de 10 à 20% grâce au Mind Mapping passent de 25 à 28%. Chuck Frey attribue ce changement au fait que l’effet de nouveauté étant passé, les utilisateurs du Mind Mapping tomberaient dans une certaine routine. Personnellement, je ne suis pas convaincu. Je crois qu’il est très difficile d’évaluer correctement l’augmentation de sa propre productivité. J’ai eu moi-même beaucoup de peine à répondre à cette question alors que je suis un utilisateur quotidien de cet outil. Sans mesure objective du type avant-après, on a plutôt affaire à du ressenti et à de l’appréciation aléatoire… Peut-être faudrait-il poser la question autrement ou la subdiviser en plusieurs sous-questions du type « combien de temps gagnez-vous pour tel type d’application » et extraire la moyenne de tout cela…
Les résistances au mindmapping
Chuck Frey pose ensuite une question intéressante : « qu’est-ce qui empêche une acceptation plus large des logiciels de Mind Mapping en entreprise ? » C’est l’absence de conscience qui vient en tête avec 42% (soit 5% de moins qu’en 2006), suivie de près par le manque d’acceptation de la part des collègues, des managers, etc., avec 24%. (Cliquez…)

Que le manque de conscience des apports du Mind Mapping ait baissé de 5% en 4 ans est plutôt rassurant et montre que la connaissance de l’outil commence à faire son chemin auprès des entreprises. La seconde réponse rendrait plutôt compte de l’écart qui existe entre utilisateurs du cerveau droit – personnes à tendances plus créatives, plus ouvertes à l’innovation – et utilisateurs du cerveau gauche – penseurs rationnels plutôt enclins à la linéarité et aux raisonnements rigoureux… Je me méfie des explications unifactorielles, et cette dichotomie entre cerveaux gauches et cerveaux droits me paraît un peu trop simple. D’autant que le Mind Mapping fait largement appel aux deux hémisphères cérébraux. Peut-être faut-il ici parler davantage de culture d’entreprise plus ou moins ouverte à l’innovation et aux outils non-linéaires ?
Cette question a d’ailleurs reçu un nombre impressionnant de réponses très dispersées qui ont trait à la culture d’entreprise, au manque de lisibilité des formats d’échange, aux styles cognitifs différents, etc. C’est donc qu’on a affaire à un faisceau de motifs très variables d’une entreprise et d’un individu à l’autre.
Le nombre de partage à la baisse
La question numéro 9 était la suivante : « partagez-vous les mind maps que vous créez avec vos collègues ou membres de votre équipe ? Les chiffres ici aussi ont changé, et, bizarrement, ils sont plutôt à la baisse :

Il peut sembler étrange que les utilisateurs de logiciel de Mind Mapping partagent moins leurs mind maps qu’auparavant. Chuck Frey attribue cette baisse au fait que, ces logiciels n’étant pas encore très répandus en entreprise, les utilisateurs doivent partager leur documents en les exportants sur d’autres supports comme Word, Excel, PowerPoint, etc.
La 10e question porte d’ailleurs sur la façon dont les utilisateurs partagent leurs mind maps avec leurs collègues ou d’autres personnes. Le format PDF arrive largement en première position avec 54% alors que l’OPML, supposé être le format d’échange des logiciels de Mind Mapping n’arrive qu’à rassembler un triste 4% !

Le fait que certains utilisateurs recourent à l’imprimé indique qu’en l’absence de programmes adéquats, ils distribuent des mind maps imprimées lors de réunions.
Conclusions
En conclusion, je crois qu’on peut souligner plusieurs choses. Tout d’abord, les utilisateurs de logiciels de Mind Mapping semblent plus nombreux qu’auparavant. Ils utilisent massivement cet outil dans un nombre croissant d’applications. Le type d’application pour lequel ces personnes utilisent les logiciels de Mind Mapping est aussi en évolution et se distingue de plus en plus des utilisations « traditionnelles » du papier : moins de brainstorming individuel et de gestion de projet, mais davantage d’organisation et de diffusion de l’information au sein et à l’extérieur de l’entreprise.
Mais il semble qu’il reste beaucoup à faire en termes d’acceptation de ce type d’outils en entreprise. Certaines entreprises plus ouvertes à l’innovation ont déjà intégré le mind mapping dans leurs pratiques quotidiennes et en font un élément essentiel de leur panoplie. Mais d’autres sont toujours fermées à tout ce qui n’est pas linéaire ou présente un aspect « artiste ». Elles se privent pourtant d’une série d’outils précieux en termes de gains de productivité et de potentiel d’innovation ou de maîtrise des flux d’information, un élément pourtant crucial de l’économie de la connaissance…
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