
Existe-t-il une seule conception de l’intelligence ? Est-elle valable pour tout et tous ?
Où classer les musiciens extraordinaires, les acrobates, les gens capables de distinguer le chant des oiseaux ou les négociateurs hors pair ?
Le psychologue américain Howard Gardner a révolutionné notre façon de penser l’intelligence.
Lorsque Binet et Simon, deux Français, ont inventé le concept de Q.I. (quotient intellectuel) ils ne voulaient pas mesurer l’intelligence en tant que phénomène abstrait. Il s’agissait pour eux d’évaluer quels enfants étaient capables d’évoluer dans l’enseignement général et ceux qui étaient plus ou moins condamnés à fréquenter les écoles professionnelles.
Cette distinction purement fonctionnelle était héritée du modèle de division du travail de Taylor : d’un côté, les intellectuels qui décident – aujourd’hui, on les appellerait des « leaders« . De l’autre, les exécutants, bons travailleurs, mais surtout doués pour réaliser docilement ce que d’autres ont pensé pour eux.
Ken Robinson exprime très bien cette conception de l’intelligence et du parcours scolaire dans une de ses conférences sur le paradigme de l’éducation.
Depuis, plusieurs psychologues ont tenté de renouveler notre conception de l’intelligence, voire « des intelligences ». Howard Gardner est l’un de ceux-là et sa théorie des intelligences multiples ne manque pas d’attraits. Elle explique mieux que beaucoup d’autres les diverses formes de talents innés que l’on rencontre chez les humains.
Gardner distingue pas moins de huit formes d’intelligences que je résume ici sur une mindmap (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

Carte heuristique réalisée avec le logiciel Novamind
Comme souvent, lors des nouvelles découvertes, les intelligences multiples ont été présentées comme exclusives : on était bon soit en mathématiques soit en langues. En réalité, nous sommes tous plus ou moins bons dans les différentes formes d’intelligences et on peut parler de formes dominantes chez chacun de nous.
Des dominantes, pas des exclusives
Il existe des tests pour évaluer les tendances dominantes. Les écoles primaires des Pays-Bas les utilisent régulièrement afin que les enfants se connaissent mieux.
S’agit-il pour autant de cantonner les « visuels » dans l’apprentissage exclusif avec des images et encourager les kinétiques à tout retenir en marchant de long en large dans leur chambre ?
C’est la tendance que j’observe chez certains « pédagogues » ou formateurs. Je la trouve dangereuse. S’il est vrai que nous avons tous une ou deux tendance dominante, je crois beaucoup plus au renforcement des apprentissages par l’ensemble des sens et par la répétition et la variétés des exercices.
Vous êtes visuel ? Très bien. Etudiez avec des images, des cartes heuristiques, des vidéos, etc. Mais rien ne vous empêche de commenter à haute voix vos images, à ébaucher des gestes qui vous aident à « fixer » ce que vous étudier ou à donner un rythme particulier au texte que vous révisez.
Au contraire : la sollicitation de plusieurs sens renforce la mobilisation de différentes zones du cerveau. C’est pourquoi dans mes ateliers « J’étudie plus efficacement », j’insiste toujours sur la variété des modes d’apprentissage : mindmapping, flashcards, scénarisation, localisation, résumés, tableaux, compétition avec des amis, explication de ce que vous étudiez à votre voisin de palier, etc.
Bien sûr, savoir que vous êtes visuel vous aidera à mieux vous connaître : mais plutôt que de vous limiter à votre sens dominant, apprenez plutôt à travailler en symbiose avec les autres. Ajoutez des cordes à votre arc.
Un test pour connaître vos intelligences dominantes
Voici les résultats de mon test, réalisé sur le site Birmingham Grid for Learning :

C’est le type de test effectué dans les écoles des Pays-Bas. Si j’en crois celui-ci – et il me paraît bien refléter ce que je connais de moi – je suis très bon en intelligence linguistique mais nettement moins en mathématiques. Je ne suis pas mauvais en intelligence intrapersonnelle et interpersonnelle – l’humain, c’est mon truc !
Je suis plutôt bon en musique et je m’y retrouve plutôt bien dans le monde naturel. Par contre, je suis plus faible en visuel / spatial. En réalité, je suis très visuel, mais au niveau spatial, je suis une catastrophe ambulante – merci à l’inventeur du GPS !
Et enfin, en ce qui concerne mon intelligence corporelle – équilibre, etc. – pourrait mieux faire !
Encore une fois, n’hésitez pas à faire passer ce type de tests et d’autres – comme le VAKOG qui vous informe sur vos canaux sensoriels privilégiés.
Mais, s’il est intéressant de savoir quelles sont les types d’intelligence dominants de votre enfant, de grâce, ne l’enfermez pas dans une définition trop étroite. Ne laissez pas non plus les « pédagogues amateurs » définir l’avenir de votre enfant sur base d’un entretien ou d’un simple test. Restez maître – en dialogue avec votre enfant – de la situation et tentez une approche variée, source de plaisir et d’intérêt pour vos enfants. Plutôt qu’une limitation étroite et vite lassante pour tout le monde.
Apprendre, cela doit rester un plaisir, une envie, un désir.
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